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Henri Louis Duhamel du Monceau

La recherche de l’√©tymologie des noms des anguilles et de rasal¬† « √©pervier pour la p√™che » m’a permis de d√©couvrir le travail inestimable fait par Henri Louis Duhamel du Monceau . Un exemple et des extraits dans l’article rasal.

Voici le titre complet:

Trait√© g√©n√©ral des pesches : et histoire des poissons qu’elles fournissent tant pour la subsistance des hommes que pour plusieurs autres usages qui ont rapport aux arts et au commerce (Part 1) – Duhamel du Monceau, M., 1700-1782 ; La Marre, L. H. de, b. ca. 1730
Early illustrated book about fish, fishing and fisheries by one of the preeminent scientific investigators of the French enlightenment. This work deals extensively with the species of fish found in Europe and beyond, their habits and habitats, techniques and equipment used in fishing and fish processing, and many other aspects of these endeavours. Roughly 185 engraved plates illustrate the text. The scans for this version come from 3 volumes bound in two parts in folio.

Trait√© g√©n√©ral des pesches : et histoire des poissons qu’elles fournissent tant pour la subsistance des hommes que pour plusieurs autres usages qui ont rapport aux arts et au commerce (Part 2) – Duhamel du Monceau, M., 1700-1782 ; La Marre, L. H. de, b. ca. 1730
Early illustrated book about fish, fishing and fisheries by one of the preeminent scientific investigators of the French enlightenment. This work deals extensively with the species of fish found in Europe and beyond, their habits and habitats, techniques and equipment used in fishing and fish processing, and many other aspects of these endeavours. Roughly 185 engraved plates illustrate the text. The scans for this version come from 3 volumes bound in two parts in folio…
Keywords: Fisheries — Early works to 1800; Fishing — Early works to 1800; Fishes — Early works to 1800

Si vous lisez l’allemand vous trouverez la traduction:

Allgemeine Abhandlung von den Fischereyen, und Geschichte der Fische, die dadurch verschaffet werden, und die sowohl zum Unterhalte der Menschen, als zu vielen andern Arten von Gebrauche dienen, die sich auf die K√ɬľnste und den Handel beziehen – Duhamel du Monceau, M., 1700-1782

 

J’ai trouv√© aussi le¬†Dictionnaire de toutes les esp√®ces de p√™ches … – Duhamel du Monceau (M.)’Encyclop√©die m√©thodique ou par ordre de mati√®res Dictionnaire de toutes les esp√®ces de p√™ches. Padoue 1747. qui¬† d’apr√®s une note sur la page de titre de l’exemplaire num√©ris√© et consultable sur internet-archive est l’oeuvre de Duhamel du Monceau.¬† Un extrait dans l’article¬† aven « sorte de p√™che »

Les noms du chêne

Cassanus, robur, quercus, carra, blaca ,etc.

Le nom du chêne cassanus  est-il  gaulois?   Von Wartburg écrit dans le FEW (je résume) :

  1. *c√°ssanus (la petite √©toile signifie que le mot n’est pas attest√©, mais reconstitu√©!), est peut-√™tre d’origine celtique , mais le mot peut aussi bien √™tre rerpris par les Gaulois aux peuples pr√©-celtiques. Le probl√®me est que *cassanus ne se retrouve dans aucune autre langue celtique, et d’autre part que la r√©partition g√©ographique du mot ne correspond pas non plus √† celle d’un peuple pr√©-celtique.
  2. *cássanus est indigène dans toute la France, sauf dans les départements provençaux
  3. La r√©partition g√©ographique du type *cassanus et des concurrents gaulois *derua, le pr√©roman (?) carr- et le latin robur n’est pas rest√©e immuable au cours des si√®cles. Dans le Midi et notamment dans le Languedoc, le type *cassanus a √©t√© concurrenc√© et remplac√© par des mots du type *carr- qui d√©signaient √† l’origine des « taillis de ch√™nes ». L√† o√Ļ nous trouvons le type *c√°ssanus dans les patois modernes, il s’agit d’un emprunt aux patois nord-occitans, comme par exemple l’auvergnat.

Le professeur Henriette Walter √©crit dans son « bestseller » L’aventure des mots fran√ßais venus d’ailleurs », (Paris,Robert Lafont, 1997) p. 42 « Le nom du ch√™ne √©tait cassanos en gaulois, quercus en latin. » Elle a oubli√© de consulter le FEW , contrairement √† Alain Rey pour son « Dictionnaire historique »Le chapitre que Mme Walter consacre √† « Le ch√™ne gaulois: pr√©sent partout » (p.42) demande quelques remarques.

M√™me si le ch√™ne √©tait « un objet de culte chez les Gaulois », cela n’implique pas que le nom *cassanus est d’origine gauloise. Le « service publique » est un objet de culte chez les Fran√ßais, mais cela n’implique pas que les mots service et publique sont d’origine francaise. Et comment expliquer que les Gaulois de la Provence n’ont pas conserv√© ce mot? ou qu’on le retrouve dans des patois ib√©ro-romans, l√† o√Ļ les Celtes ne se sont jamais install√©s?

Pourquoi rattacher la Provence au pays de chassaigne, si le mot n’y est pas indig√®ne, mais un emprunt?. D’ailleurs la conclusion de Mme H. Walter, quand on regarde sa carte, que ca- est devenu cha- en Provence est fausse. La ligne qui s√©pare la zone o√Ļ ca- s’est maintenu de la zone o√Ļ ca- a √©volu√© en ts-, ch- suit approximativement la ligne qui s√©pare le proven√ßal et le languedocien des parlers nord-occitans. Voir la carte ci-dessous, couleur lavande = proven√ßal , ocre fonc√©= languedocien. Ocre clair = nord occitan. La limite ca-/tsa a √©t√© d√©crite tr√®s pr√©cisement par Ronjat. ( BDP, voir aussi NVelay).

