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matto ‘touffe’

Mato, matado  Matto  « touffe, fanes, bouquet, pied d’une plante; cépée de pousses sur le pied d’un arbre coupe » ‘touffe’ (Sauvages). Rayond Jourdan de Montagnac  excellent connaisseur du languedocien, l’utilise dans son autobiographie.   Cette famille de mots est enracinée autour de la Méditerranée occodentale, Italie, le Midi, Catalan,  Espagnol et Portugais et dans le berbere du Nord africain.

Cette répartition géographique et l’ancienneté des premières attestations permet selon von Wartburg (FEW VI/1, 505-507)  de supposer qu’il s’agit d’une racine préromane:*matta « touffe » .,

Au XIXe s. français mattes ‘banc de poissons, volée d’oiseaux ».

matado

 

taiolo, tayollo ‘ceinture’

Taiolo,  « ceinture ». Raymond Jourdan de Montagnac écrit tayollo : « Longue ceinture de flanelle » ; « De couleur bleue, beige ou rouge que les anciens portaient pour se protéger les reins ». Je l’ai rerouvé dans le Trésor de Mistral:

tayolloMistral

Le FEW y voit un dérivé de  l’ancien francique *thwahlja « essuie-mains, serviette », qui a abouti en ancien provençal à toalha « linge qui couvre l’autel; nappe ».  Cette forme toalha, toualha a été transformée  en taiolo sous l’influence du mot taille  au sens « niveau de la ceinture ». FEW XVII,409b  Var taiolo « ceinure »  + note 9 : wohl nach taille umgebildet.

L’histoire de cette famille de mots, attestée dansle Nord de la Gaule depuis le VIIIe siècle, est intéressante parce qu’il s’agit d’un mot et d’objet culturel qui est venu du Nord pour se répandre rapidement à partir du XIe siècle, vers le Midi et l’Italie et la peninsule ibérique. Pour en savoir plus, il faut

Ancien français toaille, touaille « morceau de tissu’  est passé à l’anglais towel ‘serviette.

Une famille de mots internationale, dont on trouve des membres jusqu’en Indonésie : pel « torchon », Papiamento dueila.

Coulabio ‘traquet motteux’

Coulabio, aubicou « Traquet motteux. »  Dans le lexique établi par GérardJourdan qui accompagne les précieux  cahiers autobiographiques de Raymond. Jourdan de Montagnac (34) se trouve le nom d’oiseau; Coulayo « Queue-blanche »  Oiseau passereau à bec fin et allongé qui nichait dans les talus. Surnom d’une guérisseuse.  « Traquet motteux. » Orthographié « coulàbio » par F. Mistral.

Composé cūlus « cul » avec albus « blanc » ou dans l’ordre inversé.  FEW XXIV, 308

Coulabio_FEW

FEW II,1507 le même oiseau s’appelle e.a. en moyen français « cul blanc ».

Coulabio_Oenanthe_oenanthe_01_II

Voir  traquet motteux de Wikipedia.

bouye, boier ‘escargot’

bouyé « escargot » . Raymond Jour utilise ce mot dans  Culture de la Vigne en Languedoc. Voir le lexique1, Je le retrouvé chez Mistral :
bouieMistral

et avec plus de peine chez Alibert qui l’écrit boier comme en occitan médiéval.

Le premier sens du mot est « bouvier » ce qui nous fournit en même temps l’étymologie , latin bos, bovis + -arius.

Il y a pas mal de Boyer:

Boyer_Famille

J’avais seulement un petit problème avec l’évolution sémantique : bouvier > escargot, mais Mistral l’explique « parce qu’il trace un sillon de bave ».

Qui dit mieux ?

Notes
  1. Montagnac dans la page Sources, liens

coussou ‘vermoulure’

Coussou ‘artison, calandre; vermoulure’ (Sauvages), cosson, cusson (Alibert) vient d’un dérivé en -one du latin cossus « ver, larve » qui mange le bois, attesté chez Pline. Le mot est aussi français d’après  le CNRTL , mais est surtout vivant dans les parlers locaux.

L’étymologie est peu intéressante, mais l’utilisation de la vermoulure décrite par l’abbé de Sauvages me semble digne d’intérêt:

« …on les met aux écorchures qui viennent aux plis des membres des jeunes enfans dodus, et qu’on desséche par ce moyen. »

La voici:

CoussouSauvagesL’auteur du blog Saint Yrieix la Perche  un village du Limousin, a publié un  article intitulé Les cussous (cussons)  dans lequel il écrit que de nos jours

Les hôpitaux utilisent les asticots pour nettoyer les plaies très graves. C’est l‘asticothérapie: le soin apporté à une plaie des tissus mous par les asticots ..

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Il mentionne un dictionnaire de l’occitan limousin, que je ne connais pas:

Dictionnaire d’usage occitan-français (Limousin, Marche, Périgord)

Yves Lavalade

Un vaste dictionnaire de quelques 50 000 entrées, pour le locuteur, en herbe ou confirmé, qui veut comprendre les termes et tournures découverts à l’occasion d’une conversation ou d’une lecture.
Avec une introduction riche et fournie : graphie et « orthographe », prononciation et écriture, formation des mots. On y trouvera également du vocabulaire actuel : subreventa (over-booking), malhum (réseau internet)…

Troisième édition revue et augmentée.

Édition Institut d’Études occitanes du Limousin.

FEW II, 1244 cossus

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