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eminada

Dans l’exposition 2015¬† de l’association du patrimoine¬† de Manduel, il y a un panneau concernant l’arpentage au Moyen Age avec une liste de diff√©rentes noms de surfaces¬† dont j’ai d√©j√† parl√© (pan, destre¬† cana )¬† et¬† eymin√©e ¬† que je ne connaissais pas.

Patrimoine

Eymin√©e ou en occitan eminada « √©tendue de terre qu’on peut ensemencer avec une mine de bl√© » 1282. est un d√©riv√© de emina « mesure ancienne de capacit√© » qui repr√©sente le¬† latin hemńęna « mesure de capacit√© » > fr. mine, ancien proven√ßal emina, Al√®s emino « mesure de capacit√© pour les grains, 25 litres », √† P√©zenas 30 litres.

Le pr√©sident d »honneur de l’association du patrimoine Jean Coulomb a pu¬† d√©terminer qu’√† Manduel une eminada correpond √† 625 m¬≤. Pour savoir combien de litres faisait une emina il faudrait savoir ce qu’on semait …

Latin hemńęna signifie « un demi sextarius » (sestier) que nous retrouvons en italien, catalan, alsacien et basque, a √©t√© emprunt√© au grec őģőľőĮőĹőĪ (h√®mina) « demi ».

Français minot, minoterie ont la même origine.

FEW IV, 401-402

estive ‘paturage d’√©t√©’

l'estive

Dans le TLF estive est d√©fini comme « P√Ęturage de haute montagne dans les Pyr√©n√©es. », et par m√©tonymie : »S√©jour dans ces p√Ęturages ». Le mot est assez r√©cent:¬† 1933 avec le sens « p√Ęturage » et a √©t√© emprunt√© √† l’occitan du d√©partement du Puy-de-D√īme en 1876¬† avec un sens tr√®s sp√©cifique de l’Aubrac « unit√© exprimant la valeur de la consommation d’une t√™te de b√©tail pendant une saison et sur le pied de laquelle on paie la d√©paissance « . Ce sens se trouve dans les Larousses de 1876 jusqu’en 1945.

Le mot estiva est attest√© en ancien occitan depuis 1216¬† avec le sens « r√©colte » et √† Montauban au XIVe s.  » travaux d’√©t√© ».¬† On le trouve dans de nombreux parlers occitans avec le sens « p√Ęturage ».Cf FEW XXIV, 235a

Un s√©jour d’une semaine dans le Puy-de-D√īme m’a donn√©¬† l’impression que de nos jours estive et festive sont bien associ√©s dans l’esprit des touristes et d√©signe en premier lieu un bon restaurant ou une f√™te locale, votive celle-l√†.¬† Dans l’Aubrac c’est peut-√™tre devenu « la valeur de la consommation d’une t√™te de touriste pendant une saison »

Lestivebar

J’ai failli oublier l’√©tymologie : latin aestivus « qui a rapport √† l’√©t√© ».

Bolbena ‘boulb√®ne’

Bolbena « boulb√®ne ». Etymologie peut-√™tre un d√©riv√© de volvere « tourner, changer » ou du celtique *ulwo . Voir la fin de cet article. . Si vous avez une autre suggestion √©tymologique, elle sera la bienvenue!

D√©finition du TLF: « Terre compos√©e principalement d’argile et de sable, composant le sol de la r√©gion du Sud-Ouest de la France, plus particuli√®rement de la vall√©e de la Garonne. .. »

La premi√®re attestation date de 1796¬† d’apr√®s le TLF,¬† mais je viens de la trouver dans¬† le Manuel d‚Äôagriculture et de m√©nagerie publie √† Toulouse en l‚Äôan II (1793-1794), le citoyen Fontanilhes1, √† la suite des Physiocrates et dans le contexte de p√©nurie qui est alors celui de la R√©volution, se propose d‚Äôinstruire ses lecteurs du moyen d‚Äôaugmenter la production agricole en France, et plus sp√©cialement en Ari√®ge et en Haute-Garonne.¬† La date est √† corriger en sept. 1792 -1793.¬† su j’ai bien compris les explications donn√©es dans ce site.¬† Sur la page de titre la date de publication est¬† « L’an second de la R√©publique ».

