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Lambrusquiero

Lambrusquiero de vedigan « cep de vigne sauvage servant √† fabriquer une badine souple et l√©g√®re utilis√©e par les manadiers » (Camargue)¬† vient de l’ancien languedocien lambrusquieira « cep de vigne sauvage » (B√©ziers, XIIIe s.) d√©riv√© du latin labrusca, lambrusca, « vigne sauvage » qui a¬† peut-√™tre √©t√©¬† emprunt√© √† l’√©trusque1

Ancien occitan lambrusca va signifier¬†en occitan « grappillon » et « plante quelconque qui n’a pas pouss√©e ». On retrouve la lambrusque dans quelques toponymes de Provence, comme le mas des Lambrusques, √† Maussane-les-Alpilles, Bouches-du-Rh√īne, ou le quartier Lambrusque, √† Forcalqueiret,Var2.

Tout le monde conna√ģt le Lambrusco italien.¬† Dans le Breviari d’amor de Matfre¬†Ermengaud de Bezers ( = Manfred …. de B√©ziers) ¬† du XIIIe si√®cle nous trouvons:

Quan Noe de lambrusquieira
Plantet la vinha primeira
(d’apr√®s Raynouard)

Voir aussi l’article¬† vedigan.

Les Egyptiens l’avaient fait d√©j√†, mais en Occident¬† c’est au XIIe si√®cle qu’on commence √† d√©corer les plafonds et les parois des maisons avec des sculptures repr√©sentant des sarments: lambruschier. Les rev√™tements en bois, en marbre etc. qui garnissaient les murs d’une pi√®ce √©taient appel√©s des lambris, emprunt√© par le n√©erlandais : lambrisering.

Lambrusco

Abbaye de Vauclair                                                      Lambrisering aux Pays Bas

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Notes
  1. Si vous voulez tout savoir sur l’√©tymon¬† protoroman¬† */la’brusk‚ÄĎa/¬†~¬†*/la’br äsk‚ÄĎa/ s.f. ¬ę¬†vigne grimpante … » consultez le Dictionnaire¬†√Čtymologique Roman. Un grand projet de linguistique romane.
  2. Source

Lampourda "bardane"

Lampourda « bardane », Pouzolz. Le type lampourda¬† est limit√© au proven√ßal et √†¬† l’est-languedocien1.¬†La premi√®re attestation de lampourde¬† en fran√ßais et en¬† occitan vient d’Olivier de Serres, originaire de l’Ard√®che, qui a introduit beaucoup de mots occitans¬† du domaine agricole en fran√ßais.¬† Mais pour la langue fran√ßaise c’est un mot de dictionnaires, peu connu. Le TLF ne le donne m√™me pas comme synonyme de « bardane ».

   petite bardane

La grande bardane possède des feuilles arrondies alors que la petite bardane (arctium minus) a des feuilles pointues.

Ci-dessous un extrait (la p.127)¬† des 15 pages que comprend l’article bardane¬†¬† dans¬†¬† RollandFlore (lien vers le site Plantuse)¬† vol.VII :

TLF  s.v. lampourde : plante des champs de la famille des Composées poussant au Sud de la France dans des endroits incultes et dont une espèce est nommée communément petite bardane. Lampourde épineuse; lampourde à grands fruits; lampourde glouteron (ou herbe aux écrouelles). La Lampourde donne sur un pédoncule floral deux graines (Plantefol, Bot. et biol. végét., t. 1, 1931, p. 536).

Le TLF donne une version extr√™mement raccourcie de l’article lappa « bardane » du¬† FEW2. Le latin¬† lappa « bardane » ¬† a √©t√© conserv√© en ancien proven√ßal et a √©t√© emprunt√© par le moyen fran√ßais au XVIe s.¬† Les attestations dialectales viennent des parlers au sud de la Loire.

