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"Fricadelle" en bahasa Indonesia

Fricadelle« Boulette de viande hach√©e, m√©lang√©e √† de la mie de pain ou de la pur√©e, des Ňďufs, du lait, etc., cuite √† la po√™le ou √† la grande friture. » TLF qui donne l’√©tymologie suivante:

√Čtymol. et Hist. 1742 cuis. (Cuisinier mod., V, 13 ds Quem. DDL t. 2 : Soupe de Fricadelle √† la Royale). D√©r. du rad. fric- de fricasser* lui-m√™me interpr√©t√© √† tort comme un d√©r. en -asser; suff. -ade* et -elle*. »

Voir mon article fricot qui a la même origine.

¬†Fricadelle est attest√© bien avant en n√©erlandais :frickedilleke¬† en 1607 chez Kiliaan, le fondateur de la lexicographie n√©erlandaise.¬† J’en parle parce que frikadel¬† √©tait¬† consid√©r√© comme ‘vieux’ en n√©erlandais, mais le mot √©tait rest√© vivant en Indon√©sie et dans¬† la cuisine indon√©sienne o√Ļ il √©tait adapt√© √† la prononciation indon√©sienne :¬† perkadel , notamment le f qui devient p.¬†

A la fin de la colonisation en 1948, beaucoup de N√©erlandais sont rentr√©s aux Pays Bas, tout en gardant leurs habitudes culinaires et gastronomiques indon√©siennes,¬† dont le frikadel.¬† Sur de nombreux cartes des restaurants « chinois-indon√©siens »¬† on trouve des frikadels. La combinaison syntaxique typique de l’indon√©sien substantif principal suivi d’un substantif qualificatif¬† est maintenue, p.ex.¬† ¬† frikadel kabeljauw, frikadel kool au lieu de¬† kabeljauw-frikadel¬† « fricadelle de morue », koolfrikadel « fricadelle de choux »¬† en n√©erlandais normal.

Copi√© d’un site

Resep Perkedel Kentang en néerlandais Recept Kentang frikadel  en français  Recette fricadelle Kentang

Perkedel Kentang
Une autre recette:
Perkedel Kornet Fricadelle de boeuf haché (= anglais corned beef)

Actualités "Anguilles"

Les anguilles et l’industrie de la p√™che √† l’anguille sont¬† en baisse aux Pays-Bas et le reste de l’Europe depuis plusieurs d√©cennies. L’Union europ√©enne a donc d√©cid√©¬† un programme de redressement.

Il y a certainement des possibilit√©s en Camargue.¬† Voir mon article¬† Bouirons « civelles » et la pisciculture des anguilles en Camargue.

Int√©ress√© par les anguilles et la pisciculture? Suivez ce lien si vous comprenez l’anglais ou mieux encore¬† le n√©erlandais.

Il y a une vid√©o¬† des¬† bouirons « civelles » qui rentrent dans une¬† rivi√®re par un trou perc√© dans une √©cluse. Solution √† un probl√®me typiquement n√©erlandais (les polders) qu’on n’aura pas en Camargue.

 


 

Bar(r)aquet

Baraquet, barraquet

  • haricot blanc ;
  • escarole (Tarn; FEW).
  • esp√®ce d’endive
  • poulie (maritime) ;
  • surnom des Espagnols √† Carcassonne.

Ce dernier sens m’a √©t√© signal√© par un visiteur qui l’a entendu √† la radio, dans un refrain sur la Trivalle un quartier de Carcassonne situ√© au pied de la Cit√©, typique pour sa population majoritaire issue de l’immigration espagnole (les barraquets) et gitane ( voir le site carnaval de Lavalette).

Un autre visiteur me signale : « A B√©ziers aussi les Espagnols √©taient surnomm√©s « los barraquets« , ind√©niablement « les haricots verts », car apr√®s ’36 ils arrivaient minces. Les haricots blancs sont « los favariols« . Voir √† propos de ce dernier favasso etc.

¬ę Aquela Trivala, aquel polit quarti√®r, i a que de gitanas, e de baraquets.
An pas de sandalas, an pas de soli√®rs. E van far la valsa, aqu√≠ jol Pont Vi√®lh !¬Ľ

Baraquet n’est pas dans le TLF, mais appara√ģt dans l’ Arr√™t√© du 4 ao√Ľt 1955 concernant les semences potag√®res : « Nain extra-h√Ętif et son synonyme Baraquet « . En surfant j’ai constat√© que les jardiniers et les cuisiniers ne sont pas d’accord sur le sens exact des bar(r)aquets. Certains disent qu’ils sont plats et verts, pour d’autres ils sont blancs cern√©s de jaune, ou gros et verts,¬†¬†¬†¬† s’ ils n’ont pas √©t√© ramass√©s √† temps et bons pour la soupe. Pour le dictionnaire Panoccitan le barraquet nom m. est le « haricot mangetout (vert) ». Cela vient peut-√™tre du fait que la Commercialisation [des semences n’√©tait] possible [que] jusqu’au 31 d√©cembre 1997.(Arr√™t√© du 4 ao√Ľt 1955 ).

