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Cluga(r), cluca(r)

Cluga(r), cluca(r) « fermer les yeux » vient d’une forme du latin parl√© *cludicare d√©riv√© du verbe claudere « fermer ». Nous le trouvons uniquement en occitan et en catalan clucar et cluc « les yeux ferm√©s ». Voir aussi plegar.

Ma conseill√®re pour le catalan ajoute : clucar [son OU] : « clignoter, ciller; s’ assoupir en clignant des yeux et…dans ma jeunesse quand on disait a clucat¬† de quelqu’un, ¬† cela signifiait que la personne s’ √©tait √©teinte, √©tait morte ! »

Clugar

Clucar, clugar, clogar¬† « fermer (les yeux) » est surtout attest√©¬†¬†¬† dans le Sud-ouest (Thesoc). Clucar vient du verbe *cludicare « fermer », (d√©riv√© de claudere « fermer »).

Ma conseill√®re pour le catalan ajoute : clucar [prononcez clOUcar] : « clignoter, ciller; s’ assoupir en clignant des yeux et…m√™me dans ma jeunesse quand on disait  » a clucat » cela voulait que la personne s’ √©tait √©teinte, √©tait¬† morte !! « 

co, faire la co

Faire la co « se jouer de quelqu’un, le tromper » d’apr√®s Mistral.¬† Co¬† vient du latin coda¬† « queue ».¬† Mistral donne toute une s√©rie de formes sauf celle promue par la graphie occitane dite classique coa, qui ne correspond qu’√† la prononciation de quelques villages, voir Thesoc s.v. queue.

Je n’ai trouv√© nulle part la traduction en occitan de l’expression « faire la queue », cela ne peut √™tre faire la co….¬† Je suppose que les habitants du Midi ne font pas la queue. Ils ont trouv√© une autre solution, comme les Antillais:

faire la queue

 

Cobrifuòc

Le Cobrifu√≤c « couvre-feu » est tr√®s actuel dans le Magreb; sp√©cialement en Egypte. L’√©tymologie est bien s√Ľr le m√™me que celui du fran√ßais couvre-feu latin cooperire + focus. J’en parle parce que pour tenir mon anglais √† niveau, je re√ßois r√©guli√®rement le New York Times (gratuit) qui signalait le curfew √† Ca√Įro. J’ai cliqu√© sur le mot et le NYT dictionnaire m’explique que curfew est notre « couvre-feu » et me donne en plus la prononciation anglaise! Dans ce dictionnaire il y a aussi l’extrait d’une encyclop√©die qui note que curfew vient de l’ancien fran√ßais. ou mieux de l’ancien anglo-normand.¬† En effet corfu y est attest√© au XIIIe si√®cle .

Le sens du couvre-feu a bien chang√© depuis le Moyen Age. La plupart des maisons √©tant en bois, on ne craignait rien autant que le feu. A la tomb√©e de la nuit le son d’une cloche de l’√©glise indiquait qu’il √©tait temps de recouvrir les feux d’un couvercle de fonte pour √©viter tout risque d’incendie. Cette tradition subsiste dans quelques rares villes en France, notamment √† Strasbourg et Pont-Audemer, o√Ļ il est devenu le signe de la fermeture des magasins.

Le couvre-feu comme le connaissent actuellement les Egyptiens, a √©t√© invent√© par l’arm√©e allemande pendant le deuxi√®me guerre mondiale.

Ce changement de sens a eu comme cons√©quence que dans l’arm√©e moderne le couvre-feu est devenue l’extinction-feu.¬† Dans un site BRUITAGES ET SONS¬† DE MILITAIRE il y a¬† la musique du clairon « extinction feu », que vous pouvez √©couter en cliquant ici! (MP3). Il y en a d’autres, comme « charge », « r√©veil » et « braillement sergent » et « clairon mort » , mais le bruitage « dictateur mort » n’existe pas.(lien)

 

Cocagne

Cocagne Cocaigne,« boulette de pastel » voir pastel.

