Etymologie-occitane » commerce http://www.etymologie-occitane.fr Dictionnaire étymologique de l'Occitan Sun, 04 Feb 2018 10:08:19 +0000 fr-FR hourly 1 Mounine ‘guenon’ http://www.etymologie-occitane.fr/2013/10/mounine-guenon/ http://www.etymologie-occitane.fr/2013/10/mounine-guenon/#comments Tue, 29 Oct 2013 10:54:19 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=7945 Mounine  s.f.  « Sexe de la femme » est un dérivé de mona « guenon ». L’étymologie de mona  est l’arabe maimun  « singe », mot introduit dans presque toutes les langues romanes par le commerce des singes.:  italien maimone, catalan  gat maimó, móna,   espagnol et portugais  mono, mona,  italien et espagnol monina.  Les deux mots monne  et monine  ont aussi existé  en français. Cotgrave (1611)  écrit:L’évolution de la forme  maimon  attestée en ancien occitan (1339)  vers mona  s’explique par la chute de la première syllabe sentie comme une réduplication.

La première attestation de monina  (1470) vient  du provençal (Avignon) et ce dérivé est surtout répandu dans le domaine occitan.

Plusieurs sites  marseillais donnent uniquement  le  sens « sexe de la femme1« . Couillon de la mounine « Simple d’esprit »: « Vé le, ce couillon de la mounine qui fait pas la différence entre un 51 et un Casa ». Variante : moumoune.

Ci-dessous l’article mounino  de Mistral, vous voyez que le sens du mot a évolué depuis le 19e siècle :

 

Dans son article enserta « greffer »  il cite en plus l’expression enserta ‘no mounino « reboire avant d’être dégrisé ».

la calanque Mounine

Mona, monine  et les autres dérivés de maimun  « singe » se trouvent dans tout le domaine galloroman. Pour le moyen français voir 6 articles dans le DMF.  D’après la classification du FEW XIX, 115  il y a dans les parlers galloromans  une douzaine de significations:

  1. figure ou femme laide, par ex. béarnais moune
  2. grimace, boudeur, maussade, par ex. dans le Tarn mouná « bouder », Pézenas mouniná
  3. fantôme  dans le Périgord mounardo « mort »
  4. enfant, jeune  par ex. Paris  mounin  « petit garçon, apprenti »
  5. sexe de la femme  par ex. dans le Rouchi et en argot moniche
  6. vieille vache, par ex. dans le Cantal mona  « vieille vache qu’on engraisse »
  7. ivresse, par ex. Alès mounino,  Montpellier carga la mouninà  ‘s’enivrer »
  8. sourd
  9. nigaud, par ex. à Lyon mounin  « sot, nigaud »
  10. poupée , par ex. à Lescun mounáko
  11. chatte , par ex. à Toulouse mouna, à Barcelonnette mounet, en Limousin  mounasso
  12. autres animaux , par ex. en provençal  mouno  « gadus merlangus », mouna  à Nice et à Palavas.

Toponymie. Devinez quel sens est à l’origine du toponyme.  Un indice →   Calanque Mounine (très belle photo par Amodalie).

Un visiteur me fait parvenir un jolie légende sur l’origine du même toponyme situé cette fois dans l’Aveyron, le Saut de la mounine  :

Vue sur le château de Montbrun au Saut de la Mounine.JPG
« Vue sur le château de Montbrun au Saut de la Mounine » by Daniel CULSANOwn work. Licensed under CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Une jolie histoire à insérer, si cela vous semble opportun, après l’article « mounine » (j’y suis allé en vacances, à Saujac; c’est à côté de Cajarc, là où on trouve le célèbre « Moulinot » de Coluche… c’est pour ça que « mounine », que je n’avais jamais entendu avant, me parle) :

En suivant la D 24 vers Saujac, on débouche en haut d’abruptes falaises (enface, le château de Montbrun et un large méandre du Lot). Le saut de la Mounine tire son nom d’une vieille légende. Un ermite, au retour d’un pèlerinage à Compostelle s’était retiré dans une grotte en compagnie d’une mounine (une guenon). Le sire de Montbrun ne pouvant accepter l’amour de sa fille Ghislaine pour le fils de son pire ennemi jure qu’il aimerait mieux la voir se précipiter dans   le vide. La fille vint confier ses malheurs à l’ermite. Celui-ci sacrifia la guenon vêtue des habits de Ghislaine, en la  précipitant du haut de la falaise, pour simuler sa mort. Le châtelain est bouleversé à la vue de la dépouille qu’il croit être de sa fille. Le stratagème dévoilé, il accorde le pardon et sa main au  jeune galant.