fontanilhes_traite

L’auteur, pour √™tre plus efficace utilise des mots r√©gionaux, comme boulb√®ne une francisation du languedocien et/ou gascon bolbena.
Lisez l’article de Christine Belcikowski pour conna√ģtre les sp√©cificit√©s de cette terre et le travail qu’elle demande.
Le mot semble être connu dans la région toulousaine; dans le Tolosanlexique je lis:

boulbenne n.f. terre assez l√©g√®re, qui laisse des remont√©es blanches ou rouges, et qui devient poussiereuse en s√©chant. Apr√®s Pesqui√®res, c’est de la boulb√®ne. De l’occitan bolbena.

Voir le volume¬† FEW XXI, p.40¬† de mots d’origine inconnue, pour les attestations avec le sens « argile » et la page 33 dans le m√™me volume avec le sens « terrain sablonneux » √† Toulouse et au Cahors. Le CNRTL boulb√®ne , qui ajoute une forme locale gasconne burbeno.. Nombreuses attestations dans l’article « argile » dans le Thesoc pour les d√©partements suivants :LOT-ET-GARONNE, TARN-ET-GARONNE.

Plus sur cette terre dans Grands paysages pédologiques de France Par Marcel Jamagne

boulb√®ne_Etym‘Ernest N√®gre, dans son livre Toponymie du Canton de Rabastens (Tarn),Biblioth√®que du « Fran√ßais moderne ».√©d. D’Artrey, Paris, 1959 pr√©sente des formes du XVe et du¬† XVIe s. en latin m√©di√©val¬† Volvena¬† pour la commune¬† La Boulb√®ne (81100).¬† Je n’ai pas la possibilit√© de le consulter, √† part la p. 215 que Google me fournit comme exemple:

Un auteur dont je n’ai pas r√©ussi √† retrouver le nom, a publi√© un article dans la Revue du Tarn de 1958, p. 386 dans lequel il parle de la volvena:

volvenaRduTarn386(Volvena est absent de l’Alibert.) et il propose l’√©tymologie celtique *ulwo + le suffixe -ń≠na

volveneRduTarn387Le FEW a un article *ulwo « poussi√®re » (FEWXIV,16 ulwo-) dans lequel il y a un paragraphe avec des mots comme auvre, ouvre « terre meuble », tous localis√©s √† l’est du Rh√īne.¬† Les mots languedociens qui ont la m√™me orgine sont par exemple wolfo, bouolfo « balle d’avoine »(Aveyron), oubo, oufo √† Laguiole, b√≥oufo √† Millau¬† avec un b- par influence du verbe volar.

Il y a aussi un groupe assez important de mots qui d√©signent « cendres de charbon, √©tincelles » notamment dans le domaine occitan, dont bolbo « √©tincelle » dans l’Ari√®ge. (Voir le FEW ). Il faudrait savoir comment la boulb√®ne se comporte quand il y a du vent. Si elle fait beaucoup de poussi√®re, l’√©tymologie¬†volvena <¬†celtique *ulwo + le suffixe -ń≠na peut √™tre la bonne.

J’ai aussi¬† pens√© qu’on pourrait consid√©rer volvena comme un d√©riv√© du¬† latin volvere« tourner ». En ancien occitan est attest√© le mot volven « changeant, tournant’. C’est¬† un article sur le Lauragais, qui m’a donn√© l’id√©e avec la description suivante:

Les boulb√®nes sont des terres l√©g√®res et faciles √† travailler ; sols sableux et argileux, froides et pauvres en calcaire ; tout sol qui contient plus de sable que d’argile porte la d√©nomination g√©n√©rique de boulb√®ne ; apr√®s la pluie la boulb√®ne durcit, elle est tour √† tour poussi√®re et b√©ton.