Codou, code "caillou"

C√≥dou « caillou », code en fran√ßais r√©gional vient d’un d√©riv√©¬†¬† *c√≥tulus « petit caillou » d√©riv√© du latin cos, cotis « pierre √† aiguiser ». Cf. l’article cot, acout « pierre √† aiguiser ».¬† 1 C√≥dou¬† est attest√© en proven√ßal et est-languedocien¬† jusqu’en Loz√®re et dans l’Aveyron. Nous le retrouvons en catalan codol¬† en corse¬† codule¬† et dans le Nord de l’Italie.

Un visiteur m’√©crit:

Ma grand m√®re chauffait son lit l’hiver avec une grosse pierre lisse en forme de galet qui lui servait de bouillotte. Elle appelait √ßa « une code« .
Elle faisait chauffer sa code dans le four de sa cuisinière, et ça gardait longtemps la chaleur.

Quand j’√©tais gamin je ramassais des cailloux pour les lancer, et on appelait √ßa aussi¬† des codes...

Les habitants de Vauvert sont appel√©s Li roula code, car √† Vauvert lors des grosses pluies, les cailloux plus ou moins gros √©taient entra√ģn√©s par le ruissellement dans les rues de l’agglom√©ration. Voir¬† le site de N√ģmes et du Gard avec les sobriquets utilis√©s dans le Gard.

Dans la m√™me r√©gion on a cr√©√© le diminutif coudoul√© , coudoulet .¬† Mistral cite un verbe¬† acoudoulha¬† « poursuivre √† coups de pierres » pour le Languedoc.

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Notes
  1. La forme¬† codol¬† donn√©e par Alibert est une reconstruction d’un ancien occitan codol rarement attest√©.

Cogot-cagot

Cogot « nuque; chignon »du latin cucutium « esp√®ce de capuchon » attest√© chez Trebellius Pollio, un historien du IIIe s. dont on ne sait rien sauf qu’il a particip√© √† l’Historia Augusta. Attest√© √©galement en ancien languedocien et en b√©arnais moderne, ainsi que dans le Val d’Aran.

D’apr√®s le FEW¬† le mot latin est un d√©riv√© direct du gaulois *kukka comme nom d’un v√™tement tr√®s √† la mode vers la fin de l’Empire romain. En Sardaigne vit encore kougouttou « capuchon », ailleurs cucuzza avec le sens « nuque », par m√©tonymie. Il semble que basque kukutz « sommet » a la m√™me origine. Le mot occitan a √©t√© emprunt√© par l’espagnol cogote et le portugais cogote, cangote « nuque ». Cucutium serait aussi l’√©tymologie du nom de la ville Cuoz en Suisse, dans la r√©gion rh√©toromane, en d√©signant la colline sur laquelle elle est construite. D’autres toponymes dans la For√™t Noire.

Une forme avec -a-: cagouet « nuque » par dissimilation des deux -ou- est assez r√©pandue dans le Ouest du fran√ßais (Poitou, Vend√©e, Berry)

Du Cange s.v. cugus.

D’apr√®s Alibert cogot signifie « cagot, cafard » √† Toulouse, si je le comprends bien avec le sens « bigot hypocrite ». Aurait-il consult√© Du Cange ? qui explique qu’un cougot est un homme cocu consentant qui se tait, que les Lombards (Longobardi) appellent un Arga. L’√©volution s√©mantique¬† « cocu qui se tait » vers « hypocrite » tout court est une g√©n√©ralisation normale et affaiblit l’√©tymologie propos√©e par le TLF:

√Čtymol. et Hist. 1535 cagot ¬ę hypocrite ¬Ľ (Rabelais, Gargantua, chap. 52, √©d. R. Calder, Gen√®ve-Paris, 1970, p. 289). Empr. au b√©arnais cagot ¬ę l√©preux blanc ¬Ľ, d’orig. obsc. (d√©r. de cacare? cf. cagou) (1488 anthropon., d’apr. V. Lespy, P. Raymond, Dict. b√©arnais anc. et mod., Montpellier, 1887, s.v.; 1551, Fors de Bearn ds Nouv. Coutumier g√©n., t. 4, 1072 et 1093); le mot qui d√©signait des populations recul√©es des vall√©es pyr√©n√©ennes (peut-√™tre √† l’orig. affect√©es de la l√®pre ou d’une autre maladie) a √©t√© appliqu√© par d√©rision aux bigots (pour l’√©volution s√©m. ¬ę l√©preux ¬Ľ > ¬ę hypocrite ¬Ľ, v. cafard). (TLF)