 

 

Notes
  1. Voir par exemple  Les Cahiers du Sud, dico de Marseille;  Mounine  dans le site La Joie des mots
]]>
http://www.etymologie-occitane.fr/2013/10/mounine-guenon/feed/ 0
Farda http://www.etymologie-occitane.fr/2011/11/farda/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/11/farda/#comments Sat, 19 Nov 2011 15:37:10 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=6170 Farda « habits, linge, hardes, robes » représente le mot arabe farda «balle de marchandise » ou plus précisément « la moitié de la charge d’une bête de somme ».

una mummia del Perù ancora avvolta nel fardo; circa XII sec.

esp., pg. fardo « paquet de marchandises »,

Italien fardo, cat. farda « ensemble de choses inutiles » et « paquet de nourriture pour un voyage d’une journée », comme à Pézenas fardo  « besace dans laquelle les journaliers portent leurs provisions de bouche ».  Dans le Tarn fardel « paquet  de tripes »  et en Rouergue a la fardoulho « en désordre, à la hâte » (M).

D’après le FEW le mot aoc. fardel « paquet », comme français fardeau 1, ont été empruntés à l’italien ou directement à l’arabe comme terme technique de commerce. Ensuite on a créé une ‘racine’  *farda  avec les mêmes sens. Le mot arabe farda signifie aussi « étoffe, habits »  car, quand on voyage le ballot  ne contient souvent que des habits. De là languedocien fardo « vêtements, hardes », Alès fardos « trousseau de la nouvelle mariée » (S), et des dérivés comme languedocien. fardetos « layette d’enfant », fardá « habiller, équiper, ajuster » Aveyron fardasses « chiffons ».

les anges boutis font partie des  fardos  à Alès.

La répartition géographique du  type farde « étoffe » est limité au gascon et languedocien.

Fargasse s.m. « homme négligé ». Dérivé de farda avec un –g- sous l’influence de quel autre mot ?

Petite excursion :

Au XVIe s. les soldats gascons ont introduit le mot farda dans le français de Paris  avec leur prononciation à eux : h- au lieu de f- : hardes et cette forme s’est répandue de la capitale vers les provinces du nord principalement. Le sens péjoratif  du mot  hardes qui au XVIe s. signifiait «  bagage, vêtements, linge et coffre d’une personne »,  n’est attesté que depuis 1771. Le dictionnaire de l’Académie de 1762 parle encore de « belles hardes » ! De nos jours c’est un terme historique comme dans « les hardes et uniformes de matelots ». Voir TLF.

Notes
  1. Les mots farde, fardeau et le verbe farder en français, ont la même origine; voir le TLF
]]>
http://www.etymologie-occitane.fr/2011/11/farda/feed/ 0
Trucar http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/trucar/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/trucar/#comments Sat, 29 Oct 2011 16:42:51 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=5681 Trucà « heurter ». Comme étymologie on suppose un *trūdĭcare « heurter »,  dérivé du verbe trudere « heurter ». *trūdĭcare  a donné en ancien occitan trucar « heurter contre » ( vers 1300). A Nîmes trucâ  signifie toujours « heurter » (Mathon). Dans les régions d’élevage trucar se dit en général des bêtes à corne « frapper de la tête, de la corne ». De l’Hérault jusqu’en Gascogne le dérivé truc signifie  » choc, heurt ». A Toulouse le truc est « le bruit que font les écus en les comptant » et dans cette région « payer comptant » se dit paga truquet. En béarnais truc a pris le sens d’un des résultats possibles d’un heurt : « le son d’un battant (de cloche, etc.) ». Ailleurs, surtout en gascon l’évolution a continué et le truc est devenu « grande clochette pour le bétail » (Val d’Aran, Lavedan, les Landes, etc.).

Le verbe catalan trucar « sonner, donner un coup (de fil), frapper à la porte » et ses dérivés sont expliqués comme des onomatopées par Corominas (DE) , mais ils pourraient s’expliquer aussi bien à partir d’un verbe  trūdĭcare « heurter ».