Baraquets Rue La Trivalle Carcassonne.

Les noms des f√®ves et des haricots servent souvent comme surnom. Voir l’article favasso, favalise et Mr Bean. A Fleury d’Aude certaines personnes sont appel√©s Manja-favas. Voir √† ce propos cette page. Voir aussi ci-dessusbajana.

Un visiteur me donne le compl√©ment d’information suivant: A B√©ziers, comme √† Carcassonne, les immigr√©s espagnols √©taient los barraquets, « les haricots verts. » Peut-√™tre consommaient-ils ce l√©gume mais je crois surtout que ces malheureux arrivaient fort maigres d’Espagne.

L’√©tymologie de barraquet ¬† n’est pas eniti√®rement √©lucid√©e.
J’ai rassembl√© les mots qui sont dans le FEW et qui pourraient avoir un rapport avec baraquet :

  1. Carcassonne barraquet  » haricot blanc dont on mange les gousses avant la maturit√© « ; Tarn barrak√©to f. « escarole » ( FEW 21/131b Incognita. et FEW21/122a).
  2. Arrens (HtesPyr.) barraquet ‘cheval court  » p.36 dans l’article brakko « chien de chasse « . (FEW 15/1, 237a¬†).
  3. Mdauph barak√©to f. « gourme des petits chats » > barraqueto M. – (FEW 22/1,299b Incognita. suivi de cette remarque: Probable d√©riv√© de Basses Alpes braquet  » furoncle  » ici 15/1,237b *brakko1. (Chauveau)
  4. Vaux (Ain) barkadol√† adj.  » bariol√© de couleurs diverses..  » p.ex. la robe d’un animal; Dr√īme baraca  » bariol√© « , Puyb bouraka , -edo  » qui a plusieurs couleurs « ; Yonne baraque « pie ». ( FEW 23/187b Incognita et p.224)

C’est le dernier groupe qui a fait sonner une petite clochette dans ma t√™te.

Dans l’article barrakan « tissu en poil de chameau » (mot arabe), sont mentionn√©s : occitan barracan « gros camelot qu’on fa√ßonnait autrefois avec des raies blanches » (tir√© du Dictionnaire d’Aza√Įs), ailleurs √† Marseille, Al√®s, Toulouse, et en Limousin avec des d√©fintions moins pr√©ces « √©toffe de laine, camelot ». L’abb√© de Sauvages donne Baracan « sorte d’√©toffe qui rejette la pluie ». L’espagnol barrag√°n « sorte d’√©toffe qui rejette la pluie »¬† a la m√™me d√©finition que celle de l’abb√© Sauvages. Dans le m√™me artcle du FEW sont cit√©s les d√©riv√©s occitans barracan√° v.tr. « barioler de blanc«  ou adj. « bariol√© » , languedocien bracan√° « bariol√© » (Sauvages)¬† attest√© depuis 1060! , Velay braccanoda « se dit d’une vache qui a deux couleurs tranchantes sur le pelage ».

Je pense que le groupe mots d’origine inconnue n¬į 4 ci-dessus , appartiennent √† la famille barrakan. C’est la d√©finition pr√©cise donn√©e par Aza√Įs « avec des raies blanches » qui permet d’y attacher √©galement le mot de l’Yonne baraque « pie ».

Pour la m√™me raison je pense que le baraquet « haricot blanc » de Carcassonne devenu « sobriquet des Espagnols » fait √©galement partie des d√©riv√©s de l’arabe barrakan.. Une autre possibilit√© est que les travailleurs espagnols √©taient habill√©s de » tissus grossiers bariol√©s imperm√©ables » (barrag√°nos), quand ils sont arriv√©s √† Carcassonne.

On peut penser qu’un « cheval court  » appel√© barraquet √† Arrens est √©galement compar√© √† un « haricot » et non pas √† un braque. En ce qui concerne la « gourme des petits chats » je dois avouer mon ignorance. Je n’ai trouv√© des renseignements que sur « la gourme des chevaux ». Il faudra consulter un v√©t√©rinaire. Mais si la gourme des chats est identique √†  » des vers » ( fran√ßais gourme < germanique worm « vers ») , qui ressemblent √† des petits haricots, alors la conclusion s’impose. Le sens « poulie » (Alibert) reste un myst√®re. Peut-√™tre √† cause de sa forme qui ressemble √† un haricot blanc : ?

L’arabe barrakan a donn√© en allemand Barchent [arab. Barrakan ==> grober Wollstoff] einseitig der beidseitiggerauhte Baumwoll- oder Viskosefasergewebe mit Flanellcharakter.

