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Pradet de Ganges, un reboussier

Ceci est un article d’Histoire Litt√©raire.

Un¬† dicton que j’ai appris il y a des ann√©es √† Valleraugue o√Ļ j’ai fait des enrigistrements disait: Reboussi√© coumo Prodet de Gangj√© : ¬ę¬†sa femme s‚Äô√©tant noy√©e, Pradet de Ganges remontait le cours de l‚Äôeau pour la chercher¬†¬Ľ.

Fenno negado

Fenno negado

En cherchant des attestations de rachalan « ouvrier agricole √† N√ģmes », j’ai trouv√© dans¬† les Po√©sies en patois limousin: √©dition philologique compl√©tement refondue pour … Par Emile M. Ruben. Paris, 1866. la fable de la Femme noy√©e, racont√©e en patois n√ģmois par un po√®te inconnu, que vous retrouvez ci-dessous:

Fenno negadoIl s’agit d’un extrait de ; Bourbouyado

 

L’origine de cette fable remonte tr√®s loin, mais la version¬† et l’interpr√©tation de Valleraugue est √† l’oppos√© de la version originale: un reboussier.¬†¬† Si vous voulez en savoir plus de celle de La Fontaine., il y a par exemple :

La FontaineLa femme noyée (Explication de texte) -

www.litteratureetfrancais.com/article-la-fontaine-la-femme-noyee-explic…

19 mars 2012 – EXPLICATION DE TEXTE : LA FONTAINE, LA FEMME NOYEE INTRODUCTION Jean de La Fontaine a commenc√© √† publier ses Fables en¬†…

ou une dissertation !

Annalyse linéaire de la femme noyée РEtudier.com

www.etudier.com/dissertations/Annalyse…Femme-Noy√©e/325848.html

La femme noy√©e ¬Ľ de Jean De La Fontaine (1621-1695) 1. … Dans la fable ¬ę La femme noy√©e ¬Ľ, on distingue 3 mouvements principaux : – Les vers 1 √† 8¬†…

Prairo, preveire

Prairo s.m. « praire = Mollusque lamellibranche du genre V√©nus, comestible, tr√®s r√©pandu sur les c√ītes m√©diterran√©ennes et oc√©anes. »(TLF). D’apr√®s Mistral c’est un « mollusque v√©nus » ou « un gros ventricule du cochon »; lou preire double est un mollusque d’un go√Ľt exquis le « venus verrucosa » qu’on trouve abondamment √† Toulon. Cette remarque explique peut-√™tre le dicton¬† lou praire fai lou laire « l’occasion fait le larron » ( Sauvages) . Dans l’article preire de Wilipedia, vous¬† trouverez le conseil suivant:

« Elle peut se manger crue en l’ouvrant avec un couteau. Pour ce faire, glisser une lame tr√®s fine par l’arri√®re, et faire glisser sur le c√īt√©. Cuite, elle est d√©licieuse au four avec un beurre d’ail. »

                                                                            

prairo √ė 4 cm minimum¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† preire¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†

Lou pr√®ire rouge « cardita sulcata » est un mollusque √† chair rouge » (M).¬† A Nice un baio-preire , litt√©ralement un « baise-pr√™tre », est le nom de plusieurs plantes √©pineuses.

L’√©tymologie est une forme du latin populaire previter qui doit provenir d’une¬†variante du bas latin *pr√©biter,*praebiter¬† du latin classique presbyter « pr√™tre » (TLF). Previter est attest√©e dans une inscription √† Velletri, une ville au sud de Rome. Il reste le probl√®me du genre: fran√ßais preire est f√©minin, occitan praire masculin. Cette¬† forme populaire previter a √©t√© conserv√©e en franco-proven√ßal et dans une partie du proven√ßal et du languedocien. Par exemple √† Barcelonette preire « pr√™tre » et au figur√© en Aussois (Savoie) pr√©re « punaise des champs » (de couleur noire comme les soutanes ?), proven√ßal preire « sorte de coquillage » (FEW IX, 358b).¬† Mais pour le FEW XXI, 268a le mot est d’origine inconnue.

Le latin classqiue presbyter qui  a abouti à  prestre en occitan. La première attestation vient de la Chanson de Ste Foy (1060). Anglais priest, Néerlandais priester, Allemand Priester. 

La m√™me racine latine presbyter, non pas au nominatif¬† (avec l’accent sur pres-) mais √† l’accusatif presbyterum (avec l’accent tonique sur -ter-) a abouti en occitan √† preveire « pr√™tre », et au figur√© en languedocien perbeire « gadus minutus » appel√© aussi capelan. Il doit y avoir une explication de ce transfert dans l’aspect physique de ce poisson.

perbeire-capelan

Prat du Ra√Įs, dans l’Aude, ou les pi√®ges de ...