Voir aussi l’article Truc-de-Balduc un « très gros caillou ».

Français truc « coup d’adresse, ruse » apparaît dans quelques rares textes de l’ancien français, un peu plus au XVe siècle (cf. DMF). En moyen néerlandais  est attesté en 1554 le mot  truc avec le sens  « ruse » et il est courant en néerlandais moderne;  j’ai quelques doutes sur cette étymologie « emprunt au français » du mot néerlandais parce que ce sens ne devient vraiment courant en français  qu’à partir du XVIIIe siècle.

Remarque. En anglais la même notion est exprimée par le mot trick « ruse » (15e s.), qui vient du normand ou du picard trique, (français triche) du latin triccare. Une coïncidence ?

Le FEW le rattache à trūdĭcare « faire un coup », à partir de l’occitan truc coup », mais il y a d’autres propositions. Pour plus de renseignements voir le TLF.

]]>
http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/trucar/feed/ 0
Talent, talan http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/talent-talan/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/talent-talan/#comments Tue, 25 Oct 2011 14:47:56 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=5434 Talent, talan. L’expression occitane avé talen n’est pas du tout la même chose que « avoir du talent ».  Occitan talen et français talent ont la même origine mais ils sont le résultat d’une  évolution différente. Le talent français est récent et littéraire, il date du XVIe siècle, alors que le ou la talen(t) occitan(e) est beaucoup plus ancien et signifie « désir, envie, faim », comme dans passa talent « souffrir de faim » (ancien et populaire). Lou pan à la dènt fa veni la talènt. (Le pain à la dent fait venir l’envie de manger). Mistral nous fournit une autre belle expression qui se dit d’un bon couple: quand l’un a talènt, l’autre dèu avé set. (l).

L’influence des Textes Sacrés, notamment de l’Evangile, dans l’évolution des langues occidentales a été très importante. L’histoire du mot talentum en est un bon exemple. Il a le sens « une somme d’argent » dans la Parabole des talents  » (Matthieu 25, 14-30). Très tôt ce sens concret a donné lieu à l’emploi au figuré « dons confiés par Dieu » dans les commentaires et les sermons. Ensuite, dans la vie quotidienne, en dehors de la religion, s’est développé le sens « état d’esprit » qu’on trouve déjà en ancien occitan dans la Chanson de Sainte Foy : talan, talantz « état d’esprit, intention, humeur », et dans le Testament de la reine de Navarre (1038, DuCange), en latin : …si venerit ad aliquam de meas filias in talentum Deo servire… (si une de mes filles aurait envie de servir Dieu).

En galloroman et ailleurs dans la Romania, en particulier dans les zones où les langues littéraires ont eu moins d’influence, le sens « état d’esprit, intention » a abouti à « désir, envie » qui existe encore par-ci par-là en Provence. Dans l’évolution ce sens abstrait devenait de plus en plus concret et aboutit à « désir de manger, faim » en Languedoc, en Gascogne et en Wallonie (voir à propos de cette répartition géographique la page Tablier). Il n’est pas impossible que ce  sens « appétit » a été emprunté au catalan où il est attesté dès le XIIIe siècle.

Le sens «  »pièce de monnaie » (voir ci-dessus à propos de l’Evangile) a abouti à « commerce, industrie, exploitation, par exemple dans le Tarn es en talant de bòrio « il exploite une ferme ».

La traduction de la Bible en français au XVIe siècle et l’étude du texte dans les milieux protestants rendent la Parabole des talents généralement connue, et à partir du début du XVIIe siècle, talent prend le sens de « capacité, habilité, supériorité dans un art, métier, etc. » ce qui fait disparaître les autres significations.

Dire que l’étymon est le grec talenton « plateau de balance, balance, poids; pièce de monnaie », emprunté par les Romains talentum > talantum « poids grec; une somme d’argent » n’explique pas grand chose. Pour comprendre le sens « désir; envie, faim » il faut suivre son évolution sémantique et savoir dans quels contextes il a été utilisé.

un talent  grec

Vous pouvez lire tous les commentaires notamment sur le toponyme Picotalen(t). de cet article ici :

]]>
http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/talent-talan/feed/ 2
Quincanela http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/quincanela/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/quincanela/#comments Fri, 14 Oct 2011 15:04:11 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=4998 Quincanela « faillite, banqueroute », quincanelle en français régional (Lhubac).

