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Foganha

Foganha « foyer, pierre de l’âtre; cuisine » (Alibert). Dans le Compoix de Valleraugue ( t. 2 p.123) : FOGAIGNE : Habitation. « La maison fogaigne du dit thomas Teulon ». Il est encore vivant en français rĂ©gional : faire fougagne « faire une grand feu » (Lhubac).

Etymologie : le mot foganha, qui est limitĂ© au provençal et au languedocien,est un dĂ©rivĂ© de focus « foyer, feu », + aneus attestĂ© depuis le moyen âge, de Briançon jusqu’au dĂ©partement du Tarn, presque toujours avec le sens « cuisine », avec quelques exception comme  dans l’Aveyron oĂą c’est la « plaque de cheminĂ©e ».

En dauphinois existe le verbe fouganhar « faire la cuisine ». Voir aussi le site La maison au moyen âge. Le mot se retrouve en catalan: fogayna « foyer ».

Dans l’Inventaire du chateau d’Hyeres de 1431 nous trouvons le texte suivant  qui montre que la foganha est bien la cuisine:

Dans la note l’Ă©diteur du texte ecrit qu’il n’a aucune idĂ©e du sens du mot mal-net.  Si vous avez une idĂ©e faites me le savoir.  Vous pouvez consulter cet inventaire, grâce Ă  Gallica. C’est dans le Tome 37, page 311 de la Revue des Langues Romanes. (lien direct vers la page!)

Un inventaire curieux:  il y aussi une liste des objets qui manquent !

Fenestroun

Fenestroun,  « petite fenĂŞtre » 1750 SĂ©guier1,feuillet 43v: « espinçave per lou fenestron  » (Job., Mathon), un dĂ©rivĂ© du latin  fenestra« fenĂŞtre ». Il n’y a pas beaucoup d’attestations mais il doit exister partout, comme, par exemple, dans le Nord Velay avec le sens « lucarne ». Mistral s’adresse Ă  Magali: :

« O Magali, ma tant amado,
Mete la tèsto au fenestroun !
Escouto un pau aquesto aubado
De tambourin e de viouloun. »

……………………………………..……
Le fenestron
des Archives de Mirepoix (Photo C.Belcikowski) ….….….….

On peut se poser la question pourquoi le mot latin fenestra est commun Ă  toutes les langues romanes et germaniques : italien, catalan finestra, allemand Fenster, nĂ©erlandais venster, etc..La rĂ©ponse se trouve dans l’histoire de la construction. Les constructions des Gaulois et des Germains Ă©taient en bois et ils n’avaient pas de fenĂŞtres. C’est aussi simple que cela.

Je ne peux pas m’empĂŞcher de vous renvoyer vers un blog qui dĂ©crit le chemin des Fenestrelles : « Aux alentours de Saint Guilhem il y une balade Ă  ne pas manquer qui grimpe sur le flanc du Cirque du Bout du Monde … » avec de très belles photos et un poème. Eldorad’Oc

L’occitan a crĂ©Ă© l’adjectif fenestrièro dont tĂ©moigne le dicton suivant:

(RLR6,306)

rascĂ s

cf. rascar

Vallat, valat

Vallat, valat s.m.  « ravin, fossĂ©; tranchĂ©e pour dĂ©fricher un champ (S); vallĂ©e ».  Ce dernier sens est dĂ» Ă  l’influence du français. Grâce au moteur de recherches interne je peux savoir ce que les visiteurs ont cherchĂ© dans mon site : 9 fois le mot vallat cette semaine. Alors je m’y mets.

La latin avait deux mots  vallis  s.f. « vallĂ©e » et vallum s.n. « palissade, parapet, rempart ». Ce dernier existe toujours en italien et espagnol vallo ‘rempart’.  En Gaule ces deux mots sont assez tĂ´t devenus identiques dans la langue parlĂ©e. Vallis et vallum ont  abouti Ă  val en galloroman, et cette forme s’est maintenue surtout dans les noms de lieu.  Il faudra pour chaque toponyme vĂ©rifier s’il s’agit d’un rempart ou d’une vallĂ©e.

Dans le sens « vallĂ©e » il est remplacĂ© par vall- + ata > vallĂ©e en français , valada en occitan. Cf. anglais wall « rempart », cf. Wall street,  (< vallum),  et  vale  « vallĂ©e »Â  de l’ancien français val  « vallĂ©e » et valley, nĂ©erlandais wal « rempart », et  vallei « vallĂ©e »; le quartier rouge d’Amsterdam s’appelle « de Walletjes » littĂ©ralement « les petits remparts », allemand der Wall « rempart ».

