Etymologie-occitane » e http://www.etymologie-occitane.fr Dictionnaire étymologique de l'Occitan Fri, 22 Jun 2018 08:18:47 +0000 fr-FR hourly 1 Ebria, ebria http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/ebria-ebria/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/ebria-ebria/#comments Tue, 09 Aug 2011 12:51:57 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=3395 Ebri, ebria « ivre » du latin ebrius « ivre ». De nombreuse formes pour la voyelle initiale depuis l’ancien occitan: ibre, iure, ieure. Voir ebriago.

Le TLF en suivant le FEW remarque que : « Les parlers gallo-romans préfèrent, comme le fr. pop. des mots plus expressifs.. » Un coup d’oeil sur l’Atlas linguistique de l’occitan montre que cela vaut aussi pour l’occitan : acotrat, bandat, bombat, briat, choc, conflat, embriac, empegat, fin, fiolat, gris, ibronha, pete, pintat, plen, rede, sadol, tibat, tordos, torsut et je suis sûr que la liste est incomplète.

La preuve : un visiteur qui me signale que le chanteur languedocien Joanda dans la Gazette connaît le mot molan et qu’il explique dans la Gazette de Nîmes qu’on appelle le raisin un sac à mol, expression tiré du mot molan « ivrogne ». Molan se trouve dans l’Alibert avec le sens « pêche molle; personne molle: sorte de raisin » et est dérivé du latin mollis « mou ».

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Ebriago http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/ebriago/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/ebriago/#comments Tue, 09 Aug 2011 13:28:24 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=3398 Ebriago

  • ivraie

ebriago « Ivraie »    

  • redoul (coriaria myrtifolia) » Voir Wikipedia pour redoul. Cette espèce contient de la coriamyrtine, alcaloïde qui frappe les moutons d’intoxication alcoolique lorsqu’ils  consomment les baies. Le nom vulgaire redoul désigne aussi le sumac. Utilisation: Tanins: les grandes quantités de tanins contenues dans cette plante l’ont fait utiliser pour le tannage des cuirs. Les feuilles ont été utilisées pour peindre en noir. Pigments: violet noir dans les fruits.

On cite leur utilisation au siècle dernier pour teinter le vin. Voir Wikipedia.

Étymologie : ebriago vient du latin ebriacus « ivre » un dérivé de ebrius « ivre ». Ancien occitan ebriac, embriac, ubriac. Occitan moderne embria « ivre », embriaï, – aigo (Alès), e(m)bray, b(e)ryac (Ariège), etc.(cf.Thesoc, ivraie). Pour le languedocien est attesté un embriaigo-cabro « lotier cornicule » (Wikipedia), autrefois utilisé comme calmant et somnifère. Je pense que la source du FEW a confondu cette plante avec le coriaria myrtifolia ou redoul qui sert aussi pour le tannage. Dérivés : ancien occitan abriaga « ivraie enivrante « ; occitan embriac, embriaga ; embriaigà « enivrer ».

L’insertion d’un -m- ainsi que la chute complète de la première syllabe et les variantes avec i- (français) s’expliquent par le fait qu’il s’agit d’un e- long dans une syllabe ouverte. Voir Ascoli, dans l’Archivio glottologico 3, p.442. Consultable grâce à l’université de Toronto (globalisation !) qui vous permet de consulter cette revue dans les bibliothèques canadiennes et américaines!

Italien ubriaco « ivre », catalan embriac, espagnol embriago, portugais embriagado, basque iraka, iralka, libraka. A ma demande un visiteur qui connaît bien le basque m’a répondu : Le basque ira(l)ka « ivraie » est semble-t-il en effet un emprunt au gascon irague « id. », lui-même du latin ebriaca. La variante roncalaise libraka avec b suppose un autre intermédiaire roman pyrénéen où le b de la forme latine a été conservé (biraca ou quelque chose comme çà, très probablement de l’aragonais).


ebriago?

             

                                                                           embriaco « doronicum »                          ubriago  « fumeterre »    
Le nom a été transféré à d’autres plantes: provençal embriaco « doronic« , « centranthus ruber », ubriagia « colchique » (Alpes-Mar.), ubriago « fumeterre » (BduR) embrieiguas « sorte d’orchis » (Montpellier). Je ne connais pas les raisons de ces transferts, mais je pense que la plupart est enivrant(???).

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Egassiaral http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/egassiaral/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/egassiaral/#comments Sat, 13 Aug 2011 15:44:28 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=3416 Egassieral (nom d’une rue à Ste Valiere, Aude), egassiairal(stade à Narbonne).

L’egassiairal (Narbonne) sans juments.