En plus du type lappa  nous trouvons de nombreux dérivés  dans les parlers occitans:
lapas, lapasse, alapas (S1, Valleraugue) , laparasso (Toulouse, Carcassonne) , naparasso¬† (Tarn), raparasso (Aude) , ancien proven√ßal laporda, lampourdoun « gallium aparine » (Alpes Mar.) , lapourdie (Marseille) , lapuc (Gerrs) , n√†poul « capitule de bardane » (Averyon) et j’en passe.
A propos d’alapas¬† l’abb√© de Sauvages¬† √©crit en 1756 :
« … dont les larges feuilles servaient autrefois de masque aux Com√©diens. Les Polissons jettent des t√™tes de Bardane¬† (d√ę Lampo√Ľrdos ou¬† tiro-p√™ous)¬† sur les cheveux ou habits des passans, auwquels ces t√™tes se prenent facilement.
Pouzolz, dans le tome 2 de son Flore du département du Gard, p.2  écrit :
La forme des feuilles de la bardane ou les fruits sont √† l’origine du transfert de lapas¬† √† d’autres plantes; notamment au mol√®ne (RollandFloreVIII, p.148):alap√†s (Al√®s et Castres), lop√†s , olop√†s (Aveyron),¬† lapaso¬† (Loz√®re). A Montpellier la¬† lapourda , lampourda¬† est la « Lampourde d’orient’ ou « xanthium strumarium ».
                 
mol√®ne¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† lampourde d’orient
Nous constatons de nouveau une tr√®s grande vari√©t√© des noms d’une plante qui a priori n’a aucune valeur commerciale, et par cons√©quent ne sert que tr√®s peu dans la communication entre des personnes de¬† r√©gions diff√©rentes. Pour moi c’est cette vari√©t√© des parlers locaux ou r√©gionaux qui est la grande richesse de l’occitan et le patrimoine qu’il faut d√©fendre et conserver. L’unification des parlers occitans, qui semble √™tre le but supr√™me de certains occitanistes, ferait dispara√ģtre cette richesse de la langue.
Pour montrer cette richesse des parlers galloromans, je joins le page onomasiologique(incompl√®te!) du FEW du concept « bardane », auquel manque les noms de la bardane d’origine inconnue. Bardane_FEWindex_onomas.
Notes
  1. Les données du Thesoc bardane, sont très incomplètes
  2. Prononc. : (l…Ď ŐÉpu Äd). √Čtymologie et Histoire 1600 (O. de Serres, Th√©√Ętre d’agriculture, L. 6, chap. 5, p. 614). Empr. au prov.lampourdo ¬ę bardane ¬Ľ (Mistral), var. de l’a. prov. laporda (xves. ds Levy (E.) Prov.), lui-m√™me d√©r. de l’a. prov. lapa (Pt Levy (E.), lappa (mil. xives. ds Rayn.), du lat. lappa, m√™me sens.

Langrola ‘l√©zard’

Langrola s.f. « l√©zard gris ». Ll’√©tymon de langrola¬† est le latin¬† languria, attest√©e chez Pline1.¬† Langrola ne se trouve en occitan qu’√† l’ouest du Rh√īne, pourtant le mot¬† langrola se retrouve dans le Nord de l’Italie o√Ļ il d√©signe¬† le l√©zard vert. Un r√©sum√© des diff√©rentes √©tymologies propos√©es se trouve dans une √©tude de Giovanni Soleri que vous pouvez consulter sur le Web. Notre langrola y est mentionn√©¬† sous la forme ang√∂ (n¬į 8a) et angureta (n¬į 8c).

Entre ces deux zones domine le mot provençal lagramuso, larmuso, et  au Nord le type français lézard.

Dans les formes languedociennes la suite lang- a souvent √©t√© remplac√©e par leng-, ling-, par exemple √† St.Jean-du Gard aringolo, sous influence de lenga (< lingua) « langue », parce que le l√©zard attrape les insectes avec sa langue rapide. On trouve aussi la forme avec m√©tath√®se rengloro (S); √† N√ģmes et ailleurs le l- a √©t√© pris pour l’article d√©fini ce qui a donn√© : angloro, Millau engrou√≥lo.

langrola

Le Thesoc donne pour le Gard et beaucoup d’autres d√©partements comme type engris√≤la. Avec chute de en- , consid√©r√© comme un pr√©fixe, cela a donn√©¬† p.ex. √† Mende grizolo. Mais engrisola est une forme provenant d’un sous-jacent (en)grousolo o√Ļ le -grou- a √©t√© remplac√© par -gris- par √©tymologie populaire, l’engrousolo √©tant gris. (En)grousolo vient d’ engrolo, angrola 2,¬† par changement de suffixe d’ engrolo qui avait perdu le l- initial pris pour l’article d√©fini.

Etymologiquement parlant¬† grousolo fait partie de la famille languria.¬† La suite des formes pourrait √™tre :¬† languria > langr + ola > l’ engrola > engrola > engro + sola > engrousolo > engrisolo > grisolo. Voir le Thesoc pour les nombreuses variantes et les autres mots.

