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Badoc

Le badoc   est le  « fou » du jeu d’Ă©checs;  voir badar pour l’Ă©tymologie.

Un visiteur originaire de Montagnac (HĂ©rault) m’Ă©crit:

Dans Montagnac (34), mon village natal, se trouve une rue Badoc. Dans le document intitulĂ© « Etudes Toponymiques sur les territoires de Montaganc, Aumes, St-Pons-de-Mauchiens« , par Alain Garcia (un copain du village), Ă©ditĂ© par les Amis de Montagnac en juin 1993, se trouve l’explication suivante :
Rue Badoc : en occitan « badoc » signifie sot, imbĂ©cile. Est-ce que dans une des anciennes  maisons de cette rue regroupait-on les simples d’esprit ?

Zogarda

Zogarda s.m. ‘loup, jouet d’enfant’ (Guyenne). Quel genre de jouet?? Si vous le savez, Ă©crivez-moi! L’Ă©tymologie est inconnue. D’aprĂšs Alibert c’est un synonyme de bronzidor, bronzidoira dĂ©fini comme « jouet d’enfant ». Mais juste avant ce mot  il y a bronzida  « bruit strident, son ronflant, rumeur ».  Or dans le  TLF s.v.  bronze ,  l’Ă©tymologie de celui-ci serait le grec

 » « instrument servant Ă  imiter les bruits de tonnerre sur la scĂšne » (IIe s., Pollianus dans LIDDELL-SCOTT), instrument constituĂ©, d’apr. DEI, par un vase de cuivre dans lequel on agitait des pierres ».

Le TLF connaĂźt aussi le mot loup avec un sens  « JEUX » : [Le loup Ă©tant figurĂ© par des pers. ou par des pions sur un damier] Le plan d’un jeu appelĂ© jeu du loup (E. DE GUÉRIN, Lettres, 1837, p. 131). Il semble qu’on joue au «Loup, y es-tu?» des enfants (GIDE, Retour Tchad, 1928, p. 966). »DMF.

D’aprĂšs  Panoccitan la traduction en occitan  du mot français  loup  est : 2. masque zogarda. 3. jouet, petard. 


Titolet

Titolet est un diminutif de titol « titre; point sur le i » (Alibert)  et vient du latin titulus « titre, inscription; Ă©criteau » (Gaffiot).

Une visiteuse m’Ă©crit: « expression utilisĂ©e pour dĂ©signer un objet dont on a oubliĂ© le nom. On l’emploie aussi pour dĂ©signer le point sur le i . Botar los titolets ou titolar  » mettre les points et les virgules ». Le sens « point sur le i » est bien occitan. Il n’y a pas beaucoup d’attestations, mais celles donnĂ©es par le FEW viennent de Barcelonette et du BĂ©arn. Le sens donnĂ© par ma visiteuse doit ĂȘtre dĂ©rivĂ© du « point sur le i » qu’on oublie souvent.

Pour Lhubac le titoulet ou titourlet est « le cochonnet de la pĂ©tanque ».

    

Une autre visiteuse m’Ă©crit: « Chez moi (ma grand-mĂšre Ă©tait occitanophone de Capestang), on a toujours parlĂ© du « titolet » de la cocotte minute, en dĂ©signant la soupape. J’ai cru longtemps que c’Ă©tait le vrai nom de ce petit objet. »

Louis Rouquier (Puisserguier) a utilisĂ© le verbe titoulejĂ  avec le sens « exagĂ©rer », ce qui s’explique Ă  partir de l’expression « mettre les points sur les i ». Pour les modĂ©listes français un titolet est un planeur.

Titolet, Titoulet est aussi un nom de famille. L’origine de ce nom doit ĂȘtre le mĂȘme mot titulus > titol en ancien occitan avec le sens « fonction qu’on a Ă  remplir »

PĂ©tanque

pétanque, jeu de la pétanque  voir tancar

Tancar

Tancar v.n., v.r. « fermer avec une barre, boucher, arrĂȘter » (A). En français rĂ©gional tanquĂ© « ressassiĂ© » (Lhubac); tanquer « se fixer, se placer, se caler » (And, qui ajoute « dans le milieu des boulistes une attitude de pieds joints, pieds fixĂ©s). En Camargue il y a des biou qui se tanquent, c’est-Ă -dire qui ont tendance Ă  se tanquer dans les « angles » de la piste (suivez ce lien). A SĂšte « entrer en collision » tanquer contre un platane. (CovĂšs).

Etymologie : Le latin connaissait l’expression aqua stans Ă  l’accusatif aquam stantem « eau stagnante ». On suppose qu’un verbe *stanticare a Ă©tĂ© formĂ© Ă  partir de cette expression, avec le sens « arrĂȘter l’Ă©coulement de l’eau, du sang, etc. »qui a donnĂ© en ‘ancien occitan estancar « idem; rendre impermĂ©able » (1300) et l’adjectif dĂ©rivĂ© estanc « qui s’arrĂȘte » en parlant d’un Ă©coulement de sang » (BĂ©ziers, 1300) . Ancien occitan estanca « Ă©cluse », provençal restanco « id; digue; morceau de bois qu’on place au travers du pĂ©trin pour empĂȘcher la pĂąte de s’Ă©tendre ». Un estanc est de l’eau stagnante, un Ă©tang. Anglais tank « rĂ©servoir, cuve, citerne; char (depuis 1915) a probablement la mĂȘme origine.

