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Abrigar, abriga; abric

Abrigar, abriga; abric

  • 1. verbe transitif¬†¬† « abriter »¬† est une g√©n√©ralisation du verbe latin apricare « chauffer au soleil »¬† et au figur√© « r√©chauffer quelqu’un sous son toit et √† sa table ». Dans l’expression abriga un √ęfan « choyer, mitonner un enfant » (S) et l’ancien occitan abriar, abrigar « couvrir, v√™tir », le sens est encore tout pr√®s de celui du verbe latin.
  • 2. Depuis ca.1200 existe le verbe r√©fl√©chi s’abrigar ou s’abriar « se mettre √† l’abri ». Le glissement de sens vers ¬†« (se) prot√©ger »¬† est commun √† toutes les langues romanes.
    La forme de l’ancien occitan abriar, abrigar « couvrir, v√™tir »¬† a √©t√© form√© √† partir du substantif abri, abric (Thesoc) 1 .¬†¬† Cela explique la chute du -c- et l’apparition du -g-. Normalement le -c- aurait d√Ľ se maintenir.

Sabine Marterer, Acabailles gerbebaude pampaillet¬† : les r√©gionalismes viticoles dans les Graves de Bordeaux.¬†Pessac : Presses universitaires de Bordeaux, 2007¬† d√©crit tr√®s pr√©cis√©ment la zone g√©ographique du verber abriguer ¬† « chausser, butter la vigne¬† √† l’aide d’une charrue √† chausser ».

 

Notes
  1. comme fr. abriter a été céé à partir de abrit.

Abrivado, abrivar

Abrivada, abrivado s.f. « f√™te traditionnelle camarguaise pendant laquelle les taureaux sont amen√©s aux ar√®nes » ; autrefois « poisson d’avril ».

abrivado

L’abb√© de Sauvages donne comme sens d’abrivado : « √©lan, ou mouvement subit avec effort de celui qui saute ou qui court », mais le prieur Seguier conna√ģt √† la m√™me √©poque le sens¬† « attraper quelqu’un le 1er avril »¬†¬† (SeguierI f.90r qui conjugue: l’ant abbriva; s’est laissa abbriva; l’abbriveront; vous abbrivara) et pour lui l’abrivado est un « poisson d’avril »¬†.

En 2011 une visiteuse me confirme : « J’ai entendu cette expression¬† s’es fach abrivar¬† « il s’est fait attraper » dans le Tarn, Monts de Lacaune et il me semble que mes cousins de l’ Aveyron (limitrophe) le disaient aussi.
Pour Louis Rouquier (2e moiti√© 19e si√®cle) l’ abrivado est une « farce »(Rouquier1).

Abrivado est un d√©riv√© du gaulois *brivos « force, courage, vivacit√© »¬†, attest√© dans les langues celtiques et en ancien occitan briu « imp√©tuosit√©, empressement¬†; valeur, force¬†; court espace de temps¬†; attaque ».¬† En languedocien moderne briou signifie¬† « espace de temps », dans l’Aveyron brieu « espace de temps assez long »¬† ou briu « √©tendue, espace ». A Manduel em briou signifie »¬†longtemps » et on en fait un bravo briou.

Le verbe ancien occitan abrivar, ou s’abriva signifie ¬†« (se) h√Ęter, (s’) √©lancer ».¬† Ce sens s’est sp√©cialis√©¬† en proven√ßal de Barcelonnette : abriva « goulu » et le verbe s’abrivar « se jeter brusquement sur quelque chose, sur des aliments en particulier. »

La tradition camarguaise veut que ¬†des jeunes font tout ce qu’ils peuvent pour √©carter les chevaux afin de voir s’√©chapper les taureaux ; tout ou presque est permis : jet de farine, feu, p√©tards, banderoles qui sortent de nulle part pour essayer d’effrayer les chevaux. Ce sens se rattache bien au sens « mouvement subit  » et  »¬†poisson d’avril¬†« .
Dans la Notice des Travaux de l’Acad√©mie du Gard pendant l’ann√©e 1807 (!!) num√©ris√©e par Google, j’ai trouv√© une description en vers par Madame Verdier de la Course camargaise 1807. C’est tr√®s amusant √† lire.