Lire l’article carr dans FEW!!! = pr√©roman, peut-√™tre basque!

Ci- dessous la carte à gauche : la ligne cassagne/chassaigne.(Mme Walter)                  A droite: au sud de la ligne blanche ca- > ca- en provençal, languedocien et gascon

Gascon: garric. Un des nombreux noms que peut prendre le ch√™ne suivant la r√©gion et la vari√©t√©. D√©riv√©s : garrigar (ne pas prononcer le « r » final), et bien s√Ľr « garriga » (prononcer « garrigo« ), mais ce dernier est plut√īt languedocien. Voir l’article¬† Garriguette, la benjamine de la famille Garric

esc√≥s ch√™ne ou autre arbre √©t√™t√©. Prononcer « escous ou escoup

surr√®r « ch√™ne li√®ge » Prononcer « surr√® »; surr√®da (prononcer entre « surr√®de » et « surr√®do ») : endroit plant√© de ch√™nes li√®ge

cassi est plut√īt girondin, l’autre forme gasconne est casso (prononcez [cassou] en accentuant la premi√®re syllabe), cassiar (masc.), cassia o cassi√®ra (fem.), et cassanha « ch√™naie ».

tausin « ch√™ne tauzin » variante : taudin. D√©riv√©s tausiar (prononcer « tawzia »), taudinar, tausi√®da (prononcer entre « tawzi√®de » et « tawzi√®do »)…, qui sont les for√™ts de ch√™nes tauzins

Languedocien

Garric « ch√™ne; ch√™ne kerm√®s ». Voir l’article Garriguette, la benjamine de la famille Garric

Le ch√™ne blanc lo rore, lo roire, lo rove (prononcez [rour√©], [rouir√©], [rouv√©]) « Quercus humilis subsp. lanuginosa, autrefois Quercus pubescens »

Comme nom de lieu le type robur est tr√®s r√©pandu. Dans le site de l’IGN (Les chiffres donnent le nombre de lieux en France; en consultant le site vous pouvez retrouvez tous les d√©tails : d√©partement, commune, coordonn√©s) j’ai trouv√©:

116 noms de lieu pour roure: roure 66 rouré 3 rourebean 1 rourebeau 3 rourebel 6 rourebet 1 roureda 1 rouregros 1 rourelas 1 roures 4 rouressol 1 rouresson 1 rouret 14 rourette 1 rourèda 1 rourède 3 rourèdes 1 rourètrie 1 rouréa 1 rourée 1 rouréou 1 arrourets 1 auroure 2 et

21 pour roire: au rouire 1 bergerie de la rouire 1 col d’al rouire 1 col de rouire 1 en rouire 2 la rouire 1 le bois de rouire 1 le rouire 3 pech de rouire 1 puech de rouire 1 rouire 3 rouire ouest 1 rouire verdal 1 ruisseau de rouire 1 ruisseau du col de rouire 1 ruisseau du rouire 1

et beaucoup plus pour rouve : rouve 15 rouvé 1 rouveau 4 rouvecau 3 rouvegade 1 rouvegros 1 rouveillat 1 rouveille 1 rouveirac 1 rouveiret 3 rouveirette 1 rouveirole 1 rouveiroles 1 rouveirolle 2 rouveirolles 1 rouveirète 1 rouveix 8 rouvel 4 rouveladas 1 rouvelade 1 rouvelades 1 rouvelane 1 rouvelet 3 rouvelias 1 rouvelines 1 rouvelinière 1 rouvelière 1 rouvellac 1 rouvelle 1 rouvellière 1 rouvelon 1 rouvelong 1 rouvelot 1 rouvenac 3 rouvenaie 2 rouvenaz 1 rouvenet 1 rouvenoz 1 rouvenèdes 1 rouverade 1 rouverades 1 rouveral 1 rouverat 2 rouveray 3 rouverdal 2 rouvereau 1 rouvereaux 1 rouverel 1 rouveret 2 rouverets 1 rouverette 1 rouvergne 1 rouvergue 4 rouvergues 1 rouverieux 1 rouveroi 1 rouverol 3 rouverolles 1 rouverot 2 rouverou 1 rouveroux 2 rouveroye 1 rouvert 1 rouvery 1 rouves 7 rouvet 3 rouvets 2 rouvette 1 rouveure 3 rouveurette 1 rouvey 7 rouveya 1 rouveyrac 1 rouveyrasse 1 rouveyre 6 rouveyrenque 1 (à Congéniès près de Vergèze dans le Gard) rouveyres 1 rouveyret 2 rouveyrette 5 rouveyrieux 1 rouveyrol 4 rouveyrole 1 rouveyroles 1 rouveyrolle 4 rouveyrolles 4 rouveyrols 1 rouvède 1 rouvègues 1 rouvère 1 rouvès 2 rouvèze 1 rouvéreide 2 anrouve 1 bellerouveroye 1

blacha, blaca, blac√†s, souvent aussi employ√©s pour d√©signer le ch√™ne blanc. s‚Äôapplique √† divers esp√®ces : le ch√™ne vert en plaine, le ch√Ętaignier en C√©vennes, le ch√™ne blanc un peu plus dans l‚Äôarri√®re-pays.

avaus « Quercus coccifera (ch√™ne-kerm√®s) »

rovi√®ira, roveda, rovereda, roireda (en languedocien) /roviera (en proven√ßal), »ch√™naie blanche »

roret, roet « un petit bois de ch√™nes »

Blaca « ch√™ne blanc ».¬† Dans le premier volume du FEW blaca est consid√©r√© avec beaucoup d’h√©sitations comme d’origine gotique dans l’article blakk- « reluisant, brillant »[1.Petite erreur dans FEW 1: westh√§lfte doit √™tre osth√§lfte], mais cet √©tymon n’est pas repris dans les √©l√©ments d’origine germanique.