Au XIIIe siĂšcle le sens est devenu plus gĂ©nĂ©ral (s’)estancar « (s’) arrĂȘter ». Les attestations viennent surtout de l’occitan et du wallon. Comme celles du composĂ© languedocien tanca-buĂČu « bugrane », Ă©galement appelĂ©e « arrĂȘte-bƓuf » (voir ci-dessous), qui se retrouve Ă  1000 km vers le nord, Ă  LiĂšge : stantche-boĂ» et en italien stancabue.
Pour arrĂȘter une branche pleine de fruits de s’incliner on utilise un estanc « Ă©tai, poteau » (aoc), dans l’Aveyron une estanco pour l’estonquĂ  . Et quand on va destancĂ  la porte, on va enlever la barre (AlĂšs).
La notion « barre en bois  » prend le dessus dans ancien occitan tanc « chicot, Ă©charde » (1220) « souche d’un arbre abattu » plus tard tanco « barre d’une porte » (S) ainsi que le verbe tancar « fermer la porte avec une barre » (XIIIe s.), « arrĂȘter une roue avec une cale; enfoncer » et au figurĂ© « attendre de pied ferme ». Nous voilĂ  de retour chez les gros mangeurs qui sont tanquĂ©s  et les boulistes qui ont les pieds  tanquĂ©s!

En ce qui concerne la pétanque le  TLF écrit :

Mot d’orig. prov. Il vient de l’expr. pĂ©tanco «pied qui a la fonction d’une tanco, d’un pieu» (composĂ© de pĂ© «pied» et de tanco «étançon, pieu plantĂ© pour fixer quelque chose», du mĂȘme radical que Ă©tancher*) d’oĂč jouer Ă  pĂ©tanque au sens propre «lancer sa boule le pied fixĂ© au sol, sans prendre d’Ă©lan» (cf. BL.-W.4 et 5; FEW t.12, p.234a et 236b, note 11), dĂ©formĂ© en jouer Ă  la pĂ©tanque, peut-ĂȘtre Ă  cause du bruit des boules de mĂ©tal qui en se choquant «pĂštent» (DUPRÉ 1972). Le jeu passe pour avoir Ă©tĂ© crĂ©Ă© Ă  la Ciotat Ă  Marseille en 1910, cf. l’inscription qui figure sur la plaque de la Ciotat: «C’est en l’an 1910 sur ce terrain que fut crĂ©Ă© le Jeu de Pied-Tanqué». » (L ‘explication de DuprĂ©, 1972, citĂ© par le TLF  est de l’Ă©tymologie populaire ).

Il s’agit d’une interprĂ©tation « française ». Le panneau ci-dessus  prouve que le jeu s’appelle pied-tanquĂ©.  Son nom vient du provençal « pĂšd tanco« , c’est-Ă -dire «  »pieds joints et fichĂ©s au sol », » au pluriel!

Cette miniature trouvĂ©e dans un site du CNRS montre que la pĂ©tanque  est bien plus ancienne!. Ou s’agit -t-il d’un autre  jeu de boules?

 
Il y en a un qui tanca.
Miniature trouvĂ©e dans un site du CNRS, magnifique!!. Cliquez ici ou sur l’image pour y aller!

Une autre attestation du jeu de boules: Au XVIe siĂšcle, le 14 juillet 1592 le Consistoire protestant de Ganges a remontĂ© les bretelles Jehan OliviĂ© : Cest prĂ©sentĂ© Jehan OliviĂ©. A estĂ© censurĂ© de avoir estĂ© treuvĂ© en jouant aux boules durant que le prĂȘche se dicoict.

Tanca-buou « arrĂȘte-bƓuf ». Bugrane (l’article en allemand est b

s’appelle ainsi parce que leurs racines traçantes font obstacle Ă  la charrue, d’aprĂšs Wiktionnaire. D’aprĂšs Wikipedia allemand, les Ă©pines peuvent blesser le bĂ©tail aux pieds . Qui a raison?? Wikipedia italien donne: I nomi comuni tipo Arrestabue o Stancabue Ăš inteso in quanto le spine di questa pianta non sono gradite da questi animali. Un altra versione ci dice invece che a causa del suo voluminoso ceppo radicale i buoi sotto l’aratro non poco faticavano quando il campo ne era infestato.

Autres langues

Catalan estancar « Ă©tancher », espagnol estancar « retenir, Ă©tancher; monopoliser un commerce (estanca « bureau de tabac) et portugais estancar « arrĂȘter, fermer ». Le catalan connaĂźt aussi les formes sans es- : tancar « fermer », tanca, tancada « se dit d’une personne inaccessible » etc. En italien stanco signifie « fatiguĂ© », un dĂ©veloppement sĂ©mantique de effet > cause. Le mĂȘme sens a existĂ© en ancien occitan estanc (XIIIe) et en ancien français estanchier « tomber de fatigue ». Anglais to staunch « arrĂȘter l’Ă©coulement du sang » (1300) et breton stancguaff idem, ont Ă©tĂ© empruntĂ©s au français.
Pour les toponymes qui font partie de cette famille de mots voir Pegorier, s.v. Estan- (Oc), et Stang, Stankell (Breton)

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