Barchent

Le dictionnaire de Grimm donne les formes Barchat, Barchet et pour le moyen allemand barkan. Comme origine il cite une forme du latin m√©dieval barchanus, parchanus. que je n’ai pas retrouv√©, mais DuCange donne barracanus :

Petrus Venerab.  est Pierre de Montboissier dit Pierre le Vénérable, né entre 1092 et 1094 et mort en 1156,  était le neuvième abbé de Cluny dès 1122. Il  interdit aux moines de porter des tissus barracanos ou des burellos pretiosos.
Sur bouracan attesté depuis 1150, espagnol barragan depuis le IXe siècle, voir bouracan! (TLF et pour le moyen français le Godefroy.) Ce dernier donne les deux formes bouracan et barragan.

Espagnol: barrag√°n2. (Del √°r. hisp. bar[ra]k√°n[i], este del √°r. barkńĀnńę, tipo de pa√Īo negro indio, y este del persa pargńĀr o pargńĀl).

1. m. Tela de lana, impenetrable al agua.

2. m. Abrigo de esta tela, para uso de los hombres.

Bar(r)aquet est aussi un nom de famille. « Mangeurs d’haricots » ou « d’origine espagnole » ?

Breilh

Breilh. La dormeuse de Mirepoix me demande d’√©clairer le myst√®re des « breilhs, breils ?, la zone de mares, bras vivants ou morts, eaux dormantes, sables mouvants, petites r√©surgences, bref la zone humide, interm√©diaire entre le cours principal de la rivi√®re et la terre ferme. »
Le lendemain elle me donne une pr√©cision : « Une habitante du village¬† Arvigna, cultivatrice, me donne une d√©finition plus pr√©cise du breilh : »c’est l’espace plant√© d’arbres amis de l’eau, qui se situe entre les terres labourables et la rivi√®re. On ne parle pas de breilh s’il n’y a pas d’arbres ».Il semble qu’√† Mirepoix, on insiste davantage sur la qualit√© de terre humide. »

Ci-dessous les images qu’elle m’a fait parvenir. Avec le commentaire suivant: photo √† gauche : prise depuis le lit du Douctouyre (Arvigna), le breilh, c’est la zone de taillis, bord√©e d’arbres, que l’on voit au fond, au centre; photo de doite : A Mirepoix, le breilh, c’est plut√īt comme sur la photo, au fond, sous la cath√©drale, la zone mi-terre, mi-eau :

     

Arvigna                                                                                                    Mirepoix

En cherchant l’√©tymologie de ce mot, je tombe sur le mot br√ľl qui dans la r√©gion Oberhessen (Darmstadt, Allemagne) signifie « pr√© bas, humide, √† l’origine genre plus ou moins marais, de nos jours ass√©ch√© ou endigu√© ». (W. Crecelius, Oberhessisches W√∂rterbuch. Darmstadt, 1897-1899).

Vous allez me dire, c’est loin de Mirepoix.√ßa, et je vous r√©ponds : et Puschlav (Graub√ľnden, Suisse) br√∂lu « jardin avec des arbres », et Catalogne brolla « formacio vegetal m√©s o menys densa on predominen arbusts o mates de fulla persistent » et en Normandie broil « bois ». Le mot a surtout surv√©cu dans la toponymie.
Le P√©gorier¬† ‘est¬† de nouveau¬† gratuit.¬† Il donne : breil, breille « petit bois; forte haie » (Languedoc); breil, breuil « petit bois » (ancien fran√ßais) Variantes : breille, breuille. Breil, broil « buisson » (Champagne).

Il s’agit du mot d’origine gauloise *brogilos un d√©riv√© de broga « fronti√®re, limite; champ » qui nous avons¬† rencontr√© √† propos de broa « bord, or√©e, talus ».¬† Suivant la configuration du terrain le type broga peut d√©signer une « haie », une « bordure de rivi√®re », un « bord gazonn√© au pied d’une terre » etc., mais la notion de « limite » est toujours pr√©sente. C’est exactement cette notion de limite, bordure qui est pr√©sente dans le mot breilh de Mirepoix et √† Arvigna. Voir aussi le mot fran√ßais breuil « Petit bois clos, servant de retraite au gibier; ,,pr√© √©tabli sur un ancien bois mar√©cageux«  (Z√©l.) »dans le¬† DMF.

Le mot se trouve dans toutes les r√©gions o√Ļ les Celtes ont v√©cu.

Von Wartburg √©crit dans le FEW I, 555 b, que breuil a pris pendant la f√©odalit√© le sens secondaire de « terre d√©frich√© dont le seigneur restait quand m√™me le propi√©taire ». Ce sens a √©t√© conserv√© en ancien lorrain bruel « pr√© seigneurial que les habitants d’un village √©taient oblig√©s de faucher ».¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† Et dans une note il ajoute que ce sens secondaire se retrouve dans le domaine allemand voisin: ancien alsacien br√ľgel « un pr√© destin√© √† l’utilisation priv√© du seigneur ». En France il serait limit√© √† la zone qui a fait partie du Royaume Allemand.