¬†D’apr√®s les g√©n√©alogistes le nom de famille¬† Blach√®re d√©riv√© de blaca¬†

¬†est fr√©quent dans l’Ard√®che, o√Ļ l’on trouve aussi la forme Blacher. C’est un toponyme d√©signant un bois de ch√™nes blancs (occitan blaca). Le ch√™ne blanc (ou Quercus pubescens) est consid√©r√© comme un des meilleurs ch√™nes truffiers. De nombreux hameaux s’appellent (la) Blach√®re dans l’Ard√®che et la Loz√®re. Formes voisines : Blacheyre (42), Blachier (07), Blache (26, 38), Blacas, Blachas (83, 84, 34, 48), Blachette (07, 26)

Google  me fournit 2 autres sources:

Dans Mélanges de philologie romane offerts à Charles Camproux: Volume 2

BLACAS, sp√©cialement nom noble, est un augmentatif proven√ßal de blaca, mot du Sud-Est, d’origine pr√©-gauloise, d√©signant originairement un taillis de ch√™nes. BREA. Ludovic Brea : in ¬ę Theatrum Statuum Sabaudiae Ducis ¬Ľ, Amsterdam, 1682.

et dans la Zeitschrift f√ľr romanische Philologie vol.79(1963)

J. Ubaud¬† ne dit rien sur l’√©tymologie¬† du mot¬† mais pr√©cise la r√©partition g√©ographique :

blacha, blaca, blac√†s, souvent aussi employ√©s pour le (sc. le rore)¬† d√©signer, ces noms semblent concerner √† l’origine des baliveaux (donc des jeunes arbres, nous l’avons d√©j√† signal√© dans l’article pr√©c√©dent) s’appliquant √† divers esp√®ces¬†: le ch√™ne vert en plaine, le ch√Ętaignier en C√©vennes 1 , le ch√™ne blanc un peu plus dans l’arri√®re-pays.

blaqui√®ira (ou plus au nord blachi√®ira) ou blacareda un collectif, d√©signerait un taillis de jeunes ch√™nes blancs, mais il nous semble plut√īt employ√© dans les zones de l‚Äôarri√®re-pays (pied du Larzac, Larzac, Haute Provence) o√Ļ les toponymes d√©riv√©s abondent : Blaqui√®res, Saint Jean de la Blaqui√®re, La Blacar√®de, La Blachi√®re, Les Blaquettes.

 

Le FEW √©crit que¬† blakk-¬†¬†¬† est peut-√™tre une forme du germanique¬† blank¬† « blanc ». On trouve en effet des formes d√©nasalis√©es de blank¬† dans les langues germaniques¬† comme le norv√©gien blakr¬† « chatoyer ». Les feuilles du ch√™ne blanc sont en effet chatoyants.

Rore ramièr (de rama feuillage ) utilisé pour le fourrage pour les bêtes

rore aglanièr, destiné à fournir des glands aux bestiaux); engalar un teissut, c’était passer un tissu à la noix de galle.

Dans http://www.ulb.ac.be/philo/spf/langue/exam.htm (sauf gardé sous Divers) :

9. Les Lat. disaient quercus pour « ch√™ne », d’o√Ļ l’italien quercia. Ils avaient aussi robur « ch√™ne rouvre, sorte de ch√™ne tr√®s dur » > it. rovere, esp. roble. Ch√™ne doit venir d’un *cassanus, mot pr√©-latin. Pourquoi pense-t-on qu’il soit celtique? a) Il serait conserv√© √† cause du r√īle religieux du ch√™ne dans le druidisme; b) On trouve en esp. quejigo, sans doute de la racine cax- > cassanus/. *Cassanus, aurait d√Ľ donner en fr. *ch√Ęne, *chasne comme dans asinus > as’nus > √Ęne; *m√Ętrastra > mar√Ętre « femme du p√®re »; *salmaster > saum√Ętre. La forme r√©guli√®re est du reste fournie par le wallon tch√Ęgne. *Cassanus a donc √©volu√© en chaisne par r√©fection analogique sous l’influence de fraisne, fr√™ne < fraxinus. *Cassanus + suff. -eta pour d√©signer des « collectifs d’arbres » > top. Ch√™n√©e. En France, on trouve Casseneuil, Chasseneuil (= Cassano+ ialo « localit√© des ch√™nes »).

Catalan roure (DE)

Une liste des noms du chêne en galloroman et en catalan.

Tuaillon, Gaston (1971), ‚Äú ‚ÄėCh√™ne‚Äė et ‚Äėfr√™ne‚Äė en gallo-roman‚Äú, Revue de Linguistique Romane 35: 196-230.
(L: French, Occitan, Gallo-Romance; C: oak, ash tree)

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Notes
  1. Je n’ai pas retrouv√© l’attestation de « ch√Ętaignier ». Il n’y a que Mistral qui √©crit « taillis de ch√™ne ou de¬† ch√Ętaigner »

Moustèlo

Moustèlo, mostèl, mostèla

  • 1. »belette ».¬†La belette est le plus petit des must√©lid√©s, famille de l’ordre des carnivores et de la classe des mammif√®res. C’est √©galement le plus petit carnassier d’Europe (¬Ī 20 cm) et elle est l√©g√®re (¬Ī 100 gr). (Source).
  • 2. « gadus mustela, poisson de mer ».¬†La « moustelle » en¬† fr.r√©g. (en fran√ßais : motelle) est un nom bien connu des p√™cheurs en M√©diterran√©e puisqu’il d√©signe une famille de poissons de mer, les blennies ou les gades (Gadus mustela, gade brun, gade blenno√Įde, phycis m√©diterran√©en, etc.(Source).