   Walletjes Amsterdam

Des remparts  à New York et à Amsterdam

Vallat est un autre dĂ©rivĂ©, avec le suffixe -attu  de vallum qui signifie « fossĂ© » depuis les plus anciens textes en occitan  comme dans les parlers modernes : ‘fossĂ©, ruisseau, rigole, ravine’ . La forme gasconne barat ‘fossĂ©’ a mĂŞme servi de modèle au français baradine « fossĂ© Ă©tabli sur une colline pour donner de l’Ă©coulement aux eaux », mais ce mot a disparu du français actuel d’après le TLF.

Pour l’abbĂ© de Sauvages un valat est un ‘ruisseau’ ou un ‘ravin’ lorsque c’est une ravine qui l’a creusĂ©. Un valĂ -ratiĂ© est « une pierrĂ©e , une longue tranchĂ©e qu’on remplit de blocaille de cailloutage & qu’on recouvre de terre … pour les conduire Ă  une fontaine: dans ce dernier cas les pierrĂ©es doivent ĂŞtre sur un lit de glaise ou de tuf ou de rocher ». Vous voyez que l’abbĂ© essaie d’instruire ses lecteurs, comme j’ai expliquĂ© dans le paragraphe que je lui ai consacrĂ©!

Raymond Jourdan, le père d’un fidèle visiteur, a fait une description dĂ©taillĂ©e la culture de la vigne en Languedoc dans la pĂ©riode entre les deux guerres.  Il utilise le vocabulaire occitan, tel qu’on le parlait Ă  l’Ă©poque Ă  Montagnac (HĂ©rault).  Son fils a eu la gentillesse de me faire parvenir ce texte illustrĂ© de dessins Ă  main levĂ©e.  J’en ai appris Ă©normĂ©ment de choses sur la viticulture.  La description commence avec le dĂ©foncement lo rompre  et se termine  avec l’entonnaire qui s’occupait de la retiraison  pour le nĂ©gociant. Son lexique  avec une orthographe « normalisĂ© » est consultable ici MontagnacViitiiculture. Ci-dessous je copie la graphie de l’auteur Raymond Jourdan de Montagnac.

Dans le deuxième chapitre  « La prĂ©paration Ă  la plantation » il Ă©crit:

Lors du dĂ©foncement les hommes suivent la charrue et retirent racines et cailloux qu’ils entassent. Après les racines sont brĂ»lĂ©es et les cailloux utilisĂ©s pour faire des drainages : ballat ratier (fossĂ© Ă  rats) dont l’ouverture donne sur un fossĂ© ou un ruisseau et qui comporte parfois plusieurs branches pour mieux drainer la parcelle.

En bout de branche est installĂ© un biradou,  endroit oĂą le ballat-ratier dĂ©bute et oĂą l’animal qui s’y refuge, lapin, counil, rat, serpent (ser), martre, putois (peudis), belette, (moustelle)  peut se retourner pour ressortir et dans le cas du lapin Ă©chapper au furet (foude )  et venir en sortant s’emmĂŞler dans la bourse (pantĂ©no) que le chasseur a placĂ©e.

En plus il y a un dessin:

Valat est aussi devenu nom propre. Un visiteur m’Ă©crit : « ma grand mère maternelle de mon père Ă©tait nĂ©e Valat, mariĂ©e Ă  un M. Nicolas, on l’appelait Marie de Valado (fĂ©minin de Valat).

Il y a aussi le nom propre Val.

Trast

Trast « soupente, galetas » du latin transtrum « poutre transversale », sens conservĂ© en wallon.

En Occitanie c’est ce qui se trouve au dessus des poutres : le grenier, et ce qui  intĂ©resse  les chineurs « les vieux objets, les vieux meubles, les guenilles,etc. » qu’on descend vers les  vide-greniers. Une relation de contenant > contenu.

Trastes est le plus souvent au pluriel!  Dans le Tarn on traite des « personne chĂ©tives » aussi de trastes.

       

Le mot a existĂ© en ancien français, mais a dĂ» cĂ©der la place Ă  trĂ©teau. Le catalan l’a Ă©galement conservĂ©: traste « meuble, ustensile de cuisine » et espagnol trasto « chose inutile ». Anglais transom « linteau », ancien anglais « poutre », breton treĂ»ts, trest.

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