Un visiteur m’a demandé ce que ce mot pouvait signifier, même les anciens dans son village ne le savaient pas. Voici ce que j’ai pu lui répondre:

« Bonjour!
Dans le Dictionnaire d’Alibert je trouve: egassier « conducteur des juments pour le dépiquage » , c’est à dire qu’autefois on se servait des juments pour faire sortir le grain de l’épi en foulant les céréales. » Il y avait des troupeaux de juments, egassada ou egatada,  pour ce travail. Je pense que votre egassieral est un enclos ou une écurie où se trouvaient ces bêtes. Si vous trouvez une confirmation de l’existence d’un tel endroit dans la rue en question, veuillez me tenir au courant et si possible, me faire parvenir une photo pour que je puisse l’insérer dans mon site.

Vous voyez qu’il l’a fait! avec en plus la confirmation qu’il y avait bien un enclos ou une écurie pour les juments et que la photo représent le portail muré!

         
mais les equae ont été remplacées par des Chevaux.

Il s’agit d’un dérivé du latin equa « jument », mot devenu rare même dans les patois du Midi et remplacé par le mot français ou par caballa, mais conservé en catalan : egua, euga (DE). »

En latin médiéval existait eguezerius  » maître gardeur de juments » qui a survit dans le nom de famille Eygesier.  FEW III,233    Voir aussi l’article aigassier dans le DOM.

On peut aussi rattacher le mot egassieral  à ce nom de famille et de fonction.

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Egassier http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/egassier/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/egassier/#comments Tue, 09 Aug 2011 13:40:19 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=3412 Egassier « conducteur des juments pour le dépiquage des céréales ». En 1926 Vinas Gaston a publié « L’egassier (Le Gardeur de cavales). » Le mot est aussi devenu un nom de famille.

Cf. egassieral dérivé de equa « jument ».

Equa est aussi  conservé dans le nom d’une plante, le « tussilage » ou « pétasite », appelé paouta d’éga ou paouta d’aze au Vigan (Gard), d’après Rouger François-Alexandre, Topographie statistique et médicale de la ville et cantan du Vigan. Montpellier 1819.

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Eguezier 'gardian de chevaux' http://www.etymologie-occitane.fr/2014/03/eguezier-gardian-chevaux/ http://www.etymologie-occitane.fr/2014/03/eguezier-gardian-chevaux/#comments Sun, 02 Mar 2014 16:36:29 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=13172 Eguezier « gardian de chevaux » à Apt au Moyen Age. Etymologie : du latin equitarius « maître de haras » un dérivé de equitium « haras ».  Parfois j’ai de la chance et je trouve toute l’histoire d’un mot dans une source.  Elle est écrite dans l’article de de F.Sauve, Les Services publics communaux et les abonnements en nature au Moyen Age dans la région Aptésienne.  Annales de la Société d’Etudes provençales 5 (1908). Aix-en-Provence. p.10  :

 

 

 

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Eigagnaou "rosée" http://www.etymologie-occitane.fr/2012/12/eigagnaou/ http://www.etymologie-occitane.fr/2012/12/eigagnaou/#comments Sat, 08 Dec 2012 13:59:59 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=9351 Eigagno; eigagnaou, aigagnaou « rosée » . La première est plutôt  provençale, la seconde languedocienne. Dérivé de aqua « eau ».

Exemple tiré de Fabre d’OlivetLes Troubadours… A la fin du vol. II, pp. 586-617 se trouve un lexique « occitanique », qui présente des mots de la région de Ganges (Hérault).

eignanaou

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Eiris http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/eiris/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/eiris/#comments Tue, 09 Aug 2011 14:28:43 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=3424 Eiris ‘hérisson’.  Un visiteur me demande comment écrire Deleris, son nom de famille, en occitan. Un problème …épineux. Si je lui réponds que cela s’écrit comme cela se prononce, j’attire les foudres des « maîtres de la graphie classique », mais je serai à l’abri du Mistral :

Mistral ;  Alibert a une autre variante graphique : eiriç.

Etymologie : le latin avait deux mots pour nommer l’hérisson : erinacius et ericius. Seul le dernier a survécu dans les langues romanes. En occitan ericius a abouti aux formes données par Mistral. Nous n’avons pas d’attestations d’ericius dans le domaine de la langue d’oïl, mais il a dû exister vu le grand nombre de dérives directs comme ancien français hericier ‘dresser les cheveux’ > français hérisser.

La forme eiris a subi une très forte pression de la langue d’oïl qui avait crée très tôt un dérivé avec le suffix -one : hérisson, qui l’a remplacé presque partout, comme languedocien eirissoun (Mistral). Eiris ne s’est maintenu que loin de Paris comme dans l’Aveyron. Voir la page consacrée à l’histoire des  mots qui désignent le  tablier pour comprendre le progrès du patois de l’Ile de France dans le domaine galloroman.

Le transfert de sens à ‘bogue de châtaigne’ se trouve non seulement en occitan et en franco-provençal, mais aussi en italien et espagnol. Par la suite beaucoup d’outils ont pris le nom de hérisson.