En ancien occitan brolh signifie « jeune bois, bosquet, breuil », en occitan moderne un bruiet est un « petit bouquet de bois ». le mot prend par m√©tonymie le sens de buissons, jeunes pousses : par exemple bruei « rejeton , jet d’une plante qui sort de terre », ancien occitan brolha s.f. (√† partir du pluriel) « feuillage, multitude », bruioun  » bourgeon, rejeton de chou; bouton sur la peau » et le compos√© debrui√† « arracher les mauvaises herbes »

J’ai signal√© mon article √† un coll√®gue allemand , ¬† qui m’a r√©pondu que le nom de famille Brel a la m√™me origine. Ceci est confirm√© par le site G√©n√©anet : « Le nom est une variante de Breuil (= bois cl√ītur√©, gaulois brogilo). On le rencontre surtout dans le Sud-Ouest (46, 82), mais aussi bien s√Ľr en Belgique. »

Et il m’a aussi incit√© √† consulter le dictionnaire de Grimm, s.v.Br√ľl, qui donne : « BR√úL, m. campus aquis irriguus, pratum palustre, aue, buschigte wiese, mlat. brogilus, br√ľel, breuel, bruwel, bruhel, br√ľhl. BEN. 1, 267b. franz. breuil, it. broglio. freier br√ľel. weisth. 1, 458. 2, 257; die saw in briel jagen. FRANK spr. 2, 47a. hirschbr√ľl, statio cervorum circa loca aquosa et virgultis amoena. STIELER 251. STALDER 1, 233. In den st√§dten heiszen straszen oder andere pl√§tze oft noch br√ľl « . Je traduis cette dern√®re phrase : Dans les villes, certaines rues ou d’autres endroits s’appellent souvent br√ľl. Et un BR√úLING, m. est un porcus anniculus, un proc d’un an qu’on l√Ęche dans le br√ľl.¬†¬† Si quelqu’un veut approfondir cette histoire, il y a de la mati√®re!

Aux Pays Bas il y a la villeDen Briel. Etant n√©erlandais vivant en France, je ne peux m’emp√™cher de vous rappeler l’histoire de Den Briel. La Prise de Den Briel, le 1er avril 1572, par des rebelles protestants est √† la base de la R√©publique des Provinces Unies. Les Pays Bas sont rest√©s une R√©publique de 1581 jusqu’√† la cr√©ation par les Fran√ßais¬† du Royaume de Hollande en 1810.¬† Curieux!

 Le1 avril 1572 Den Briel  est conquis par les Gueux de la mer.

Calanca

A la cale dans une calanque


Une carte amicale reçue ce matin!

En occitan le mot calanca existe depuis la nuit des temps. De nos jours tout le monde conna√ģt les superbes calanques √† Cassis et sur la c√īte pr√®s de Marseille. Cela n‚Äôa pas √©t√© toujours le cas. En fran√ßais ce mot n‚Äôa √©t√© adopt√© que depuis 1690 avec le¬† sens¬† ¬ępetite crique √† l‚Äôabri d‚Äôun promontoire¬†¬Ľ.¬† En occitan la premi√®re attestation √©crite date du 13e si√®cle dans un texte provenant d‚ÄôArles, o√Ļ calanca signifie ¬ę¬†ruelle √©troite¬†¬Ľ. Dans les patois modernes, nous le trouvons √† Champsaur¬† (Hautes Alpes) chalancha, ¬ę¬†√©boulis de terre au flanc d‚Äôune montagne¬†¬Ľ et dans le Var, kalanko ou kananko ¬ę¬†crevasse de rocher¬†¬Ľ. Dans l‚ÄôH√©rault √† B√©ziers calanco est ¬ę¬†une asp√©rit√© d‚Äôun terrain ravin√©¬†¬Ľ et √† Palavas calanca ¬ę¬†un petit abri sur la c√īte¬†¬Ľ.

¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† Calanca est connue comme nom de lieu¬† dans les Alpes au nord de Milan et de Venise, et dans les Grisons en Suisse¬†il y a m√™me une ville¬† Calanca. On le retrouve¬† dans les Apennins et dans l‚ÄôItalie m√©ridionale (Calabria)¬† ou comme substantif¬† en Sardaigne, calanca ¬ę¬†crevasse¬†¬Ľ et en Corse

                    

¬† ¬ę¬†petite crique¬†¬Ľ (voir photo √† droite), pluriel calanche (prononcez:¬† kalanke). La Tour de la Calanca est bien connue des promeneurs. En corse¬† le mot col√īnca d√©signe un ¬ę¬†luogo riparato e basso tra monti e poggi¬†¬Ľ.

colonco

A¬† Barcelonnette calanca est une ¬ę¬†pente raide d√©pourvue de v√©getation qui sert de couloir aux avalanches¬†¬Ľ. D‚Äôapr√®s Pierre Larousse¬† on dit aussi carangue,¬† carangue¬† ou caranque, mais je n¬†‚Äėai pas retrouv√© ces prononciations dans les lexiques patois.

