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Bernado

Bernado, bernada « mante religieuse », vient du  nom propre germanique Bernhart latinisĂ© en Bernardus. En ancien français nous trouvons dès le XIIIe siècle l’adjectif bernart avec le sens  » sot, niais, nigaud », sens conservĂ© en occitan. (Mistral). L’origine de cette signification est peut-ĂŞtre le nom Bernard, l‘âne dans le Roman du Renard qui date du XIIe-XIIIe siècle, mais le contraire est aussi possible. Asinus signifiait dĂ©jĂ  « stupide » en latin: voir ase.

En occitan Bernat (problement de Saint Bernard de Citeaux, cf.TLF), a Ă©tĂ© donnĂ© Ă  plusieurs animaux: bernat-pudent « tout animal exhalant une mauvaise odeur »(M), rat-bernat « grimpereau » (Aveyron) et Languedocien bernat-l’hermite « pagurus bernhardus », qui est passĂ© en français. Le qualificatif d‘ermite est dĂ» au fait que ce crustacĂ© vit toujours solitaire et s’installe dans un coquillage comme dans un ermitage (TLF).
Enfin dans la DrĂ´me, la voie lactĂ©e s’appelle tsami sen Bernar. Si vous connaissez la raison de ce nom contactez-moi. Merci d’avance.!

 

Babáou

Babáou « sorte d’ogre pour effrayer les enfants » (PĂ©zenas). A Clermont l’HĂ©rault le babáou est dĂ©fini comme une « bĂŞte imaginaire qui d’après la tradition, dĂ©vore les enfants mĂ©chants; espèce de tarasque » et dans l’Aveyron toute « personne maquillĂ©e ou deguenillĂ©e ». Babáou estmentionnĂ© comme languedocien dans le dictionnaire de  TrĂ©voux du XVIIIe siècle.

C’est un dĂ©rivĂ© d’une onomatopĂ©e bĂ u, bai qui exprime l’effroi, la peur, avec une duplication de la syllabe initiale qui provient peut-ĂŞtre du langage enfantin.

Dans les parlers occitans, nous trouvons plusieurs mots de la famille bĂ u, bai qui dĂ©signent des animaux , notamment des insectes, qui font peur ou qui sont repoussant comme babo « larve d’insecte » et babaroutoun « larve qui ronge les lĂ©gumes; insecte qui ronge l’olivier », Barcelonnette bĂ bou ‘gros pou de tĂŞte’, lang. babarĂ´to « blatte » ou barboto « cloporte » (S); Aveyron babaou « insecte en gĂ©nĂ©ral », Gard babo « chrysalide du ver Ă  soie ». Voir Alibert pour d’autres dĂ©rivĂ©s et composĂ©s, entre autres babarauda.

Un visiteur me signale l’emploi de babáou suivant:

Mon père (et mon grand-père) rĂ©servaient le nom de babaou aux « espèces de trucs » qu’on trouve collĂ© au dessous des pierres de la rivière, formĂ©s par des matĂ©riaux ou minĂ©raux collĂ©s entre eux, et dans lequel on trouvait un trichoptère et qui, une fois dĂ©barassĂ© de son « Ă©tui » est un fameux appât pour les truites…

Ensuite je lui ai demandé des précisions sur la localisation, ce qui abouti à ce complément, qui peut intéresser des pêcheurs:

Le cas Ă©chĂ©ant, quelques photos de « la bĂŞte »…

baboaou en coquillelarve trichoptere

Il faut bien accrocher l’hameçon sur la partie « noire » qui est relativement dure, le reste Ă©tant tout mou.
L’autre jour, dans un « parcours de pĂŞche » oĂą on vous donne des grains de maĂŻs, aucune truite ne voulait « mordre », je suis allĂ© ramassĂ© des babaous, elles se battaient…
Bonne journĂ©e…
Et continuez la mise Ă  jour de votre bel ouvrage!
Mon grand-père parlait couramment l’occitan (on disait « le patois »)
Mon père le comprend bien et le parle un peu.Et moi, je suis obligé de faire des efforts pour comprendre quelques mots.
Merci Ă  l’Ă©ducation « nationale » (ou « parisienne »?) qui a Ă©radiquĂ© cette langue!
Complétée par une belle photo du grand-père:
Jean de Tulle

Jean de Tulle

Babarauda « manteau de deuil Ă  capuchon en usage autrefois Ă  Montpellier; cagoule, domino de carnaval » (Alibert).

Un dĂ©rivĂ© de baou qui provient du sens « Ă©pouvantail » attestĂ© dans de nombreux patois notamment  franco-provençaux.
Un lecteur me signale qu’en russe un ogre s’appelle babayan « , fĂ©minin babaĂŻka.