Prat du Ra√Įs¬† √† Coursan (Aude) et Prat du Rais √† Cuxac. D√©versoir du Prat del Ra√Įs¬† et vers le nord-ouest¬† le Chemin de Prat de Rais, 11590, √† Cuxac-d‚ÄôAude.

A premi√®re vue, j’avais l’impression que le Ra√Įs,¬† Gamal Abdel Nasser, avait achet√©¬† dans les ann√©es ’60 un petit refuge pour se retirer¬† √† la campagne audoise, en cas de probl√®me.

Heureusement j’ai pu consulter le Dictionnaire Topographique du d√©partement de l’Aude¬† par l’abb√© Sabarthes, Paris 1912, qui me donne les noms anciens.¬† Ce n’est pas¬† le Ra√Įs¬† mais un ou plusieurs Juifs qui √©taient¬† propri√©taires du pr√©, nomm√© en latin pratum judaicum.¬†

L’histoire des Juifs en Languedoc nous explique l’histoire du nom du pratum judaicum.

Le XIIe¬†si√®cle est une p√©riode de prosp√©rit√© pour le juda√Įsme proven√ßal et languedocien qui profite de l’esprit de tol√©rance qui r√®gne alors dans les cours de Toulouse et de B√©ziers. Armand Lunel peut √©crire¬†: ¬ę¬†Sous le ciel des troubadours et par la douceur native des temp√©raments, l’√Ępret√© des rapports entre l’√Čglise et la Synagogue put peu √† peu se r√©duire et le poids de la r√©probation th√©ologique s’all√©ger jusqu’√† rendre pacifique la cohabitation des chr√©tiens et des juifs.¬†¬Ľ

Benjamin de Tud√®le, le rabbin voyageur du XIIe¬†si√®cle, cite certaines communaut√©s du midi, √©voque leurs nombreuses √©coles talmudiques et leurs ma√ģtres de l’√©poque. Les Juifs peuvent s’adonner √† l’agriculture comme au commerce. Une des plus importantes communaut√©s juives est alors celle de Narbonne, forte de trois cents personnes et o√Ļ les Juifs disposent d’un h√īpital.

Apr√®s la mort de Raymond VII en 1249¬† ses terres passent¬† sous la possession d’Alphonse de Poitiers, fr√®re de Saint Louis et mari de l’h√©riti√®re de Ryimond VII. D√®s lors, les Juifs sous sa domination souffrent d’un arbitraire semblable √† celui qui r√®gne √† leur √©gard dans le royaume de Saint Louis. Alphonse de Poitiers ne manque pas de les pressurer¬†: taxes pour dispense de rouelle¬†; fonds pour la croisade en 1248 puis nombreuses extorsions de fonds avec menaces d’expulsion et imposition forc√©e qui lui rapporte autant que celle sur les chr√©tiens pour la Huiti√®me croisade. Les Juifs √©migrent alors vers la Provence, sous la domination de la maison d’Anjou. (Wikipedia)

Deux si√®cles¬† plus tard on √©crit en languedocien¬† Prat Jusayc, mais les Narbonnais ne connaissait plus le sens du nom¬† Jusayc.¬† Les Juifs √©taient partis en Provence. Quelques ann√©es plus tard ils l’√©crivent Jurayc,¬† ou avec un -t final Jurait.¬† Ensuite le -t¬† final de prat « pr√© »a fondu avec¬† le j-¬† initial (prononc√© dzj-)¬† de¬† Juraic¬† pour devenir¬† PratDuraic.¬†¬†¬† Au XVe si√®cle d√©j√† on h√©sitait sur la consonne finale:¬† -t¬† ou -c ?¬†¬† La finale ne se pronon√ßait plus, peut-√™tre sous l’influence du fran√ßais, obligatoire¬† dans les documents administratifs depuis l’ordonnance de Villers-Cotterets¬† (1539).¬† Ainsi le¬†¬† Prat Juraic¬† devient¬† le Prat Durais.

Le nom¬† Durais¬† n’avait pas de sens non plus, alors pourquoi pas du Raix avec un -x¬† comme dans¬† Cuxcac. Au XVIIIe si√®cle on simplifie dans les archives communales et √©crit du Ray, mais l’ancienne graphie Prat du Rais¬† reste dans le cadastre napol√©onien, probablement copi√© du compoix.