Volvin nom d’un vent √† Donnezan (Alibert) Pays du Donezan (canton de Qu√©rigut, Ari√®ge).¬†¬† S’agit-il d’un vent qui tourne ou d’un vent qui l√®ve la poussi√®re?

A ma demande Pierre Gastal, auteur de¬† Nos Racines Celtiques ‚Äď Du Gaulois Au Fran√ßais. Dictionnaire. Editions Desiris, 2013.

a eu la gentillesse de me communiquer les r√©sultats de ses recherches. Il m’√©crit:

J‚Äôai dans ma documentation un article BOULBENE, avec 5 d√©finitions qui naturellement se recoupent. Je vous le mets en copie ci-dessous. Par ailleurs, le Dictionnaire de Jacques ASTOR a un paragraphe sur ce mot, non pas √† ‚ÄúAr√®ne‚ÄĚ comme annonc√© dans son index, mais √† ‚ÄúSabli√®re‚ÄĚ p. 704.

Quant à son étymologie, elle reste assez mystérieuse :

1) cet auteur apparente la racine bolb- au gaulois borb (source ‚Äď plus pr√©cis√©ment ‚Äúsource bouillonnante‚ÄĚ => ‚Äúla boue/bourbe qu‚Äôelle produit‚ÄĚ). C‚Äôest simple et s√©duisant mais pas √©vident parce que la boue et un terrain sablo-argileux ne sont pas la m√™me chose.

2) En ce qui concerne le FEW, je me m√©fie par nature des explications alambiqu√©es et faire descendre ‚Äúboulb√®ne‚ÄĚ de l‚Äôindo-europ√©en ‚Äú*ulwa‚ÄĚ, √©tincelle (cf. occitan ‚Äúalauva‚ÄĚ) me para√ģt rien moins qu‚Äô√©vident.

3) La finale du gascon ‚Äúboulbenc‚ÄĚ ferait penser √† un mot ligure mais le fait que ce mot soit caract√©ristique du Sud-Ouest et absent dans le Sud-Est infirme cette explication. Je pense qu‚Äôil faut bien plut√īt chercher la r√©ponse du c√īt√© du basque o√Ļ l‚Äôon a ‚Äúbolbora‚ÄĚ, poudre. C‚Äôest l√† ma pr√©f√©rence.

 

BOULB√ąNE (nf) : 1) de l‚Äôocc. gascon bolbena, en Gascogne terre sablo-argileuse acide pris√©e pour la c√©ramique. Il s‚Äôagit d‚Äôune cat√©gorie vernaculaire et particuli√®re de LUVISOL. (Wikip.)

2) Du gascon boulbeno (parfois bourbéno), terre composée d’argile et de sable constituant le sol de certaines régions du Sud-Ouest, particulièrement dans la vallée de la Garonne. (CNRTL)

3) (Agr.) Terre relativement imperm√©able d‚Äôalluvions anciennes de cailloux sur une base argileuse. ‚Äď Le mot est issu du dial. local pour caract√©riser la composition du lit de la riv. Ari√®ge.(Wiktionnaire)

4) Sol siliceux ou argilo-siliceux, limoneux, constitué d’éléments très fins, par opposition au TERRAFORT, terre argileuse. Var. volvène. (Pégorier)

5) Terre d’alluvion de nature sablonneuse. (J. Astor p. 704)

√Čtym. : Du gascon boulbenc, d‚Äôorigine inconnue (Dict. √©tym. Larousse) ; p.√™. basque, cf. bolbora (poudre).

Commune : Laboulbène/Tarn.

Lieux-dits (tous dans le Sud-Ouest) : (La) Boulbène à Lézat-sur-Lèze/Ariège, Auterive/HG, Ayguesvives/HG, Bivès/Gers, Quinsac/Gir., Castelnaud-de-Grattecambe/L&G, Dieupentale/T&G, Ginals/T&G, Labastide-de-Penne/T&G, …Bien amicalement à vous.

