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Parpalhon

Parpalhon « papillon », repr√©sente le latin papilionem. La forme avec insertion d’un -r- occupe un large territoire qui relie le nord de l’Italie, le catalan et le galloroman¬† jusqu’√† la Loire.¬† Le mot a √©t√© pr√™t√© au fran√ßais¬† o√Ļ parpaillaud d√©signe¬† les¬† « huguenots, calvinistes » par allusion √† une esp√®ce de chemise dont les protestants firent usage en Gascogne, dans une sortie, pendant le si√®ge de N√©rac (en 1620). Pierre Larousse consacre plusieurs colonnes √† cette √©tymologie¬† et √©num√®re les diff√©rentes propositions, tout en concluant :

« L’√©tymologie tir√©e de parpaillot « papillon » est la plus plausible et para√ģt avoir √©t√© adopt√©e tr√®s anciennement, t√©moin cette chanson poitevine, contemporaine des guerres de religion :

Qu’ils sont gens de peu de cervelle
Ces malotrus de parpaillaux,
De se br√Ľler √† la chandelle
Apr√®s qu’ils ont fait tant de maux!

Pour les int√©ress√©s, je joins la page concern√©e de l’Encyclop√©die de Pierre Larousse en format PDF

Un visiteur me signale une r√©interpr√©tation populaire: « Selon un ami protestant des Cevennes, on appelait les protestants « parpaillous » parce qu’ils se r√©unissaient la nuit comme les papillons de nuit. ».

Honorat donne dans son dictionnaire une troisième variante, que vous pouvez lire dans le site de Georges Mathon,Parpaillot

A Barre en C√©vennes (Loz√®re) lou parpalhou est le « billet de banque » ( comme en fran√ßais le papillon qu’il faut joindre au r√®glement de certaines factures). Dans le Gard le m√™me mot d√©signe le « grimpereau de murailles » d’apr√®s Rolland, Faune. Le grimpereau est un tout petit oiseau constamment en mouvement..


Deux parpalhous Un visiteur me signale que celui de gauche est un grimpereau des jardins et celui de droite un grimpereau des murailles.

Magnan, magnanerie

Magnan (forme adopt√© par le fran√ßais TLF), magna, magnaou « ver √† soie »;¬† magnaghi√© ou magnassi√© « ouvrier charg√© de l’√©ducation des vers √† soie » (S). L’abb√© de Sauvages ajoute qu’il pr√©f√®re pour le fran√ßais le mot magnaguier √† nourrissier « parce qu’il est plus expressif et d√©j√† re√ßu √† Alais, un des centres o√Ļ l’on entend le mieux cette √©ducation ».

Magnanerie (TLF), magnaghieiro (S) n’est pas seulement le b√Ętiment ou le local mais aussi « la construction des pieds droits & des tables sur lesquelles on place ces insectes ». (Ce dernier sens n’est pas mentionn√© dans le TLF qui ajoute pour le sg. le sens « s√©riciculture »). Pour l’abb√© de Sauvages le mot magnagerie est le mot languedocien pour ‘l’art d’√©lever les vers √† soie » et il mentionne comme mot fran√ßais, invent√© un si√®cle plut√īt, la serodocimasie qui n’a pas pu s’imposer depuis.

   et 

D√©j√† en 1756 l’abb√© de Sauvages a √©crit que le mot magna, magnaou vient de l’italien mignato. En 1898, C.Nigra suivi par Sain√©an et d’autres, a repris cette √©tymologie, probablement sans conna√ģtre le dictionnaire de notre cher abb√©. D’apr√®s eux l’origine serait magnatto « ver √† soie » des dialectes du nord de l’Italie ou du mot italien mignatta « sangsue ».¬† Les deux¬† mots remontent √† une racine mi√Ī- qui est √† l’origine des noms du chat. A l’appui de cette hypoth√®se il cite les d√©nominations de la chenille issues de mots d√©signant le chat, telles que en Italie du Nord gat(t)a, gattina, gattola, ancien fran√ßais chatte-peleuse, anglais caterpillar, et fran√ßais chenille.

Je pense que les images suivantes montrent clairement que l’association ver √† soie /chat, chaton est directe et n’a rien √† voir avec la chenille.

            

                chatons                                                                    cocons de vers à soie                                                  chenille

Une autre proposition vient de Gamillscheg qui rattache magnan directement √† l’italien magnatto « ver √† soie » (que je n’ai pas pu retrouver avec ce sens pr√©cis) d’o√Ļ le fran√ßais maignat, magniaux du XVIe si√®cle, transform√© en magna par √©tymologie populaire, association √† magnar « manger », parce que le ver √† soie mange √©norm√©ment de feuilles de m√Ľrier. En tout cas¬†j’ai trouv√© dans un lexique du patois de Venise un magnat(t)o participe pass√© de magnare « manger »: « Anke io ho magnatto la carbonara ieri sera!! » Il semble que le verbe magnare signifie justement ‘manger beaucoup’! : Magnare a ufo est Mangiare ingordamente ; Magnare anca le broze de San Roco est Mangiare in modo insaziabile, consumare tutto ; Magnare fora tuto est Dilapidare ogni sostanza, consumare.

Une excursion dans le monde de la sériciculture.

Dans la premi√®re √©dition de son dictionnaire de 1756, l’abb√© de Sauvages donne une liste de mots languedociens qui se rapportent √† la s√©riciculture. Si cela vous int√©resse, vous pouvez les voir en cliquant p.Sauvages 286, p.Sauvages 287, pSauvages 288 (avec Adobe Reader . Si non t√©l√©chargez-le!).

