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Marigoule ‘chataigne’ variété

Le nom des magasins bio La Marigoule (Pub gratuite:  Biocoop La Marigoule Uzès.) a une consonance bien occitane. Ce nom a en effet été inventé en Corrèze, par quelqu’un des Pépinières Coulié . Wikipedia nous renseigne:

Marigoule est le nom d’un hybride naturel de châtaignier (synonyme M.15 ou CA 15), croisement entre un châtaignier européen (Castanea sativa) et japonais (Castanea crenata). Cette variété obtenue dans le verger de Migoule à Ussac en Corrèze en 1986 produit de gros fruit de couleur brun rouge brillant, se conservant bien. Marigoule (contraction de Marron de Migoule) est un marron très apprécié sur le marché de bouche. .

La page des Pépinières Coulié1 est « en cache » dans archive

Pourtant j’avais l’impression de connaître ce mot. Dans mon site il y a un article barigoulo « pleurote du panicaut » :

Dans la Flore populaire d’Eugène Rolland, nous trouvons ce type lexicologique comme nom de champignon, la barigoule « oreille de chardon » (pleurotus eryngii, vol.XI, 145), et la « morille » (morchella esculenta, vol.XI, 177).

Oreille de chardon:

berigouloRldXI.145

Morille:

berigouloRldXI,177Pour l’étymologie voir l’article barigoulo .

L’auteur de l’article Wikipedia pense que le pépiniériste a a fait  une contraction de Marron de Migoule.  C’est possible.

 

 

 

 

 

Notes
  1. Maintenant domiciliées en Chisinau, Moldavie

perus(ses) ‘poires’

Perusses « poires sauvages »dans un livre  d’Adrienne Durand-Tullou ,    perussiers « poiriers sauvages ». Etymologie *pĭrūceus dérivé de pĭrum « poire » devenu p ĭ ra à partir du pluriel collectif.

Perü, perus est attesté dans les parlers franco-provençaux,   provençaux et est-languedociens.  Voir les attestations dans le FEW VIII, pp.575a-b. D’après le Thesoc  le type perus « poire sauvages » est rare, ( Alpes Maritimes et Charente),
Perus est masculin dans la plupart des parlers1.
L’explication de W. von Wartburg est   que le suffixe -uceus donnait le sens « ressemble à une poire » au mot *pĭrūceus,  donc un fruit de moindre valeur,  et de là « poire sauvage ».   FEW VIII, 577 note 19 . Pourtant ce sens est plutôt rare dans les parlers modernes.

Il y a plusieurs autres dérivés avec ce sens, peron, perot, perassa. Le nom de la poire est en général pera.

Un complément d’information m’est parvenu du Piemonte italien par Franco Bronzat:

Gent Prof. Geuljan
Ai vist vòstre article sus lo mot perus, que es l’unic conoissut dins las Valadas per « pera ». La paraula es tamben en usatge dins una bona partiá dal Piemont e a tamben donat la forma perussier < *PIRUCIARIU per l’albre abó totas las variantas dals derivats de -ARIUS.
Fauc un pichita remarca sus la grafiá; aicèsta chausa es istaa lonjament tractaa dins de reünions dal Conselh de la Lenga Occitana. Alibert, e arribo pas de comprener sa chausiá, a desidat que ç duviá pas esser empleiat dins los diminutius dal temps que la lenga anciana, e per nosautri, tot lo corpus dals doments conoissut com valdés escrivia regularamnt cz&gt; ç. En de mai de l’etimologiá en nòstras valadas avem gardat la prononciacion fricativa interdentala  sie sorda que sonòra. Per aiquò fazem distincion entre çò que ven de s latin o de C+E/I  ç/z ( ai pas lo meian per esciure lo signe grafic just). Se la vos enteressa  agachat mon trabalh publiat dins los Actes dal IV Congrès Internacional de l’AIEO dal 1993. Aicí avem chausit de zo escriure en estend que prononciem en maniera diferenta ( maniera anciana). Confrontar las Nòrmas  Ortografica…de l’Occitan Alpin Oriental. Arribarei jamai de comprener la chausiá de Alibert, totalament incoerentas !
Bon trabalh

C’est moi qui a mis la dernière phrase en gras.

Notes
  1. Je pense que la graphie perusses due à Joan Guers qui a « normalisé » la graphie d’Adrienne Durand-Tullou, sert à indiquer qu’il faut prononcer le -s final

agrenas ‘prunellier’

Agrenas, agranas « prunellier » 1 est   un dérivé en -ĭnus, -ānus du latin acer « aigre », devenu acrus au IIIe siècle déjà.  Ce nom est courant en provençal et est-languedocien.2 Voir FEW XXIV, 97.

Hippophae_rhamnoides Wikipedia

 Il s’appelle aussi pétafouirier un composé de pēditum et foria

Dans la présentation par Google de la Flore forestière française: Région MéditerranéennePar Jean-Claude Rameau,Dominique Mansion,G. Dumé, à la page 711 vous trouverez plus d’info sur cet arbrisseau, notamment une carte de la distribution géographique qui montre que l’argousier ne se trouve qu’à l’est du Rhône.

