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Dimanche

Dimanche « espace vide dans une rang√©e de souches de vigne » (Lhubac). Cet emploi au figur√© du mot dimanche du latin dies dominicus se retrouve curieusement √† Pipriac dans l’Ille-et-Vilaine et √† Blois dans le Loir-et-Cher. Gilbert Lhubac raconte qu’un dimanche permettait au vendangeur de se reposer un peu ou de rouler un cigarette en attendant que les autres soient √† la m√™me hauteur dans leur rang√©e de ceps.


Une vigne sans dimanches

Doga, douga

Doga, douga, dougo signifie « planche courbe d’un tonneau ». En fran√ßais douve a pris en plus le sens « foss√© » qui n’est pas attest√© dans les parlers occitans modernes, par contre on y trouve le sens « paroi d’un foss√©, berge », un sens secondaire du premier √† mon avis.

L’√©tymologie est le latin doga « sorte de vase ou mesure de liquides « , emprunt√© au gr. őī őŅ Ōá ő∑ ŐĀ ¬ę r√©cipient, r√©servoir ¬Ľ. Les formes occitanes pr√©sentent un -g- ou un -v- mais dans les d√©riv√©s souvent ni l’un ni l’autre, par exemple dou√©lo « douve » √† Toulouse, ancien occitan doalier « fabricant de douves ».

La dormeuse a trouv√© le mot adouvairie¬† dans le Compoix de Mirepoix, qui d’apr√®s le contexte, d√©signe un b√Ętiment utilis√© par les tanneurs (trempage des cuirs ?) ». Adouvairie n’est attest√© nulle part que je sache, mais dans l’Encyclop√©die de Diderot est mentionn√© la douve « planche sur laquelle on racle la peau pour en enlever le tan ». La douvairie peut bien √™tre le b√Ętiment o√Ļ ce travail est fait.

Avec le mot doga, dova dans votre dictionnaire personnel, vous pouvez voyager dans toute l’Europe: catalan et italien doga, espagnol dovella portugais aduella, basque du(b)el, n√©erlandais duig, allemand Daube (Grimm), tch√®que duha.

 

Dounado "donnée" pétanque

Dounado « espace le plus propice o√Ļ envoyer la boule lorsque l‚Äôon porte. » (Ren√© Domergue, Avise, la p√©tanque!) D√©riv√© du verbe donare « donner ».¬† Le mot fran√ßais¬† donn√©e¬† est d’origine occitane. Donado¬† signifie d’abord « portion de nourriture donn√©e aux animaux ».¬† Donado¬† a √©t√© emprunt√© par le fran√ßais¬† >¬† donn√©e « ration de feuilles de murier qu »on donne aux vers √† soie »¬† et ensuite,¬† au fig. « condition d√©termin√©e propos√©e dans l’√©nonc√© d’un probl√®me » (abr√©g√© de quantit√© donn√©e) depuis 1752.

Le sens sp√©cifique de dounado¬† dans la p√©tanque est assez proche du sens au figur√© du fran√ßais, ce qui permet de supposer qu’il s’agit √©galement d’un emprunt √† l’occitan.

Porter de l’occitan pourta(r)¬† a un sens tr√®s sp√©cifique en p√©tanque :  » envoyer une boule assez haut pour qu‚Äôelle tombe sur une donn√©e pr√©vue pas trop loin du bouchon et qu‚Äôelle roule tr√®s peu. » (Ren√© Domergue 2012)

dourna ‘cruche’

Un visiteur me demande:
« Bonjour, le mot ¬ę dourne ¬Ľ est bien occitan ? On m\’a racont√© qu\’il veut dire ¬ę pot ¬Ľ (et ¬ę t√™te ¬Ľ). »/

J’ai pu lui r√©pondre :

« En effet dourna « cruche » du latin urna idem. est occitan.¬† . Le sens « t√™te » n’est attest√© qu’en fran√ßais¬†urne,¬† chez Huysmans (1879). Voir FEW XIV, 63 et l’explication du d- p. 64. ».

Le mot est inconnu en provençal.

Dérivés avec la même étymologie:
dournado « contenu d’une cruche », dournedo, dournet « petite cruche »,¬† dournh√®« √©vier »¬† (Toulouse).

Le P√©gorier donne les toponymes suivants: Dourni√© : √©vier – Gers. Dourneto : petite cruche – Toulouse anc. Dourno nf. : cruche – Toulouse, Gers. Il y a aussi √Ęs mal de familles Dournes.