Un visiteur me signale qu’en Forez existe le mot chala (le C occitan devient CH chez nous, prononc√© comme en fran√ßais √† Lyon, comme le th anglais en Savoie et ts au Val d’Aoste) pour dire « √† l’abri ». Il y a aussi le verbe chalar « mettre √† l’abri », se chalar ou s’enchalar « se mettre √† l’abris. »

Les √©tymologistes attribuent le mot¬† √† un substrat pr√©roman et m√™me pr√©-celtique parce qu‚Äôil est inconnu dans toutes les autres langues qui sont √† l‚Äôorigine de l‚Äôoccitan, le latin, le grec, le celtique, l’arabe. Ils pensent aux Ligures qui habitaient la r√©gion avant les Celtes et qui ont √©t√© repouss√©s par ceux-ci dans les montagnes. Les Ligures nous ont laiss√© surtout des noms de lieu qui se terminent par un suffixe en¬†¬†¬†¬† -oscu , -ascu ¬†ou ‚Äďuscu, comme par exemple Flayosc (83) Aubignosc (04)¬† Venasque (¬† ),¬† Greasque (13), Blausasc (06). Voir W. von Wartburg, « Evolution et structure de la langue fran√ßaise« . 6e √©d. Berne,¬† Francke,1962.

Calanca serait un d√©riv√©¬† avec le suffixe -anca d‚Äôune racine *cala¬† ¬ę¬†un endroit abrit√©¬†¬Ľ.¬† De nos jours¬† on dit¬† dans le Gard : a la kalo¬† ¬ę¬†√† l‚Äôabri¬†¬Ľ, en fran√ßais r√©gional¬† √† la cale (du soleil).

L’étymon *cala  se retrouve sous différentes formes, dérivés et composés, dans tout le bassin ouest-méditerranéen, en italien, espagnol et catalan. Comme nom de lieu il est très répandu dans le nord de l’Espagne et en Gaule. Le point le plus au nord en France semble être la ville de Chelles dans l’Oise, appelé Cala au temps des  Mérovingiens.
En fran√ßais nous trouvons la cale avec le sens ¬ę un¬†petit abri pour les navires¬†¬Ľ depuis 1606, ce qui nous rappelle la calanque.¬† Au Vigan (Gard) on parlait d‚Äôun collobenco ¬ę¬†escarpement¬†¬Ľ, un mot compos√© de cala + benco, et en proven√ßal le verbe acala¬† veut dire ¬ę¬†abriter, tasser , apaiser¬†¬Ľ.

Le d√©riv√©¬† de *cala le plus connu et r√©pandu est certainement le mot chalet, √† l‚Äôorigine un ¬ę¬†endroit prot√©g√©¬†dans les montagnes¬Ľ, ensuite les ¬ę¬†b√Ętiments pour faire le fromage dans les alpages¬†¬Ľ, et de nos jours plut√īt une ¬ę¬†maisonnette pittoresque dans le style suisse¬†¬Ľ. En fran√ßais nous trouvons la cale avec le sens ¬ę un¬†petit abri pour les navires¬†¬Ľ depuis 1606, ce qui nous rappelle la calanque.¬† Au Vigan (Gard) on parlait d‚Äôun collobenco ¬ę¬†escarpement¬†¬Ľ, un mot compos√© de cala + benco, et en proven√ßal le verbe acala¬† veut dire  »¬†abriter, tasser , apaiser »¬†

Calada¬†  » rue descendant en galets du Rh√īne ». Je ne sais toujours pas s’il faut rattacher le mot calade¬† aux ¬† « galets »,¬† aux « abris »¬† ou aux « descentes ».

A N√ģmes¬† la calade est ¬ę¬†une rue √† galets en pente¬†¬Ľ, d‚Äôo√Ļ¬† la Place de la Calade . A Avignon se trouve¬† la rue Petite Calade¬† et √† St.Laurent de Carnols (Gard) La Calade¬† descendait¬† vers le cimeti√®re au sud¬† et le quartier de la Carri√©rasse. En fran√ßais r√©gional une calade d√©signe toute ¬ę¬†rue pav√©e de galets du Rh√īne¬†¬Ľ. Le mot calade pourrait √™tre li√© √† calanque, vue l’attestation la plus ancienne de calanca √† Arles avec le sens « ruelle √©troite ». Mais dans plusieurs lexiques je trouve le mot calade avec le sens « galet du Rh√īne ». ¬Ľ. J’ai trouv√© une rue de la Calade √† Combas (Gard, loin du Rh√īne) et √† Pertuis dans le Luberon…

La rue de la Calade à Baux de Provence.

 En me promenant dans les villages languedociens, je trouve des  rue de la Calade  un peu partout, mais je ne sais si ce sont des dénominations anciennes. 

Un visiteur m’√©crit: De plus, pour revenir sur le mot calada, il y a dans la banlieue lyonnaise une ville nomm√©e Caluire (en arpitan: Calury), et qui
s’appelle ainsi parce qu’elle se trouve sur une colline, et que les flancs de cette colline sont couvertes de petites pierres rondes qui descendent jusqu’aux fleuves quand on marche dessus (d’o√Ļ la recrudescence des murs de soutien le long de ces pentes). Cal- est donc ici dans le sens de « descendre ».

