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caoussido ‘chardon’

Caoussido caussido¬† ‘chardon aux √Ęnes’ (onopordum acanthium) ou « chardon des champs »(cirsium arvense)¬† est r√©pandu dans tout le Midi de la France. L’√©tymologie latin *calcita pose quelques probl√®mes.

Cirsium_arvense0

chardon des champs (circium arvense)

Onopordum_acanthium_002

et chardon aux √Ęnes (Onopordum_acanthium)

Caoussido  comme chardon  en français est utilisé pour des plantes qui appartiennent à des familles différentes.

La première attestation du latin médiéval calcida date du début du XIIe siècle, dans le Liber floridus de Lambertus de Sancto Audomaro. (consultable chez Gallica). Un très bel article avec de magnifiques illustrations dans Wikipedia.

Arbres symbolisant les Huit Béatitudes

Arbres symbolisant les Huit Béatitudes

En latin on ne trouve que les mots chalceos, calcetum et chalca chez Pline qui les a emprunt√© au grec ŌáőĪőĽőļőĶőĻőŅŌā, ŌáőĪőĽőļő∑ (chalkeios, chalk√®) qui d√©signent une plante avec des √©pines.¬† Le petit probl√®me qui se pose est la terminaison en -ido. Le fait que ce nom ne se trouve que dans le Midi permet de supposer qu’il y a √©t√© introduit¬† directement par les Grecs, surtout parce qu’il √©tait tr√®s utilis√© en m√©decine, en particulier pour le traitement des varices.

FEW XXI, 189 chardon

Capeirou

Cap√™irou (chaperon),«  filet de p√™cheur fait en c√īne » voir rasal.

Capejado

Capejado. Mistral donne le d√©riv√© capejado « sorte de filet fix√© sur des perches dans les √©tangs ». La capechade = « filet nasse » (Cov√®s).

Il faudrait une meilleure image pour comprendre le lien s√©mantique. Si vous savez ce que c’est contactez-moi! Ma visite √† Bouzigues (H√©rault) l’a confirm√©. Une des places du camping Lou Labech, nomm√©e d’apr√®s les fa√ßons de p√™cher s’appelle La Capechade. Il me faudra y retourner pour demander plus de renseignements.

Nouveau¬† Une vid√©o dans laquelle Robert Isoird, p√™cheur aux petits m√©tiers sur l’√©tang de Thau, parle des¬† cap√©chades.

capejado?

Capejar

Capejar « dodeliner; avancer la t√™te avec pr√©caution pour voir sans √™tre vu » (Alibert).

Pendant l’√©t√© 2010 il y avait¬† dans le Midi Libre une rubrique « Av√© l’accent » tir√© du livre de Raymond Cov√®s,¬†S√®te √† Dire, o√Ļ il parle de ce verbe qui d’apr√®s lui est surtout utilis√© dans ouest-languedocien, mais il ne donne que le sens « dodeliner, avant de s’endormir » qui d’ailleurs existe √©galement en catalan : « Ella capeja mentre les seves pupil¬∑les llancen espires al jove imm√≤bil. » (Josep Noguerol) .

La deuxi√®me signification et d’autres qui s’en rapprochent, sont pourtant assez r√©pandues : √† Clermont et Puisserguier capej√° « montrer seulement la t√™te, √©merger », √† B√©ziers « montrer la t√™te de temps √† autre », √† St.Andr√© dans l’Aveyron « affirmer ou nier qch. en branlant la t√™te » jusque dans le Gers cabej√° « secouer la t√™te » et le b√©arnais «  »dresser la t√™te ».
Rouquier
donne aussi le sens « comprendre » que je n’ai retrouv√© nulle part ailleurs.

J’ai failli oubli√© l’√©tymon, qui est bien s√Ľr le latin caput « t√™te ».

Capelan

Capelan « pr√™tre, cur√© d’une paroisse ». Bien s√Ľr l’√©tymologie est la m√™me que celle du fr. chapelain, mais j’en parle quand-m√™me parce que

  • 1) L’histoire de cappella + -anus est int√©ressante.
  • 2) Le sens du languedocien capelan « cur√© » n’est pas identique √† celui du mot fran√ßais « chapelain » pr√™tre charg√© de dire la messe dans une chapelle particuli√®re ».
  • 3) Dans ma langue maternelle, le n√©erlandais il y a le kapelaan « pr√™tre qui assiste le pastoor« ; le pastoor n’est pas le « pasteur », mais le « cur√© », le responsable de la paroisse! Une s√©rie TV intitul√© « Le chien berger » montrait la vie d’un kapelaan dont voici la photo:

    Le sens du mot fran√ßais, mais avec la forme occitane ou latine se retrouve en allemand Kaplan, italien cappellano, espagnol cappelan, catalan capell√† (qui signifie aussi « salive » dans l’expression quan parla de pressa tira capellans (quand il parle √† toute allure il envoie des postillons) , etc.

