cat-right

Tranugo, sarnuge

Tranugo, tronugo, tran√ľo s.f. « chiendent, herbe tra√ģnante, etc. »

Tranugo appartient √† une famille de mots que nous trouvons dans l’Ouest du domaine d’o√Įl et en occitan. Il y a deux grands groupes, le type tranugo et le type sarnuge. Il s’agit en g√©n√©ral de « chiendent » ou de la « renou√©e des oiseaux » qui s’appelle aussi « trainasse, centinode, herniole, sanguinaire », ou d’autres mauvaises herbes. Pour l’informateur de St-Bonnet-de-Four, Allier du Thesoc¬† la tranuge rouge est « l’achill√©e mille feuilles ».

La plus ancienne attestation date du IXe si√®cle en latin tardif ternuca « chiendent ». L’origine de ces noms est inconnue. Il s’agit peut-√™tre d’une famille de mots pr√©-romanes ??? Voir FEW XXI, 196

Un jour il faudra faire une √©tude de la connaissance actuelle des noms locaux des plantes et la comparer aux donn√©es d’il y a une centaine d’ann√©es.

       

trainasse                     chiendent                     achillée

Trast

Trast « soupente, galetas » du latin transtrum « poutre transversale », sens conserv√© en wallon.

En Occitanie c’est ce qui se trouve au dessus des poutres : le grenier, et ce¬†qui¬† int√©resse¬† les chineurs « les vieux objets, les vieux meubles, les guenilles,etc. » qu’on descend vers les¬† vide-greniers. Une relation de contenant > contenu.

Trastes est le plus souvent au pluriel!¬† Dans le Tarn on traite des « personne ch√©tives » aussi de trastes.

       

Le mot a exist√© en ancien fran√ßais, mais a d√Ľ c√©der la place √† tr√©teau. Le catalan l’a √©galement conserv√©: traste « meuble, ustensile de cuisine » et espagnol trasto « chose inutile ». Anglais transom « linteau », ancien anglais « poutre », breton tre√Ľts, trest.

Traucar

Traucar « trouer, percer ». Avant de lire, √©coutez Serge Gainsbourg « Le poin√ßonneur des Lilas. » (Lien supprim√©)

Dans LES CRIEES ET PROCLAMATIONS PUBLIQUES DU BARON D’HIERLE ( canton d’Aulas, Gard) de1415, je trouve comme premi√®re ordonnance le texte suivant:

1. Manda la court de monsenhor d’Irle, senhor d’esta viela, que negun home ne deguna femena, de qualque condition ou estat que sia, non auze jurar ny blasfemar maliciosamen de Dieu ny de la Verges Maria. Et aquo sus la pena de cent solz tournes donados al dich senhor, et de trauquar la lengua, et d’estar sus lou costel per l’espaci de una hora.

100 sous tournois, la langue trou√©e et rester une heure sur le costel « pilori » (instrument fait d’un poteau et d’une planche de bois dans laquelle on peut bloquer les mains et la t√™te d’un prisonnier). Il est plus s√©v√®re et plus cherque le roi Charles VI. Voir ci-dessous

per traucar la lengua au XXIe s. :    

                                                                                             et sus lou costel au Moyen Age

¬†Traucar est le d√©riv√© verbal de trauc « trou » et vient r√©guli√®rement d’une racine *traucum . (-au- se maintient en occitan, comme dans pausam > pausa, causam >causa, ainsi que le -c devenu final apr√®s un o, u, au en latin, comme dans focum >foc, paucum > pauc.).

L’ast√©risque devant *traucum indique que ce mot n’existait pas en latin. La premi√®re attestation date du VIIIe si√®cle sous la forme traugum. Comme les repr√©sentants de cet √©tymon ne se trouvent qu’en galloroman et en catalan, on a pens√© √† une origine celtique. Mais, il n’y a pas d’appui pour cette hypoth√®se, aucun *trauc dans les langues celtiques. Il faudra donc supposer que les Gaulois l’ont cr√©√© ou bien emprunt√© √† leurs pr√©decesseurs. Pour cette derni√®re hypoth√®se on peut trouver quelques donn√©es dans le basque troka, dans le dialecte des Asturies (nord de l’Espagne) torcu « trou dans la terre » et en sarde trokku « ab√ģme », qui reposeraient sur une base *troco. Mais cette base ne rend pas compte des formes avec -au- de l’occitan et du catalan trauc ¬ę trou, boutonni√®re ¬Ľ. Trauc reste donc un trou dans nos connaissances de l’histoire de la langue.