La famille de mots *brivos est bien implant√©e dans le Midi, (cf. Alibert, s.v. abrivar et briu pour les sens et les nombreux d√©riv√©s). Fran√ßais, espagnol, portugais et italien brio ont √©t√© emprunt√©s √† l’occitan. Les patois d’o√Įl ont surtout repris le verbe abriver, embruer « lancer, mettre en train »¬†.

Par hasard je suis tomb√© sur le site www.herodote.net qui explique le pourquoi des  » poissons d’avril  » :

Depuis pr√®s d’un demi mill√©naire, le 1er avril donne lieu en France et dans quelques autres pays √† d’aimables farces surtout pratiqu√©es par les enfants et leurs parents. Cette tradition semble remonter au roi Charles IX. Avant lui, en France, l’ann√©e calendaire commen√ßait le 25 mars et, de ce jour jusqu’au 1er avril, les Fran√ßais avaient coutume de se faire des cadeaux pour c√©l√©brer le passage √† l’ann√©e nouvelle. Par l’Edit de Roussillon du 9 ao√Ľt 1564, le roi de France d√©cida de reporter le d√©but de l’ann√©e au 1er janvier, sans doute pour s’aligner sur les pays voisins. Cette d√©cision fut g√©n√©ralis√©e √† l’ensemble des pays catholiques en 1582 par la papaut√©.
En souvenir des temps anciens, les Fran√ßais n’en continu√®rent pas moins √† se faire des cadeaux « pour rire » √† l’occasion du 1er avril. Comme le 1er avril co√Įncidait aussi avec la fermeture de la p√™che, la p√©riode √©tant r√©serv√©e au frai, des plaisantins auraient eu la bonne id√©e de lancer dans les rivi√®res des harengs pour tromper l’impatience des p√™cheurs d’eau douce ! De l√†, croit-on, l’origine des « poissons d’avril ».

Mais il y a d’autres explications : « On appelle Poisson d’Avril, un poisson de figure longue & menu√ę dont on fait une pesche fort abondante en cette saison, qu’on nomme autrement Maquereau : & parce qu’on appelle du m√™me nom les entremetteurs des amours illicites, cela est cause qu’on nomme aussi ces gens-l√† Poissons d’Avril.  » (Dictionnaire d’Antoine Fureti√®re (1690.)

Abrivar

Abrivar, ou s’abriva signifie¬† « se h√Ęter, (s’) √©lancer ».¬† Ce sens s’est sp√©cialis√©¬† en proven√ßal de Barcelonnette : abriva « goulu » et le verbe s’abrivar « se jeter brusquement sur quelque chose, sur des aliments en particulier. » Voir l’article abrivado

ac, -ac dans les noms de lieux

Article revu et complété.le 29/06/2019

-ac est un suffixe de nom de lieu d’origine gauloise que nous retrouvons dans toutes les r√©gions ,¬† -ac dans le Midi, -ai ou -y dans le Nord.

Le mieux que je puisse faire est de citer: Walther von Wartburg, Evolution et structure de la langue française. 6e éd., Berne, 1962. Page 24:

« Le type le plus caract√©ristique pour la Gaule c’est celui des noms en -ac dans le Midi, en -ai ou en -i dans le Nord. Juillac, Savignac; Juilly, Savigny: -ich en allemand J√ľlich;1
Le suffixe gaulois -acus exprimait, √† l’origine, de fa√ßon assez g√©n√©rale, appartenance. On l’ajoutait p. ex. √† des noms d’arbres pour d√©signer une for√™t compos√©e de telle esp√®ce d’arbres, p. ex. Betulacum, de betula ‘bouleau. Par la suite il fut employ√© aussi pour d√©nommer une propri√©t√© rurale d’apr√®s son possesseur: Brennacus, d’apr√®s le nom d’homme gaulois Brennos. Cette formation fut en vogue particuli√®rement sous la domination romaine. Voil√† pourquoi la plupart des noms de lieux en -ac, en -ai et en -y contiennent dans le radical un nom de personne romain. Rien ne montre mieux l’amalgame des deux √©l√©ments en pr√©sence, le latin et le gaulois. Aurillac et Orly sont donc des propri√©t√©s d’un certain Aurelius: fundus Aureliacus. Beaucoup de nobles gaulois prenaient des noms romains; il est donc √† peu pr√®s impossible de faire le tri des √©tablissements d’origine gauloise et des fondations romaines dans l’ensemble de ces localit√©s.