  • 4) Dans la r√©gion de Narbonne et d’Albi le capelan s’appelle rector Pourquoi? A¬† Montagnac (34) il y a un proverbe :Michanta afaire quand los capelans lauran. « Mauvaise affaire quand les cur√©s labourent. »
  • 5) A la fin du 19e si√®cle, la personne interrog√©e √† Sum√®ne (Gard) par Edmont pour l’Atlas Linguistique de la France a donn√© la forme capelan avec le sens « coquelicot » (parce qu’il est noir quand les p√©tales sont tomb√©es?). Si vous connaissez ce sens contactez-moi.
  • D’apr√®s¬† le Statistique du d√©partement du Gard par Hector Rivoire, 1842 p. 220¬† c’est la¬† Centaur√©e laineuse Carthamus lanatus L., 1753,¬† qui s’appelle lous capelans.¬† Cette¬† liste des plantes pour le Gard a √©t√© dress√©e par Pouzols1.
  • La bourse-√†-pasteur ou tabouret s’appelle d’apr√®s la liste de Pouzols herba de l’evangile¬† ou bonnet d√© cap√©lan¬† en languedocien. En surfant sur le net, je trouve en plus un toponyme Bonnet du Capelan « Au nord du circuit p√©destre de Valescure se dresse le bonnet du Capelan. Imposant, sur sa colline mise √† nue par les incendies. « 
  • ¬†¬†¬†¬†¬†¬†
  • Un lecteur tr√®s attentif m’√©crit que pour Max Rouquette c’est une autre fleur:  » Une fleur splendide poussait entre les √©pis de bl√©, grasse et violette, toute charg√©e de clochettes. Nous l’appelions « cap√©lan  » pour sa couleur de semaine sainte  » in « Vert Paradis » ( √Čditions le Chemin Vert, 1980, page 108, avant dernier paragraphe, dans le texte : « Le secret de l’herbe »). Je n’ai pas pu l’identifier. Si vous avez une id√©e, contactez-moi
  • Un visiteur originaire de Montagnac (34) l’a fait; il m’√©crit : . lou capelan ou compagnon bleu : plante de la famille des liliac√©es appel√© « Muscari neglectum » (ou muscari n√©glig√©) de couleur violette, qui, pour nous √©tait le signe de l’arriv√©e du printemps. Il existe un autre Muscari, plus grand que le pr√©c√©dent, qui pousse plus tard, appel√© « Muscari comosum ». Max Rouquette √©tait originaire d’ Argilliers, un village √† 40 km de Montagnac. Voir Wikipedia pour plus de renseignements sur le muscari neglectum.
    Diff√©rents insectes: « bruche, ver blanc √† t√™te noires, grande sauterelle verte, grande araign√©e, libellule et traquet s’appellent capelan en occitan. Et puis √† Tr√©minis dans l’Is√®re est attest√© chapelan « tussilage ». Mais le tussilage est une fleur jaune.
.
        
D’apr√®s l’abb√© de Sauvages capelan est aussi un « ver √† soie mort d’une esp√®ce de maladie qui le fait devenir noir.
  • 6) Le mot capelan a √©t√© pr√™t√© au fran√ßais avec le sens : « Esp√®ce de petite morue qui vit dans nos mers et dont la chair est estim√©e : Les p√™cheurs de morue se servent de CAPELANS pour app√Ęt. (Acad.). Les p√™cheurs donnent aussi ce nom √† plusieurs poissons qui ressemblent plus ou moins au v√©ritable capelan Le capelan a l’int√©rieur de l’abdomen noir. On appelle √©galement capelan un petit gade de la M√©diterran√©e, mais on n’est pas certain qu’il soit de la m√™me esp√®ce que celui de l’Oc√©an. »(Pierre Larousse). La premi√®re attestation en ancien occitan dont le sens donn√© par le FEW est « gadus minutus » date de 1433. Il existe toujours en fran√ßais r√©gional (Lhubac). La raison de cette √©volution s√©mantique n’est pas claire. Il faudrait voir le « gadus minutus » et demander √† un p√™cheur. Le m√™me poisson s »appelle aussi praire « pr√™tre »!

         
capelan
Et maintenant il y a le « Mas des capelans » √† N√ģmes, transform√© en salle de f√™te. Un visiteur m’informe que son vieux mas √† Montfaucon a le m√™me nom.

