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deco, fr. dèche

Deco, deca « défaut , vice, tare détérioration; brèche à un instrument tranchant » (d’après Alibert, qui donne aussi la forme dec s.m. et le verbe decar « ébrecher »). L’étymologie est le latin médiéval decadere un réfection1 du latin classique decidere « tomber de »par exemple d’un cheval, d’un arbre; déchoir ».

Les attestations du FEW viennent des parlers occitans et franco-provençaux, et aussi de l’Anjou.  En limousin decho signifie « blessure » et  dech « défaut ».  Le mot dialectal a été adopté par le milieu, en argot deche est attesté avec le sens « déficit » depuis 1837 et ensuite depuis 1849 avec le sens restreint « misère, pauvreté, gêne ».  Le mot a dû plaire aux Parisiens, puisque rapidement il entre dans les dictionnaires et se répand dans toute la France tomber en dèche « n’avoir plus d’argent ». Pierre Larousse signale en 1870 l’adjectif décheux « qui est dans la misère.

FEW II, 29 cadere

decat

decat

Photo du blog troncat-créations.

Notes
  1. En lat.cl. existait déjà decadivus à côté de decidivus « qui doit tomber. Gafiot

Clot. Planter une vigne avec le ‘clot’

« On plante au plantoir (plantadouira) ou à la fourchette ou au clot à l’intersection des lignes tracées par le rayonneur (enregaïre).  Le «clot» est une tige de fer, un rondin de 12 mm pointu à un bout que l’on plante à l’intersection du rayonnage et avec la « trinca-fòrta« [trinqua-forta] on creuse à côté une tranchée avec sur le côté, en repère, la cheville. Ensuite, on place le plant raciné que l’on met à la place du « clot » et on rebouche le trou. »

Raymond Jourdan de Montagnac.  Tous ces dessins viennent de sa description de la Culture de la vigne en Languedoc.  Un travail inestimable sur le travail de la vigne, à partir d’un harmas jusqu’à l’arrachage pendant le période entre les deux guerres.

Plantadouilho_Jourdan    trinqua_fortaJourdan  enregou_Jourdan  enregajealaprovençala

Enregaje_alcarrament

Etymologie : dans plusieurs parlers occitans est attesté le substantif  clota « creux dans la terre; fossette » et le verbe cloutà « faire des trous pour planter la vigne », dans le Gers ce verbe est défini comme « faire des clots » ! Je pense qu’à Montagnac  l’instrument pour faire des trous pour planter la vigne à pris le nom du résultat.   Un changement sémantique qui n’est pas rare.

L’origine est d’après le FEW un gaulois mais on n’a pas encore trouvé des mots celtes qui soutiennent  cette hypothèse. Elle est basée sur la répartition géographique.  Pour beaucoup plus d’info cliquer ici=FEW II, 796-798.

gabels et souqious pour la brasucade

Gabels et souqious.  Le temps des grillades, tostada ; grasilhada ; carbonada,  (gascon), grasilhada ˜ grilhada (provençal), brasucada, grasilhada, carbonada (Languedocien)  approche. Le choix des braises est important[1.Si vous utilisez des sarments ou des ceps de vignes, soyez sûr qu’ils ne soient pas gorgés de pesticides.].  La qualité du bois l’est aussi. Dans son Dictionnaire francitan, Gilbert Lhubac donne l’article que voici: SouqiousLhubacL’étymologie de ces deux mots  comme les grillades d’ailleurs,  nous ramène à des temps préhistoriques. Souqious est un dérivé d’une racine *tsukka « partie du tronc d’arbre, souche ».  Il y a eu plusieurs propositions d’explication de la répartition géographique  notamment dans les Balkans et des différentes évolutions phonétiques de cette très grande  famille de mots. La plus convaincante pour le FEW XIII,353 est celle de Hubschmied jr. qui propose une pré-indo-européenne *tsukka, reprise par les Celtes et ensuite par les gallo-latins et les gallo-romans.