Ce nom est rest√© √† Cuxac d’Aude, mais √† Coursan on a voulu continuer et donner un sens au nom Rais¬† en y mettant un tr√©ma Ra√Įs « le chef » en arabe,¬† peut-√™tre en souvenir des l’invasion du Languedoc par les¬† Sarrasins.

Dans les Annales du Midi de 1896, p.195-199,¬† Alphonse Blanchet a √©crit un article¬† intitul√© « Les transformations du latin judaicus¬† √† Narbonne. »

Prègadieu

Pr√®gadieu « mante religieuse ». Litt√©ralement prie-dieu. Cet insecte a √©t√© nomm√© ainsi √† cause de son attitude sacerdotale. La pr√®gadieu, appel√©e aussi pr√®go-Diu-Bernado (< Bernardus ), bernada , pr√®go-bernado (Aveyron) , bernad√®to (Aude) pregotswono (= Jeanne), lou prego-Di√®u d’estoublo ou de restouble (Manduel), ce qui se dit aussi d’une personne maigre et p√Ęle, n’est indig√®ne qu’autour de la M√©diterran√©e, mais avec les changements climatiques elle monte vers le nord. On la trouve d√©j√† en Belgique. Dans l’Ile de France et en Allemagne c’est un insecte prot√©g√©! Interdiction de l’attraper ou de la tenir en cage!

Sur le remplacement de l’√©l√©ment¬† Dieu¬† par¬† Bernado, tswono,¬† voir mon article¬† Galinetta¬† « coccinelle ».

  


Priapolithe ou Bijoux de Castres

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Priapolithe « pierres algaires lamin√©es de type stromatolitique* dues √† l’activit√© d’une algue cyanophyc√©e » de la r√©gion de Castres. Etymologie est lelatin¬†Priapus¬†« dieu des jardins et des vignes, qui symbolise la force g√©n√©ratrice ».¬† Une image du Recueil des monumens des catastrophes que le globe terrestre ..Par George Wolfgang Knorr,Jean Ernest Emanuel Walch Neuremberg, 1775 (Google livres) :

Priapolithe2C’√©tait la¬† premi√®re pierre que j’ai coup√©e apr√®s l’achat d’une grande scie diamant√©e pour lapidaires m’√©tait fournie par mon ami¬† le Petit g√©ologue de Lacrouzette dans le Sidobre, et c’est lui qui¬† m’a appris qu’il s’agissait d’une priapolithe. Le mot ne se trouve plus dans le CNRTL, mais il appara√ģt dans plusieurs dictionnaires anciens[1.¬† du Trevoux de 1752 jusqu’au Larousse de 1875] et notamment dans le Suppl√©ment au dictionnaire de l’Acad√©mie par Frac√ßois Raymond (1835).¬† avec une d√©finition diff√©rente:

PriapolitheAcadLa premi√®re attestation vient de Goudouli, Pierre Borel 1620?-1671), qui dans Les antiquitez, raretez, plantes, min√©raux & autres choses consid√©rables de la ville et comt√© de … √©crit:

PriapoliteBorelCe qui m’a int√©ress√© dans cet article de Pierre Borel est la mention de la th√©orie des signatures. J’ai l’impression qu’il s’en moque un peu, mais la citation de Crollius, Quercetan et Henri Carrichterius montrent qu’il √©tait au courant et que cette th√©orie √©tait tr√®s r√©pandue √† son √©poque. Je cherche √† me renseigner √† ce sujet parce que je crois qu’il est important de savoir que cette th√©orie et des th√©ories analogues comme astrologie, jouaient un grand r√īle dans la vie des gens.

Si vous êtes intéressé par la géologie  de la région de Castres, suivez ce lien: Priapolithes

pruzi ‘d√©manger’

Pruzi « d√©manger », pruzir en ancien occitan, vient du verbe latin prŇęrńęre « d√©manger ». Coucon m√ę pruzis « Quelque chose me d√©mange »¬† et K√ę s√ę gr√Ęto ount√ę li prus f√Ęi pa m√Ęou √† d√ęgus » ; pruzijh√™ « d√©mangeaison ».(S1)

La Fare d’Alais utilise le mot au figur√©:

La lengo qu’a lou mai de prus√© pou√©tiquo

La lengo qu’es touto musiquo

Per qu’aou s√®n la fan d√© rima

Es la qué barboutis éfan, à la brassièro,

Es aquélo qué la prumièro

Nous appren à diré : Mama.

Avec 3 -r- (-r- roul√©s comme en italien moderne; essayez de le prononcer!) le verbe prŇęrńęre gratte bien la langue¬† et est sujet √† la dissimilation.¬† D√©j√† en latin on trouve des formes plurire (encore vivant dans le Nord et le Sud de l’Italie) et prudere > italien prudere, catalan pruhir, portugais pruir et occitan pruzir.