L’origine de capelan est latin cappella « petit manteau » un d√©riv√© tardif du VIIe si√®cle de cappa « sorte de couvre-chef », mot √©galement attest√© tardivement. Capella d√©signe « le manteau de St Martin » qui, en 338, en avait donn√© la moiti√© √† un pauvre.

et un vitrail moderne avec le même sujet :

Au VIIe si√®cle ce manteau ou ce qui en restait, est rentr√© dans les reliques du roi des Francs. La cappella √©tait conserv√©e dans un petit b√Ętiment √† Tours pr√®s de l’√©glise qui √† l’√©poque s’appelait oratorium. Pendant un si√®cle capella signifie aussi bien ce manteau que ce b√Ętiment. Dans un texte on trouve in oratorio nostro, super capella domni Martine. (o√Ļ capella signifie « manteau »).A partir du VIIIe si√®cle le mot cappella d√©signe « l’oratorium du roi ». D’autres cappellae sont construites entre autres √† Dijon et √† Aix-la-Chapelle par Charlemagne.

Entrée de la chapelle à Aix-la-Chapelle (Maintenant une cathédrale)

A partir de la Gaule le mot capella « lieu de pri√®re du roi » remplace oratorium dans les autres pays: italien cappella, allemand Kapelle, n√©erlandais kapel, anglais chapel etc.
Un pr√™tre √©tait charg√© de la conservation de ces reliques qui appartenaient au roi. A partir du VIIIe si√®cle le capellanus est « celui qui doit garder et entretenir les reliques » et comme il avait probablement du temps libre, le capellanus devait √† partir du Xe si√®cle s’occuper aussi de la correspondance du roi » et enfin au XIIe si√®cle nous trouvons le sens actuel : « le pr√™tre charg√© de dire la messe dans un chapelle », et dans le Languedoc « pr√™tre » > « cur√© ».
Il faudra la collaboration d’un historien de l’√©glise catholique pour savoir pourquoi le capelan est devenu le « cur√© » dans le Midi de la France. En principe un capellan est un subalterne et le cur√© est « responsable de la paroisse ».

J’aurai besoin du m√™me sp√©cialiste pour expliquer pourquoi dans le Midi, et plus sp√©cialement dans le ouest-Languedoc et en Gascogne, mais aussi dans le nord-ouest de la France, le cur√© est appel√© recteur », en languedocien ritou du latin rector « celui qui gouverne, ma√ģtre, chef, guide ». Dans l’√©glise ce mot d√©signait un « sup√©rieur eccl√©siastique, un prelat; un directeur de certaines maisons religieuses ». Je crois savoir que dans le droit canonique, une recteur n’est pas √† la t√™te d’un paroisse, mais qu’il g√®re une √©glise qui fait partie d’une paroisse. D’apr√®s des Coutumes, le m√™me sens se retrouve en Bretagne , TLF: 1575 en Bretagne ¬ę cur√© d’une paroisse ¬Ľ


Un prelat

En ancien occitan d√©j√† retor signifie « cur√© », mais les attestations des parlers modernes proviennent surtout du Languedoc et de la Gascogne d’o√Ļ viennent √©galement les d√©riv√©s reitouret « petit recteur », retouras « gros ou vilain cur√© » et ritouraille « pr√™traille ». (Mistral).Y a-t-il un lien avec les Alibigeois ou le protestantisme dans la r√©gion??

Notes
  1. Pouzols est aussi une des sources d’E.Rolland:¬† POUZOLZ P.M.C. de, 1856-1862 ‚Äď Flore du d√©partement du Gard ou description des plantes qui croissent naturellement dans ce d√©partement. Tessier, De Poulolz, Garve, Waton, N√ģmes, 2 vol.: 660 p.

