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Egassiaral

Egassieral (nom d’une rue à Ste Valiere, Aude), egassiairal(stade à Narbonne).

L’egassiairal (Narbonne) sans juments.

Un visiteur m’a demandé ce que ce mot pouvait signifier, même les anciens dans son village ne le savaient pas. Voici ce que j’ai pu lui répondre:

« Bonjour!
Dans le Dictionnaire d’Alibert je trouve: egassier « conducteur des juments pour le dépiquage » , c’est à dire qu’autefois on se servait des juments pour faire sortir le grain de l’épi en foulant les céréales. » Il y avait des troupeaux de juments, egassada ou egatada,  pour ce travail. Je pense que votre egassieral est un enclos ou une écurie où se trouvaient ces bêtes. Si vous trouvez une confirmation de l’existence d’un tel endroit dans la rue en question, veuillez me tenir au courant et si possible, me faire parvenir une photo pour que je puisse l’insérer dans mon site.

Vous voyez qu’il l’a fait! avec en plus la confirmation qu’il y avait bien un enclos ou une écurie pour les juments et que la photo représent le portail muré!

         
mais les equae ont été remplacées par des Chevaux.

Il s’agit d’un dérivé du latin equa « jument », mot devenu rare même dans les patois du Midi et remplacé par le mot français ou par caballa, mais conservé en catalan : egua, euga (DE). »

En latin médiéval existait eguezerius  » maître gardeur de juments » qui a survit dans le nom de famille Eygesier.  FEW III,233    Voir aussi l’article aigassier dans le DOM.

On peut aussi rattacher le mot egassieral  à ce nom de famille et de fonction.

Eiris

Eiris ‘hérisson’.  Un visiteur me demande comment écrire Deleris, son nom de famille, en occitan. Un problème …épineux. Si je lui réponds que cela s’écrit comme cela se prononce, j’attire les foudres des « maîtres de la graphie classique », mais je serai à l’abri du Mistral :

Mistral ;  Alibert a une autre variante graphique : eiriç.

Etymologie : le latin avait deux mots pour nommer l’hérisson : erinacius et ericius. Seul le dernier a survécu dans les langues romanes. En occitan ericius a abouti aux formes données par Mistral. Nous n’avons pas d’attestations d’ericius dans le domaine de la langue d’oïl, mais il a dû exister vu le grand nombre de dérives directs comme ancien français hericier ‘dresser les cheveux’ > français hérisser.

La forme eiris a subi une très forte pression de la langue d’oïl qui avait crée très tôt un dérivé avec le suffix -one : hérisson, qui l’a remplacé presque partout, comme languedocien eirissoun (Mistral). Eiris ne s’est maintenu que loin de Paris comme dans l’Aveyron. Voir la page consacrée à l’histoire des  mots qui désignent le  tablier pour comprendre le progrès du patois de l’Ile de France dans le domaine galloroman.

Le transfert de sens à ‘bogue de châtaigne’ se trouve non seulement en occitan et en franco-provençal, mais aussi en italien et espagnol. Par la suite beaucoup d’outils ont pris le nom de hérisson.

    

Comme sobriquet urisson est attesté depuis le moyen âge en dauphinois. Le passage d’un surnom à nom propre est très courant. D’autre part j’ai trouvé dans un dictionnaire étymologique des noms propres, que le nom Leiris ou Leyritz viendrait d’un nom de lieu identique qu’on trouve dans l’Ardèche, la Haute Loire, l’Hérault et la Lozère, ce qui correpond à peu près de la géographie du mot eiris. S’agit-il de notre eiris ou de Leyris qui signifie ‘friche’ d’après Pégorier? Le problème est que  je n’ai retrouvé leyris avec ce sens dans aucun parrler occitan.
Le nom de famille Leyris est le plus fréquent en Corrèze et dans le Gard. Le nom Deleris dans le Tarn et l’Aveyron.

Cuca

Cuca s.f. « lente; chrysalide; vermisseau; chenille; mite; artison; petit insecte » . Dérivés cuquet même sens; cuquetar « vétiller, agir avec avarice ». (Alibert).