Un peu de pub : Ch√Ęteau de Dourn√®s, F-81700 Blan, www.chateau-de-dournes.fr

Dournes Chateau de
,

Dousil, dosilh

Dousil, douzil, dosilh est « un petit c√īne en bois de cinq centim√®tres de long destin√© √† reboucher les tonneaux perc√©s √† cet effet pour go√Ľter le vin. » Le trou s’appelle le fausset en fran√ßais, mais d’apr√®s le TLF les deux mots ont les deux significations : 1. petit orifice 2. cheville.

Etymologie: Au VIe si√®cle seulement est attest√© la forme duciculus « fausset d’un tonneau; petit bondon » dans la Vita Sancti Columbani que je n’ai pas pu consulter, mais qui se trouve dans le blog du professeur Gruber. La m√™me confusion entre le nom de la cheville en bois et le nom du trou dans lequel elle rentre se retrouve dans les attestations dialectales, par exemple languedocien dousil « fausset; ouverture que bouche le fausset; blessure √©troite ». von Wartburg traduit duciculus avec « Fasshahn », c’est-√†-dire le robinet du tonneau ».

¬†¬†¬† …….
Fasshahn
…….…….…….…….……. Epistomium

M√™me si par ci par l√† douzil signifie « robinet », en g√©n√©ral il s’agit d’un « petit orifice« . D’apr√®s von Wartburg, les Romains ne connaissaient pas ce genre de robinet, puisqu’ils appelaient le douzil os « bouche »; le Prof. J√∂rn Gruber m’√©crit que le dozilh n’est pas le « fausset-orifice  » mais la « cannelle », et que les Romains l’appelaient epistomium emprunt√© au grec epistomion.

Dans le DICTIONNAIRE DES ANTIQUITES ROMAINES ET GRECQUES Anthony Rich (3e ed. 1883) (lien vers le site) : Epistomium. La gravure ci-dessus repr√©sente un robinet d’eau, dont le mod√®le en bronze a √©t√© trouv√© √† Pomp√©i, et fait d’apr√®s le m√™me principe que ceux dont on se sert maintenant, mais dessin√© avec plus de go√Ľt.

En galloroman par contre, dans les tr√®s nombreux cas o√Ļ les dictionnaires patois sp√©cifient le sens de douzil, ils disent qu’il s’agit d’un petit trou ou d’une petite cheville en bois pour le boucher.Voir ci-dessous le logo des Tire-douzils.

Il y a¬† deux emplois m√©taphoriques qui font allusion √† la cheville :¬†¬† douzil « p√©nis »¬† (Rabelais) et dans le patois de l’Indre. Pour cette derni√®re on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une r√©miniscence litt√©raire. Le Prof. J√∂rn Gruber (voir la page qu’il consacre √† douzil ) √©minent cercaire-trobaire ou trobadorologue, qui  » chante et r√©cite los vers e cansos dels trobadors au choix : (1) avec une parfaite prononciation restitu√©e (2) avec une prononciation moderne (occitan languedocien) », montre que les troubadours comme Marcabru et Arnaut Daniel connaissaient bien et se servent de cet emploi m√©taphorique. Si vous voulez tout savoir sur le Dosilh et l’Affaire Cornilh, suivez ces liens: 1. Dozilh 2. Cornilh

     

………….
Marcabru ……………..¬†¬†¬†¬† ..Arnaut

Le douzil¬†fran√ßais avec le sens « cheville »¬† est pass√© en anglais dossil « tampon pour blessures; petit rouleau de coton pour nettoyer une plaque de cuivre (gravure) « , en breton doulzil « burette » et en n√©erlandais doezel, doezelaar « estompe » outil d’artiste qui s’en sert pour estomper le pastel et qui a la forme d’une cheville conique, doezelen « ombrer √† l’estompe » et au fig. wegdoezelen, verdoezelen « estomper, cacher ».

.¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† ..………………………………………
n√©erl.doezelaar n¬į3 …………….anglais dossil sieve « tamis pour la bonde ». c’est nouveau.