Un autre lecteur vient de me signaler que les habitants: « de VILLEFRANCHE-SUR-SA√ĒNE sont dits « les caladois ».

D’apr√®s¬†A.L.F Rivet & Colin Smith : The Place-names of Roman Britain¬† on trouve des toponymes¬† d√©riv√©s de cala¬† dans toute l’Europe. Voici quelques exemples :

Calacum : nom d’une rivi√®re pr√®s de Tarente, en Italie du sud ( pour l’√©tymologie, voir Rivet & Smith, concernant Calacum)
Calacum : probablement le fort romain de Burrow-in-Lonsdale ( = Overborough), Lancashire (selon Rivet & Smith, Place Names of Roman Britain, p 288.
Cala = forme √©tymologique du nom de Chelles. ( pour l’√©tymologie, voir Rivet & Smith, concernant Calacum)
Caladuno : aujourd’hui Montealegre, en L√©on, Espagne.
Caladunum : aujourd’hui Ch√Ęlons, France; d√©partement de la Mayenne.
Chalaux / CHASLAUS = Chalaus (X¬į) ; gaulois : pr√©celtique cala – abri / habitation
et avus (gaulois) à Chambolive en Limousin
Cala Figuera, sur l‚Äô√ģle de Majorque
CHALLET : Surnom de l’homme qui √©tait originaire de Chalet, l’abri sous roche, puis la maison du latin cala, abri..

Contibutions à une nouvelle approche.

Contibutions à une nouvelle approche pour expliquer certaines étymologies.

Jean-Philippe DALBERA Des dialectes au langage. Une arch√©ologie du sens (Linguistique fran√ßaise, 13). – Paris : Champion, 2006, fournit de nombreux cas o√Ļ les diff√©rents¬† noms (signifiants) qu’on trouve dans les dialectes occitans pour¬† le m√™me sens (signifi√©), s’expliquent par l’ image qui est √† l’origine de ces mots.

Un exemple le martinet. Certains noms du martinet¬† « s’√©clairent √† partir de faucilh, qui compare l’oiseau √† la lame de la faucille, pour la forme de ses ailes d√©ploy√©es et la vivacit√© tournoyante de son vol. Compar√© √† un instrument coupant en mouvement, le martinet devient raspalh√≤u, rascl√≤u « coupeur, trancheur  » ou « (petit) barbier  » (manieur de rasoir) : barbair√≤u, barbairon‚Ķ Ces formes √©clairent l’√©trange barbaj√≤u, litt√©ralement « barbe de Jupiter »¬† qu’il faut renoncer √† comprendre autrement que comme une variation arbitraire √† partir d’une base √©voquant le « barbier » (plus l’attraction gratuite de la forme barbaj√≤u d√©signant la « joubarbe »). (Compte-rendu du livre de J.-Ph. Dalbera, par Patrick Sauzet, Zeitschrift f√ľr franz√∂sische Sprache und Literatur 118.2, 2008, 173-180.).

Cette nouvelle approche de l’√©tymologie peut nous aider √† mieux expliquer certaines √©volutions s√©mantiques et l’apparition de significations inattendues comme barbajou « hirondelle », jusqu’ici myst√©rieuse.¬† Le fait que nous avons trouv√© des √©volutions analogues dans d’autres langues¬† peut √©tayer ces hypoth√®ses.

Cascalhar

Cascalhar¬† « bavarder » et¬† barjar, barjaquar ¬† « bavarder »¬† viennent¬† tous les deux de verbes qui signifient¬† « faire du bruit en frappant« .

En regardant ce qui se passe ou s’est pass√© en dehors de nos fronti√®res, nous constatons que non seulement l’espagnol¬† cascar « casser »a aussi pris le sens « bavarder » dans le language populaire, mais que la m√™me √©volution a eu lieu dans les langues germaniques : en n√©erlandais kletsen¬† signifie « frapper avec du buit » et « bavarder » et flamand klappen « parler »,¬† signifie en n√©erlandais « applaudir »,¬†klap « coup; baffe ». ¬† lL’origine¬† de l’Anglais¬† to chat¬† anciennement¬† to chatter, est une onomatop√©e , qui imite un bruit. Les Allemands kwatschen « bavardent », et quand un Allemand vous dit¬† Kwatsch!¬† , vous avez prof√©r√© du « non-sens« , Unsinn.

Espagnol¬†cascar ¬ę briser ¬Ľ et « bavarder ».¬† ch√°chara « papoter » un emprunt √† l’italien chiacchierare¬† « bavarder, papoter »¬† une onomatop√©e bas√©e sur clap clap ;

Barja, barjaqua « bavarder, papoter »¬†¬† de¬† brega  » broie » outil pour broyer le chanvre qui fait un bruit rapide.

