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taraiette ‘dînette’

Tarraillette « petits ustensiles, cruches, pots, qui servent aux jeux des enfants ». Un mot marseillais. Étymologie est le latin terra (FEW XIII/1, 257), logique parce qu’à l’époque de la création des dînettes jouets, probablement au XIXe siècle, elles étaient en terre cuite1. Auguste Brun , le français e Marseille: étude de parler régional. Marseille, 1931

tarraillettePhoto du blog La malle aux trésors

Si vous voulez savoir plus sur  LES TARAIETTES, JOUETS POPULAIRES DE PROVENCE MUSÉE D’HISTOIRE DE MARSEILLE. Chantai LOMBARD Chargée d ‘étude, cliquez sur le lien.

 

Notes
  1. Première attestation du mot dinette date de 1853 dans un catalogue de jouets. CNRTL

dalio, dalià ‘faux, faucher’

Dalio, dalia (S), dalh, dalha (Alibert) « faux; faucher ». Étymologie : vient d’un bas latin *daculu, dacula « faux », mais cette origine reste discutée. Peut-être ligure parce qye  le mot existe en piémontais daj « faux », ou gaulois *daglis « faux », qui n’est pas non plus attesté.  Le première attestation en occitan date du XIIIe siècle, ce qui ne facilité pas la recherche.  Il existe  aussi en catalan dalla « faux »  et en basque tailhu.

En gallo-roman  on le trouve dans le domaine occitan (cf. le Thesoc, faucher),  en franco-provençal et dans le sud-ouest du domaine d’oïl (Atlas linguistique de la France carte 546) .

L’abbé de Sauvages (S1) mentionne que les faux de fabrication allemande sont de la meilleure qualité. Cette réputation ne date donc pas d’hier. Henri Bel , Le patois de Valleraugue, précise que doja « faucher avec la faux » et sega « faucher l’herbe avec la faucille »(du latin secare)

Il nous fournit aussi un dicton : Aco’s lou pica dë la dâlio  » c’est là où gît le lièvre; c’est là le nœud de la difficulté ».

FEW III, 2-3

faucille   faux-ancienne

 Dans La Gazette n° 894 du 21/7/2016,  Joanda écrit qu’en français régional le verbe dailler  est  utilisé avec le sens « tacler »     » Il s’est fait dailler  » pour signifier qu’un joueur s’est fait tacler de façon pas très réglementaire.

 

Restanco ‘restanque’

Restanco « écluse; digue; morceau de bois qu’on place au travers du pétrin pour empêcher la pâte de s’étendre ». L’étymologie est la même que celle de pétanque  voir tancar, mais je viens d’apprendre d’un ami qui connaît bien la région niçoise que les restanques  sont les terrasses, un sens inconnu de Mistral:

restancoM

qu’on appelle traversiers à Valleraugue et bancels en Lozère, ribo à Pont-de-Montvert, faissa ou paredon dans l’Aveyron. Voici une image des restancos près de Toulon:

restanquesL’auteur donne la description suivante

Photo prise sur les pentes du Mont Faron à Toulon
Les cultures en terrasses traditionnelles (restanco), c’est à dire avec un système d’écoulement des eaux de ruissellement intégré, se font de plus en plus rares. Et on n’y fait plus guère pousser de légumes, seulement des fruitiers. Celles-ci sont très belles et, curieusement, quasiment en ville.

Cette description explique l’évolution sémantique qui s’est produite. Restanco vient du verbe *stanticare « arrêter » qui a aussi dooné tancar.  En ancier occitan est attesté le verbe restancar « étancher le sang », restanchier en ancien français. Dans les parlers occitans modernes on trouve restanca(r) « faire une digue, un barrage, retenir l’eau » à Cavalaire près de Draguignan  un restanco est « une barrière en bois le long  d’un chemin pour empêcher les eaux pluviales d’y passer ».   Quand on crée plusieurs de ces barrières en pierre sèche plutôt qu’en bois,  sur la pente d’un colline on obtient des restancos « terrrasses ».

FEW  XII, 232

Mon ami d’Ampus qui m’a parlé de ces restanques, m’a dit qu’à Ampus, au Nord de Draguignan;  on appelle ces murets en pierre sèche  et les terrasses qui sont ainsi formées des berges. L’évolution sémantique de berge « Bord d’un cours d’eau » > « muret avec système d’écoulement d’eau »  > « terrasses formées avec ces murets »  est la même.

 

Quésaco ?

L’étymologie de quesaco, quésaco, qu’ésaco,   kesaco,  occitan Qu’es aquò ? n’a rien s’intéressant, mais Christine Belcikowski  a écrit une belle histoire A propos de la coiffure à la Quesaco

coiffure_quesacoLouis Marin de La Ciotat, qui est à l’origine de cette histoire, n’est pas complètement oublié. Une école primaire à La Ciotat porte son nom et le Musée Ciotaden  garde son portrait:

Louis_Marin

Escaoumer ‘brûler’

Escaoumer « brûler » Lhubac1 vient du grec καυμα (cauma) « chaleur du soleil ».  FEW II,538b

Le premier sens attesté en occitan de cauma, caumo est « grande chaleur » . Le dérivé caumasso devient  » chaleur étouffante »,le verbe  escauma « échauder » et escaumarrado « chaleur accablante ».

Pendant la grosse chaleur on ne peut pas faire grand chose, même pas manger : chaoumar à Barcelonnette « cesser de brouter et se reposer à l’ombre (en parlant des moutons) », coumà dans l’Aveyron,  devenu chomer « se reposer  » en ancien français, et les jaloux qui ne peuvent pas faire la sieste appellent ceux qui la font chomeur « homme paresseux ».  Chomer perd ce sens péjoratif et devient « ne pas travailler faute d’ouvrage », mais ce sens est relativement récent, début du XVIIe siècle. Avant cette époque on ne chomait que pendant les jours de fête, féries ». Les deux sens co-existent en français moderne.

D’après le FEW cauma est devenu calma en italien et a pris le sens spécifique de « cessation complète de vent » comme terme de marine, emprunté au XVe siècle. Depuis le XVIIe siècle calme est utilisé au figuré avec le sens  « absence de passion », etc.

 

 

Notes
  1. Qui raconte une histoire d’un cuisinier qui vérifiait la température de l’huileescaouder avec son doigt sans s’escaumer. Un ami de Montagnac me confirme : « je me suis escaumé », pour dire « je me suis brûlé »