Conclusion: le suffixe est d’origine celte mais le nom auquel il est attach√© est le plus souvent romain, du¬† latin.

Pour en savoir plus il faut comprendre l’allemand, comme c’est souvent le cas dans le domaine de la linguistique romane. Voici le titre d’un livre incontournable:

Skok, Peter. Die mit den Suffixen -ACUM¬† -ANUM¬† -ASCUM UND -USCUM¬† gebildeten s√ľdfranz√∂schen Ortsnamen. Beihefte zur Zeitschrift f√ľr romanische Philologie. Heft 2. Halle, Niemeyer, 1906. (https://archive.org/stream/zeitschriftfrr0102tbuoft#page/n159/mode/2up)

Voici la table des matières de la deuxième partie:

Skok2ePartie

Les celtomanes s’int√©ressent surtout au group B « noms propres celtiques ». C’est du s√©rieux! Voici un exemple tir√© de ce livre de la cat√©gorie de Noms propres celtiques:

Taleyrac hameau de Valleraugue, :

SkokTaleyrac

Cette attestation de¬† TALARIUS vient d’un livre de H.Holder, Altceltischer Sprachschatz Bd2, colonne 1709¬† (Leipzig, 1896)qui contient en effet¬† un Tall-arius en Allemagne comme nom d‚Äôune montagne.

Holder1709TallariusTaleyrac est attest√© dans le Gard en 1202 avec la graphie Talairac.¬† Le Taleyrac est aussi attest√© comme le nom d’un ruisseau dans le Gard.

L’abr√©viation Sp.briv. renvoie vers ¬† Chassaing, Spicilegium brivetense. Paris,1886 (consultable en ligne avec Gallica). L√† dedans est mentionn√© un autre Talairac, une villa mentionn√©e en 1247 dans la commune de Brioude, Hte Loire.

Si vous êtes passionné de toponymie, vous pouvez continuez la recherche.  De nombreux documents et études ont vu le jour depuis le livre de H.Holder.

Notes
  1. -ik au Limbourg (NL) Blerik, Melik.

acaba√Įre, ocoba√Įre

Acabaire, ocobaire « dissipateur, prodigue »(Valleraugue). Atger p.64: Opr√®s l’esporogna√Įr√©, ben l’ocoba√Įr√© « A p√®re avare, fils prodigue ». Forme typique pour Valleraugue et environs : tous les -a- non accentu√©s > o. Mistral nous donne les sens que voici:

Etymologie: acabaire est un d√©riv√© du verbe acabar « achever ». Le sens « dissipateur » est limit√© √† l’occitan , du dauphinois jusqu’en Gironde. D’apr√®s le FEW acabar vient par l’interm√©diaire de l’expression issir a cap de (ancien fran√ßais venir a chief de)¬†  » venir √† bout de  » d’un latin accapare1 d√©riv√© de caput « t√™te, bout » mais pas tous les √©tymologistes sont d’accord; voir √† ce propos le TLF. Le fran√ßais conna√ģt aussi le mot acheveur mais seulement avec un sens technique.

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Notes
  1. FEW II, 339a-340a

Acabar

Acabar, v.tr. et intr.¬† « finir » est d√©riv√© du latin caput « t√™te »¬†, et au figur√© : « bout, extr√©mit√© ». En ancien occitan on disait issir a cap  » venir √† une fin ». Acabar comme fran√ßais achever, a probablement d√©j√† √©t√© form√© en latin tardif. Voir √©galement d’autres d√©riv√©s de caput : capitelle, capejar et caput.