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Notes
  1. alios id dicere langurium et esse in Italia bestias languros. Zenothemis langas vocat easdem et circa Padum iis vitam adsignat » Nat. Hist. 37,34
  2. Une visiteuse italienne m’√©crit qu’elle est √©tonn√©e de trouver¬† son nom de famille Angrola¬† dans mon site.¬† Des recherches g√©n√©alogiques permettront peut-√™tre de retrouver ses anc√™tres en Languedoc, la seule r√©gion o√Ļ cette forme existe

Lar

Lar « √Ętre, foyer » vient du latin lar « dieu du foyer domestique »: √† c√īt√© des p√©nates, se placent dans la demeure des lares, humbles divinit√©s qui furent des √Ęmes humaines, et qui, n’ayant point √©t√© souill√©es, ont obtenu la permission d’habiter toujours leur demeure et de veiller sur leur famille.¬† MICHELET, Hist. romaine, t. 1, 1831, p. 54.

Dans le domaine galloroman, le mot n’a √©t√© conserv√© qu’en occitan pour d√©signer le foyer et par extension la maison o√Ļ l’on est ‘chez soi’, sens qu’il avait d√©j√† en latin : Ad larem suum reverti « revenir √† la maison ».¬† Mon t√©moin pour Manduel, me dit que le mot lar d√©signe non seulement la maison mais aussi les entours de la masion, donc l√† o√Ļ l’on habite.

En dehors du galloroman le mot vit aussi en Italie et en catalan llar « foyer » et espagnol llares « crochet de la cr√©maill√®re ». Le domaine occitan fait, comme c’est souvent le cas, le lien entre l’italien et les langues ib√©ro-romanes.¬† En occitan nous trouvons plusieurs d√©riv√©s: Val d’Aran lar√© « foyer »,¬† Aveyron laras « rocher mise √† nu par les eaux », Castres lar√° « carreler un four ».

Le mot fran√ßais lares « dieu tut√©laire, g√©n√©ralement du foyer domestique; statuette le repr√©sentant » ne s’applique qu’√† l’Antiquit√© et a √©t√© emprunt√© au XVe si√®cle.

Un visiteur corse m’informe:

En Corse, √† laru signifie « qui affleure » ou « √† ras bord ». Il s’agit d’une expression que l’on trouve dans l’extr√™me sud et qui est ancienne, peu employ√©e.

Laune, lona

Lona, lone « mare o√Ļ l’eau est profonde et tranquille » (Camargue); lagune, √©tang, marais (Alibert) », fait le lien entre la Camargue¬† et la Norv√®ge! Le norv√©gien¬† a le mot l√īn « mare, √©tang » qui vient d’une forme germanique *luhno qui a abouti en ancien franc √† *lohna ou *luhna. Dans le nord-est de la France, d√©partements de la Meuse et de la Haute-Marne, nous trouvons des toponymes comme La Lonne, Sommelonne. Dans la Moselle une lone est un foss√© d’assainissement dans les prairies » (Pegorier).

La laune est peu profonde » ( le site de M√©ailles, au N-W de Nice))

D’apr√®s le FEW le mot lone se trouve principalement dans les parlers franco-proven√ßaux et en occitan √† l’est du Rh√īne. Pourtant la premi√®re attestations de 1050 lona « √©tang » vient de N√ģmes et en cherchant des toponymes √† l’aide du site de l’IGN, j’en ai trouv√© des dizaines, dont plusieurs dans le Gard, entre autres √† Montfrin et Marguerittes o√Ļ il y a le Pont de la Lone..

D’apr√®s l’√©bauche d’un article dans Wikipedia : * Le Rh√īne : on d√©nombre plus de 250 l√īnes d’importance variable. * L’Is√®re : l√īnes de Francin, l√īnes de Pontcharra, Bois Fran√ßais. »

Dans le site de Barbentane :  » La Lonne, autrefois appel√©e ¬ę¬†La Roubine Vieille¬†¬Ľ, est un ancien bras de la Durance qui, au moyen-√Ęge, s’√©coulait de la Rami√®re √† St-Joseph vers le Pont de la Gaffe et le quartier Mouton. Elle re√ßoit la totalit√© des eaux du village pour les √©vacuer √† l’ouest dans le contre-canal du Rh√īne. Le sous-sol de la plaine contient aussi de nombreuses lonnes souterraines, nappes cr√©√©es par les comblements anciens ou creus√©es par les infiltrations du Rh√īne et de la Durance. »

Il reste √† voir si le mot laune, dans les nombreux Mas de Laune a la m√™me origine. P√©gorier donne launo, lona « bande de terrain au milieu de rochers ou entre les bras d’une rivi√®re; r√©gion basse o√Ļ l’eau s√©journe; ruisseau (Alpes-Maritimes); lagune, √©tang, mare (Camargue).