Etymologie: latin mustela « belette ».

L’√©tymologie de moust√®lo latin mustela n’est pas surprenante. Mais le nom fran√ßais belette et le grand nombre de noms que le Thesoc fournit pour l’occitan le sont davantage :

  1. beleta, bèlola, bèlolina, beloteta(< bellus); 
  2. causeta (causa); 
  3. comairèla (< commater); 
  4. dònabèla (< domina + bella) ;
  5. martol(a) (< martre français);
  6. mostèl, mostèle (mustela);
  7. polida(-bèla), polideta, polit (politus, -a) ;
  8. rat.  on trouve en plus deux types spéciaux : 
  9. pa(n)kezo, pankero et pa(n)let d’apr√®s Rolland¬† en Gascogne.

Pour l’√©tymologie des diff√©rents types suivez ces liens.

Vous pouvez trouver tous ces noms et bien d’autres √† la p.114 du tome VII de la Faune de Rolland. Je n’ai pas v√©rifi√© les donn√©es suivantes : « en italien elle est donnola (demoiselle), en breton kaerell (mot issu de kaer qui signifie beau), en anglais elle est parfois fair (venant de fairy= f√©e), en espagnol, elle est comadreja (la comm√®re), en roumain nevastuica (la jeune mari√©e). Les Turcs, dit Sonnini dans son Voyage en Gr√®ce, l’appellent gallendish, et les Grecs niphista, deux mots qui signifient nouvelle mari√©e. » (Source)

Nous constatons d’abord que la grande majorit√© des noms de la belette sont au f√©minin et peuvent d√©signer √©galement une femme ou une fille. (Except√© rat mais celui-ci remplace¬† souris).

Ensuite, tous les noms de la belette t√©moignent de la superstition selon laquelle nommer l’animal de son vrai nom mustela serait l’attirer, et par cons√©quence mettre le poulailler en danger.

Les superstitions concernant la belette vont beaucoup plus loin et nous viennent de la nuit des temps. Gr√Ęce √† Gallica j’ai pu consulter un article de Lessiac, Zeitschrift f√ľr deutsches Altertum 53 (1912) pp.101-182 intitul√© Gicht (=convulsion, spasme). Il nous¬† apprend que l’attribution de la propagation des maladies √† des animaux est un augure lointain de la connaissance du r√īle des bact√©ries.¬† On rel√®ve des traces de cette ancienne th√©orie dans les noms modernes de certaines maladies comme cancer, chancre (< latin cancer « crabe »), loup ou lupus, (< lupus « loup »), scrofule (d√©riv√© de scrofa ¬ę truie ¬Ľ) et francais teigne qui vient du latin tinea « ver rongeur ». Il semble que dans la m√©decine populaire ce type de d√©nominations soit beaucoup plus fr√©quent. Cela ne veut pas dire qu’on tenait les animaux pour cause de ces maladies. Il s’agit l√† plut√īt de m√©taphores, d’images, t√©moins des affects li√©s √† la douleur ou √† la consid√©ration des sympt√īmes.

Dans la mythologie la belette, le chat, la souris et le rat, le crapaud et le serpent repr√©sentent le souffle, l’√Ęme, la vie et par cons√©quence la femme. Pensez aux nombreux contes de f√©es dans lesquels ces animaux jouent un r√īle en rapport avec l’√©ternel f√©minin !

Schuchardt et d’autres consid√®rent ces noms de la belette comme un echo lointain du mythe de Galanthis:

« Dans la version la plus connue, celle d’Ovide, Galanthis,  » fille du peuple », tente d’aider sa ma√ģtresse Alcm√®ne, qui est sur le point d’accoucher d’H√©rakl√®s.¬† H√©ra, jalouse, veut emp√™cher la d√©livrance imminente. Galanthis se joue de la d√©esse en lui racontant que l’accouchement est fini. La d√©esse rel√Ęche son attention, et la d√©livrance d’Alcm√®ne survient. Essuyant les moqueries de Galanthis, la d√©esse se venge alors en la m√©tamorphosant :

 » Lucine […] transforma ses bras en pattes ant√©rieures.
Son z√®le d’antan subsiste et le pelage de son dos n’a rien perdu
de sa couleur ; mais sa forme est diff√©rente de ce qu’elle √©tait.
Pour avoir aid√© une femme en couches d’une bouche menteuse
elle enfante par la bouche ; et comme avant elle hante nos maisons[3].  » (Ovide)

L’animal, qui n’est pas nomm√© par Ovide serait pr√©cisement une belette. Les Anciens croyaient en effet que la belette « con√ßoit par l’oreille et enfante par la bouche » et Pline l’Ancien parle de la belette « qui erre dans nos maisons ». (Wikipedia). La belette jouait a l’√©poque le r√īle actuel du chat.

Alcmène accouche

Ci-dessous le détail

Galanthis punie

Ci-dessous deux miniatures : la belette mettant bas .

et la belette ressuscitant ses petits

Concernant l’inqui√©tante f√©minit√© de la belette, il y aussi la fable bien connue d’√Čsope, Aphrodite et la belette¬† qui raconte comment Aphrodite acc√©de √† la pri√®re d’une belette amoureuse d’un jeune homme en la m√©tamorphosant en femme. Mais elle l√Ęche une souris dans la chambre nuptiale et l’√©pous√©e bondit hors du lit pour la capturer et la d√©vorer. Courrouc√©e, la d√©esse la rend sa forme initiale.