Quelques jours  plus tard Pierre Gastal ajoute :

Cher Monsieur,

Un ami que j‚Äôai sollicit√© m‚Äôindique pour ‚Äúboulb√®ne‚ÄĚ une √©tymologie qui me para√ģt tout √† fait vraisemblable. Elle est tir√©e tout simplement du Tresor do√Ļ Felibrige de F. Mistral (1878) : racine BOLBO (‚Äú-√®ne‚ÄĚ est un suffixe), page 304,¬† BOLVA en catalan, venant du latin PULVIS, poussi√®re. Ailleurs, on trouve aussi BURBENO, terrre color√©e, BOL, terre argileuse, BOULDRO, boue, limon.

Bonne journée.  P.G.

Ce message m’a fait relire avec attention¬† le long article pulvis du FEW IX, page 561 je trouve:¬† poulb√®iro

PoulbeiroFEWL’√©tymologie d√©j√† sugg√©r√©e par Mistral pourrait √™tre la bonne. Poulb√®iro > boulb√®iro serait alors une simple assimilation p>b sous l’influence de -beiro. Poulb√©ro est d√©j√† attest√© dans le Dictiounari moundi de Jean Doujat de 1637 . -eiro > -eno un changement de suffixe fr√©quent (√† confirmer).

 

Notes
  1. Voir l’article de Christine Belcikowski

Est√≤uss√° ‘√©laguer, √©monder’

Dans le Manuel d’agriculture et de ménagerie qu’il publie à Toulouse en l’an II (1793-1794), le citoyen Fontanilhes1, à la suite des Physiocrates et dans le contexte de pénurie qui est alors celui de la Révolution, se propose d’instruire ses lecteurs du moyen d’augmenter la production agricole en France, et plus spécialement en Ariège et en Haute-Garonne.

L’auteur, pour √™tre plus efficace utilise des mots r√©gionaux, comme √©taussage

¬ę¬†On appelle « rames »¬† l‚Äô√©taussage 30 qu‚Äôon fait tous les deux ans, en Vend√©miaire, des peupliers, saules, fr√™nes, et tous les trois ans des ch√™nes, en m√©nageant une coupe suffisante pour cha¬≠que ann√©e. On met cet √©taussage en fagots, qu‚Äôon fait s√©cher √† demi¬†; on les enferme ou garantit avec soin pour l‚Äôhiver. La feuille √©tant d√©vor√©e par vos troupeaux,le berger ou m√©tayer, qui ordinairement a fait l‚Äô√©taussage √† ses frais, se chauffe du bois qui reste.¬†¬Ľ

Etaussage « √©lagage, √©mondage ». D’apr√®s le FEW il s’agit d’un mot d’origine pr√©romane *toutio- , *tautio-, *tottio- « t√™te, pointe » qu’on trouve en galloroman, italien et ib√©ro-roman.

Le d√©riv√© estaucier signifiait en ancien fran√ßais « tondre, tailler les cheveux » et en moyen fran√ßais « tailler une haie vive, couper les grosses branches d’un ch√™ne ».¬† Le FEW n’a pas d’exemples de l’occitan de ce verbe, mais il y a pas mal d’autres mots qui ont la m√™me origine et qui sont attest√©s notamment dans l’Ari√®ge, comme t√†ous « rocher », t√†ousou « petite √©l√©vation, √©minence », tos « sommet » et tos dans plusieurs parlers gascons avec le sens « tronc d’arbre, auge ».

FEW XIII/2,132 *toutio2 est à compléter.