Dans la description de la fabrication d’une barrique, j’ai trouv√© :
« Le fausset, petit orifice de 10 mm, perc√© √† 30 cm du haut du m√™me fond, √† l’oppos√© du trou de cl√©, permet de tirer un cidre clair, sans lie, et √©vite aussi de briser la fine pellicule qui pourrait recouvrir le breuvage; ce qui n’est pas le cas du tirage au siphon. Le fausset est bouch√© par une cheville de bois. » La bonde au centre du tonneau, un diam√®tre de 6 √† 8 cm. Elle sert √† d√©verser le cidre dans le f√Ľt . Par m√©tonymie le bout de bois qui sert √† la boucher s’appelle √©galement bonde.

Un dicton : Quand il tonne en mars, – Bonhomme enfonce ton quart – Mais s’il tonne en avril – Bonhomme casse ton douzil.

A Marigny-Brizay (86) existe La Confr√©rie des Tire-Douzils, dont la devise est « en gousier sec, jamais joie n’habite ».

La conclusion est que le premier sens de¬† dousil¬† est « cheville » et que le sens « orifice » est secondaire par m√©tonymie.

Pour y voir plus clair, j’ai √©tudi√© aussi le mot enco « cannelle du muid » (S).

Douts, dotz "conduit"

Douts s.f. « source », est devenu avec agglutination de l’article adotz en ancien occitan, adous √† Barcelonnette, « petite source √† fleur de terre » dans l’Aveyron ; dans l’Ari√®ge a √©t√© cr√©√© le verbe douts√† « puiser ».

L’√©tymologie est le latin dux, ducem « conducteur, guide; prince (vers la fin de l’empire romain) ». En ancien fran√ßais ducem > doiz, doet a pris le sens « canal, conduit » (Godefroy), dont duciculum (ci-dessus dousil ) est d√©riv√©. En occitan et dans l’Est de la Galloromania s’est d√©velopp√© le sens « source ».

Voir aussi l’article¬† duc, du¬† 1. duc¬† 2. rapace nocturne.

Drac

Drac « lutin, farfadet, follet diable » du latin draco, draconem.« gros serpent; la constellation Le Dragon; vieille souche de vigne et d’autres sens au fig. »

Ancien occitan drac « dragon »: (Raynouard), et dragon. Draco est utilis√© en latin chr√©tien pour d√©signer le dragon de l’Apocalypse (12, 3) et le diable.(TLF ). Voici le texte en question:

« 3 Un autre signe parut encore dans le ciel; et voici, c’√©tait un grand dragon rouge, ayant sept t√™tes et dix cornes, et sur ses t√™tes sept diad√®mes. 4 Sa queue entra√ģnait le tiers des √©toiles du ciel, et les jetait sur la terre. Le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de d√©vorer son enfant, lorsqu’elle aurait enfant√©. »

Au figur√© drac, dragon, prend des sens plus ou moins m√©chants, par exemple dans l’Aveyron dragoun « bourdon », √† P√©zenas le drac est un √™tre diabolique qui suivant la tradition, sortait d’un puits, appelait √† lui les enfants vicieux et d√©sob√©dients pour les fair monter sur son dos infiniment long et se pr√©cipitait avec eux dans son puits!¬†¬† Ailleurs un « esprit follet » , etc. Languedocien dragas « femme d’un caract√®re violent ».

Un visiteur de P√©zenas m’√©crit : La gourgue ( les eaux de l’Etang, entre P√©z√©nas et Tourbes vont se jeter dans la « gourgue », sous le ch√Ęteau de Conas, hameau proche du cours de l’H√©rault) √©tait le repaire d’un « Drac« ; un de ces chevaux fantastiques dont le dos s’allonge, il invite les enfants √† l’enfourcher, apr√®s quoi il va les noyer. Un autre habitant de la gourgue √©tait « lo Serr√† ». Dans les bestiaires m√©di√©vaux, « la Serre » (elle change de sexe en occitan) est un animal tout aussi fantastique qui se pr√©cipite sur les vaisseaux pour les faire couler. Il s’agissait d’inspirer aux enfants une frousse bleue par ces r√©cits, pour les emp√™cher de s’approcher des endroits dangereux.

   
Drac
à Beaucaire              Tarasque à Tarascon    Drakkar des Vikings

Drac et dragon est un des rares cas o√Ļ la forme du nominatif et celle de l’accusatif latin sont conserv√©es. D’autres exemples fran√ßais sont : pute, putain; gars, gar√ßon. En ancien anglais on trouve drake et en anglais moderne dragon emprunt√© au fran√ßais. N√©erlandais draak, Allemand Drache, Su√©dois drake , au pluriel drakkar « bateau de Vikings ».

