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Garrel 'bigarré'

Garrel « bigarré, de plusieurs couleurs ».   Garél ou garil   « bigarré » se dit surtout animaux, pourceaux, brebis et chèvres.  L’abbé de Sauvages donne l’exemple de Jacob qui arrive à faire des brebis bigarrées en mettant des bâtons bigarrés dans l’abreuvoir (Bible, Genèse 30).

garrel

Garrel avec ce sens est un dérivé d’une racine mystérieuse *garr- « bigarré, tacheté ». Cette racine garre ne se trouve que dans la Haute-Bretagne et la région voisine en bordure de la Loire.  Des dérivés se trouvent un peu partout dans le Centre et le Midi. En ancien rouergat est attesté le verbe  garrezir « rendre gris » et en provençal lou garroun est « le mâle de la perdrix ». D’après le FEW le provençal garre « gris fauve » et le substantif la garro « entrée de la nuit » (Mistral) appartiennent à la même famille et la racine *garr- aurait pris le sens « gris » en occitan.

perdrix

J’étais  étonné que des mots  comme berrichon rat gariau « loir »  et gariau, -elle « de couleur bariolé » sont rangés dans l’article *garr-  du FEW et que les mots provençaux  garri, gari « souris »(Thesoc), ou « rat » (Thseoc) et  garrioun « petit rat »  n’y sont pas mentionnés1.

Dans l’article *garrium « souris » von Wartburg explique que la répartition géographique, notamment le fait que le type *garrium « souris » est limité à l’est de l’occitan et au piémontais, rend l’étymologie *garr-  improbable.

Garrél « boiteux, pied-bot, détraqué »,  de garrel « de travers » vient d’un gaulois *garra « partie de la jambe, jarret ».

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Notes
  1. Si cela vous intéresse voir l’article dans la Zeitschrift  40, p.644 et 51, p.558

Actualités "Anguilles"

Les anguilles et l’industrie de la pêche à l’anguille sont  en baisse aux Pays-Bas et le reste de l’Europe depuis plusieurs décennies. L’Union européenne a donc décidé  un programme de redressement.

Il y a certainement des possibilités en Camargue.  Voir mon article  Bouirons « civelles » et la pisciculture des anguilles en Camargue.

Intéressé par les anguilles et la pisciculture? Suivez ce lien si vous comprenez l’anglais ou mieux encore  le néerlandais.

Il y a une vidéo  des  bouirons « civelles » qui rentrent dans une  rivière par un trou percé dans une écluse. Solution à un problème typiquement néerlandais (les polders) qu’on n’aura pas en Camargue.

 


 

Espanir "sevrer" d'origine gauloise...

Espanir « sevrer ».  L’étymologie a été décrite par Antoine Thomas dans son Mélanges d’étymologie française.  Paris, 1902.  que j’ai retrouvé grâce à Lexilogos. Ci-dessous je copie la page

D’après le données du Thesoc  espanir  a été conservé dans  la CREUSE, DORDOGNE, HAUTE-VIENNE, VIENNE. En cliquant sur ce lien vous verrez aussi que la note 4) de Thomas est toujours valable.

Le  FEW 17, 165  rassemble dans le second article *spannjan « sevrer » (ancien francique) toutes les données connues en 1962. Le verbe  espanir  est attesté en ancien français depuis le XIIe siècle et en ancien limousin depuis le XIVe. On le trouve surtout dans les parlers picards, flamands, wallons et lorrains, ensuite par-ci par-là dans l’ouest de l’occitan; mais le FEW n’a pas non plus  de réponse à la question que Thomas déjà posait : quel est le lien entre le verbe occitan espanir   et le verbe wallon?

Le verbe *spannjan « sevrer » fait partie d’une famille de mots très répandue dans les langues germaniques; néerlandais speen « téton, tétine », spenen  « sevrer », allemand Spanferkel « cochon de lait ».

D’après l’ EWN il y a un lien avec l’ancien irlandais sine (< *spenio) ‘téton’; < pie. *spen-, *span- ‘tétine, sein, téton’ (IEW 990).  Comme on n’arrive pas à expliquer un lien avec le francique, il faudra peut-être penser au gaulois?  Si vous connaissez un mot de la même famille dans  une langue celtique  contactez-moi ou laissez un commentaire.

 

Espelir

Espelir « éclore »; espelido « naissance »  Gni aghet uno bel ëspelido  « un nombreuse naissance lorsqu’on parle des poussins ou des vers à soie  » (Sauvages).  Une visiteuse m’écrit « si on met l’énergie à faire des projets ils espeliront « .

L’étymon, latin expellere « pousser dehors, chasser, bannir »  est devenu  espelir  en ancien occitan avec le même sens. Mais  déjà à cette époque est attesté le sens  » faire éclore » spécialement en parlant des oeufs .   Les attestations dans les parlers modernes viennent surtout du domaine occitan et franco-provençal.   Là où on faisait la sériciculture le verbe et les dérivés  s’appliquaient surtout aux vers à soie.   L’espelidouiro  est le « cabinet où l’on les fait éclore ».

Un peu partout  espelir  prend aussi le sens  « s’ouvrir, germer » en parlant des boutons de fleurs , « poindre » (le jour) , « s’épanouir ».

     

A partir du part.passé d’ expellere : expulsum   a été formé le verbe expulsare emprunté par le français au XIVe siècle :  expulser, ce qui empêche certains de s’épanouir….

  

Feda

Feda « brebis ».

Le latin avait un substantif fetus ou fœtus « enfantement » et un adjectif fetus « ensemencé, plein, gros ». Au féminin feta a pris le sens « qui a accouché » et substantivé « mère ». Ce sens s’est conservé en gascon hedo « femme qui vient d’accoucher », comme en italien feta et fetare « accoucher ». Feta a pris le sens spécifique de brebis déjà en latin; sens qui s’est maintenu en occitan, franco-provençal et dans certains patois en Italie.

Après le Moyen Age feta a été remplacé par les représentants de vervex (> brebis) dans le Nord-Est du galloroman. Pour les différends noms de la brebis en occitan voir le Thesocs.v. brebis

Uniquement en galloroman nous trouvons dérivé feto, fetonem avec le sens « petit d’un animal » faon en ancien français, sens qui se restreint à « petit de la biche » au XVe siècle (1re att. 1360 DMF). De là anglais fawn avec lez même sens. En occitan nous trouvons fedon, fedou(n) « poulain » mais aussi « agneau » et le verbe fedouna « mettre bas en parlant des juments et des ânesses ».

            

               

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