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Bazarutà ‘jacasser’

Dans le blog Marseille  je trouve la définition  suivante du français régional

bazarette Du provençal basaruta « jacasser ». Par rapport à barjaquer, c’est le concept de prolixité qui est ici prépondérant. Indiquer qu’une bazarette est atteinte de logorrhée profuse constitue en soi une redondance facile. 

L’étymologiede basaruta est le persan bāzār « marché ». Il y a des attestations anciennes du mot bazar, mais le riche développement sémantique et lexical ne date que du XIXe siècle.  Le dérivé baruta est limité à la région marseillaise.

FEW XIX,33 :

Bazarut FEW

Mais qu’est-ce que font les habitants de l’île  Bazaruto ?

 

acucha ‘charger’

Acucha « charger (le foin) » vient probablement du gaulois *kūkka que nous retrouvons dans les parlers du sud-est, en franco-provençal avec le sens « cime » et en provençal avec le sens « tas ». Certains parlers du Nord de l’Italie le connaissent également. Voir FEW II, 1491

En ancien provençal est attesté cucho « tas de paille », en provençal moderne au Queyras cucho « tas, tas de bois qu’on met dans le four ». Le verbe acuchar « entasser, amonceler » se trouve dans les parlers de l’Est du franc-comtois jusque dans le Var. A Die on dit acucha lo ben! en offrant du vin (Han Schook). Claudette Germi, Les mots de Gap écrit « entasser; charger au maximum (un véhicule) ». Le verbe acucher est encore très vivant à la campagne:

AcucherGap

mascaret

Mascaret « onde lourde qui devient lame de fond aux marées d’équinoxe et qui remonte au plus profond  des terres les humeurs océanes » Définition trouvée dans le Guide de l’abbaye de La Sauve-Majeure, lors d’une visite de ce site magnifique de l’Entre-deux-Mers.

Étymologie. Le FEW VI/1,430b rattache ce mot à la racine pré-indo-européenne mask- « noir » et plus précisément au dérivé diminutif mascaret, mascarete « petite bovine dont la face est tachetée de noir, de blanc, de gris »  dans la note 11, p.439b. C’est Lazare Sainéan, dans Les sources indigènes de l’étymologie française volume1, p.261 qui propose ce rattachement. Il écrit : « C’est au fond la même image que la mer  moutonnante couverte de vagues blanchissantes précipitées par  le vent ».

Grâce à YouTube nous pouvons voir des mascarets ! Ci-dessous une image tiré d’une vidéo dans YouTube Il faut avoir un peu de patience, la boue n’arrive qu’au bout d’une minute de film.

mascaret une onde lourde de boue s’étend sur le terrain.

Le mascaret ne me fait pas du tout penser à un troupeau de bovins noirs. Cela ressemble plus à un gros nuage: 

mascare le ciel se mascare

Je rattache donc le mascaret directement au sens le plus répandu du verbe mascar « noircir, barbouiller ».  Regardez la vidéo ! Impressionnant.

Un mascaret pour les surfeurs en Gironde.

Un mascaret chinois Le dragon d’argent.

 

 

 

Cabessaou ‘crêpe roulée’

Cabessaou « tortillon, coussinet qu’on met sur la tête pour porter un fardeau ». Etymologie : dérivé du latin capitium « ouverture de la tunique par laquelle on passe la tête ». FEW II, 261b en bas de page.

Le mot avec ce sens t est limité à l’occitan à l’Ouest du Rhône; je ne sais si l’objet et son utilisation est également limité?

cabessaou

cabessaou du XXIe siècle

Le sens le plus proche du mot latin se trouve dans l’aveyronnais lo cabesso, otopà pel lo cabesso « saisir par le collet ». Le sens le plus répandu de cabès  capitium en latin est « traversin ».

Un visiteur me signale:

Je viens de lire l’article consacré à cabessaou et je voudrais signaler que ce mot désignait les » crêpes roulées ». L';analogie de la forme de la crêpe roulée avec la forme du traversin explique sans doute cela.
Cette dénomination pour les crêpes était en usage dans la région de Tonneins, Le  Mas d’Agenais Damazan et environs.
Amicalement

 

 

Lozère

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Lexique pour les touristes en Lozère

Lieux touristiques où vous utilisez le vocabulaire occitan ci-dessous.

 

Dans la page Facebook de Independance de la Lozère  quelques beaux exemples de français régional:

Un lozerien:

il ne finit pas dans le fossé, mais dans le bartas
il ne met pas ses courses dans le coffre, mais dans la malle
il ne glande pas, il sane1
il ne ferme pas sa porte à clé, il la clave
il n’est pas surpris, il est espanté
il ne fait pas des exploits, mais des espets
il ne lance pas un objet, il l’escampe
il n’a pas soif, il a la sécade (= la sécheresse)
il ne glisse pas, il rippe2
il ne s’endort pas, il s’assuque, s’ensuque
il ne défèque pas, il cague
il ne crie pas, il brame
il ne s’étouffe pas, il s’escanne
il ne colle pas, il pègue
il ne titube pas, il tranboule3
il ne renverse pas, il abouque 4
il ne sommeille pas, il cabeque5
il ne tombe pas sur ses fesses, il s’aquioulle
il ne fait pas sa cuisine dans une marmite mais une toupine
il n’est pas une tête brulée, il est cabourd et même carbourdas6
il ne ferme pas le portail mais la clède ou le po(u)rtanel
il préfèrere macarel, boudiou ou miladiou à toute interjection française
il n’utilise pas un chiffon mais un pétass

et me fournit quelques titres d’articles à écrire.

Notes
  1. sanar signifie « guérir, réparer »  pour les autres Occitans; mais les Lozériens sont tellement durs au travail, quepour eux se reposer pour guérir  c’est glander.
  2. Un mot d’origine germanique rippen,peu connu en occitan
  3. Du latin reconstitué tremulare « trembler ».
  4. Il renverse quelque chose comme un bouc, avec violence
  5. Comme une cabeco « chouette » ? du latin cavannus .
  6. Composé de caput > cap « tête » et burdus « âne » > bourd,  cabourd  » atteint d’un coup de sang, en parlant des bêtes à cornes » dans l’Aveyron. FEW I, 633b
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