    

Comme sobriquet urisson est attesté depuis le moyen âge en dauphinois. Le passage d’un surnom à nom propre est très courant. D’autre part j’ai trouvé dans un dictionnaire étymologique des noms propres, que le nom Leiris ou Leyritz viendrait d’un nom de lieu identique qu’on trouve dans l’Ardèche, la Haute Loire, l’Hérault et la Lozère, ce qui correpond à peu près de la géographie du mot eiris. S’agit-il de notre eiris ou de Leyris qui signifie ‘friche’ d’après Pégorier? Le problème est que  je n’ai retrouvé leyris avec ce sens dans aucun parrler occitan.
Le nom de famille Leyris est le plus fréquent en Corrèze et dans le Gard. Le nom Deleris dans le Tarn et l’Aveyron.

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Eissaure "vent léger" http://www.etymologie-occitane.fr/2012/10/eissaure-vent-leger/ http://www.etymologie-occitane.fr/2012/10/eissaure-vent-leger/#comments Tue, 02 Oct 2012 12:48:53 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=8638 Eissaure « vent léger, zéphyr, brise » est dérivé du latin *exaurare  « aérer »1. Les sens donnés sont plutôt propre aux parlers occitans  du Périgord  à la Bigorre.

Trésor du Félibrige

Le verbe eissaoura, issooura  signifie « faire sécher au vent » *Exaurare  n’est pas attesté en latin, mais sa présence en plusieurs langues romanes permet de le supposer. De là l’ *.

En français  c’est le sens  « sécher » qui a pris le dessus pour le verbe, tandis que pour le substantif  essor,  c’est le sens  « ‘élan » .

Emprunté par l’anglais  to soar « s’élever dans les airs, s’envoler ».

Cet article est dû à l’incitation de  Philippe Rigaud,  co-auteur de De la Nave au Pointu. Glossaire nautique de la langue d’oc.Provence-Languedoc. Des origines à nos jours.1993-1994. Edition augmentée en CD 2010. par Fourquin Noël, Rigaud Philipp,  qui a eu la gentillesse de me signaler leur travail et de me le  transmettre  en pdf.

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Notes
  1. FEW III, 261b
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Embanasté http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/embanaste/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/08/embanaste/#comments Tue, 09 Aug 2011 14:35:44 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=3433 Embanasté, dans l’expression en fr.rég. se faire embanaster « se faire avoir »(Lhubac). Dérivé de banasto « nigaud »

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Embonilh, emboriga "nombril" http://www.etymologie-occitane.fr/2011/12/embonilh-emboriga-nombril-2/ http://www.etymologie-occitane.fr/2011/12/embonilh-emboriga-nombril-2/#comments Wed, 28 Dec 2011 16:24:57 +0000 http://www.etymologie-occitane.fr/?p=6583 Embonilh « nombril » est la forme la plus répandue d’après le Thesoc; emboniga  se trouve dans l’Ardèche, le Gard et l’Hérault, et devient emborigo  à Fourques et  Villeneuve d’Avignon, comme  en provençal  de l’autre côté du Rhône.

On a bien le sentiment que les formes occitanes ont quelque chose en commun avec le nombril  du français , sans qu’on sache exactement quoi. Eh bien c’est l’étymologie,  le latin umbiliculus  « nombril ». Il faut dire que la forme du français serait bien méconnaissable pour un Romain. L’extrême variété des formes issues de  umbiliculus provient  à mon avis du fait  qu’il s’agit d’un mot qu’on n’utilise qu’avec des proches ou des enfants. Le nombril  ne joue aucun rôle social ou « sociétal »  pour parler XXIe siècle. D’autres exemples de ce phénomène, comme  les noms du sureau se trouvent avec le mot clé phonétique.

Le problème pour les étymologistes dans des cas analogues est qu’il faut trouver une explication pour chaque forme. Je ne vais pas faire cela, ce serait trop long, mais je vous donne  les formes occitanes. Vous comprendrez aussi pourquoi mon Index Oc  est incomplet!

  • Ancien occitan : ombrilh,  Haute-Garonne  oumbrih
  • Gers, Landes  lumbrilh, lumbrik, lumbris
  • Ancien occitan emborigol, Aix embourigou, Gard  embounigo
  • Ancien occitan  embounilh  (Quercy), embounil   la forme la plus répandue.
  • Aveyron  demounil
  • Hérault, Aude etc.  mounil
  • Provençal  embourilh, embouriou

Le nom de certaines plantes  est plus facile à expliquer, surtout si on peut présenter des images:

ambourgueto dans le Var     ambourgueto à Nice

Umbilicus pendulinus ambourgueto  dans le Var.      Une morille comestible  ambourgueto  (?) à Nice.

 

La forme  bedije  « nombril » est surtout attesté dans l’Aude

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