Draconien par contre est d√©riv√© du grec Dracon, l√©gislateur d’Ath√®nes (fin 8e s. av. J.-C.), c√©l√®bre pour sa s√©v√©rit√©

Dralha

Dralha « sentier pour les troupeaux¬†« , fr.r√©g.draille mot commun √† l’occitan et le sud du franco-proven√ßal. Voici la description d’une draille trouv√©e dans le site http://membres.lycos.fr/gtmc/etape06.htm:

« Deux grandes voies de transhumance traversent le Mont-Loz√®re: la plus importante – qui s‚Äôintroduit au cŇďur m√™me de la montagne – est la grande draille du Languedoc au G√©vaudan. Elle amenait les troupeaux de la r√©gion proven√ßale et gardoise ainsi que les petits troupeaux des contreforts c√©venols jusqu‚Äôau Col de Finiels puis redescendait vers la vall√©e du Lot avant de gravir la montagne du Goulet et de d√©boucher enfin sur les plateaux du G√©vaudan. Le trac√© des drailles n‚Äôest plus gu√®re entretenu mais il est encore facile de rep√©rer leur empreinte rectiligne: celles-ci vont de cr√™tes en cols en √©vitant les fonds de vall√©e. Resserr√©es sur les terrains escarp√©s, elles peuvent atteindre jusqu‚Äô√† 80 √† 100 m√®tres de large dans les espaces d√©gag√©s et, sur leurs bords, figurent des murettes de pierres s√®ches pour canaliser les troupeaux. »

      
draille de Valleraugue vers le Mont Aigoual, 4000 marches

 
Draille entre l’Aubaret et St.Maurice¬†¬†¬†¬†¬†¬† ¬†¬†¬†¬†¬† ¬†¬†¬†¬†¬† ¬†¬† ¬†¬†¬†¬†¬† ¬†¬† Autre draille¬†¬†¬† ¬†¬† ¬†

Von Wartburg le rattache au verbe *tragulare, un d√©rive de trahere « tirer » ou de tragula « traineau ».*Tragulare devait avoir un sens sp√©cifique pour les chasseurs « chercher la b√™te avec les chiens sans avoir aucune piste ». L’√©volution s√©mantique s’explique alors √† partir d’un sens « chemin ou piste fait par les traineaux » et ensuite « piste » tout court. En ancien occitan il y a en effet le mot tralh « piste; glissoire pour lancer le bois du haut de la montagne » et en aveyronnais moderne estroill√° « suivre √† la trace ». En gascon la drailha est en effet appel√©e la tralha, d’apr√®s le Thesoc « piste pour troupeaux ».

Mais le dr- au lieu de tr- n’est pas une √©volution phon√©tique normale. Elle ne peut s’expliquer que par l’influence d’un autre mot avec un sens plus ou moins proche, comme languedocien dressieiro « sentier » qui est souvent un raccourci, un d√©riv√© du latin directus. En effet, les « drailles » que je connais dans les C√©vennes sont des raccourcis compar√©s √† la route normale pour mat√©riel roulant. Il y a une draille qui va de Bert√©z√®ne au Col du Pas.

J’aimerais attirer l’attention sur le fait que le sens du mot draillo s’adapte √† la configuration du terrain (voir les images): « trace dans la neige, sentier pour les troupeaux » en montagne mais « chemin » √† Montpellier, « ravine » √† St.Andr√© de Valborgne, « couloir pour descendre le bois », mais aussi¬† « trace de quelqu’un dans une r√©colte » en Limagne.

Gard drayaou « petit sentier dans les champs »; Montpellier dralhason « itin√©raire ». Compos√©: languedocien s’adraya  » s’acheminer; se mettre en train de faire quelque ouvrage » Borel 1655, Al√®s idem; v.n. « frayer un chemin » 13/2,174a ;
.Panoccitan : endralhar « mettre sur la voie » , adralhar v. tr. 1. viabiliser; 2. acheminer; 3. impulser; v.r. » s’acheminer ». etc.

Voir aussi l’article trallar « troller »!

 

 

L’h√ītel La Draille d’Al√®s,¬† ce n’est pas la m√™me chose.