Les deux mots cagot et cafard¬† « cocu » ne sont attest√©s en fran√ßais que depuis de XVIe si√®cle. Je ne dispose pas de documents pour savoir si¬† le cogot toulousain est un emprunt au fran√ßais ou l’inverse.

Dans un site catalan, consacré aux us et coutumes médiévaux je trouve:

cugucia, des del segle XI els senyors feudals van imposar un dret p√ļblic de just√≠cia a la dona ad√ļltera com a senyor jurisdiccional. A partir del segle XIII, el mal √ļs del dret privat, consistia en la confiscaci√≥ de la meitat dels b√©ns de la dona ad√ļltera (quan no hi havia consentiment del marit) o de la totalitat dels b√©ns (quan el marit ho ha consentit), la meitat pel marit i l’altra meitat pel senyor feudal. Etimol√≤gicament √©s un derivat de cugu√ß, probablement del llat√≠ cucutium, « capulla », « barretina », √©s a dir cornut, marit enganya per la mulher.

L‘image qui explique cette √©volution s√©mantique est que le mari tromp√© consentant tire le capuchon, cucutium, devant ses yeux pour ne pas voir.

Du Cange s.v. cugus, explique que cugus signifie « cocu, coucou, cornard » en fran√ßais et qu’on dit couyoul en occitan. 1.
Couioul « cocu »¬† se trouve¬† en limousin (Mistral), et dans le P√©rigord, √† Sarlat,¬† et √† Puisserguier¬† dans l’H√©rault.¬† Pour le FEW c’est¬† un¬†d√©riv√© de coleus « bourse »+ -olu2.

A P√©zenas¬† couioul a le sens « folle avoine », Attest√© √©galement dans le Tarn, Tarn et Garonne et le Lot kouyoulo, en Loz√®re kouyogo, dans l’article cuculus « coucou » (FEWII/2,1453b-1454a). Un autre nom de la folle avoine :¬† coquiole. Couquiol est attest√©¬† avec le sens « cocu » en 1462 d’apr√®s le DMF


coquiole

La forme de la balle ou glume de¬† la coquiole ressemble bien √† un « capuchon ».¬† Ma conclusion provisoire est donc qu’il faudra revoir l’√©tymologie de couioul; couyoul¬† et la rattacher √† l’histoire du cagot, cogot.¬† Le sens « mari tromp√© consentant » peut facilement passer √† « mari tromp√© ».

Notes
  1. … et chez nous couz¬† du latin culpa « faute » FEW II/2,1497b (« Chez nous » veut dire peut-√™tre √† Amiens, son lieu de naissance?)
  2. II/2,888a-b

Colo

Colo, c√≤la « troupe, compagnie de travailleurs ruraux; couple de chevaux ».¬† A Manduel il y avait les colos de vendemiaires (l’associaton du patrimoine de Manduel poss√®de des photos des colo) et en Rouergue les c√≤las de segaires (les moissonneurs). Dans sa grammaire Louis Piat donne comme exemple: uno colo de droulas « un groupe de bambins ». De personnes qui ne pouvaient pas travailler ensemble, on disait : « tiron pas de colo« .

Etymologie. En ancien occitan le verbe acoular signifiait « atteler des animaux de front » ce qui en occitan moderne est devenu acoul√† « r√©unir, louer des journaliers pour les faire travailler ensemble ». Le mot est compos√© de ad + collum + le suffixe -are de l’infinitif. Latin collum « cou ». adcollare veut donc dire « mettre un joug sur les cous de deux animaux ».