Capelan

Capelan  plusieurs significations. Voir la page capelan

Capitar

Capitar, capiter ¬ę¬†r√©ussir¬†¬Ľ(Lhubac); en fran√ßais r√©gional √©galement « profiter » dans un contexte comme par exemple « on a capit√© du week-end avec les copains » (entendu personnellement √† Genolhac, Gard, le 11.12.04). Dans le jeu de la p√©tanque capiter = « r√©ussir »; Voir Ren√© Domergue.
L’√©tymologie est le verbe latin capitare > italien capitare « arriver quelque part; r√©ussir ».¬† Capitare¬† est peut-√™tre d√©riv√© de caput¬† « t√™te », avec une √©volution s√©mantique comme fran√ßais achever.¬† Une autre possibilit√© est qu’il s’agit d’un d√©riv√©¬† de capere qui existe entre autres en roumain capata¬† avec le sens « acqu√©rir ».

D’apr√®s les donn√©es du FEW capita(r) est propre au franco-proven√ßal et l’est du domaine occitan, jusqu’√† P√©zenas environ, avec les sens « rencontrer quelqu’un; r√©ussir; arriver; trouver √† point quelque chose ».

C’est un emprunt aux dialectes italiens voisins.¬†¬†¬† Capito?

Capitelle

Capitelle ¬ę¬†cabane de vigne en pierre s√®che¬†¬Ľ.

Le latin tardif¬† capitellum, un diminutif de caput ¬†¬ę¬†t√™te¬†¬Ľ,¬† signifie ¬†¬ę¬†chapiteau d‚Äôune colonne¬†¬Ľ et ¬ę¬†t√©ton¬†¬Ľ. Mais on¬† est rest√©

¬†conscient que c‚Äô√©tait un diminutif de caput ¬†qui signifiait aussi ¬ę¬†chef, ma√ģtre¬†¬Ľ. Ainsi nous trouvons en ancien occitan capdel ¬†avec le sens ¬ę¬† chef, commandant, seigneur, ma√ģtre, etc¬†¬Ľ, cf. espagnol caudillo.

Au XIIe si√®cle capitellum a √©t√© de nouveau emprunt√© au latin avec le sens ¬ę¬†chapiteau¬†¬Ľ, ¬†en ancien occitan ¬†capitel¬†¬† et √† partir de ce sens, d‚Äôautres significations¬† comme¬† ¬ę¬†toiture d‚Äôun auvent, porche d‚Äôune √©glise, petit hangar¬†¬Ľ et m√™me ¬ę¬†couvercle d‚Äôun pot¬†¬Ľ, se sont d√©velopp√©s. Ce que ces significations ont en commun c‚Äôest la forme arrondi du haut, du toit etc. Et nous voil√† arriv√©s aux CAPITELLES ¬†n√ģmoises mot attest√© depuis 1620 d‚Äôapr√®s Lassure.( Lassure, un site magnifique, qui vaut le d√©tour.) Au XXe si√®cle le mot capitelles ¬†a eu un grand succ√®s dans tout le Languedoc Roussillon gr√Ęce aux √©rudits gardois et ard√©chois, tout en supplantant les mots locaux. Pour plus de renseignements sur les diff√©rents noms et leur histoires des constructions en pierre s√®che,

CoupoleCapitelleP

¬†A droite une coupole de capitelle vue de l’int√©rieur, prise dans la « Combe des Bourguignons » √† Marguerittes (Gard)

 

Quelques excursions √† l’estranger

Au XVe si√®cle , il y¬† avait dans l‚Äôarm√©e du roi beaucoup d‚Äôofficiers¬† d‚Äôorigine gasconne, notamment les fils qui √©taient n√©s apr√®s l‚Äôa√ģn√© dans les familles nobles. A la cour ils √©taient d√©sign√©s comme¬† des cadets ¬ę¬†jeune chef¬†¬Ľ avec la prononciation gasconne o√Ļ capd√® ¬†√©tait devenu cad√® . N√©erlandais cadet est une jeune officier √† l’√©cole militaire e.a. la Koninklijke Militaire Academie √† Breda. Ce n’est pas un souvenir de l’occupation fran√ßaise sous Napol√©on. La premi√®re attestation date de 1723, et ant√©rieurement avec le sens de « jeune fils » . +ici

Tr√®s courant et avec une orthographe adapt√©e est le mot kadetje, diminutif de kadet, pour d√©signer un petit pain avec une fente au milieu. Ensuite par analogie « le post√©rieur », sens attest√© √©galement en fran√ßais, TLF : « Rem. Le mot cadet est √©galement employ√© pour d√©signer (p. anal. de rang, de place : 1) le post√©rieur (cf. ZOLA, L’Assommoir, 1877, p. 437); ». Un cadet est aussi un type de bateau √† voile( mot international), et un mod√®le de la marque Opel.
Fran√ßais cadet a √©t√© prononc√© [kawdi]¬† en Ecosse, pour nommer le jeune valet qui s’occupait des golfsticks et les transportait dans un genre de chariot. Le mot a retravers√© la Manche, dans la forme anglaise caddy ou caddie.