Gabel, gavel « fagot de sarments, sarment » dont l’étymologie proposée par le FEW IV,15 est un gaulois *gabella « andain d’herbes ou de blés » > « fagot de blés », « fagot de sarments, sarment », français javelle « chacune des poignées de blé scie qu’on couche par terre pour laisser le grain jaunir »; gabélo en occitan.  Le sens « fagot de sarments, sarment » est  très répandu dans tous les parlers. Cf. Le FEW IV,15

 souqious souqious   et gabels gabel

Le Dictionnaire Etymologique de Gilles Ménage ( (1613-1692)  de1650 mentionne gavel pour le Langedoc :

GillesMenage_gavel

 

 

 

pruzi ‘démanger’

Pruzi « démanger », pruzir en ancien occitan, vient du verbe latin prūrīre « démanger ». Coucon më pruzis « Quelque chose me démange »  et Kë së grâto ountë li prus fâi pa mâou à dëgus » ; pruzijhê « démangeaison ».(S1)

La Fare d’Alais utilise le mot au figuré:

La lengo qu’a lou mai de prusé pouétiquo

La lengo qu’es touto musiquo

Per qu’aou sèn la fan dé rima

Es la qué barboutis éfan, à la brassièro,

Es aquélo qué la prumièro

Nous appren à diré : Mama.

Avec 3 -r- (-r- roulés comme en italien moderne; essayez de le prononcer!) le verbe prūrīre gratte bien la langue  et est sujet à la dissimilation.  Déjà en latin on trouve des formes plurire (encore vivant dans le Nord et le Sud de l’Italie) et prudere > italien prudere, catalan pruhir, portugais pruir et occitan pruzir.

A Alais (La Fare?) et Puisserguier le dérivé prus a pris le sens « le fil d’une lame tranchante » et aussi « appétit » à Puisserguier.  Mais je pense que La Fare et Rouquier l’ont créé dans lou mai de prusé pouétiquo. Pourtant Alibert l’a repris tel quel. Il fournit aussi la conjugaison complète et d’autres dérivés.  Si cela vous prutzis..

Français prurit a la même étymologie mais c’est un emprunt ancien au latin, ce qui explique le maintien du -r- intervocalique.

 FEW IX, 498

roupe ‘vêtement’

Christine Belcikowski,  suit  toujours Les chemins de Jean Dabail ou la dissidence d’un fils du petit peuple de Mirepoix au temps de la Révolution française, L’Harmattan, 2014. Il y a quelques jours elle a raconté  l’horrible assassinat d’un marchand colporteur, aux Pujols. Dans les archives elle trouve des documents originaux qui témoignent de la vie de tous les jours au début de la République avec des détails tirés d’un procès verbal de l’administration.  Par exemple celui-ci:

Jean_Senesse_molinier1Et de suite le dit Jean Senesse, agent municipal, nous a conduit au lieu du hameau de Fournels, où était déposé un cadavre d’une taille d’environ cinq pieds, cheveux gris, nez fort, couché sur son séant, regard le ciel, habillé d’une bonne chemise, d’un gilet et pantalon de drap gris mélangé, d’une vieille roupe 3 vert de bouteille, des bas gris, des souliers ferrés.

Note 3: Roupe : blouse en drap grossier, fendue par devant, portée dans la Drôme par les bergers transhumants ; veste large ; sorte de redingote ; issu de l »espagnol ropa « paquet, bagage, vêtement » ; manteau ample ; vêtement de dessus.

A la fin de la lecture je n’ai pas pu m’empêcher de suivre seon indication étymologique.  En effet le mot roupe  semble venir de l’espagnol.  Le Diccionario de la lenga española  donne les définitions suivantes :

Espagnol ropa a des  sens assez vagues: « Prenda de vestir. »   ~ blanca. «  1. f. Conjunto de prendas de tela de hilo, algodón u otras materias, usualmente sin teñir, que se emplean debajo del vestido exterior, y, por ext., las de cama y mesa.  »  ~ de cámara, o ~ de levantar.  1. f. desus. Vestidura holgada que se usaba para levantarse de la cama y estar dentro de casa.  ~ hecha. 1. f. La que para vender se hace en diversas tallas, sin medidas de persona determinada.   ~ interior.  1. f. La de uso personal, bajo las prendas exteriores.  ~ vieja.  1. f. Guisado de la carne y otros restos que han sobrado de la olla.   etc.

Ce dictionnaire indique que l’espagnol ropa vient du gotique *raupa   un dérivé du verbe  raupjan « déchirer » rupfen ou raufen  en allemand moderne.  Mais il y a un problème historique. Il n’y a pas d’attestations d’avant le XVIe siècle, et en plus ce sont des dérivés comme français roupille « manteau ample, guenille », roupiho « guenille » à Marseille et ils sont plutôt rares. Le mot roupo qui désigne toutes sortes de vêtements  amples en général, est fortement attesté dans tout le domaine occitan et franco-provençal.  En plus la première attestation vient du gascon, dans le texte de Gérard Bedout, Lou parterre gascoun coupouzat de quouate carreus. de 1642.  Pourtant l’extension géographique de roupa, jusqu’à la Suisse romande reste à expliquer.  Voir  FEW XVI, 680

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