Acaba√Įre « dissipateur, prodigue » est limit√© √† l’occitan. Voir ocoba√Įre¬† la forme de Valleraugue.(Gard)

Acalar

Acalar 1. v.tr.¬† « abriter, tasser, apaiser »¬† en proven√ßal v.tr. « abriter, h√©berger » 2.v.r. « se calmer (vent) » (NVelay en PDF). cf. calanca

Acampada

Acampada s.f. « ce qu’on ramasse en une seule fois, recueil ». Acampado « r√©union »¬†. (En Camargue par extension, ‘rassemblement des taureaux.’) est un d√©riv√© d’acampar.

Acampar, v.tr.¬† « ramasser, cueillir », acamper en fran√ßais r√©gional (Lhubac), est un d√©riv√© limit√© au proven√ßal et au languedocien du latin ad+campus ¬†« champ ». Proven√ßal (s)acampa ¬† « (se) r√©unir ».

Dans la Camargue c’est le « rassemblement de la manade dans les marais » et l’occasion d’une f√™te bien s√Ľr.¬† Les gardians doivent cerner les taureaux qui sont √©parpill√©s dans le marais et qui essaient d’√©chapper √† leurs poursuivants. Conduite de la manade pour le tri. » (Lexique camarguais).

A Toulouse ce verbe a pris le sens contraire¬† « mettre en fuite »¬† √† partir du sens¬† « mettre le b√©tail dans les champs ».

Le pr√©fixe ad- rend les verbes transitifs ou ajoute au sens du radical, la notion d’approche ou de direction (Alibert, p.39).

Acantonar

Acantonar 1.¬†v.tr. « rencoigner, cantonner » 2. v.r. « se tapir, se blottir dans un coin » est d√©riv√© du latin canthus 1)¬†bande de fer qui entoure la roue.¬†2) « angle, coin de l’oeil ».

Ces deux significations se retrouvent dans le grec kanthos, mais il semble que le grec a emprunt√© le mot au latin.¬†¬† Quintilien (1er si√®cle) √©crit que c’est en Afrique ou en Espagne qu’on appelle la bande de fer autour d’une roue cantus, mais il y a peu d’attestations.¬† Cant(h)us pourrait √™tre d’origine pr√©romane. Peut-√™tre y a-t-il un lien avec le celte. Il y a par exemple le mot¬† breton kant « cercle ». Le TLF¬† cite le Thesaurus Linguae Latinae : « Du lat. canthus ¬ę bande de fer qui entoure la roue ¬Ľ prob. d’orig. celt. plut√īt qu’esp. ou africaine comme l’indique Quintilien (Inst., 1, 5, 8 ds TLL s.v., 282, 83). »¬† Je ne peux pas consulter le TLL, si quelqu’un a la possibilit√©, contactez moi.

Le passage du premier sens de canthus vers « c√īt√©, le c√īt√© le plus √©troit d’une planche », qui est conserv√© en ancien occitan can « c√īt√©, bord », et √† P√©zenas de cantels « pos√© de chant »,¬† est facile comprendre, surtout si on pense √† des roues pleines. Ce sens a √©t√© conserv√© en italien, espagnol et portugais canto, et dans les langues germaniques : le n√©erlandais kant « c√īt√©, bord; dentelle », l’allemand Kante et l’anglais cant¬† « c√īt√©; bord; angle ».¬† Sur l’histoire de ces mots dans les langues germaniques voir par exemple le dictionnaire des fr√®res Grimm ou cherchez pour l’anglais le site de « The American Heritage Dictionary of the English Language ».

Le fran√ßais d√©canter, attest√© depuis 1690 seulement a probablement √©t√© form√© sur le latin des alchimistes decantare. La forme r√©guli√®re qui se trouve dans le mot chant, le chant d’une brique, d’un livre, une scie √† chantourner etc. est attest√©e depuis 1155.