Remarque 1. En suivant le FEW qui se base sur l’Atlas linguistique de la France, le TLF remarque √† propos de la notion « trou »:

« Dans l’Est et le Sud-Est, le type pertuis (v. percer) est plus largement utilis√©, v. FEW t. 13, 2, p. 232a. ».

En contr√īlant avec le Thesoc pour le Sud-est en tout cas, pas de confirmation; il ne donne le type pertuis que pour les d√©p. de l’Allier, la Creuse, l’Indre et le Puy-de-Dome. A Mont√©limar dans la Dr√īme est attest√© traouch√© adj : « perc√© ».

Remarque 2. D’apr√®s le dictionnaire Panoccitan, un « petit trou » est un titolon, trauquet ou trauquilh et pour simplifier l’apprentissage de l’occitan un « poin√ßonneur » un senhalador, mais « poin√ßonner » ponchonar. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqu√©. En fran√ßais, le poin√ßonneur est maintenant remplac√© par, devinez! , un mot de typographe d’origine italienne, composteur, qui ne sert pas √† faire du compost, ce serait trop simple, il sert √† faire des petits trous (en tout cas √† la gare de Lyon √† Paris), comme autrefois le poin√ßonneur des Lilas.

Serge Gainsbourg   Charles VI dit Le Fou

Compl√©ment: Charles VI est plus cl√©ment que le baron d’Hierle.. En 1397 il ordonne que les blaph√©mateurs seront mis pour la premi√®re fois, au pilori * o√Ļ ils demeureront de une heure jusqu’√† neuf heure, on pourra leur jeter aux yeux de la boue ou autres ordures, sauf des pierres ou choses qui pourraient les blesser. Apr√®s ils demeureront un mois entier en prison au pain et √† l’eau. A la seconde fois, on leur fendra la l√®vre sup√©rieure avec un fer chaud jusqu’√† ce que leurs dents leur paraissent, √† la troisi√®me fois la l√®vre inf√©rieure ; et √† la quatri√®me fois les deux joues ; et si par malheur, il leur arrivait de mal faire une cinqui√®me fois, l’on leur coupe la langue en entier, qu’ainsi ils ne puissent plus dire de pareilles choses.

Traversier

Traversier ¬ę¬†bande de terre¬†¬Ľ dans une partie des C√©vennes. Fran√ßais r√©gional. D’apr√®s Alibert traversier « traversin; pi√®ce en travers , traversine; adjectif contrariant ».


dessin de Michel Rouvière

Dans le site magnifique www.pierreseche.com¬† l‚Äôauteur pr√©cise que ce nom est limit√© √† la r√©gion du Vigan et de Valleraugue. (Ayant habit√© √† Valleraugue, je connaissais uniquement ce mot traversier)¬† En Ard√®che¬† c‚Äôest « une terrasse transversale barrant une parcelle, en pente ».

Traversoier vient¬† du latin transversarius. Le mot en ancien occitan traversier signifie ¬ę¬†traversin¬†¬Ľ (Narbonne, XIVe s.) ou ¬ę¬†mur transversal¬†¬Ľ(XIIIe s.) ou comme adj. ¬ę¬†transversal, mis de travers¬†¬Ľ.

C. Lassure écrit dans son site:

« en fait, si l‚Äôon se fie √† des prix-faits du XVIIe et du XVIIIe si√®cles publi√©s par Adrienne Durand-Tullou et Y. Chassin de Guerny, on s‚Äôaper√ßoit que le terme d√©signait les murs en pierre s√®che eux-m√™mes, √† l‚Äôexception des murs de d√©marcation en haut et en bas de la parcelle : ¬ę¬†16 cannes de traversiers √† pierre s√®che¬†¬Ľ (1653) (Aumessas);- ¬ę¬†4 traversiers (‚Ķ) de hauteur convenable¬†¬Ľ (1661) (Alzon / Arrigas);- ¬ę¬†construire 12 murailles √† pierre crue et de bonne qualit√©, savoir 10 en traversiers pour soutenir le terrain¬†¬Ľ (1788) (Saint-Laurent-le-Minier). Il saute aux yeux qu‚Äôun traversier est en premier lieu un ¬ę¬†mur traversier¬†¬Ľ et que ce n‚Äôest que par m√©tonymie qu‚Äôil en est venu √† prendre le sens de ¬ę¬†terrasse soutenue par un mur.¬†¬Ľ

Notre attestation du XIIIe siècle confirme son opinion.