En moyen français la quinquenelle est un « Délai de cinq ans accordé à un débiteur qui fait la preuve qu’il a perdu la plus grande partie de sa fortune ». ( début 15e s, DMF).

C’est un emprunt au latin quinquennalis utilisé dans les Coutumes. La forme de l’ancien occitan est quinquinal. Ce n’est pas exactement une faillite, mais on l’accorde à un débiteur ne pouvant plus payer;  il a 5 ans pour le faire. Avec la moyenne d’âge de l’époque cela revenait au même. D’ailleurs Du Cange le définit par usurpatur

Du Cange

]]>
http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/quincanela/feed/ 0
Osca, osque http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/osca-osque/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/osca-osque/#comments Tue, 04 Oct 2011 10:13:29 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=4636 Osca, osce, osque s.f. « entaillures sur le bras de la romaine qui marquent les livres, 1/2 livres et onces » (Seguier1, p.47 verso ); oscar « entailler »; ouisse « entaille » (Champsaur en 1996).

   
image du Larousse 1905.    L’abbé deSauvages donne plus de renseignements.

Lla boulangère de Valleraugue (Gard), m’a raconté à propos de « hoches sur la taille des boulangers » que, dans les années ’80-’90, les vieux Valleraugois payaient bien sûr tout ce qu’ils prenaient, mais jamais le pain. Le pain était payé à la fin du mois. La taille des boulangers y est donc restée en usage jusqu’à la fermeture de cette boulangerie.

La question a été posée pour les Atlas linguistiques, mais je n’ai pas retrouvé le type osca parmi les réponses. D’après le TLF l’expression existe encore, mais je me demande si la coutume est encore vivante.

Essayez chez Carrefour, et rapportez-moi le résultat. Merci.

Un visiteur m’a donné une autre explication de  l’expression  faire une croix sur la cheminée.  « marquer un fait rare ou exceptionnel »  (expression donnée comme vieillie dans le Robert).

Le  visiteur de Capriata d’Orba (dans le Piemont, province d’Alessandria) m’écrit: Da nos-átri o ï era la costumança de « fár una croge ente la ceindre d’ël camin » ó ente la polvre de la corte purqu’èst qu’o se penseiva de téner lontan la tempèsta e la gragneula (grêle). Mé máre a me la feiva fár encor quand que mi a era un filjeul. La croge a se feiva encom un baston que o lasseiva com’et una crenna (osca) ente la ceindre ó en tèra.

Heureusement, il a eu la gentillesse de me le traduire, parce ce que son patois est un patois de transition entre le piémontais et le ligure:

Chez nous il y avait l’habitude de « faire une croix dans la cendre de la cheminée » ou dans la poussière de la cour parce que on croyait d’éviter la tempête e la grêle. Ma mère me faisait encore faire ça lorsque j’étais un enfant (il y a plus de 50 années). On faisait la croix avec un bâton qui laissait comme une rainure (sillon ?) dans la cendre ou sur le terrain. Dommage je ne rappelle plus les mots que ma mère récitait dans l’occasion.

Dans notre siècle avec des balances électroniques, il y a peu de personnes qui connaissent encore ce mot qui a également existé en français: osche ou oche jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. En ancien français osche avait un sens général « coche, entaille faite pour marquer une mesure » mais au cours des temps il s’est spécialisé, par exemple dans l’Encyclopédie de Diderot on trouve auche « trou pratiqué dans la matrice du mouton à frapper les têtes d’épingles ».

D’après le FEW la répartition géographique de cette famille de mots correspond assez bien à la région où habitaient les Gaulois et il suppose une origine gauloise *osca. Nous le retrouvons en effet dans le nord de l’Italie: piémontais osca « entaille », et en catalan osca etc. Il est attesté dans des langues celtiques, comme le breton ask, aska « faire une entaille ». Hubschmid par contre suppose une origine basque/préromane. Voir à ce propos le TLF s.v. hoche. Le mot a été prête à l’anglais : notch avec n- par agglutination du n dans an notch.

Voir aussi l’article roman, romana « romaine ».