Un visiteur/collaborateur me donne l’information mĂ©diterranĂ©enne que voici:

Bonjour,

Je vous signale concernant cet article : http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/babaou/
Le kabyle burebbu « chenille ». Une appellation circum-mĂ©diterranĂ©enne probablement.

Concernant le dĂ©nomination de la coccinelle en lien avec celle de la poule en occitan, dans mon parler (AĂŻt Bouyoucef, Kabylie des Babors), nous appelons la coccinelle tafunast, littĂ©ralement « vache ». J’ai tentĂ© de m’expliquer la motivation de cette appellation du fait du mode de prĂ©dation de l’animal sur les pucerons, on pourrait dire que celle-ci les « broute. En tout cas ce n’est pas en rapport avec ses taches car notre race bovine locale (brune de l’Atlas sĂ©tifienne) n’est pas tachetĂ©e.

Je suspecte un latinisme dans le kabyle des Babors, dites-moi si cela vous fait penser Ă  quelque chose : il s’agit du nom amundas« mangouste ».

Merci pour votre excellente page web,

Bonne continuation.

Arabic

Arabic, alambic s.m. D’après le site de la FFCC arabi, alambi il s’agit d’un « Nom Commun masculin provençal : espèces de moustiques, de petits cousins de 1 Ă  4 mm (les simulies) qui s’infiltrent dans les cheveux et dont la piqĂ»re est brĂ»lante. C’est un insecte qui appartient Ă  l’ordre des Diptères (mouches et moustiques), ils ne possèdent que deux ailes. Sa famille est celle des CĂ©ratopogonidĂ©s et son genre est CulicoĂŻdes.
Il n’y a pas beaucoup d’attestations anciennes de ce nom. E. Rolland III, 252 donne deux sources qui ont dĂ©crit l’arabic comme « acarus ciro L. ». Mais d’après les images que j’ai trouvĂ©s sur le web, cet acarus est un genre de mite, ce qui ne correspond pas du tout Ă  la description et Ă  l’image de la FFCC. Il semble que le mot arabi avec ce sens est maintenant courant dans tout le Midi. D’autres info de l’INRA, sur la langue bleue des moutons qu’il provoque  ici.

Mistral traduit arabi, alambi par « cousin » (= Insecte Ă  longues pattes grĂŞles, très rĂ©pandu dans les pays marĂ©cageux, connu pour son bourdonnement importun et pour la piqĂ»re dĂ©sagrĂ©able et contagieuse de la femelle. TLF). J’ai regardĂ© les images fournies par Google pour « cousin insecte ». Tous les « cousins » montrĂ©s sont du genre moustique et non pas du genre mite.

René Domergue, spécialiste éminent des moustiques de Camargue me donne les informations  géolinguistiques suivantes :

Bonjour,
chez moi, Ă  Montpezat, on distinguait les moustiques (grosses bestiasses) des alambics. Ces derniers plus petits, Ă  la redoutable piqĂ»re, sont sans doutes les « arabi » de Camargue ou des Costières. Je demanderai si quelqu’un connait le mot arabi, quant Ă  moi je l’ai dĂ©couvert du cĂ´tĂ© de GĂ©nĂ©rac.
Pour lutter contre ces bestioles on avait le nopic.
René

D’après le FEW XIX, 8a, il s’agit d’un emploi au figurĂ© de alambic de l’arabe anbiq « le chapiteau de la cornue » (cf. TLF) sans donner une explication. Je ne vois pas très bien le lien, mais c’est peut-ĂŞtre un manque de fantaisie.

Alambic « vaisseau qui sert Ă  distiller » a la mĂŞme origine et est devenu international.

Le flamand lambiek est une « sorte de bière fort agrĂ©able qu’on fabrique Ă  Bruxelles » (prononcez [brussèl] en non pas [bruksèl]. Voir l’article lambic de Wikipedia.
Lambiek est aussi un personnage d’une BD fort apprĂ©ciĂ©e en Belgique et aux Pays Bas (Bob et Bobette). Tapez Lambiek sous Google.

 

Abelhana

Abelhana, abĂ©lĂŻano s.f. « mĂ©lisse, citronnelle » est un dĂ©rivĂ© du latin apicula « petite abeille »Â  > abelha « abeille ». Pour une transcription phonĂ©tique  et les localisations voir le Thesoc).

Cette plante est nommĂ©e ainsi parce qu’elle est recherchĂ©e par les abeilles. En latin, il y a un dĂ©rivĂ© analogue de apis « abeille »Â : apiastrum « mĂ©lisse . D’ailleurs le mot mĂ©lisse vient du grec et signifie Ă©galement « abeille ».

              
Le guĂŞpier, abelhièr, abelhòla ou avec aphĂ©rèse beĂŻola (HĂ©rault),  est appelĂ© ainsi parce qu’il se nourrit principalement d’abeilles et de guĂŞpes.

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