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Abalhar

Abalhar « gauler, abattre les noix ». D’après le Thesoc abalhar est courant dans les dĂ©p.19, 24, 46, 47, 82; abalhaire « celui qui gaule », seulement en Dordogne. L’Ă©tymon est le latin baculum « bâton », qui s’est conservĂ© uniquement chez les Ch’ti (mi), baille « barrière » (Flandres, Rouchi, Picard). En occitan existe aussi  le verbe  dĂ©rivĂ© abalha « gauler » dans les dĂ©partements indiquĂ©s du sud-ouest.

A Colognac (Gard) a Ă©tĂ© relevĂ© bacular « suisse, bedeau » nommĂ© ainsi parce qu’il portait la crosse, le bâton de l’Ă©vèque. C’est un emprunt au latin d’Eglise bacularius « bedeau »

Français baguette   empruntĂ© Ă  l’italien , a la mĂŞme Ă©tymologie.

abalhaire bacular     

Issar(t)

Issar « essart,  lieu dĂ©frichĂ© »;  faĂŻre un issar « Ă©carter un champ, un bois etc. » (Sauvages).  En allant de Comps Ă  Avignon le long du RhĂ´ne, je vois un panneau « Les Issarts », un nom qui m’intrigue. Je cherche d’abord dans le dictionnaire de l’abbĂ© Sauvages et trouve la dĂ©finition donnĂ©e. Puis sur internet je vois qu’il s’agit d’un château en bordure du RhĂ´ne!

L’Ă©tymon est le  dĂ©rivĂ© *exsartum « lieu dĂ©frichĂ© », qui vient du participe passĂ© sartus du verbe sarire « sarcler ».  Le mot n’existe pratiquement plus que dans la toponymie. En français essart est « rare », voir TLF, mais  Charles Atger l’utilise  dans l’histoire Lou loup e lou Roynal : … per faĂŻre un issard o lo borio de Pelet, dins lous coms de Boucofredjo. (p.59).

Dans le Compoix de Valleraugue il y a le dĂ©rivĂ© issartiel probablement avec le mĂŞme sens, dĂ©rivĂ© d’ issart, comme airiel de aire. Dans le Dicitionnaire topographique du dĂ©partement du Gard, vous trouverez de nombreux Issarts, Issartiels, Issartas, et Issartines

Dans LES CRIEES ET PROCLAMATIONS PUBLIQUES DU BARON D’HIERLE (1415) : Item, manda may la dicha court que degun home ne deguna femena, de qualque condition ou estat que sia, non auze mettre degun bestiari en pratz, ny en vignes, ny en ortz, ny en yssartadas joves, ny en aultre loc, houc poguesson far mal, tala ny damnage. Et aquo sus la pena de cinq solz tournes de jour, et de detz sols tournes de nuech, donados aldict senhor. Et que tout home que ou veyra sia crezut a son sagramen

L’abbĂ© de Sauvages, Ă©cologiste avant la lettre, ajoute que les issar sont des terrains très fertiles par le compostage de feuilles etc, et qu’ils produisent beaucoup les 2 Ă  3 premières annĂ©es.

 

Acampada

Acampada s.f. « ce qu’on ramasse en une seule fois, recueil ». Acampado « rĂ©union »Â . (En Camargue par extension, ‘rassemblement des taureaux.’) est un dĂ©rivĂ© d’acampar.

Acampar, v.tr.  « ramasser, cueillir », acamper en français rĂ©gional (Lhubac), est un dĂ©rivĂ© limitĂ© au provençal et au languedocien du latin ad+campus  « champ ». Provençal (s)acampa   « (se) rĂ©unir ».

Dans la Camargue c’est le « rassemblement de la manade dans les marais » et l’occasion d’une fĂŞte bien sĂ»r.  Les gardians doivent cerner les taureaux qui sont Ă©parpillĂ©s dans le marais et qui essaient d’Ă©chapper Ă  leurs poursuivants. Conduite de la manade pour le tri. » (Lexique camarguais).

A Toulouse ce verbe a pris le sens contraire  « mettre en fuite »Â  Ă  partir du sens  « mettre le bĂ©tail dans les champs ».

Le prĂ©fixe ad- rend les verbes transitifs ou ajoute au sens du radical, la notion d’approche ou de direction (Alibert, p.39).

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