A partir du sens¬† de cantoun « c√īt√© √©troit » , s’est d√©velopp√© en occitan le sens ¬†« angle, coin (surtout en parlant d’une maison, d’une rue) »¬† que nous retrouvons dans de nombreux d√©riv√©s¬†: ancien occitan canton « coin » (12e s.), languedocien cantou « coin »¬†, ancien languedocien cantonier « pierre qui lie deux murailles √† l’angle »¬† (Millau 1415), Aveyron contounat « ce qui est entass√© dans un coin »¬†, recantoun, ricantoun « petit r√©duit dans une habitation » (Andolfi) et proven√ßal /lang. acantouna « garder le coin du feu, se blottir dans un coin¬†« . L’abb√© de Sauvages parle du cap de cantou « coin de rue ».
Antoine Bigot, le po√®te et conteur n√ģmois, √©crit¬† s’ass√©t√® ou cantoun dou fi√ī, P√©r nous √©sclarci la visto, …(Voir le site de Georges Mathon pour le texte complet.)
A Montpezat un canton est une « pierre d’angle » , comme en t√©moigne l’adage « Per un bon ma√ßon toti li p√®iras fan canton ». Une variante √† Valleraugue : Sap y fa√Įre, touto peiro li fo contou ».¬† Je crois que c’est une expression tr√®s r√©pandue en occitan. (Domergue).

A partir du sens ¬†¬†« angle d’une rue »¬† nous arrivons √† languedocien canto « carrefour » et trescantou « carrefour de 3 rues »¬†. La Place des Treize Cantons √† Marseille est un trescantou, dont le nom a √©t√© mal compris et mal traduit en fran√ßais.¬† Tres¬† « trois » est devenu « treize ».

Place des 13 cantons de Marseille

A partir du sens cantou, canton « coin », on est pass√© au sens « partie d’un pays » et ensuite √†¬† « bout de terre, champ »; ¬†¬† en fr.r√©g. a √©t√© cr√©√© le mot p√©joratif cantounailles « recoins de terre peu propices » (Domergue)

Fran√ßais canton « sous-division d’un d√©partement » introduit depuis 1789 est un emprunt √† l’occitan plus sp√©cialement au languedocien.¬†¬† C’est une extension de sens de canton « ensemble de sections de route »¬†. Canton et cantonnier ont √©t√© emprunt√©s au languedocien ou form√©s sur cantou « partie d’un pays »¬†, au 18e si√®cle. Il semble que c’est le marquis Henri de Carrion Nisas (1660-1754) de P√©zenas (actuellement ch√Ęteau Ormesson) qui a organis√© l’entretien des routes par canton dans le Languedoc et que ce syst√®me avec le mot a √©t√© ensuite adopt√© dans la capitale et la langue fran√ßaise. La proposition de loi qui divise la France en cantons (appel√©s vigueries jusqu’√† cette date), a √©t√© faite en 1790 par Siey√®s, un Proven√ßal. Le seul doute qui subsiste c’est que les mots fran√ßais n’apparaissent que bien plus tard dans les dictionnaires.

Allemand Kanton vient de l’italien de Lombardie cantone √† travers la Suisse.

Le mot n√©erlandais kanton a une autre histoire.¬† Pendant l’occupation fran√ßaise des Pays Bas et de la Belgique √† partir de 1795 et l’annexation pure et simple de 1810 √† 1813,

la r√©partition administrative fran√ßaise y a √©t√© impos√©e, notamment les d√©partements, arrondissements, cantons et communes. Cette r√©partition est partiellement maintenue aux Pays Bas jusqu’√† nos jours :

  • dans le domaine de la justice o√Ļ nous trouvons des kantons et des kantonrechters litt√©ralement « juge du canton », et des arrondissements et des arrondissementsrechtbank litt√©ralement « cours de justice de l’arrondissment ».
  • au niveau des communes et des circonscriptions de l’entretien des eaux et des digues, le nom kantonnier est encore utilis√© dans certains endroits, pour le responsable de l’entretien des routes , ou des digues etc. Dans le patois de Maastricht un kanton est une « partie d’une route, d’environ 5 km » et un kantonneer c’est celui qui a la pelle ou le balai √† la main et doit l’entretenir

En Belgique par contre, l’organisation adminitrative en cantons, arrondissments etc. a √©t√© maintenue dans beaucoup d’autres domaines.