Google fournit 4 attestations du mot étaussage, dont le dernier date de 2007:

étaussage S.Fauchereau

Google fournit plus de 70 attestations du verbe étausser, dont celle de Charles Menière, auteur du Glossaire angevin étymologique comparé avec différents dialectes 1881, qui aimerais le rattacher  au celte:

etausseerAngevin

Slatkine l’a r√©imprim√©, de sorte qu’on ne peut pas le consulter sur le web. Mais heureusement l’auteur¬† l’a publi√© √©galement dans les Memoires de la soci√©t√© acad√©mique de Maine-et-Loire tome 36, 1881, page 191 ss qu’on peut¬† consulter gr√Ęce √† Gallica. Pas la peine de d√©penser 21‚ā¨.

D’apr√®s la BDP le patois de Segr√© (49500, Maine-et-Loire) a √©t√© particuli√®rement mis √† contribution.

Sous têtards il écrit:

tetard C.MénièreAngevin

Notes
  1. Voir l’article de Christine Belcikowski

sansou√Įre 'salicor'

Saussouiro, sansou√Įro « salicorne, salicor »¬† . Mistral, Tr√©sor:

Ma voisine Maryse, originaire de Cannes et excellente cuisini√®re, m’a racont√© que la salicor(ne) √©tait comestible. Wikipedia confirme dans l’article Salicorne d’Europe :

Les tiges tendres de la salicorne jeune, r√©colt√©e en mai/juin, peuvent se d√©guster crues, nature ou en vinaigrette. Plus tard, la salicorne devient un peu am√®re et il est pr√©f√©rable de la blanchir. Quelques minutes dans l‚Äôeau bouillante suffisent √† lui √īter son amertume et le sel en exc√®s. Elle sera alors cuisin√©e comme l‚Äô√©pinard, √† la vapeur, √† l‚Äôeau (non sal√©e¬†!) ou revenue √† la po√™le. La salicorne fra√ģche, tr√®s fragile, ne se garde pas plus de deux jours au r√©frig√©rateur.

salicor¬†¬† sansou√Įre

¬†Dans RollandFlore, IX,165 nous trouvons les attestations suivantes de saoussou√Įro pour la « soude1 »

En fran√ßais : « Les sansouires sont des milieux naturels √† v√©g√©tation basse situ√©s en bordure haute des vasi√®res littorales, soit la partie haute des marais maritimes. Ce terme est employ√© en France m√©ridionale (Camargue, Languedoc et Corse). » (Wikimedia Commons). ¬† Littr√© propose l’√©tymologie¬† latin salsŇęra « saumure »,¬† mais¬† salsŇęra¬† aurait d√Ľ aboutir √† *saoussura.

L’√©tymologie de de saussou√Įro¬†¬† semble √™tre inconnue. Je n’ai pas trouv√© d’attestations anciennes, mais nous pouvons reconstruire une forme *salsoria.¬† Dans le FEW, que vous pouvez maintenant consulter sur le site de l’ATILF en mode image, ¬† s.v. salsus , vol XI, p.110, il y a une s√©rie de noms de champignons du type sauceron¬† et l’occitan sausseiroun « fenouil de mer »;¬†¬† Les formes sont tr√®s proches mais le sens « salicor » ou « sansouire » n’y est pas.

Dans le site e-sant√©, je trouve la remarque suivante: « La salicorne est parfois confondue avec la criste-marine car toutes deux poussent presque dans la mer. Mais elles n’appartiennent pas √† la m√™me famille botanique et ne se consomment pas de la m√™me fa√ßon. »

Si vous cherchez des images de « fenouil de mer » vous verrez qu’en effet il y a une forte ressemblance, mais la criste-marine est un ombellif√®re!