Attesté en ancien occitan depuis environ 1350 avec différentes significations, mais toutes dans le même champ sémantique : « chenille; sorte de vermisseau; blatte; ver luisant (Lomagne); ver du fromage, etc. » et un emploi au figuré en béarnais: cuque « blatte; femme qui vit en sauvage ». Dans la même région on a créé escucá « détruire les cafards » et escucatá, acucá  » se blottir, se tapir à la manière des blattes; encucá « s’enfermer comme des blattes qui se terrent ». Cuca « lente » est largement attesté dans l’Ariège et dans 4 villages de l’Aude cf. Thesoc.

 

L’étymologie est inconnue. FEW XXIII, 274a-b. Il s’agit probablement d’un emprunt au catalan, avec u > ü , sous influence de nombreux mots qui ont cette même correspondance.

D’après le Diccionario de la lenga espagnola, l’espagnol cuca s.f. ou cuco subst.masc.(!), qui peut avoir un sens très proche, serait d’origine onomatopeïque: : De or. onomat.; cf. lat. tardío cucus y gr. kokkuts. Il semble que Corominas, que je n’ai pas pu consulter, a une proposition… Dans un dictionnaire catalan je trouve : Cuca f. 1.Nom que hom dona a un gran nombre de bestioles pertanyents principalement al grup dels artropodes. 2. cuca de llum Lampyris nocticula. Attention le -u- catalan se prononce [ou] ! Un visiteur me signale: espagnol cucaracha « blatte, cafard ».

Coscolha

Coscolha « cosse, gousse, grelot, enveloppe des amandes; (estomac, santé ???=Alibert). Etymologie : latin (?) cuscolium « kermès ».

kermès

Il n’y a qu’une seule attestation en latin de cuscolium de sorte qu’on suppose qu’il s’agit d’un emprunt à une autre langue. Les représentants de cuscolium vivent autour de la Méditerranée : catalan cascalh « chêne-kermès », espagnol coscojo « kermès », basque koskolla « bourse », corse coscúglia « gousse de la châtaigne » ainsi qu’en occitan. Les premières attestations viennent de Foix en Ariège: coscolha « coquille » (14e s.), cascalha « coquille d’un animal » .

Une  visiteuse fidèle de Mirepoix, m’a signalé le mot couscouril : « Le couscouril, ici, c’est ce qui reste de l’épi de maïs, une fois qu’on en a retiré les grains. On se sert des couscourils, entre autres usages, pour allumer le feu. »

Les représentants de cuscolium se différencient beaucoup du point de vue phonétique : kouskèl « coquille » (Val d’Aran) kóskle « coquille de la noix » (Lozère), klesk « coque d’oeuf » (Ariège), clos « coquille (de noix) » en Languedocien, et du point de vue sémantique : couscouillo « brou des amandes » (Aveyron), mais au pluriel des couscouilhes sont les « petits grumeaux qui restent dans la poêle quand on fait des crêpes » à Aspe (Pyr.Atl.), cascoulhas « feuilles de maïs préparées pour faire des matelas », closca « tête, crâne » (languedocien) , ou même clos, cros « noyau » dans beaucoup de parlers languedociens.

(Le chêne kermès tire son nom de la cochenille qui le parasite, Kermes ilicis (de l’arabe qirmiz , du persan qirmiz : sanglant; rouge; cochenille) Wikipedia.). On récoltait autrefois les femelles pour en tirer, après séchage et broyage, une teinture rouge écarlate.

Comairèla

Comairèla « belette » (dans l’Aude, Hte-Garonne, Tarn, Thesoc) et le Gers (FEW II, /2, 945b et n.3) vient du latin commater « marraine, sage-femme ».

Le sens courant de comaire, coumaire est « marraine ». A Toulouse une coumayre est « une femme qui aime à se réjouir ». A Avignon une coumaire est « une bouteille de 3 litres » d’après Mistral. Tout cela est compréhensible. Mais la belette??. Et sans lien   avec ces régions, nous le retrouvons en Espagne: comadreja, en Sardaigne camedrenga (< *commatricula ),  à Naples , Molise, et Campobasso en Italie au sud-est de Rome cummatrella , ainsi qu’en Silésie  en Pologne. (AGl2, p.50). Voir mon article moustèlo sur le rôle de la belette dans la mythologie et une explication de la grande variété des noms de cet animal domestique.

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