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Bababoule

Bababoule « bavard ». DĂ©rivĂ© avec duplication de la première syllabe de l’onomatopĂ©e bab « lèvre », qu’on trouve dans toutes les langues europĂ©ennes. En latin dĂ©jĂ  babulus « hableur », dĂ©rivĂ© de babire « se vanter ». NĂ©erlandais babbelen « bavarder », allemand babbeln.

Babahille

Babahille « bave » (Lhubac) est un mĂ©lange local dans la moyenne vallĂ©e de l’HĂ©rault de deux mots occitans babihá ou babilhar « bavarder » d’une racine onomatopĂ©ique bab « lèvre » et du languedocien*babo « bave » que je ne trouve pas dans les dictionnaires mais qui doit exister dans l’est-languedocien comme le montre le dĂ©rivĂ© babaire « qui bave; idiot » Ă  PĂ©zenas.

Babáou

Babáou « sorte d’ogre pour effrayer les enfants » (PĂ©zenas). A Clermont l’HĂ©rault le babáou est dĂ©fini comme une « bĂŞte imaginaire qui d’après la tradition, dĂ©vore les enfants mĂ©chants; espèce de tarasque » et dans l’Aveyron toute « personne maquillĂ©e ou deguenillĂ©e ». Babáou estmentionnĂ© comme languedocien dans le dictionnaire de  TrĂ©voux du XVIIIe siècle.

C’est un dĂ©rivĂ© d’une onomatopĂ©e bĂ u, bai qui exprime l’effroi, la peur, avec une duplication de la syllabe initiale qui provient peut-ĂŞtre du langage enfantin.

Dans les parlers occitans, nous trouvons plusieurs mots de la famille bĂ u, bai qui dĂ©signent des animaux , notamment des insectes, qui font peur ou qui sont repoussant comme babo « larve d’insecte » et babaroutoun « larve qui ronge les lĂ©gumes; insecte qui ronge l’olivier », Barcelonnette bĂ bou ‘gros pou de tĂŞte’, lang. babarĂ´to « blatte » ou barboto « cloporte » (S); Aveyron babaou « insecte en gĂ©nĂ©ral », Gard babo « chrysalide du ver Ă  soie ». Voir Alibert pour d’autres dĂ©rivĂ©s et composĂ©s, entre autres babarauda.

Un visiteur me signale l’emploi de babáou suivant:

Mon père (et mon grand-père) rĂ©servaient le nom de babaou aux « espèces de trucs » qu’on trouve collĂ© au dessous des pierres de la rivière, formĂ©s par des matĂ©riaux ou minĂ©raux collĂ©s entre eux, et dans lequel on trouvait un trichoptère et qui, une fois dĂ©barassĂ© de son « Ă©tui » est un fameux appât pour les truites…

Ensuite je lui ai demandé des précisions sur la localisation, ce qui abouti à ce complément, qui peut intéresser des pêcheurs:

Le cas Ă©chĂ©ant, quelques photos de « la bĂŞte »…

baboaou en coquillelarve trichoptere

Il faut bien accrocher l’hameçon sur la partie « noire » qui est relativement dure, le reste Ă©tant tout mou.
L’autre jour, dans un « parcours de pĂŞche » oĂą on vous donne des grains de maĂŻs, aucune truite ne voulait « mordre », je suis allĂ© ramassĂ© des babaous, elles se battaient…
Bonne journĂ©e…
Et continuez la mise Ă  jour de votre bel ouvrage!
Mon grand-père parlait couramment l’occitan (on disait « le patois »)
Mon père le comprend bien et le parle un peu.Et moi, je suis obligé de faire des efforts pour comprendre quelques mots.
Merci Ă  l’Ă©ducation « nationale » (ou « parisienne »?) qui a Ă©radiquĂ© cette langue!
Complétée par une belle photo du grand-père:
Jean de Tulle

Jean de Tulle

Babarauda « manteau de deuil Ă  capuchon en usage autrefois Ă  Montpellier; cagoule, domino de carnaval » (Alibert).

Un dĂ©rivĂ© de baou qui provient du sens « Ă©pouvantail » attestĂ© dans de nombreux patois notamment  franco-provençaux.
Un lecteur me signale qu’en russe un ogre s’appelle babayan « , fĂ©minin babaĂŻka.

Un visiteur/collaborateur me donne l’information mĂ©diterranĂ©enne que voici:

Bonjour,

Je vous signale concernant cet article : http://www.etymologie-occitane.fr/2011/07/babaou/
Le kabyle burebbu « chenille ». Une appellation circum-mĂ©diterranĂ©enne probablement.

Concernant le dĂ©nomination de la coccinelle en lien avec celle de la poule en occitan, dans mon parler (AĂŻt Bouyoucef, Kabylie des Babors), nous appelons la coccinelle tafunast, littĂ©ralement « vache ». J’ai tentĂ© de m’expliquer la motivation de cette appellation du fait du mode de prĂ©dation de l’animal sur les pucerons, on pourrait dire que celle-ci les « broute. En tout cas ce n’est pas en rapport avec ses taches car notre race bovine locale (brune de l’Atlas sĂ©tifienne) n’est pas tachetĂ©e.

Je suspecte un latinisme dans le kabyle des Babors, dites-moi si cela vous fait penser Ă  quelque chose : il s’agit du nom amundas« mangouste ».

Merci pour votre excellente page web,

Bonne continuation.

Babarauda

Babarauda « manteau de deuil Ă  capuchon en usage autrefois Ă  Montpellier » voir bau

Babour, vabor

Babour « chaleur humide et Ă©touffante, temps orageux ». La forme vabor donnĂ©e par Alibertne se retrouve dans aucun autre dictionnaire occitan. Toutes les autres sources donnent une forme avec b-: Cahors bobour « chaleur excessive », CĂ©vennes babou « vapeur » (M).