Un autre r√©cit mythique relatif √† la belette, l’associe √† la sexualit√© f√©minine sous le signe de l’exc√®s. Cf. l’article tr√®s fouill√© de Sylvie Ballestra-Puech dans le site de l’Universit√© de Nice (Rursus), L‚Äôaraign√©e, le l√©zard et la belette : versions grecques du mythe d‚ÄôArachn√©.

La belette joue aussi un r√īle dans la mythologie celte. M√®re du roi Conchobar, Assa a √©t√© dans sa jeunesse une princesse douce et facile . Mais, suite √† une agression, elle apprend √† se d√©fendre et re√ßoit alors le nom de Ness, qui signifie « la belette« . Un jour, le druide Cathbad tue son escorte. Comme son p√®re se r√©v√®le impuissant √† punir l’outrage, elle prend les armes et l√®ve √† cet effet une troupe. Mais le druide est rus√©. Il s’arrange pour la surprendre nue, au bain, et elle se voit contrainte de l’√©pouser . Ils auront deux enfants.
Le Loch Ness (connu pour son monstre) est un lac tr√®s long et effil√© √† l’image de la belette.

A propos de l’expression « √™tre une moustelle », Christan Camps dans Expressions famili√®res du Languedoc et des C√©vennes. Bonneton, 2003, note qu’ elle d√©signe « quelqu’un de mince et de sant√© fragile » par comparaison avec le corps allong√© de la belette. Expression confirm√© par mon informateur de Manduel :

« Ma m√®re disait pour une personne (surtout un enfant), fluet, maigre et tr√®s vive: « Es uno bravo moustello ».

La relation entre l’homme et la belette est √©quivoque. D’un c√īt√© la belette repr√©sente le souffle, l’√Ęme et la vie, la femme qui donne la vie, comme le chat, la souris et le rat, le crapaud et le serpent.¬† E.Rolland cite le dicton « encore est vive la souris »¬† pour dire « nous sommes encore en vie », et¬† l’expression pour dire d’une femme qu’elle est¬† enceinte : « elle a le rat au ventre ».¬† C’est pour cette raison que¬† beaucoup de noms de la belette signifient √† l’origine « jeune fille, mari√©e, jeune femme ». ¬† Nous retrouvons la m√™me id√©e¬† en dehors du¬† galloroman, comme¬† par exemple en allemand populaire Fra√ľlein, Praitele « mari√©e », en danois brud « mari√©e », basque andereder « dame belle », en bavarois Sch√∂ntierlein « belle petite b√™te »etc.

D’autre part la belette souffre d’une mauvaise r√©putation. Elle est¬† mortelle dans le poulailler. Il y a d’autres¬† croyances, qui doivent faire peur.¬† ¬† Si un porc est paralyse des jambes de derri√®re, on dit que c’est la belette qui lui est pass√© dessus. Si la belette passe sur le dos d’une personne ou d’un animal, ils ne pourront plus se relever, ou, tout au moins il y aura une d√©viation de la colonne vertr√©brale. (voir Rolland Faune, VII, p.123 p.121).

Le nom mustela se r√©v√®le ainsi d√©positaire d’un double tabou ! S’agit-il l√† d’un paradoxe de fait ? Je le crois. La vie n’existe pas sans la mort.

 

Parabole de l’Enfant Prodigue

La Parabole de l’Enfant Prodigue et les dialectes .

La Parabole de l’Enfant Prodigue, particuli√®re √† l’√©vangile selon Saint Luc (XV 11-32), a des lettres de noblesse dialectologiques. En effet, en 1807, M. de Champagny, ministre de l’Int√©rieur, charge Charles Coquebert de Montbret, homme de science et ancien diplomate, d’entreprendre, pour le bureau de la statistique, une enqu√™te sur les langues parl√©es dans l’Empire fran√ßais. Celui-ci envoie aux pr√©fets, qui transmettent aux maires, notaires, juges de paix de leur d√©partement, un questionnaire comportant notamment la traduction en langage local de la Parabole de
l’Enfant Prodigue. Les r√©ponses re√ßues nous sont conserv√©es dans un ouvrage publi√© par son fils, Eug√®ne Coquebert de Montbret : M√©langes sur les langues, dialectes et patois, Paris 1831, in 8¬į.
Par la suite, la traduction de la Parabole de l’Enfant prodigue en patois est devenu un exercice relativement courant.¬† (Aredius44)

1.2.1.Le XIXe siècle : naissance de la dialectologie (1807-1876)

Le XIXe si√®cle est marqu√© dans l’histoire de la linguistique fran√ßaise par la naissance de la dialectologie, qui s’affranchit du monde des √©rudits locaux et de la philologie, pour devenir une discipline scientifique √† part enti√®re aux environs de 1870. C’est d’ailleurs moins par les acquis du terrain, puisque jusqu’√† cette date il n’y a pas eu de v√©ritable enqu√™te scientifique, que par l’apport des m√©thodes allemandes profess√©es par P. Meyer et G. Paris dans leurs cours de philologie essentiellement consacr√©s aux textes anciens, que cette science qui allait devenir la dialectologie s’est constitu√©e. Ainsi en 1883, le premier enseignement de dialectolologie donn√© par J. Gilli√©ron est encore rattach√© √† l’√©tude des ¬ę variations dialectales de l’ancien fran√ßais ¬Ľ (Romania, 1883, XIII, p. 138).
N√©anmoins, certains travaux philologiques pr√©c√©dant cette p√©riode doivent √™tre pris en compte en raison de leur int√©r√™t particulier et de leur influence sur les √©tudes qui leur ont succ√©d√© (cf. Pop, 1950, p. 14 et sq.). Cependant avant de parcourir ces enqu√™tes, on remarquera l’absence de r√©ponse concernant les parlers du Croissant dans l’enqu√™te de l’Abb√© Gr√©goire qui s’est d√©roul√©e pendant la R√©volution. Il est vrai qu’il s’agissait moins de recenser les patois que de mesurer l’emploi de la langue nationale par les Fran√ßais.