A partir de ce verbe a √©t√© form√© le substantif cola qui dans le Cantal d√©signe « un couple de chevaux attel√©s ensemble ». Suivant les cultures locales la cola , colo est un groupe de vendangeurs, de moissonneurs , de ouvriers, de faucheurs. » En ville cela donne « une bande » tout court (Al√®s) ou « une compagnie de f√™te » (Toulouse).


Une colo qui rentre

PS. Je remarque une √©volution analogue dans le n√©erlandais : ploeg « charrue ». La charrue √©tait tir√©e par des boeufs ou des chevaux.. Maintenant le mot signifie aussi « √©quipe », p.ex. dans le travail, le foot etc.


ploeg et ploeg

Comairèla

Comair√®la « belette » (dans l’Aude, Hte-Garonne, Tarn, Thesoc) et le Gers (FEW II, /2, 945b et n.3) vient du latin commater « marraine, sage-femme ».

Le sens courant de comaire, coumaire est « marraine ». A Toulouse une coumayre est « une femme qui aime √† se r√©jouir ». A Avignon une coumaire est « une bouteille de 3 litres » d’apr√®s Mistral. Tout cela est compr√©hensible. Mais la belette??. Et sans lien¬†¬† avec ces r√©gions, nous le retrouvons en Espagne: comadreja, en Sardaigne camedrenga (< *commatricula ),¬† √† Naples , Molise, et Campobasso en Italie au sud-est de Rome cummatrella , ainsi qu’en Sil√©sie¬† en Pologne. (AGl2, p.50). Voir mon article moust√®lo sur le r√īle de la belette dans la mythologie et une explication de la grande vari√©t√© des noms de cet animal domestique.

Compoix, coumpés

Compoix, coump√©s « cadastre dans le Midi sous l’ancien r√©gime ». J’ai utilis√©¬† le mot des dizaines de fois √† propos du Compoix de Mirepoix d√©crit magnifiquement par la Dormeuse,¬† et du Compoix de Valleraugue¬† sans donner sa d√©finition et son √©tymologie. ¬† Dans IGPDE vous trouverez la d√©finition compl√®te1

O. de Labrusse a eu la gentillesse de me faire parvenir le lexique de¬† l’avant-projet¬† d’ UN ESSAI de GEOHISTOIRE du FONCIER des GARRIGUES du GARD et de l’ HERAULT.¬† Il¬† √©crit

Les plus anciens compoix apparaissent¬† au XVe si√®cle (Le Roy Ladurie,1969,p.8). Ce sont des registres d√©crivant avec pr√©cision, les biens, le foncier, en localisation, surfaces, occupation du sol, et valeur ou cat√©gories¬†: terres ¬ę¬†maigres¬†¬Ľ, ¬ę¬†grasses¬†¬Ľ, …etc…. Ils sont √©tablis √† des intervalles de temps d’une ou 2 g√©n√©rations. Les mutations, √©changes fonciers etc‚Ķ sont¬† consign√©s en surcharge sur les registres.
Ils servent de base √† l’√©tablissement annuel des ¬ę¬†r√īles de taille¬†¬Ľ, par les greffiers des Communaut√©s,¬† c’est √† dire la liste de r√©partition de l’imp√īt (¬ę¬†globalis√© –¬† ¬ę¬†l’allivrement¬†¬Ľ – par Communaut√©s ou paroisses) par¬† propri√©t√©s, c’est √† dire la ventilation par ¬ę¬†taillables¬†¬Ľ.
Lorsqu’au fil des g√©n√©rations et des changements le compoix devient par trop surcharg√© d’annotations et trop √©loign√© des nouvelles r√©alit√©s terrain, ne permettant plus d’allivrer correctement les tailles, il est refait. (Le Roy Ladurie, 1969, p.29 et 30).
Les compoix ne recensent que la ¬ę¬†partie taillable¬†¬Ľ du territoire de la Communaut√© ou paroisse. (Blanchemain, 2005, p.96).
Voir aussi sa d√©finition sur le site des archives d√©partementales de l’H√©rault¬†:¬† et aussi le compoix .
On notera que certains compoix comportent des plans de propriétés ou parcelles.