]]>
http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/osca-osque/feed/ 0
Nim http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/nim/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/nim/#comments Mon, 03 Oct 2011 13:24:55 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=4588 Nim « sorte de drap ». De nos jours le denim.

Dans un texte intitulé Etat du commerce en Languedoc, de 1744, je trouve: Les Nims qui sont fabriqués, partie avec des laines d’Espagne et partie avec des laines du pays, et les Londres larges qui sont tous de ces dernières, ne donnent pas à beaucoup prez autant de profit à cause de la rareté et de la cherté des laines.
En bas de la page : Nim largeur : une aune 1/5 Prix 8 livres 10 sols (en couleurs assorties).

Et une remarque intéressante, dont je vous laisse l’interprétation :

Ce profit seroit bien plus considérable si le fabriquant avoit la liberté d’expédier des draps par le port de Cette au lieu de les faire passer par les mains des négociants de Marseille, qui y mettent eux mêmes le prix et qui s’assurent toujours un gain certain, sans partager les hasards de ce commerce. On scait le préjudice que la Province recoit de cette gène, et les démarches que les Etats ont fait jusques à présent pour lui procurer une liberté qu’il est naturel qu’elle désire et qu’il paroit juste de lui accorder. »

En tout cas les Marseillais n’ont pas changé.

Share ]]>
http://www.etymologie-occitane.fr/2011/10/nim/feed/ 0
Garaffo http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/garaffo/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/garaffo/#comments Wed, 28 Sep 2011 15:04:17 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=4399 Garaffo « carafe ». La forme provençale et languedocienne avec g- se retrouve en cat., esp. et port. garrafa. Le mot a voyagé à travers l’Espagne en venant de l’arabe garrafa « bouteille à base large ». Le  dictionnaire de la Real Academia pense que le mot espagnol vient peut-être du portugais garrafa, « bouteille » et celui-ci de l’arabe moracain gerraf.

Le fr. carafe, > néerlandais karaf (> indonésien karap), ne vient pas directement de l’arabe  mais  a été emprunté à litalien, caraffa, qui l’a également de l’arabe.

Dans le lexique de Max Rouquette : s’engarafatar « avaler de travers, s’engouer » , angarafatada « qui s’étrangle » dans le contexte en parlant d’une serrure! Dans l’Hérault sont attestés s’engarafatar ou s’engalafatar. Le verbe portugais engarrafar signifie « mettre en bouteille ».

Engarrafata à Manduel a un sens totalement différent : « s’emmitoufler avec beaucoup de choses » d’après mon témoin et confirmé par un dictionnaire du patois d’Ales. Il fait partie des dérivés de galafata.

]]>
http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/garaffo/feed/ 0
Gabela http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/gabela/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/gabela/#comments Mon, 26 Sep 2011 08:34:50 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=4328 Gabela, gabala (Alibert), a la même étymologie que le mot  français gabelle,  l’arabe  qabala « impôt, fermage ». (cf. TLF) . Je pense que l’occitan l’a directement emprunté à la région italienne voisine.  Gabela est attesté en ancien occitan depuis le XIIe siècle  avec le sens  « impôt sur certaines denrées, par exemple drap, vin, sel », mais  le français gabelle  un siècle plus tard en 1267 « impôt sur le sel qu’on qu’on payait jusqu’à la Révolution ».

On trouve les formes gabella, cabella et parfois caballa dans des textes en latin du XIIIe siècle. A cette époque à Gênes gabella désigne le « monopole du sel » Les formes correspondantes se trouvent en italien gabella « impôt sur la marchandise » , sicilien gabella « fermage », piemontais gabèla « querelle, chamaillerie ». L’espagnol et le portugais gabela, ainsi que le catalan gabella et le français gabelle ont été empruntés à l’italien. Catalan et espagnol alcabala « impôt sur la vente » ont été empruntés directement à l’arabe.

Plusieurs dérivés ont été créés : ancien occitan gabelar « payer la gabelle pour quelque chose » (Castres 1355), gabelador « officier de la gabelle », et moyen français gabeloux « terme de mépris pour les employés de l’octroi ».

Le mot français à été prêté au suisse-allemand et au « schwäbisch »(= l’allemand parlé en Souabe (Schwaben, province de la Bavière) gabelle comme au néerlandais gabel.