En Ard√®che, dans le Pays de Crussol, il y a le Lone de l’Ove :

Laupio, làupia

Laupio [l√†wpio] « abri rudimentaire » (Camargue) , l√†upia « pile, tas de bois; abri; tonnelles; galerie; hangar » (A), a la m√™me √©tymologie que le francais loge :¬† le germanique laubja « abri de feuillage »,¬† Laube en allemand moderne, du substantif Laub « feuillage ».

Un visiteur me signale que les habitants de la DDR r√™vaient d’une Laube, comme les Russes de leur datchka.

Loge, la forme du fran√ßais,¬† a gagn√© presque tout le domaine galloroman, mais il n’y a pas beaucoup d’attestations pour l’occitan. Ce sont les Francs qui ont import√© ce mot dans la langue d’o√Įl.

Mais les Francs ne sont jamais venus jusqu’en Camargue et pourtant il y a en occitan des attestations de laupio comme¬† dans la Dr√īme, √† Nice l√†upia « treille », ¬† dans le Gard¬†sou-l√†oupio « abri, auvent sur facade », l’H√©rault et l’Aveyron.¬† L’origine de ces mots,¬† comme du¬† catalan llubja « grenier, magasin » doit √™tre¬† le gotique *laubja .¬†¬† Dans l’Italie du Nord et en Toscane ce sont les Langobards qui ont pr√™t√© le mot aux indig√®nes : √† Como l√≤bio « petite terrasse avec rambanrde », toscan lubbione « loge ».
Les formes qu’on trouve dans les parlers franco-proven√ßaux de la Val Soana e.a. et proven√ßaux comme Valdieri ainsi que le lobio « galerie au devant de la maison » du Queyras sont des emprunts aux patois italiens voisins. En Galice est attest√©e une forme lobio qui serait √† l’origine du basque lobio « basse-cour ».


Laupio
en Camargue

Le d√©riv√© fran√ßais logement a √©t√© emprunt√© par le n√©erlandais : logement [l√≥gem√®nt].¬† Dans le Guide du routard de l’Indon√©sie vous trouverez des adresses des¬†losmen, le logement adapt√© √† la langue des Indon√©siens, le¬† bahasa indonesia.

D’ailleurs vous connaissez plus de mots indon√©siens que vous ne pensez, par exemple orang « homme », hutan« for√™t », tomat « tomate » et paprika, restoran, copi « caf√© », kopor « coffre, valise » (le f devient touours p) karap « carafe » mata « oeil » hari « jour », et une infinit√© de mots en -ion qui en passant par le n√©erlandais se terminent par¬† -i : koreksi « correction »,¬† korporasi « corporation », korosi « corrosion », manifestasi¬† manipulasi, otorisasi ( quelle id√©e g√©niale d’orthographier oto- au lieu de auto), teater, sosial, referensi, rekreasi, apresiasi, posisi, et de l’anglais sains « science » (prononcez comme cela s’√©crit /s a i n s/ avec l’accent sur le -a-), bisnis, etc.


Le temple dans le jardin d’un losmen

Lausa

Lausa « pierre plate servant √† couvrir les maisons, ardoise » est √† la base d’une famille de mots qui vivent en pi√©montais, en franco-proven√ßal, en occitan et dans les langues ib√©ro-romanes jusqu’en portugais : catalan llosa, espagnol losa, portugais lousa et basque lauza. Il est certain que l’√©tymon *lausa est gaulois, mais il y a des indications qui font supposer que les Gaulois l’ont h√©rit√© de leurs pr√©d√©cesseurs.

Dans le Gard, les plus belles lausi√®res sont √† St.Andr√© de Valborgne. Suivez le lien pour plus de renseignements. Jean Pierre Boyer, artisan schisteur, en fait de tr√®s beaux objets, dont des croix huguenotes. A droite une lause de 25 x 20 cm environ, que j’ai ramass√©e moi-m√™me.



