Rapar

Rapar « saisir, enlever » en ancien occitan (12e siècle) en occitan moderne plutĂ´t arrapar « arracher, enlever ». Les peuples germaniques qui ont envahi l’empire romain ont laissĂ© pas mal de traces dans le vocabulaire des rĂ©gions oĂą ils se sont installĂ©s. Les Burgondes dans l’est autour de Lyon et les Wisigoths dans le Midi. Par la suite les Wisigoths ont occupĂ© une grande partie de la pĂ©ninsule ibĂ©rique..

   

Le royaume de Bourgogne + la Savoie                              Le royaume des Wisigoths

Vous trouverez une belle carte de l’ensemble des migrations des peuples germaniques ici.

  • Rapar est un de ces mots germaniques. Il vient de rapĂ´n « arracher, prendre, voler », (en nĂ©erlandais rapen « prendre, saisir », allemand raffen, rappen idem.) Nous le trouvons en occitan, en franco-provençal, en Italie arrapare et en iberoroman rapar 1.voler 2. raser. Rapar est attestĂ© depuis le XIIe siècle, mais c’est surtout arapar « arracher, enlever » et s’arapar « donner dans un piège » qu’on trouve en (ancien) occitan. Il y a pas mal de dĂ©rivĂ©s comme rapador, rapaire« ravisseur », rapin « croc » (Nice), gascon raput « qui s’accroche », derabar « arracher », dĂ©rapĂ  un terme de marine « quitter la prise sur le fond et laisser dĂ©river le navire » (marseillais, qui a donnĂ© en français dĂ©raper). Voir aussi desrabar.
  • Ar(r)apar est prĂ©sent dans tout le domaine occitan et franco-provençal. Les significations sont toujours liĂ©es Ă  la notion de « arracher, enlever, saisir », comme par exemple le grenoblois arrapan « grippe-sou; malheureux », ou le nom du « gallium arapine » l’arrapoman. qui colle Ă  la main , alleurs c’est le fruit de la bardane, la garance sauvage ou le pariĂ©taire (Valleraugue). Mistral donne d’autres combinaisons, dans son TrĂ©sor, vol.I,p.137. Ceci est un lien direct vers la page du TrĂ©sor. Consultez aussi la page 138!
  • A partir du sens de rapar « saisir » s’est dĂ©vĂ©loppĂ© le sens « grimper, ramper » aussi bien en franco-provençal qu’en occitan. A Lyon un ropĂ®ou est un grimpeur, Ă  Marseille un rapaĂŻon « un sentier Ă  pic dans les pierres ».
  • Rapugar, rapugaire. Un groupe spĂ©cial est formĂ© par Rapa, rappa « rafle du raisin; grappe  » et Rapuga v.a. « grapiller »; rapugo « la rape, rafle ou marc du raisin » en franco-provençal et en occitan. Il s’agit très probablement d’une dĂ©rivation Ă  partir du verbe rapar, qui rattache cette rĂ©gion au catalan rapa « grapillon », Ă  l’espagnol rapa « fleur de l’olivier » et aux parlers italiens.
    Un visiteur de Manduel me signale: un rapugaire est un grapilleur. Dans le temps, vendanges terminĂ©es, on voyait dans les villages venir les rapugaires de NĂ®mes1. A Barcelonnette rapugas au figurĂ©: « des restes »
  • Il semble qu’il n’y ait pas de lien direct avec le mot ancien picard ou champenois rapes « marc de raisin » pour lequel  on peut supposer un lien avec le mot allemand Rappe « grappe sans les raisins » utilisĂ© dans la rĂ©gion de la Moselle, du Nahe et du Rhin jusqu’en Suisse. EmpruntĂ© (?) par l’anglais rape « rafle ».


allemand Rappen // anglais rape

Notes
  1. Une chanson Li Rapugaire du 19e siècle, mélodie + texte  en PDF