1.2.1.1. L’enqu√™te de l’Empire et les Coquebert de Montbret (1807-1812)

Cette enqu√™te par correspondance, dirig√©e par les Coquebert de Montbret, p√®re et fils, se d√©roula de 1807 √† 1812. Son but √©tait essentiellement statistique, puisqu’elle tentait de d√©nombrer les locuteurs de chaque dialecte parl√© sur le vaste territoire r√©sultant des conqu√™tes napol√©oniennes. Elle prit un aspect particulier dans le Croissant, o√Ļ les investigations et les √©changes de correspondances s’intensifi√®rent lorsque les Coquebert de Montbret se rendirent compte de l’importance de la limite oc-o√Įl, √† partir de 1808 (cf. Brun-Trigaud, 1990, pp. 33-82). D√®s lors, il s’est agi pour les informateurs d’√©tablir avec le plus de pr√©cision possible (commune par commune) ¬ę la ligne de d√©marcation qui s√©pare le fran√ßais proprement dit de l’idiome du Midi ¬Ľ, en illustrant la diff√©renciation dialectale par des traductions de la Parabole de l’Enfant prodigue.
Un rapport manuscrit dat√© de 1812 √©tablit un premier bilan de cette enqu√™te, avant les deux publications d’un choix de Paraboles en 1824 et 1831. Cette derni√®re est accompagn√©e d’un ¬ę Essai d’un travail sur la g√©ographie de la langue fran√ßaise ¬Ľ donnant les m√©thodes et les r√©sultats de cette enqu√™te. Aujourd’hui la correspondance et les versions de la Parabole sont conserv√©es √† la Biblioth√®que Nationale et aux Archives Nationales (cf. Bibliographie).

la parabole¬† enregistr√©e par moi dans les ann√©es ’60 √† Giaglione; 10050 Giaglione TO (Italie)

ICI vous pouvez écouter le Parabole en occitan languedocien (CNRS)
ICI vous pouvez écouter le Parabole en occitan gascon (CNRS)
ICI
vous pouvez écouter le Parabole en occitan en occitan limousin de Puynormand (CNRS)

La parabole de l’enfant prodigue
en patois du canton de Lasalle-Saint Pierre(Gard),
publié par E.Fesquet dans la revue Romania XI (1884), pp.55-56

Semblanso de l’Efan bourgal (prodigalis)

Un ome avi√© dous efans. Lou mendre li diguet : « Paire, baiIo mi ce que deu mi reveni de toun be »; e lou paire lus despartiguet soun avedre. √Ä cauque tems d’aqui quand aguet amassat tout ce qu’avi√©, lou mendre s »enanet i√®n din l’estrange, ounte debouriguet soun deque a visquet din lou mau gouvern. E quand aguet tout degavahiat, uno caresti√© folo, cazet sus la countrado. S’atroubavo sens res. Intret adoun p√®r sirven aco d’un del pais, que lou mandet √† sa borio garda lous poucels. Auri√© be viergut aqi manja soun ramplimen de las couroubios que si trajieu as qu√®chous, m√®s degus noun l’en teni√©. A la fi, si remembran, el digu√®t: » Que de travahiadous √† l’oustau pairoulau qu’√≤u de pan mai que soun prou, e ieu mourisse de fam ! Vau parti ; anarai trouba moun paire e li dirai :  » Paire, ai pecat cronto lou ciel e cronto tu ; noun amerite que mi digou toun filh ; fai mi coumo √† l’un de tous sirvens  » Piei partiguet e anet trouba soun paire, qu’en lou devistan de i√®n, seguet tout pietadous, couriguet √† soun endavan, si traguet √† soun col a l’abrasset. – M√®s soun filh li diguet:  » Paire, ai pecat cronto lou ciel e cronto tu, a noun amerite que mi digou toun filh. » – Adoun lou paire diguet √† sous sirvens: » Anas qu√®rre la pus poulido raubo e cargaz lo-li ; mett√®z-li uno bago al det e bailaz-li per si causs√†. Menaz aici lo bedel gras e aucis√®z-lou. Mangen e larguejen, quar moun filh que ves√®z ero mort e es reviendrat, ero perdut e es retroubat. E coumenc√®rou de largueja.
Sus aco, soun m√†jou qu’ero per chestres tournet, e, si sarran de l »oustau, auziguet que s’i cantavo, e que s’i dansavo. Sounet sus lou cop un des sirvens per saupre d’el deque ero tout ac√≤. Aqueste li diguet:  » Toun fraire es tournat; e toun paire o fatz sanna lou bedel gras, peroc que o retroubat soun filh en bon pourtamen. Lou jouve ni seguet escouf√®s e noun vierguet intra. Adoun soun paire sourtiguet per l’en prega ; m√®s el repouteguet √† soun paire:  » Io sai pas quan que ti servisse sens avedre jammai fatz qu’√† toun voul√©, e pamen noun m’as jammai bailat un cabrit per largueja emb√© mous counpans. M√®s, quand tourno toun autre filh qu’o fatz putofi emb√© de descabestrados, tu fas sanna per el lou bedel gras!  » « Moun filh li respoundeguet soun paire, si√®s toutjourn emb√© ieu e tout ce qu’ai es tieune ; m√®s cahi√© be fa regalo, e roio, peroc que toun fraire que vezes ero mort e qu’es revieudat, qu’ero perdut e es retroubat.  »