Un plan du "moulon" 3 du Compoix de Mirepoix

L’√©tymologie est le latin compensus « sorte de cotisation  » attest√© avec ce sens dans des textes en latin du VIe au XIVe si√®cle √©crits dans le Midi de la France. (Du Cange Compensus). « Cotisation » est bien s√Ľr un euph√©misme, c’est bien d’un imp√īt qu’il s’agit.

La premi√®re attestation en ancien occitan compes avec le sens « cadastre » vient de B√©ziers et date de la fin du XIVe si√®cle.

On distingue le coumpes terri√© « cadastre des biens-fonds » et le coump√©s cabalisto « cadastre des revenus mobiliers ».¬† Apr√®s l’ordonnance de Villers-Cotter√™ts (1539) , coump√©s¬† a √©t√© francis√© en compoix (Albi 1601) mais le mot ne s’appliquait qu’au domaine occitan. Il est rest√© dans les dictionnaires fran√ßais jusqu’au XIXe si√®cle. Il ne se trouve pas dans le TLF, m√™me pas comme terme de droit ancien.

O. de Labrusse distingue dans son Lexique foncier 3 types de compoix:

  1. Compoix √† degr√©s¬†: ¬ę¬†l’allivrement s’√©tablit suivant plusieurs degr√©s qualitatifs propres √† chaque culture et fix√©s par les estimateurs nomm√©s par les habitants du lieu¬†¬Ľ.
  2. Compoix √† clausades¬†: ¬ę¬†il n’est plus tenu compte de la nature des cultures mais de la proximit√© de la parcelle cultiv√©e par rapport au village. Le terroir est divis√© en zones d’allivrement plus ou moins nombreuses, nomm√©es , selon les r√©gions, cercle, circuit, clauzade, vaute, termine¬†¬Ľ. C’est la zone la plus rapproch√©e du village qui est la plus impos√©e, l’allivrement d√©cro√ģt avec l’√©loignement du village¬†¬Ľ. Exemple de compoix (1597 et 1652) √† 3 clausades, celui de Langlade (30) en Vaunage¬†:

    Compoix Clausade par Barry J.P.1955

    Sur cette carte on note √©galement, que les zones d’allivrement, les clausades, prennent en compte la diversit√©, les diff√©rences de terroir (et pas seulement la distance au village). La clausade 1 est en plaine, la clausade 3¬† recouvre les reliefs (garrigues) (O. de Labrusse).

  3. Compoix cabaliste : il dénombre les têtes de bétail.

Le  comperayre   est le cadastreur (Béziers, fin XIVe s.) .

Dans le Tarn existe le verbe coumpesia « enregistrer » d’apr√®s le dictionnaire de J.P. Couzinie de 1850.

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Notes
  1. Dans certaines provinces, registres publics servant √† √©tablir l‚Äôassiette de la taille r√©elle et autres impositions. Le compoix terrien servait √† constater la valeur des immeubles roturiers, en vue de la perception de la taille r√©elle. Le compoix cabaliste √©tait dress√© dans le pays o√Ļ une partie de l‚Äôimposition devait √™tre support√©e par les habitants, √† raison de biens d‚Äôune autre nature que des fonds et √† raison de leur industrie. (Dictionnaire encyclop√©dique, Larousse, 1960, t.¬†3, p.¬†339.)

    Il s’agit d’une matrice cadastrale, établie seulement dans les pays de la taille réelle, donc dans le Sud du royaume. Les plus anciens compoix du Languedoc remontent au xive siècle. Ils énumèrent avec précision la surface, la nature et la valeur des biens-fonds, pour permettre de fixer le prélèvement fiscal. Périodiquement, il faut refaire le compoix afin de tenir compte des défrichements, des abandons, des changements de culture. Le compoix cabaliste énumère les biens mobiliers : cheptel, meubles, industries, créances, etc. (Guy Cabourdin et Georges Viard, Lexique historique de la France d’Ancien Régime, Paris, Armand Colin, 1978, p. 74.) Voir : Emmanuel Le Roy Ladurie, Les Paysans du Languedoc, Paris, 1966, 2 vol.