Notes
  1. Hippophae ramnoides
  2. Les données du Thesoc sont très incomplètes.

Tort, tourdre ‘grive’

Tort et le dérivé tordre, tourdre  ‘ »grive » viennent du latin tŭrdus « grive ». Tort est attesté en Rouergue depuis le début du XIIIe siècle. Pour la répartition et les formes voir le Thesoc s.v. grive. Nous le retrouvons dans les parlers italiens AIS 494 (Ce lien vous mène à la page d’accueil de l’Atlas, tapez le chiffre 494 dans la case à droite de LOAD  MAP).

grive mauvisgrive mauvis

Pour écouter le chant de la grive musicienne trida suivez le lien.

En provençal plusieurs verbes ont été formés à partir du nom de l’oiseau,  comme tourdoulià, tourdoulear  « voltiger; roder; muser »; un tourdouloun est quelqu’un qui rode: un importun qui cherche l’occasion d’accrocher un repas ».  Dans le Gard et l’Hérault le dérivé torier ou  toro désigne  le ‘sorbier des oiseleurs1 ‘ appelé ainsi parce que les oiseleurs s’en servent pour appâter les oiseaux ( d’après l’abbé de Sauvages) . Le Thesoc fournit le type tourier ( tòrièr)  pour ARDECHE, HAUTE-LOIRE, LOZERE. Je pense que tourier a été formé par analogie aux autres noms d’arbres.

Sorbus_aucuparia0Le diminutif tŭrdulus  a abouti à la forme tortre  attesté au XVe siècle à Montagnac,  tordre  et plus tard  tourdre qui est même passé au Québec. Tourdre se trouve dans les parlers provençaux,  languedociens et limousins.

La grive passe pour être un oiseau lourdaud et maladroit.  A Barcelonnette tourdre  signifie aussi « nigaud », comme l’italien tordo.  Tourdre fait donc partie des noms d’oiseaux que l’on peut donner à quelqu’un.

Cette évolution sémantique explique aussi le sens du verbe  estourdir, étourdir, plus spécialement de étourdi « qui n’a plus l’usage de ses sens ». Voir le FEW XIII/2, 428-429 pour plus d’exemples.

C’est le nom de Impasse des Tourdres à Nîmes (Aimé Serre) qui m’a incité à cette recherche.

Tourdres Impasse

Tourd, tourde, tourdre a été introduit en français au XVIe siècle, mais il n’est vivant que dans le Midi. Voir le TLF

Notes
  1. sorbus aucuparia

Botanique et occitan

La valeur des noms vernaculaires et patois  des plantes.

Un article de Jacques Rousseau, Le champ de l’ethnobotanique dans le Journal d’agriculture tropicale et de botanique appliquée Année 1961 Volume 8 Numéro 4 pp. 93-101, a attiré mon attention parce qu’il y a un grand nombre de noms de plantes dans ce site. Dans Plantnet vous trouverez une liste de noms de plantes en français suivis des noms occitans liés aux articles dans mon site. Ensuite les mêmes à partir des noms scientifiques.  Voici le paragraphe concernant les noms:

RousseauEthnobotaniqueUn bon exemple dans l’article  de R.A.A .Oldeman « Sur la valeur des noms vernaculaires des plantes en Guyane française« de 1968 qui ouvre un large horizon sur la valeur des noms patois et la compréhension des variations.  En patois les plantes ont des noms qui correspondent à des critères qui n’ont aucun rapport avec le concept scientifique de species. Oldeman écrit :

Oldeman-Oldeman-2

La classification des arbres en Guyane est basée entre autres sur le critère   « l’écorce  se détache en larges bandes textiles« . Ces arbres sont classés dans la catégorie  mahot.

L’ethnobotanique ne se limite pas à l’ethnopharmacologie ! Un exemple intéressant Les noms des plantes des femmes

1. Intéressé par la botanique et l’occitan ?

Il y a dans le même site une Introduction  au Flore Populairee ou histoire naturelle des plantes dans leurs rapports avec la linguistique et le folklore. Paris 1896-1914  d’Eugène Rolland avec des liens vers 11 tomes de ce travail de géant.

A vos téléphones mobiles !telephone

Dans le site de Plantnet vous trouverez aussi une application d’aide à l’identification des plantes  pour téléphones mobiles. Ajoutez-y le nom en occitan de votre région ainsi que des informations complémentaires comme utilisations, traditions, jeux, médicaments,  etc. Par exemple lafatou (origine inconnue  FEW 21, 299) ou prunier de Briançon sert à faire  Huile de marmotte .  Wikipedia : En patois on dit l’arbre l’Afatoulier et le fruit l’Afatous ou « abrignons ». Le fruit, proche de l’abricot, est comestible. Ils sont de petite taille, 2,5 cm , arrondis, à peau jaune, à chair verdâtre, consistante et acide et arrivent à maturité en septembre-octobre.

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