Bourgal a pour synonymes: larguié, boubancié, degahié, degavahiadou degahiou, degatiboul, manjaire mannjarèl, etc.
Degavahia,  » dissiper, prodiguer.  » (par le latin gabalus)
Couroubios,  » carouges « , se dit aussi esparx.
Quèchou, cochon, porc, = sp. GOCHO,
Soun deque « son avoir.  » Au lieu de semblanso, on dit aussi paraulo (parabola).
Si traguet √† soun col = l’acoulet.
Sirven. On dit aussi doumège (domesticus).
Peroc que = ital. perroche X persoque = ital. perciocche.
Dansa, = balla, ital. ballare.
Lou mendre, le plus jeune (minor).
Majou  » l’a√ģn√©  » d’une famille (majorem)

Parabole de l Enfant prodigue en langue vaudoise extraite d un Nouveau Testament de la Secte des Vaudois manuscrit du treizième siècle de la Bibliothèque de Grenoble . Tiré de : Nouvelles recherches sur les patois; ou, Idiomes vulgaires de la France, et ...
Par Champollion-Figeac (Jacques-Joseph, M.). Lien direct vers la page : Vaudois, 13e siècle

Parabole de l Enfant prodigue en patois du canton de l’Oysan au sud-est de Grenoble. Tir√© de : Nouvelles recherches sur les patois; ou, Idiomes vulgaires de la France, et ...Par Champollion-Figeac (Jacques-Joseph, M.). Lien direct vers la page : Oysan 19e s.

Parabole de l Enfant prodigue en patois de l’ancien pays de Tri√®ves au sud de Grenoble. Tir√© de : Nouvelles recherches sur les patois; ou, Idiomes vulgaires de la France, et ...Par Champollion-Figeac (Jacques-Joseph, M.). Lien direct vers la page : Tri√®ves, 19e s.

M. Coquebert de Montbret a publi√© des M√©langes sur les langues, dialectes et patois, renfermant entre autres la collection de la parabole de l’ENFANT PRODIGUE, en cent idi√īmes diff√©rens, presque tous de France, Paris, 1831, in-8¬į de 571 pag. Ces paraboles sont tir√©es de la collection des M√©moires des antiquaires de France, t. vi, 1824, pp. 432-545. Cette collection renferme une infinit√© d’articles sur les patois, fournis par des savans, entre autres par MM. Monnier, Richard, etc. — Nous ne tarderons pas √† mettre sous presse une Biblioth√®que idio-bourguignone, contenant la liste raisonn√©e de tous les ouvrages qui ont paru en patois bourguignon. Cet ouvrage est termin√©.

Les traductions commencent √† la page 457. Regardez d’abord la « Table des mati√®res ».

En patois de Nahrte, Auvergne p.457

En patois de Rodez (Aveyron) p.498

En patois de Montauban (Tarn et Garonne) p.499

En patois de La R√©ole (Gironde) p.500 suivi de la traduction en patois du Gers (p.501), du d√©p. de la Haute Garonne (p.502), en patois de Pamiers (Ari√®ge),p.503, en patois de l’arrondissement de Foix (p.504) en patois de l’extr√©mit√© de l’arrondissement de Foix, du c√īt√© de l’Espagne, p.505. etc.

En 2005 j’avais trouv√© la note ci-dessus, mais sans le lien vers les M√©moires. Un ami me l’a signal√©e et je l’ins√®re dans cette page en le remerciant. C’est un vieux projet que j’avais con√ßu lors des recherches faites pour le BDP dans les ann√©es ’60… Il y a un projet analogue dans le site de Lexilogos. qui semble dormir un peu.

Et une grande quantit√© de patois italiens. Un travail formidable fait √† l’Universit√© Humboldt √† Berlin. Un Atlas linguistique Acoustique. Le son et la transcription phon√©tique. Vous y trouverez 4 villages o√Ļ on parle proven√ßal:

Limone, Pontebernardo, Rochemolle et Sauze de Cesane.

A suivre et surtout à compléter par vous!

Sopar und Suppe

Übersetzung aus : http://www.etymologie.info/~e/ Etymologie-Portal von  dem Absatz  Die Bezeichnungen der Mahlzeiten  in die Europäische Sprachen in meinem Artikel Sopar,dinar . dejunar

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Sopar

Unter dem Stichwort « sopar » = « Suppe » hat Robert Geuljans auf seiner okzitanischen Etymologie-Site (s√ľd- und s√ľdwestfranz√∂sischen Dialekte) einige Bezeichnungen von Mahlzeiten in verschiedenen germanischen und romanischen Sprachen zusammengestellt. Eine Erkenntnis ist, dass f√ľr uns Menschen, genau wie f√ľr die Tiere das Wichtigste beim essen, nicht « geniessen » ist, sondern « beissen ». Als deutliches Beispiel kann « Imbiss » gelten.

beissen    

Typ « Unterbrechen des Fastens »: occitan, frz. « d√©jeuner » (= « unterbrechen des Fastens »), engl. « breakfast » (= « Fastenbrechen »), span. « desayuno » = « Fr√ľhst√ľck » (= « Fastenbrechen »), port. « jantar » = « Abendessen » (lat. « jantare » = « prendre le petit d√©jeuner » aus « jejunus » > « jejentare » ), port. « refei√ß√£o » = « r√©fection » = « Renovierung » (lat. « reficere » = « erquicken », w√∂rtlich « wiederherstellen », vgl. « Refektorium »). Auch international « Restaurant « , ein Wort erfunden von Boulanger in 1765 wobei er dachte an die Bibelstelle « venite ad me qui stomacho laboratis, et ego restaurabo vos ».