                                           Cadet                                       à droite: Kadetje                                     Opel Cadet                              caddie

Capitellum « petite t√™te »¬†est √©galement √† l‚Äôorigine du mot cadeau mais c‚Äôest une autre histoire. Au d√©but du 15e si√®cle, un cadeau est d’abord une « lettre capitale orn√©e de traits de plume » souvent¬† c’est l’initiale d’une rubrique (= « en rouge »). Ensuite au milieu du 17e si√®cle cadeau prend aussi le sens de « f√™te galante offerte √† une dame; r√©gal », probablement un raccoourci de « invitation √©crite avec des belles lettres capitales √† une telle f√™te ». De l√† √† partir de la fin du 18e si√®cle « pr√©sent destin√© √† f√™ter quelqu’un ». Emprunt√© par le n√©erlandais tel quel cadeau orthographi√© aussi kado.

Caput

Caput « t√™tu » (Lhubac) fran√ßais r√©gional.

Caput, un d√©riv√© du latin caput,capitem, qui n’est attest√© qu’√† St.Pons et dans l’Aveyron,¬† est peut-√™tre un r√©fection de la forme donn√©e par Alibert caparrut ,-uda « t√™tu, ent√™t√© » sur le paradigme occitan bana> banu ou fran√ßais t√™te > t√™tu , donc cap > caput.

Attention! L’allemand kaput (prononcez « kapout »), le n√©erlandais kapot et l’anglais kaput veulent dire « cass√©, inutilisable ». Ils n’ont pas la m√™me origine. D’apr√®s le Bloch-Wartburg, l’allemand kaput vient du fran√ßais capot un d√©riv√© du latin cappa « sorte de couvre-chef ». Au XVIe si√®cle le fran√ßais emprunte le mot capot avec le sens « manteau √† capuchon » au normand, √† l’occitan ou √† l’italien, c’est difficile √† dire. Depuis 1642 sont attest√©es les expressions √™tre capot, faire quelqu’un capot dans le jeu de piquet o√Ļ capot signifie « qui n’a pas fait une lev√©e ». (Vous trouverez une description de ce jeu cr√©√© au XVe si√®cle dans ce site ).

Littr√© explique la cr√©ation de cette expression par une comparaison du joueur qui est capot √† quelqu’un qui est d√©finitivement hors jeu comme si on lui avait jet√© un capot « manteau avec capuchon » sur la t√™te. Pendant la guerre de Trente ans l’expression est pass√©e de l’arm√©e fran√ßaise √† l’arm√©e allemande et de l√† dans la langue allemande en g√©n√©ral.
Probl√®me! Le TLF fait venir l’argot capout de l’allemand : » capout […] tu√© ou tuer, mot employ√© en parlant des Allemands). Terme empr., prob. pendant la Guerre de Trente Ans, aux soldats de lang. germ.[…..]. termes de l’arg. milit. au sens de ¬ę assommer, tuer ¬Ľ, adaptations, d’abord comme termes de jeu, du fr. (faire) capot*  »
La première attestation en allemand est orthographié capot! Le kapot néerlandais a peut-être emprunté directement au français.

Nous tournons un peu en rond.

carbonara, carbounat

Dans le site Druide, Histoire de mots, festival de p√Ętes, l’auteur raconte l’origine et le succ√®s de la recette spaghetti alla carbonara.¬† Comme √©tymologie du nom carbonara il propose carbo « charbon » parce que les petits grains de poivre noir¬† se d√©tachent des p√Ętes blanches comme des grains de charbon.

Carbonara

Une bonne explication. En occitan¬† carbounat signifie « bl√© niell√©; nielle ».¬† La nielle est une plante √† graines noires et toxiques, qui pousse souvent dans les bl√©s. FEW II,358

Nielle_capsulecapsule de nielle

niellenielle de blé dans un jardin

 

Le niellage est une technique d’orf√®vrerie tr√®s ancienne.

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