 

Drolle, drolla

Drolle, -a « gar√ßon, fille ». Une discussion qui date de 2007 sur le Forum Babel me fait revenir sur l’histoire de ce mot. D’apr√®s les dictionnaires il s’agit d’un mot d’origine n√©erlandaise drol qui signifie en n√©erlandais moderne « crotte; enfant potel√© ». La premi√®re attestation en n√©erlandais date de 1477 drol(le) avec le sens « lutin, satyre » et en 1599 chez Kiliaan, le fondateur de la lexicologie n√©erlandaise, drol est « lutin, petit bonhomme ». Le sens affctueux pour « petit enfant » date du 19e si√®cle! (EWN qui ajoute: si le mot drol « lutin » n’est pas un emprunt √† l’ancien norv√©gien troll « monstre », le sens d’origine est « une personne petite et grosse « .)

Les premi√®res attestations en fran√ßais datent du 15e si√®cle drolle, drole, draule s.m. »plaisant coquin » , au 16e et 17e s. Ce sens devient p√©joratif¬† « personne rus√©e , qu’on m√©prise; mauvais sujet ». Au 19e s. dr√īle devient aussi adjectif avec le sens « qui a quelque chose de singulier et de plaisant ». Dans les dialectes l’adjectif garde le sens « dr√īle, capricieux, amusant; gentil, joli » . Il est attest√© dans tous les dialectes, du wallon jusqu’au b√©arnais. Parfois le substantif devient ind√©pendant, comme √† Vissoye (Valais, Suisse) drola « femme », et dans le P√©rigord drolo « dr√īlesse ». Dans l’Is√®re drol d√©signe le « bourdon ou le frelon » , mais la raison de ce transfert s√©mantique ne m’est pas clair.

Les d√©riv√©s comme dr√īlerie, dr√īlichon, dr√īlet vivent surtout dans la langue officielle.

La premi√®re attestation de dr√īle « enfant » date de 1771 et vient du Midi dans la forme drollet dans le » Catholicon, ou Dictionnaire universel de la langue fran√ßoise/ Catholicon oder franz√∂sisch-deutsches Universalw√∂rterbuch der franz√∂sischen Sprache » de Johann Josef Schmidlin (qui n’est pas encore num√©ris√©, presque 4000 p.pour le premier vol. ). Les sens « enfant » > « jeune homme, fils » > « domestique, aide-berger » etc. vivent dans les dialectes au sud de la Loire, en Bourgogne et en franco-proven√ßal’.

L’√©volution s√©mantique  » amusant, rigolo » > « enfant » a d√Ľ se produire en occitan. On n’a qu’√† √©couter des mamans parler de leur b√©b√© pour comprendre que dr√īle ou coquin peut passer du sens  » mon plaisant coquin » √† « mon enfant ».

Je pense que cette √©volution s√©mantique s’est produite ind√©pendamment dans les deux langues.

              
¬† ¬† ¬† ¬†¬† ¬† ¬† ¬†¬† ¬† ¬† ¬†¬† ¬† ¬† ¬†¬† ¬† ¬† ¬†¬† ¬† petit coquin.¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬† ¬†¬† ¬† ¬†¬† Ce chat n√©erl. s’appelle drolletje (diminutif de drol).

Droulho ‘ch√™ne’

Droulhio,¬† droui, drui (Mistral)¬† vient de *derullia¬† « ch√™naie » d√©riv√© d’un gaulois *derua « ch√™ne »1. Pierre-Henri Billy,¬† Toponymie fran√ßaise et dialectologie gauloise.¬† dans Pierre-Yves Lambert, Georges-Jean Pinault, Gaulois et Celtique continental.¬† Paris, 2007. r√©sume et d√©veloppe¬† tr√®s bien l’article du FEW :

droulho "chêne"Pour ne pas vous laisser sur votre faim, voici les données du FEW2.

droulhe "chêne" en gallo-romanPlus sur les toponymes dans le livre de P.Skok (cf. mon article Toponymes en acum)

SkokDrouiSkokDroui2

Quelques données topographiques du Pégorier.

toponyme drouil

Dans le P√©rigord est attest√© un droulho¬† « alisier » qui a √©t√© repris par le Larousse de 1872 comme fran√ßais drouiller. Je me¬† demande si le type¬† drouilho « ch√™ne » n’a pas disparu par confusion avec le type¬† drulho « aliser ».

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Notes
  1. FEW III,50a
  2. Publi√© en 1934. ¬† Le type droulho n’a √©t√© relev√© ni par l’ALF ni par les Atlas linguistiques occitans Thesoc
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