USA       France

Typ « Inhalt der Mahlzeit »: span. « sopa » (= « Suppe »), frz. « souper » (= « Abendessen »), engl. « supper » (= « Abendessen »), dt. « Abendbrot ». Wesentlicher Bestandteil der « Suppe » war (und ist f√ľr mich immer noch) das eingetauchte oder zumindest dazu gegessene Brot. Sprachlich h√§ngen die « Suppe »-W√∂rter mit dt. « saufen », « saugen » zusammen.

Suppe¬† potage,¬† Br√ľhe ohne Einlage!

Typ « Mengenbezeichnungen »: frz. « petit d√©jeuner » (w√∂rtlich « kleine Fastenunterbrechung), span. « pequeno almo√ßo » (√úbersetzung habe ich nicht gefunden – vielleicht w√∂rtlich « kleiner Schleim/Brei ») almo√ßo = span. almuerzo = Typ beissen lat. morsus.

Typ « Zeitbezug »: ital. « prima (colazione) » = « erstes Fr√ľhst√ľck », dt. « Fr√ľhst√ľck » (« fr√ľhes Essen »), dt. « Abendessen », ndl. « avondeten » (« Abendessen »), dt. « Mittagessen », engl. « lunch » (entstanden aus « luncheon » (1580), engl. « lunch » = « Brocken », « Bissen » und « √Ąon » = « Zeitalter », « Weltalter » (w√∂rtlich also « Bei√üzeit »), oder aus « nonechenche » (« none » = « neun » + Entlehnung von span. « lonja » = « (Brot-)Scheibe, also w√∂rtlich « Neunuhrbrot ») », ebenso fl√§m. « noenmaal » = « Neun(uhr)mahl » (ahd. « mal » = « Zeit(punkt) », « Markierung », « Ziel », urspr. « Abgemessenes »), ital. « pranzo » von lat. « prandium » = « erstes Fr√ľhst√ľck » oder « erste Mahlzeit » = « premier repas » (lat. « prandere » = « fr√ľhst√ľcken », « zu Mittag essen »). Span. « Cena » = « Abendessen » (« l’Ultima Cena » = « das Letzte Abendmahl »), wobei lat. « cena » vermutlich auf eine Bedeutung « Schneiden », « couper » zur√ľck gehen d√ľrfte.

Typ  » Essen »: span. « comida » = « Mahlzeit », « Mittagessen » (aus « com » + « edere » = « zusammen essen »), dt. « -essen », ndl. « -eten », ital. « pranzo » = « (Mittag)Essen » von lat. « prandium », das vermutlich eine Zusammensetzung mit lat. « edere » = « essen » ist.

Typ « Rahmenprogramm »: ital. « colazione » = « Fr√ľhst√ľck », frz. « collation » eine Entlehnung aus Kirchenlat. « collatio » = « Versammlung », « Unterredung » = « Zusammenkunft der M√∂nche », insbesondere wurden w√§hrend der Mahlzeiten religi√∂se Texte verlesen.

Typ « Art und Weise des Speisens »: 1) Typ « bei√üen », oder « brechen » wie span. « almuerzo » = « (zweites) Fr√ľhst√ľck », « Mittagessen » (w√∂rtlich – span. « muerzo », « Biss » mit arab. « al » – « das Bei√üen »), port. « almo√ßo » (beide von lat. « morsus » = « Bei√üen »), ndl. « ontbijt » = « Fr√ľhst√ľck » (W√∂rtlich = « Anbiss », ndl. « bijten » = « beissen »), dt. « Imbiss » (w√∂rtlich etwa « Hineinbeissen »), frz. « casse cro√Ľte » = « Imbiss », « Vesper » (w√∂rtlich etwa « Brechen der Kruste », « Brechen/Bei√üen des Brotes »), engl. « snack » (w√∂rtlich « beissen », engl. « to snack » = « schnappen »), ndl. « hapje » = « Happen » = « Zubeissen », « Zuschnappen », ital. « spuntino » = « snack » (ital. « spuntare » = « sprie√üen », « aufgehen », « anbrechen »).

2) Typ « kosten » wie frz « d√©guster » = « kosten », « probieren », frz. « go√Ľter » = « kosten », « probieren », span. « tentempie » = « Imbi√ü » (w√∂rtlich etwa « tenter √† pied » = « im Stehen probieren »).

déguster

"déguster" kosten kann nur ein Mensch

Théorie des signatures

A plusieurs occasions, notamment √† propos de tigno « teigne; engelure; nid de mante religieuse « ,¬† agassin « cor au pied »,¬† priapolithes « bijoux de Castres »et de faouterna ,« aristoloche » j’ai parl√© de la th√©orie des signatures.

Guy Ducourthial , Docteur ès Sciences du Muséum National d’Histoire Naturelle, vient de publier  la Flore médicale des signatures
XVIe РXVIIe siècles.
Editions L’Harmattan, 06/2016. 672 p. ISBN : 978-2-343-09472-4.

Le compte-rendu par Michel Chauvet, ethnobotaniste, dans les Actualités de Telebotanica  commence ainsi:

La pivoine signale par la couleur rouge de ses fleurs qu’elle a des propriétés hémostatiques et les noix dont les cerneaux peuvent aisément évoquer le cerveau indiquent par cette particularité qu’elles ont la vertu de calmer les maux de tête. C’est du moins ce qu’affirment les auteurs qui ont rédigé des traités sur la Théorie des signatures appliquée aux végétaux.

Si ce sujet vous intéresse suivez  ce lien

Flore medicale

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