 

Photo de Michel Rouvière

Tremolar

Tremolar, tremoul√° ¬ę¬†trembler; idiome¬†des C√©vennes, tremoulave d’apr√®s SeguierI,34v.; grelotter, frisonner¬Ľ.

Etymologie : ¬† le latin s’est maintenu dans le Midi o√Ļ l’on l’utilise encore dans beaucoup de mots¬†: tremoul√° = latin tremulare, d√©riv√© de l‚Äôadj. tremulus ¬ę¬†tremblant¬†« ; ou comme subst. « populus tremula  » le peuplier », tremol en ancien occitan.¬†¬†¬†¬†¬†¬† ¬†
Dans plusieurs endroits on trouve √©galement la forme francis√©e trambl√° ¬†et le sens du verbe tremoul√° s‚Äôest sp√©cifi√© en ¬ę¬†grelotter, frissonner¬†¬Ľ.

populus tremula

trenaire ‘tresseur’

Trenaire « tresseur » un mot occitan et franco-proven√ßal, est d√©riv√© de l’ancien occitan trena « tresse, cha√ģne tress√©e ». Les formes occitanes, arpitanes, catalanes et autres ib√©ro-romanes1 avec -e-¬† obligent √† supposer une √©tymologie *trń≠nus avec un -ń≠- court, inexpliqu√©, tandis que l’italien trina vient du latin trńęnus ‘triple, trois fois » avec un -ńę- long.

Henri Bel √©crit « Lou poulit trenayre de deskos »

 

 

 

Notes
  1. Voir FEW XIII/2, 286-287.

Trenco ‘pioche’. le 28 juin 1914

Tranchée, anglais trenche.

Lisez l’article consacr√© √† la Grande Guerre dans le New York Times.

Trenco, trinca ‘pioche’

Trinquo forta, trinca forta (Raymond Jourdan, Montagnac) ¬ę¬†pioche ouverte √† angle de 75¬į √† 85¬į, pesant 2 √† 4 kg.¬†

ArpaRJourdan

Etymologie :¬† voir FEW XIII/2, 278a¬† *trincare « diviser en trois » . Aveyron trinqua « biner une terre » A la page suivante du FEW un grand nombre d’attestations surtout de l’occitan de trenca « pioche, houe » etc. principalement dans le domaine languedocien.¬† Voir aussi le Thesoc s.v. houe

Lisez l’article arpa de rompuda sur le travail p√©nible du d√©foncement d’une vigne avant 1914.

Tranchée, anglais trenche.

Lisez l’article consacr√© √† la Grande Guerre dans le New York Times.

Trescalan, trascalan

Trescalan, trascalan ¬ę¬†millepertuis¬†¬Ľ.¬† L’√©tymologie est inconnue. Peut- √™tre un compos√© de ¬† calada.

Dans le Tr√©sor de Mistral nous trouvons les formes et d√©nominations suivantes: Trescalan, Erbo de Sant-Jan, Erbo de la muerte, Erbo de l’√≤li ). Casso Diable (en Limousin), Treflori (en Rouergue).

Un ami me signale qu’il a trouv√© dans « La flore du d√©partement du Gard » de Pouzolz en note, apr√®s description de la plante: Hypericum perforatum. – Cette plante est connue sous les noms patois de trescalen, d’herba d’ou murtre, d’ou tal. Elle est vuln√©raire, r√©solutive, vermifuge, etc. On la trouve dans les bois, les lieux incultes, dans tout le d√©partement; floraison juin-ao√Ľt. Plus sous Wikipedia. avec les noms dans beaucoup d’autres langues.


On rencontre le millepertuis dans tout le sud de l’Europe centrale. Cette plante cro√ģt le long des routes, au bord des chemins, dans des prairies ensoleill√©es et dans des clairi√®res jusqu’√† 1700 m√®tres d’altitude. Qualifi√©e « d’herbe aux mille vertus », on pr√©tend que l’origine de son nom latin « hypericum » provient du grec « hyper » (au dessus) et « eikon » (image, pr√©sentation). Hippocrate et Paracelsus, connaissaient les vertus curatives de l’herbe de millepertuis et l’employaient d√©j√† √† cette √©poque comme m√©dicament pour chasser les d√©mons.

L’efficacit√© de l’herbe de millepertuis dans les √©tats d√©pressifs a √©t√© reconnue il y a peu de temps.¬† A pr√©f√©rer au Prozac (¬ģ

Trescantou

Trescantou ¬ę¬†carrefour de 3 rues¬†¬Ľ. cf. acantouna . A Marseille erron√©ment traduit par Place 13 Cantons

Page 6 sur 8« Premi√®re page‚Ķ45678