Le Languedoc faisait partie des PAYS DE PETITE GABELLE. Les pays de petite gabelle étaient le Lyonnais, le Beaujolais, le Mâconnais, la Bresse, le Languedoc, la Provence, le Roussillon, le Velay, le Forez, les élections de Rodez et de Millau dans la généralité de Montauban, partie de la généralité de Riom. Le sel s’y vendait 40 à 42 livres le quintal dans le Lyonnais, 24 à 27 en Provence, en moyenne 6 à 8 sous la livre, et la consommation par tête, fort supérieure à celle des pays de grande gabelle à cause de la moindre cherté, atteignait sous Necker 11 livres trois quarts. Là aussi existaient des localités privilégiées: Gex, qui s’était racheté, le diocèse de Rieux, les villes de Cette, Aigues-Mortes, Arles, etc.

En cherchant une attestation pour  arabic « espèce de moustique », j’ai suivi une indication d’ E. Rolland concernant la Camargue et j’ai pu consulter  l’article suivant :

 Considérations sur les poissonsNos gouvernements n’ont rien inventé. L’exonération de la taxe existe depuis longtemps. Celle sur le sel s’appelait le franc-salé.  Le baron de Rivière a fait un petit calcul sur le prix d’un certain plat, quand il y a une exonération. Cela nous donne une idée précise sur le poids énorme de la gabelle et nous comprenons mieux le rôle que l’opposition à cette taxe a joué dans l’histoire de la France. Voici ce qu le Baron a écrit:

Cela ressemble à  la TIPP : taxe intérieure sur les produits pétroliers.

Il y a un article très intéressant sur le rôle de la gabelle dans l’histoire de France dans Wikipedia.

Je pense que le mot   gabian avec le  sens « employé de fermier général » à Marseille; « douanier » à Nice et  « gabelou » à Puisserguier appartient a la même famille.  En tout cas je ne vois pas ce qu’ils ont en commun avec une « mouette » gavia  comme le prétend le FEW. (cf. gabian).

]]>
http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/gabela/feed/ 0
Mascarà http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/mascara/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/mascara/#comments Mon, 19 Sep 2011 16:50:09 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=4162 ShareMascara v.a. « noircir, charbonner, barbouiller ». Ce matin, le 22.04.2011, une amie  m’annonce : Le ciel se mascare!   Je lui ai dit que  cette façon de décrire le ciel était très poétique.  Elle ne comprenait pas mon compliment.   C’est l’abbé de Sauvages qui m’explique que   se mascarer  signifie tout simplement « se noircir » :

     

comme Séguier1 qui donne même la conjugaison: est tout mascara; s’est masacara; l’ant mascara; vous masquarevez).  Le verbe est courant en occitan et il est resté vivant en français régional. D’après Domergue dans les arènes de la Camargue  quand les raseteurs sont mauvais et la course est décevante  les spectateurs se font mascarer. En sortant ils disent : « Aujourd’hui on s’est bien fait mascarer » (noircir, machurer… avoir).

Un dicton donné par l’abbé  a été noté à Pouzilhac (Gard) : lu piróu ké mascare la sartan  à la fin du XIXe siècle. A Valleraugue (30570) Charles Atger a noté une variante: Lo podéno qué bol moscora lou cremal = le poêle qui veut noircir la crémaillère.

Mascara est un dérivé de mask- « noir » un mot qui est absent du latin et qui, pour des raisons phonétiques et/ou sémantiques ne peut être ni celtique ni germanique ou arabe. Par conséquence on suppose une origine pre-indo-européenne. La racine mask- est à l’origine de trois groupes de mots avec les sens :

  • 1. sorcière,   p.ex. à Alès : masquo « femme vieille, laid et méchante; fille espiègle »; en Auvergne masque « prostituée ». Marseille masco « papillon tête de mort, dont la venue est prise en mauvais augure ».
  • 2. noircir avec de la suie,  p.ex. anc. français maschier « feindre; cacher »; occitan mascoutá  » cacher le défaut d’une marchandise »; Val d’Aran maskart (-arda) « nom d’une race bovine dont la tête est noire »; mascara « fard de cils » voir ci-dessous.
  • 3. masque,  p.ex. masque « fard »; masquer « cacher »; languedocien mascarado « troupe de gens déguisés et masqués »

L’ancien occitan masco « sorcière » est conservée dans beaucoup de parlers provençaux et languedociens p.ex. en Camargue  subst. m. et f. « jeteur de sorts, sorcière » et à Béziers au fig. « nuage qui annonce la pluie »). En français régional être emmasqué veut dire « être victime d’une sorcière » (Lhubac). Le masculin masc «sorcier » existe également.