Ruscle

Un autre cas qui s’explique de cette fa√ßon se trouve dans le mot¬†ruscle¬† « forte pluie » √† N√ģmes,¬† et « une faim de loup » ailleurs. L’√©volution s√©mantique n’est pas √©vidente. Re + ustulare « br√Ľler, roussir, br√Ľler en parlant du froid »¬† a pu donner > » br√Ľler de faim », > » avoir une faim de loup »,¬† comme l’√©tymon braso « braise » a donn√© abrasa « affam√© » dans les Hautes Alpes.

Le sens « averse » est expliqu√© par von Wartburg (FEW14, 81b) par l’image d’un pr√© apr√®s une averse qui ressemble √† un pr√© br√Ľl√© , mais je ne trouve cette explication pas tr√®s convaincante.

Raspaye

Par hazard je rencontre une √©volution similaire qui se trouve dans l’article raspon  » gratter » (FEWXVI,670a + 768b). Dans¬† plusieurs villages du canton de Vaud le mot rapaye « action de r√Ęper, √©corchure » signifie aussi¬† « bruit de forte pluie; grosse averse ». En effet le bruit d’une forte pluie fait penser au bruit quand on met une viande dans la po√™le, ou quand on gratte fortement un objet.

A midi ma femme a fait cuire des saucisses au piments d’Espelette. Essayez! Le bruit des petites gouttes de graisse qui sautent et salissent la plaque, imitent bien le bruit d’une forte averse!

    ruscle

C’est √©galement le bruit ¬†que fait l’estomac quand on a faim qui peut expliquer le sens « faim de loup ». ¬† En n√©erlandais ¬†rammelen van de honger¬† « avoir une faim de loup », ¬†litt√©ralement « secouer, cahoter de faim ». (Un rammelaar est un « hoquet »). En familier on dit aussi¬†mijn maag knort « mon estomac grogne ».

Abrasa

L’√©tymon braso « braise » a donn√© abrasa « affam√© » dans les Hautes Alpes.

Ivraie  Lolium temulentum

Nl. dolik d√©r. de dol¬† « enrag√©, fou ».¬† CF. dolik. , notamment d’autres¬† herbes qui en allemand s’appellent¬† Tollhaver

Collins English Dictionary – Complete & Unabridged 10th Edition :

Anglais darnel any of several grasses of the genus Lolium,  esp L. temulentum,  that grow as weeds in grain fields in Europe and Asia. [C14: probably related to French (Walloon dialect) darnelle,  of obscure origin]

dolik zn. ‚Äėsoort raaigras (Lolium temulentum)‚Äô
Mnl. dolik, dol(e)ke [1305; MNHWS]; vnnl. dolck ‚Äėdolik‚Äô [1599; Kil.].
Het woord is wrsch. een afleiding van ‚Üí dol 1, omdat de plant verdovende eigenschappen heeft. Het zaad ervan is giftig. De naam behoort in dat geval tot de in het Nederlandse en Noord-Duitse gebied vaker voorkomende planten- en diernamen die gevormd worden met -k, zoals ‚Üí ganzerik, ‚Üí wederik. In het Middelnederlands bestond daarnaast ook een andere afleiding: dolre ‚Äėdolik‚Äô [1350-1400; MNHWS].
De plant heet in het Engels (bearded) darnel, wrsch. afgeleid van Frans (dial.) darnelle, darnette, dat verbonden wordt met woorden die een toestand van verdoving aangeven. De Franse naam is ivraie, dat wordt verbonden met ivre ‚Äėdronken‚Äô. De Zweedse naam is d√•rrepe, letterlijk ‚Äėgekkenraaigras‚Äô. De extensie van de wetenschappelijke naam, temulentum, betekent ‚Äėbeschonken‚Äô. Ook andere planten kunnen dergelijke namen krijgen: Duits Tollhafer, Tollkraut ‚Äėdolle kervel‚Äô (Grimm, DW II,641) enz.
Lit.: W. Meid (1967) Germanische Sprachwissenschaft III. Wortbildung, Berlin, par. 153

Trantanel « bourdaine »

Le lien s√©mantique entre « balancer, vaciller, trembler » et les deux plantes « bourdaine » et « garou » n’est pas √©vident. Bien s√Ľr il y a le tremol, « tremble » mais c’est un grand arbre dont les feuilles tremblent au vent et que tout le monde conna√ģt. C’est en surfant sur le net √† la recherche d’une description de la bourdaine que j’ai lu dans plusieurs endroits que les chevreuils raffolent de la bourdaine, qui pour eux est une drogue.
Dans Wikipedia : « son fruit, tr√®s pris√© des chevreuils notamment, contient un alcalo√Įde aux effets psychotropes. Les chevreuils qui en consomment en fin de printemps errent sans conscience des dangers, particuli√®rement sur les autoroutes. » Autrement dit les chevreuils sont comme des ivrognes, ils vacillent. Peut-√™tre qu’il y a eu un transfert de nom de l’effet vers la cause « la bourdaine ».