Un paradoxe ou l’ironie de l’histoire.¬† La¬† Republiek der Zeven Verenigde Nederlanden ( R√©publique des Sept Pays Bas Unis) a exist√© de 1581¬† jusqu’√† 1795, c’est-√†-dire jusqu’√† l’invasion par les troupes fran√ßaises.¬† Sur la carte ci-dessous vous voyez aussi que le Limbourg, avec sa capitale Maastricht, a √©t√© annex√© √† l’empire fran√ßais d√®s 1792. Vingt ans d’occupation fran√ßaise ont laiss√© pas mal de traces dans les patois limbourgeois, notamment dans le patois de Maastricht.

Napol√©on l transforme la R√©publique¬† en¬† Koningrijk Holland,¬† Royaume de Hollande et nomme son fr√®re¬† Louis Napoleon Bonaparte roi.¬† Louis appel√© Lodewijk de goede (Louis le bon)¬† d√©fendait trop bien les valeurs¬† des r√©publicains n√©erlandais et les conflits avec son fr√®re¬† l’am√®nent √† abdiquer le 9 juillet 1810. Le¬† Royaume¬†¬† de Hollande est¬† alors annex√©. Apr√®s la¬†Bataille de Waterloo et la¬† lib√©ration en 1815, l’ancienne¬† R√©publique des Pays Bas est rest√©e le¬† Royaume des Pays Bas jusqu’√† nos jours.

Royaume de Hollande en 1810

Pays Bas en 2011

acatar, acaptar

Acaptar, acat√° 1.v.tr. « ranger, couvrir ». 2. v.r. « se baisser, s’accroupir, se tenir coi ». Pour des raisons phon√©tiques¬†le FEW ¬†suppose une forme latine *coactitare « presser, serrer »¬†√† l’origine des formes occitanes et franco-proven√ßales avec un -t-, comme p.ex. en Loz√®re cata « couvrir »¬†ou acata « couvrir »¬† attest√© √† Avignon. ¬† Au XVIe si√®cle acaptage, acatage signifie « couverture¬†, ¬†v√™tements d’hiver »¬† en¬† languedocien. A St.-Andr√©-de-Valborgne (Gard) le catage s.m. est « l’√©dredon ».(Thesoc). Il n’y a pas si longtemps on invitait¬†un visiteur¬†¬† √† ¬†Manduel ¬†ainsi: ¬†« Achevez d’entrer, enlevez les acatages et remettez-vous¬†« .

A la m√™me famille appartient le mot recaptar, recatar « ramasser quelque chose qui tra√ģne »¬†.
Le sens du verbe r√©fl√©chi se recat√† « s’endimancher; ¬†se marier » (Manduel) n’a rien √† voir avec le sens du verbe transitif! ! mais est li√© au sens ‘v√™tements’ du mot acatage
En fran√ßais r√©gional nous trouvons r√©cate « provision de bouche; plat de r√©sistance » que Lhubac explique ainsi : »ce qui a √©t√© mis de c√īt√© par pr√©caution ».¬† Nous le retrouvons en ancien occitan recatar « cacher¬† » (Avignon, 1465). Recata (Manduel), lang. recate « √©conomie, soin »¬†, et Millau cato-musso ‘¬†colin-maillard¬†‘ proviennent tous d’un sens « mettre de c√īt√© ».

Est-ce que¬† r√©cat√© « √™tre mort » (Lhubac) s’est d√©velopp√© √† partir du sens « couvrir »?

Le sens¬† « se tapir¬† comme un chat »¬† (Andolfi) me semble de l’√©tymologie populaire en le rapprochant du mot cat chat¬†).Cf. cach.

A la m√™me famille de mots appartient acapta, acato « pierre de couronnement » (terme de ma√ßon) , celles qui forment le cordon d’un mur de cl√īture ou de terrasse; on le fait avec de grandes et larges pierres surtout pour affermir des murs en pierre s√®che » (abb√© de Sauvages). C’est la pierre qui couvre. D√©riv√© du verbe acat√°.

Je ne connais pas l’origine du -p- dans la graphie dite classique dans acaptar, recapta.¬†

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