2 toits en lauses. Si vous voyez un toit comme ceux-ci demandez au propriétaire de vous montrerr les poutres. Impressionnantes!

Fran√ßais losange, emprunt√© par l’anglais losenge, l’esp. losanje, catalan llosange, it. lozanga, est d√©riv√© de lausa. Pour les toponymes voir P√©gorier et l’IGN qui donne 97 noms de lieu Lauze. Lausanne en Suisse est la plus connue.ÔĽŅ

Leseno, alzena "alène" et français "...

Leseno, alzena s.f. a¬† la m√™me √©tymologie que le mot fran√ßais « al√®ne » √† savoir un germanique *alisno¬† « poin√ßon¬† courb√© pour coudre le cuir ». Le mot a d√Ľ √™tre adopt√© assez t√īt, avant le IVe si√®cle,¬† dans le latin parl√©, parce que nous le retrouvons en italien¬† lezina,¬† catalan alena¬† et espagnol¬† alesna, lezna. En occitan les formes avec d√©glutination du a-¬† initial sont les plus r√©pandues.

*alisno a remplac√© le latin subula¬† « al√®ne; outil pour polir des pierres », qui s’est maintenu en roumain sula¬† et dans des parlers r√©gionaux italiens. Il y a aussi quelques attestations en moyen fran√ßais sublot, subille « al√™ne » (DMF). Le fait qu’on le trouve √©galement en moyen n√©erlandais :¬†eyn suwel (< subula) off eltzen (< alisno) ;¬† zuwele, suwel, subst. fem. Mnd. suwele;¬† et en moyen haut allemand mhd. siuwele, siule. (WNT) montre qu’il a probablement exist√© dans le domaine d’o√Įl.

Quelle peut √™tre la raison de cet emprunt au germanique? ¬†¬†¬† S’agit-il de la meilleure qualit√© des¬† al√™nes¬† germaniques?¬† Deutsche Qualit√§t?¬† ou s’agit-il d’ al√®ne de cordonnier « leseno » et d’al√®ne m√©dicale « subille »?

Plus int√©ressant est le lien avec le verbe fran√ßais l√©siner « √©pargner d’une fa√ßon raffin√©e et sordide jusque dans les moindres choses », d√©riv√© du substantif¬† l√©sine¬†¬† qui d√©signe ce genre d’√©pargne.¬† L√©sine¬† a √©t√© emprunt√© √† l’italien¬† lesina,¬† √† la suite de l’√©norme succ√®s d’une satire de Francesco Vialardi intitul√© Della famosissima compagnia della Lesina dialogo, capitoli, ragionamenti. Elle a √©t√© traduite en fran√ßais¬† en 1618!

traduction de Della compagnia della lesinaSi vous voulez le lire, suivez ce lien. ¬† Il y a¬† des avares qui vont jusqu’√† coudre eux-m√™mes leurs chaussures!¬† La devise de la¬† Compagnia ¬†¬†¬† est sur la page du titre : Omnia vincit subula.¬† Cela va vous rappeler¬† L’avare¬† de Moli√®re.

Voici un lien vers un site  qui en parle

Littérature facétieuse de la lésine

A la suite de la parution du recueil Della famosissima compagnia della Lesina (1598), une série de publications autour des plaisanteries relatives à la lésine voit le jour en Italie (1).

Ces textes sont traduits et imités en France dans le premier quart du XVIIe siècle (2).

Ils cr√©ent un fonds de bons mots et d’anecdotes, dont on retrouve plusieurs traces dans la com√©die de L’Avare :

 

 

limon ‘citron’

D’apr√®s le Thesoc s.v. citron le type¬† limon¬†« citron » est courant¬† dans¬† les¬† ALPES-MARITIMES, AUDE, GARD., le type limona¬†dans l’¬† AUDE, GARD, HERAULT.
Alibert : Limon « citron; vallisn√©rie » .¬† Limona « citron; m√©lisse; potamot comprim√© »1