Salsola.Dans la m√™me page du FEW je trouve le type saussola « pain tremp√© dans du caf√© etc » attest√© √† Clermont-l’H√©rault et √† P√©zenas.¬† Je ne pense pas que Linn√©¬† ait trouv√© le nom salsola¬† en trempant le¬† pain dans son caf√© en compagnie d’un botaniste montpelli√©rain (Linn√©, Genera Plantarum, p. 67 cf.TLF). En effet, la premi√®re attestation que nous avons vient de Bauhin2 1671, p.289 salsola

J’ai suivi le lien de Bauhin « C√¶s. », qui renvoie √† Andreas C√¶salpinus, De Plantis Libri XVI. Florence, 1583(De plantis (1583), 621 p.disponible sur Gallica). Je n’ai pas cherch√© la page exacte, mais nous pouvons conclure que le mot¬† salsola¬† est d’origine italienne ou a √©t√© cr√©√© par C√¶salpinus, d’autant plus que l’adjectif salso¬† « sal√© » y est √† la base de nombreux d√©riv√©s:

Salicor, salicorne.

Le TLF  suit Corominas et propoe comme étymologie de  salicor,  (salicorne  en français)     le mot catalan salicorn attesté en 1490:

salicorne (id. ¬Ľ (Cotgr.). Empr. au cat.salicorn (att. dep. 1490 ds Alc.-Moll), plus prob. issu d’un b. lat. salicorneum, comp. de sal ¬ę sel ¬Ľ et de corneum ¬ę en forme de corne ¬Ľ, que d’orig. ar. Voir Cor.-Pasc., s.v. sal et FEW t. 21, p. 154a.

Un petit détour historique.

L’utilisation de la salicorne a √©t√© tr√®s importante dans la fabrication du verre.

Voici un extrait du  site des verriers du Rouergue

Soude ou salicor employée par les verriers (3 parties)

Cet article est extrait du Dictionnaire raison√© universel d’histoire naturelle de M.Valmont de Bomare publi√© √† Lyon en 1776.

SOUDE, soda, plante dont on distingue nombre d’esp√®ces. Nous d√©crirons ici les esp√®ces les plus en usage dans les Arts & dans la Pharmacie.

1¬į. La Soude appel√©e Salicor : c’est une plante annuelle qui cro√ģt dans les pays chauds, sur les bords de la M√©diterran√©e. …¬†¬†¬† La plante appel√©e salicor, dit M. Marcorelle, est utile par le revenu qu’elle rapporte ; pr√©cieuse par ses usages ; curieuse par ses diverses m√©tamorphoses; & agr√©able √† la vue par la vari√©t√© de ses couleurs & sa forme r√©guli√®re : elle figurerait dans un parterre & y r√©ussiroit tr√®s bien, mise dans une terre appropri√©e. Cette plante de salicor est connue en Latin sous le nom de kali majus cochleato semine. C. B. Tournts infl. p. 247, salsola (kali ), Linn. N¬į. 1 : en Arabe sous celui de kali : en Fran√ßois sous celui de soude, & en Languedoc & dans le Roussillon, sous celui de salicor. C’est le boucar des Poitevins & des Saintongeois.

2¬į. La Soude SAlicor appel√©e Salsovie Ou Marie √©pineuse, kali spinosum : elle na√ģt aussi dans les pays chauds, sur les rivages sablonneux de la mer, le long des lacs sal√©s, quelquefois m√™me dans les champs √©loign√©s de la mer.

3¬į. La Soude appel√©e la Marie Vulgaire Ou la Grande Soude, est le kali geniculatum majus, C. B. salicornia articulis apice crassioribus, Linn. Il y en a de deux esp√®ces, l’une est le salicornia annua, l’autre est le salicornia semper virens.

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Notes
  1. Saeda (genre)L. et Salsola (genre)L.
  2. Bauhin Caspar (Caspari Bauhini Viri Clari√ü.) – Pinax Theatri Botanici sive Index In Theophrasti Dioscoridis Plinii Et Botanicorvm qui √† seculo scripserunt Opera: Plantarvm Circiter Sex Millivm Ab Ipsis Exhibitarvm Nomina cum earundem Synonymiis & differentiis methodice secundum genera & species proponens. B√Ęle,1671. Plusieurs num√©risations en ligne, dont Google books
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