L’abbĂ© de Sauvages explique qu’une boubourado est une vapeur chaude et Ă©touffante qui sort d’un endroit renfermĂ© .. qui est occasionnĂ©e par un temps couvert et orageux. La boubourado ou touffo (Français touffe) est mortelle pour les vers-Ă -soie.

Etymologie: latin vapor, vaporem bien sĂ»r comme français vapeur (qui est un emprunt au latin), mais avec cette diffĂ©rence qu’une partie de l’occitan et le catalan (bubĂł) sont les seules langues romanes oĂą le mot n’a pas subi de transformations sous l’influence d’autres mots. Dans une partie de l’occitan le b- initial a Ă©tĂ© remplacĂ© par un g- :  gabou ou gabour « air Ă©touffant » (Toulouse; Montauban) et Ă  Castres une forme avec insertion d’un -m- : gamboul.

Toutes les formes avec un -p- comme languedocien vapour, sont des emprunts au latin plus ou moins anciens. Cf. fr. vapeur.

 

Bacél

Bacél « battoir pour le linge » du latin baccillum « bâtonnet », devenu bacilum. Fr. bacille, un microbe qui a la forme d’un bâtonnet, est un emprunt récent au latin.

Avec le bacel au lavoir à Rustrel (Lubéron)        aïe!

Baceou  « gifle, coup » est la forme provençale de bacel

Bacelá

BacĂ©lá, « battre », dĂ©rivĂ© de bacĂ©l.  ( Camargue), baceler « donner des coups de tĂŞte »; un taureau peut ĂŞtre un bacelaire c’est-Ă -dire un taureau qui secoue la tĂŞte sur place cherchant Ă  bousculer un congĂ©nère.  Pour voir les dĂ©tails sur un bacelaire, voir Domergue.

Dans son nouveau livre sur le jeu de la pĂ©tanque RenĂ© Domergue donne une nouvelle application de ces mots: BacĂ©ler : frapper avec vigueur. BacĂ©laĂŻre (10) : »tireur Ă©mĂ©rite »

Bachalan

Bachalan d’après une amie, c’est la surnom des paysans au nord d’Uzès . Les habitants de Marsillargues sont appelĂ©s des bajan (Camargue). Le mot se trouve dans Alibert avec le sens « bavard, vantard » et ce serait un dĂ©rivĂ© avec une variante phonĂ©tique du verbe bajanar « blanchir des lĂ©gumes Ă  l’eau bouillante, Ă©chauder, tremper dans l’eau froide » et bajanada « plat prĂ©parĂ© par cuisson Ă  l’eau bouillante; niaiserie ».

L’Ă©volution sĂ©mantique a dĂ» passer par un sens comme « pois et fèves trempĂ©s dans l’eau »; les mots qui dĂ©signent ces lĂ©gumes secs sont souvent associĂ©s Ă  l’idĂ©e « niais, nigaud », par exemple en nĂ©erlandais in de bonen zijn  » ĂŞtre dans la lune » (littĂ©ralement : « ĂŞtre dans les fèves »). Cela s’explique peut-ĂŞtre parce que les mangeurs de fèves Ă©taient gĂ©nĂ©ralement des paysans pauvres. Un dĂ©rivĂ© du latin bajanus « trempĂ© » dĂ©rivĂ© du nom de la ville Bajae une station termale près de Rome. Voir ci-dessous

Bachas

Bachas « mare, flaque d’eau souvent boueuse » (Domergue) est citĂ© par le FEW dans l’article bacca, *baccus « vase Ă  eau ». Le sens « mare » du dĂ©rivĂ© bacca + -aceu est donnĂ© par le tĂ©moin de Fourques pour l’ALF au dĂ©but du 20e siècle et par l’abbĂ© de Sauvages (S1) qui Ă©crit :  « Bachas « gachis, mare, margouillis, flaque d’eau; auge de pressoir Ă  vin ».

J’ai l’impression que le sens « mare » est caractĂ©ristique pour la Camargue. Partout ailleurs bacca et ses dĂ©rivĂ©s dĂ©signent des conteneurs, « auge, bassin, tronc d’arbre creusĂ©, cuvette » etc. spĂ©cialisĂ© en « auge de pressoir Ă  vin » pour l’abbĂ© de Sauvages. La prĂ©sence des flaques d’eau un peu partout en Camargue ou l’absence d’auges (autrefois) expliquerait cette Ă©volution sĂ©mantique.

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Bachin, bachino 'GĂ©nois'

Bachin « GĂ©nois, Sarde » vient du nom de personne Baptiste,  du latin baptista « celui qui baptise ». Le nom Baptiste  est souvent utilisĂ© dans les théâtres de foires pour un personnage « niais, crĂ©tin« .  Nous le retrouvons en piĂ©montais  batšitša , en piĂ©montais et en lombard tištša et Ă  Como batista.

Dans Les Cris de Marseille, (Voir Sources s.v. Marseille), j’ai trouvĂ© la description que voici:

Les attestations dans le premier volume du FEW qui date de 1928 sont rares. Heureusement nous avons Ă  notre disposition sur internet le Lessico Etimologico Italiano  (abrĂ©gĂ© LEI), s.v. baptista de nombreuses attestations dans les parlers nord-italiens. Ci-dessous  l’extrait de l’article du LEI avec l’explication de l’Ă©volution sĂ©mantique.

Voir aussi le TLF s.v. baptiste,  qui mentionne spĂ©cialement les Canadien français: « Nom donnĂ© au Canadien français… Par extension, Baptiste et Baptisse dĂ©signent aussi le contribuable canadien : Le gouvernement vient d’augmenter les taxes : paye, Baptisse!«  (Canada 1930). »

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