Etymologie. Les Romains ne connaissaient le citron que par ou√Į-dire. Vers la fin de l’empire ils ont cultiv√©¬†en Italie le c√©drat¬† citrus medica. ( FEW XIX,109 )

cédrat

cédrat

Ce n’est que bien plus tard que les¬† crois√©s ont ramen√©s des limons¬†¬† « Fruit du limonier, analogue au citron √† la diff√©rence pr√®s qu’il est plus acide et que son √©corce est moins √©paisse » CNTRL.¬† D’abord en Italie , le limone  » sorte de citron tr√®s acide » le Citrus aurantifolia

limon

limon

Le nom limone a √©t√© emprunt√© √† l’arabe laimuŐĄn, les Arabes ayant introduit la culture du fruit dans tout le bassin m√©diterran√©en, mais l’origine de la plante et du nom liŐĄmuŐĄn¬† en persan est la Perse, apparent√© au¬†Sanskrit nimbu  » limon. » L’arbre et le fruit ont √©t√© introduits en France √† partir de l’Italie. Italien¬† limone¬† est devenu limoun¬† √©crit limon¬† (A).¬†¬† Le nom limoun s’est maintenu en occitan, en tout cas dans les d√©partements cit√©s plus haut.¬† L’esp√®ce par contre a chang√©. Les citrons cultiv√©s appartiennent √† l’esp√®ce¬† Citrus medica var. limon L. Nous¬† retrouvons¬† le nom en anglais:¬† lemon « citron », ainsi que dans plusieurs dialectes allemands¬†Limone.¬† Le limon y s’appelle lime, emprunt√© √† l’espagnol lima.¬† N√©erlandais limoen prononcez limoun, emprunt√© au fran√ßais, est tomb√© en d√©su√©tude au XIXe si√®cle pour r√©appara√ģtre au XXe pour d√©signer le Citrus aurantifolia. ¬†¬†

Le nom fran√ßais citron, compos√© de l’√©l√©ment citr- de citrus et du suffixe -on de limon ne date que de la fin du XIVe si√®cle.¬† Citron a √©i√© emprunt√© par le n√©erlandais : citroen, (prononcez citroun) .¬† Aux Pays Bas citrtoen est m√™me devenu un nom de famille Citroen (prononcez citroun).¬†

Wikipedia me fournit le compléments suivants:

Le nom Citro√ęn poss√®de toute une histoire. L’arri√®re-grand-p√®re d’Andr√©, d√©nomm√© Roelof4, est un marchand d’agrumes en Hollande. En 1810, lorsque Napol√©on Ier annexe le Royaume de Hollande, les juifs n√©erlandais sont soumis au code Napol√©on et doivent choisir un nom pour leur identification. Roelof choisit alors de se faire appeler Limoenman (¬ę¬†homme-citron¬†¬Ľ), surnom que ses clients lui donnaient5. Son fils, Barend, ne prend pas la suite des affaires de Roelof et se tourne vers le n√©goce de joyaux, qui conna√ģt un essor important au XIXe¬†si√®cle. √Ä la suite de ce nouveau statut social, Barend francise progressivement son nom, dans un premier temps en Limoenman-Citron puis en Citroen6.

 

alt=Description de cette image, également commentée ci-après                

 

 

Notes
  1. Potamot   FEW IX,252b  3646 Potamogeton compressus Telebotanica    et nomenclature.

Liri, ile, lirga

Liri « lis ». Alibert donne la variante lire et pour l’Agenais ile, ili, ieri et pour les C√©vennes un d√©riv√© lirga « glaieul ». Cette m√™me forme existe aussi √† Toulouse dans les compos√©s lirga dels pesquiers « gla√Įeul des viviers », lirga jaune « iris jaune », lirga larga « iris germanique, flambe ».

L’abb√© de Sauvages donne la forme eli et dans la deuxi√®me √©dition eli ou l√©ri.

L’√©tymon est un mot du Proche-Orient, peut-√™tre l’√©gyptien ou le kopte hreri, hl√©li qui nous est parvenu par le latin lilium ou le grec leirion. Dans notre r√©gion, de la Loz√®re jusqu’aux Alpes, existe une forme ilo, √©li qui repose sur une base *jilium que nous retrouvons par exemple en toscan giglio. Ailleurs en occitan, mais aussi en Italie et ib√©ro-roman il y a les formes qui reposent sur une base *lirium . Il n’est pas impossible que dans les colonies grecques du Midi, vivaient deux formes *lirion et *lerion et que les diff√©rences actuelles entre les patois qui ont liri et ceux qui ont leri reposent sur les ces deux formes grecques.

lis

iris

iris


Les Occitans bilingues ont une position enviable! Ils comprennent toutes les autres langues ouest-europ√©ennes: catalan lliri, espagnol et portugais lirio, anglais lily, allemand Lilie, n√©erlandais lelie et peut-√™tre m√™me l’italien giglio!

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