A Alais (La Fare?) et Puisserguier le d√©riv√© prus a pris le sens « le fil d’une lame tranchante » et aussi « app√©tit » √† Puisserguier.¬† Mais je pense que La Fare et Rouquier l’ont cr√©√© dans lou mai de prus√© pou√©tiquo. Pourtant Alibert l’a repris tel quel. Il fournit aussi la conjugaison compl√®te et d’autres d√©riv√©s.¬† Si cela vous prutzis..

Fran√ßais prurit a la m√™me √©tymologie mais c’est un emprunt ancien au latin, ce qui explique le maintien du -r- intervocalique.

 FEW IX, 498

Pudis 'térébinthe'

Pudis « t√©r√©binthe » est un d√©riv√© du verbe pudre « puer » du latin pŇętńďscńēre « se g√Ęter, se pourrir, puer ».¬† Plusieurs animaux¬†¬† ont un nom qui exprime la mauvaise odeur comme¬† pudis, ou gatpudre « putois ».

En ce qui concerne les plantes, des d√©riv√©s de pudre¬† d√©signent¬† l’alisier¬† pudis¬† (Sauvages et RollandFlore 5,123),¬† l’anagyris¬†¬† puditz, pudis, le tro√®ne pudis¬† dans le P√©rigord,¬† le cornouiller sanguin pudis avec de nombreuses attestation en occitan, la bourdaine pudis √† Brive,¬† le nerprun pudis¬† dans l’Aveyron (RollandFlore 4,17),¬† prunus padus pudis¬† √† Montpellier (RollandFlore 5,310) et d’apr√®s l’abb√© de Sauvages (S1) la t√©r√©binthe¬†¬† pudis en languedocien.

Il me faudra l’aide des botanistes pour savoir ce que toutes ces plantes ont en commun pour comprendre cette confusion. En Normandie un autre d√©riv√©¬† puisne¬† est le nom vulgaire¬† de diff√©rents arbrisseaux¬† consid√©r√©s comme bois-mort. Dans T√©l√©botanica je vois que le nom secondaire de plusieurs arbrisseaux est « bois puant ».

Dans la page t√©r√©binthe de T√©l√©botanica il y a la remarque : Pudis Peu usit√© et √† √©viter « Pudis » d√©signe habituellement Anagyris foetida L..

La description du pudis¬† par l’abb√© de Sauvages (S1) m’a rendu curieux; il √©crit:

Nos t√©r√©binthes portent de longs cornets rouges et pointus; ce sont des galles creuses ou des excressences occasionn√©es par la piqure des insectes; elle sont remplies de pucerons &¬† d’une liqueur gluante qu’on dit √™tre vuln√©raire.

(Télébotanica)

Si vous en voyez une pendant vos ballades, prenez-en une photo et envoyez-la au site de Telebotanica.

Puech

Puech, pueg, puog¬† « puy, colline, mont, montagne ». Le Mont Duplan √† N√ģmes, s’appelait encore au XIXe s. le puech des juifs. Pour l’histoire de cette colline voir le site de Georges Mathon : ¬† podium juda√Įcum en 1030.

Et le mot latin podium est en effet l’√©tymon, qui au cours des si√®cles a subi des transformations phon√©tiques et s√©mantiques. Les Romains l’avaient emprunt√© au grec podion un diminutif de pous « pied ». Le latin podium d√©signe d’abord « un pi√©destal d’une statue » ou « l’avant sc√®ne de l’orchestre », ensuite « un support pour des tonneaux ou des ruches » et enfin chez Pline « un balcon ou une terrasse ou la loge imp√©riale au cirque ». Ce dernier sens a abouti √† « balcon, avant-corps sur une fa√ßade » > « hauteur » > « colline », sens qui a √©t√© conserv√© dans plusieurs r√©gions de l’Italie, en corse pogliu, en catalan puig etc. Il a exist√© dans toute la Gallo-romania, mais il a disparu dans le domaine d’o√Įl probablement √† cause de l’homophonie avec le mot puits < puteus. Puech est tr√®s r√©pandu comme nom de lieu et √©galement comme nom de personne dans le domaine de l’occitan. Voir le site de l’IGN, rubique toponymie : 1899 fois le nom puech , 3022 fois puy.

 

Le sens « balcon, avant-corps sur une fa√ßade » a abouti en n√©erlandais √† « facade d’un batiment » , avec ou sans balcon : pui prononcez peuy

La r√©paration d’un pui √† Amsterdam

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