L’abb√© √©tait un fin connaisseur de la s√©riciculture. Il a fait beaucoup de recherches √† ce sujet pour aider les C√©venols. Voir √† ce propos ma page Sources, liens s.v.Sauvages.¬† Il avait entendu parler du magnifique ouvrage de Anna Maria Sibylla Merian, 1647-1717¬† sur les insectes de Suriname, (Voir Wikipedia), dont il y a deux exemplaires √† la biblioth√®que nationale et dont vous pouvez voir les illustrations gr√Ęce √† la biblioth√®que d’Amsterdam, qui a fait un tr√®s beau travail de num√©risations. Magnez-vous!! C’est magnifique. En tr√®s haute r√©solution.¬† Une petite aide pour comprendre le n√©erlandais : beeld « image », beschrijving « description », terug¬† « retour », vorige¬† « pr√©c√©dent »,¬† volgende « suivant ».

            

Tous les dessins de Merian sont coloriés à la main ! Un dessin superbe intitulé metamorphosis   sur votre écran, en cliqant ici.

Une page intéressante sur la magnanerie dans le Roussillon, spécialement à Cattlà.

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Cuca

Cuca s.f. « lente; chrysalide; vermisseau; chenille; mite; artison; petit insecte » . D√©riv√©s cuquet m√™me sens; cuquetar « v√©tiller, agir avec avarice ». (Alibert).

Attest√© en ancien occitan depuis environ 1350 avec diff√©rentes significations, mais toutes dans le m√™me champ s√©mantique : « chenille; sorte de vermisseau; blatte; ver luisant (Lomagne); ver du fromage, etc. » et un emploi au figur√© en b√©arnais: cuque « blatte; femme qui vit en sauvage ». Dans la m√™me r√©gion on a cr√©√© escuc√° « d√©truire les cafards » et escucat√°, acuc√°  » se blottir, se tapir √† la mani√®re des blattes; encuc√° « s’enfermer comme des blattes qui se terrent ». Cuca « lente » est largement attest√© dans l’Ari√®ge et dans 4 villages de l’Aude cf. Thesoc.

 

L’√©tymologie est inconnue. FEW XXIII, 274a-b. Il s’agit probablement d’un emprunt au catalan, avec u > √ľ , sous influence de nombreux mots qui ont cette m√™me correspondance.

D’apr√®s le Diccionario de la lenga espagnola, l’espagnol cuca s.f. ou cuco subst.masc.(!), qui peut avoir un sens tr√®s proche, serait d’origine onomatope√Įque: : De or. onomat.; cf. lat. tard√≠o cucus y gr. kokkuts. Il semble que Corominas, que je n’ai pas pu consulter, a une proposition… Dans un dictionnaire catalan je trouve : Cuca f. 1.Nom que hom dona a un gran nombre de bestioles pertanyents principalement al grup dels artropodes. 2. cuca de llum Lampyris nocticula. Attention le -u- catalan se prononce [ou] ! Un visiteur me signale: espagnol cucaracha « blatte, cafard ».

Bourre

Bourre « brun, couleur fauve », en languedocien bour√©, bour√©lo « brun » et l’adjectif de l’Aveyron bourr√®l « qui a des taches sur le museau » viennent du latin burrus « roux ». (Il y a peut-√™tre un lien avec burra « laine » > boura « laine » en occitan.) A partir de cet adjectif on a form√© des d√©riv√©s :

¬†¬†¬†¬†Borret, bouret « (jeune) taureau » , languedocien bour√©ta « g√©nisse », bourretaillo « troupe de taureaux », etc. Ensuite le mot a √©t√© utlis√© pour d’autres animaux, qui avaient des poils roux ou bruns, comme le

¬†¬†¬†¬†Borrec, borrega « agneau, brebis », prononc√© bourek (voir Thesoc agneau) dans l’Ari√®ge; les ¬®Pyr.Atl. et les HtesPyr. et dans quelques endroits de l’Ard√®che m√™me √† des « fourmis » bourola; je pense qu’il s’agit de fourmis rousses. D’apr√®s Mistral on appelle une « petite b√©cassine » une bouriolo, un mot que Littr√© a repris dans son dictionnaire bouriole.

              

Bernado

Bernado, bernada « mante religieuse », vient du¬† nom propre germanique Bernhart latinis√© en Bernardus. En ancien fran√ßais nous trouvons d√®s le XIIIe si√®cle l’adjectif bernart avec le sens  » sot, niais, nigaud », sens conserv√© en occitan. (Mistral). L’origine de cette signification est peut-√™tre le nom Bernard, l‘√Ęne dans le Roman du Renard qui date du XIIe-XIIIe si√®cle, mais le contraire est aussi possible. Asinus signifiait d√©j√† « stupide » en latin: voir ase.

En occitan Bernat (problement de Saint Bernard de Citeaux, cf.TLF), a √©t√© donn√© √† plusieurs animaux: bernat-pudent « tout animal exhalant une mauvaise odeur »(M), rat-bernat « grimpereau » (Aveyron) et Languedocien bernat-l’hermite « pagurus bernhardus », qui est pass√© en fran√ßais. Le qualificatif d‘ermite est d√Ľ au fait que ce crustac√© vit toujours solitaire et s’installe dans un coquillage comme dans un ermitage (TLF).
Enfin dans la Dr√īme, la voie lact√©e s’appelle tsami sen Bernar. Si vous connaissez la raison de ce nom contactez-moi. Merci d’avance.!

 

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