Dans un vieux texte de Narbonne (1233) nous trouvons  le dérivé. mascotto « entremetteus ( ?), sortilège, ensorcellement au jeu » qui a donné en  français mascotte. Les dérivés avec le sens de « sorcier, ensorceler » etc. sont innombrables, ainsi que les mots avec le sens « noircir, barbouiller », comme p.ex. mascara verbe n. et s., par-ci par-là machura, matchura.

Mascara s.m. « fard de cils ». Dans Wikipedia l’histoire du mascara est décrite comme suit :

Le mascara moderne a été inventé en 1913 par un chimiste appelé T. L. Williams pour sa sœur, Maybel. Ce premier mascara était fait de poussière de charbon mélangée à de la vaseline. Williams vend son produit par correspondance et crée une société qu’il appelle Maybelline, combinaison du nom de sa sœur Maybel et de vaseline. Maybelline est aujourd’hui une importante société de cosmétiques appartenant au groupe L’Oréal. Le mascara n’était disponible que sous forme de pain, et était composé de colorants et de cire de carnauba. Les utilisatrices mouillaient une brosse, la frottaient sur le pain de mascara puis l’appliquaient sur les yeux. La version actuelle comprenant un tube et une brosse a été présentée en 1957 par Helena Rubinstein.

Williams a peut -être passé des vacances en Allemagne, où un certain Eugène Rimmel  a crée en 1834 un produit cosmétique permettant de surligner les yeux en colorant les cils et leur donnant plus de longueur apparente. En allemand le mascara s’appelle Rimmel ®.

Le sens du  mot mascara « fard de cils » a donc été crée par T.L. Williams  et ce sens a été emprunté par le français  à l’anglais.  Ce qu’il faudrait savoir où Williams l’a trouvé. Les étymologistes anglais ainsi que le TLF lui donnent une origine espagnole où màscara signifie « masque » et non pas « fard de cils ». Mme H.Walter lui attribue une origine italienne, sans dire pourquoi. Le dictionnaire espagnol de la Real academia española (voir Lexilogos), lui attibue également une origine italienne maschera qui l’aurait emprunté à l’arabe mas·arah « objet de risée ».  Pour compléter ces résultats, je trouve  dans un dictionnaire italien  : » mascara sm. inv. [sec. XX; dall’inglese mascara, risalente allo sp. máscara, maschera]. Cosmetico per ciglia,…. » . Nous tournons en rond.

Williams a peut-être aussi passé des vacances en pays d’Oc.  En le renseignat sur la météo son hôte  lui a dit « Le ciel se mascare! »  Vu sa forte présence dans tous les parlers d’oc je propose donc une origine occitane,mascara a exactement le sens qu’il faut « noircir »…? J’ai écrit à Maybelline NY qui a racheté l’entreprise de T.L.Williams., pour une confirmation.  J’ai attendu longtemps une réponse, qui n’est jamais arrivée. La maison m’a envoyé de la  publicité!!

Je crois avoir convaincu Douglas Harper qui suit cette proposition dans son site et cite le FEW von Wartburg! .s.v. mask. Pour ça, je suis content.

Dans l’argot des catcheurs/lutteurs mascara signifie « cagoulard (cf P.Perret « Le parler des métiers« ) sens qui se rapproche de l’italien ou de l’espagnol.

Le sens « masque » de masquo  (déjà S)  est un emprunt à l’italien maschero, du XVIe s. mais la forme masquo existait depuis longtemps.  L e nom Mascator est attesté à Arles en 520, et vit toujours en Languedoc : autrefois Mascaire   et avec une graphie francisée Maquere. Si vous vous appelez ainsi, s.v.p. ecrivez-moi!.  Dans l’ Hommage du château de Saint-Martial (Gard) à l’évêque de Nîmes de mars 1179. est nommé un Petro Mascharono archidiacono..

]]>
http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/mascara/feed/ 0