Voir le nom en nl. Source : http://www.meertens.knaw.nl/pland/woordenboekartikel.php?term=Sporkehout,%20vrucht

Les noms des fruits de la bourdaine dans les parlers n√©erlandais sont :¬† dolbeer compos√© de¬† dol¬† « fou » + beer¬† « baie », klotskers¬† compose de klots  »¬†  »¬† +¬† kers « cerise », klots + bes¬† et ¬† duivelskral ¬† compos√© de¬† duivel¬† « diable » +¬† kral (=?) . Le verbe klotsen est une onomatop√©e qui dans le sens moderne¬† imite le bruit fait par un liquide en mouvement, comme des ondes contre¬†¬† une digue. Un sens tr√®s proche du¬† trant-

Dans l’article trant- (onomatop√©e) « balancer, vaciller » du FEW , je trouve, un peu cach√© il faut le dire:
« languedocien trantanel m. « passerina tinctoria » (1674, Littr√©). Marseille tartonraire « passerina tartonraira (1570) d’ou le nom scientifique. » Lors de la r√©daction de l’article trant- , un paquet de fiches avec trantanel a d√Ľ s’√©garer et par la suite le lien avec la racine trant- a √©t√© oubli√©, de sorte que toute la famille trantanel « daphne gnidium » ou « bourdaine » a √©t√© r√©unie dans les « incognita ».

La  passerina tinctoria est la Daphne vermiculata Vahl, Daphne vellaeoides
Rodr.
Nomenclaturaux : Stellera tinctoria (Pourr.) Kuntze, Passerina
tinctoria Pourr., Chlamydanthus tinctorius (Pourr.) C.A.Mey.

Vedèou, vedel; sauma; anglais calf; néerlandais afkalven.

Mots utilis√©s pour « √©boulis de terre »¬† d’un mur qui « fait du ventre »; en anglais « scission d’un glacier ou d’un grand bloc de glace »; n√©erlandais « terrain affouillis par une rivi√®re ou la mer ». Voir l’article vedel, vedeou.

et Harper calf . Le mot calf¬† signifie aussi « mollet », sens attest√© depuis 1275-1325 , emrunt √† l’ancien norv√©gien¬† kalfi.

 

Enregistrements mp3 proverbes

Enregistrements

Patois de Taleyrac, commune de Valleraugue (30570)

enregistrés le 15 février 2008

Dictons et proverbes en usage à Valleraugue

Pour les entendre Cliquez sur les textes en occitan.

Sap y fa√Įre, touto pe√Įro li fo contou « Il (sc.un ma√ßon) conna√ģt son m√©tier, de toute pierre il fait une pierre d’angle »

Cal bol de bel tens, cal qu√© l’esp√®r√© « Celui qui veut de beau temps doit l’attendre »

Reboussi√© coumo Prodet de Gangj√© : « sa femme s’√©tant noy√©e, Pradet de Ganges remontait le cours de l’eau pour la chercher ».

Pitchot fa√Źs bien liat es mietch pourtat « petit fardeau bien attach√© est √† demi port√© »

Pesca√Įr√© d’a√Įgo dou√ßo √© cossa√Įre d√© brousso, djoma√Į n’ocampo bousso « P√©cheur d’eau douce et chasseur de brousse ne deviennent jamais riche ».

¬†Tr√®s poulos √© un gal, lou bon Diou b√©niro lou tr√©bal « Trois poules et un coq, le bon Dieu b√©nira le travail », ce qui veut dire qu’il faut mettre les oeufs √† couver quatre par quatre

Qu√© poudo lon, b√©ou un on, que poudo court, b√©ou toudjour « Celui qui taille long, boit un an, celui qui taille court, boit toujours »

Lo bigno dis : poudo mi doban qu√© plour√©, fou√Į mi doban qu√© bour√©, bino mi et agu√©s pa lagui d√© bi. « La vigne dit : taille-moi avant que je pleure, laboure-moi avant que je bourgeonne, et n’ai pas peur de manquer de vin.

Lo p√®s fo l’ordjen, mai l’ordjen fo lo guerro. La paix produit de l’argent, mais l’argent engendre la guerre.

Djoma√Į piel d√© cabro n’o pa estouffat loup. Jamais poil de ch√®vre n’a √©touff√© un loup.

Faudal, fandaou

Faudal, Fandaou ¬ę¬†tablier¬†¬Ľ¬†est d√©riv√© du mot gothique ¬†falda ¬ę¬†pli¬†; ourlet¬†¬Ľ. Cf. l‚Äôallemand ¬†falten, anglais¬† fold ¬ę¬†plier¬†¬Ľ, n√©erl. vouwen, (autrefois vouden), vouw « pli ».¬† Sens conserv√© √† Lasalle (Gard)¬† ¬†faudo ¬ę¬†pli¬†¬Ľ et Al√®s¬† faoudo ¬ę¬†poitrine de bŇďuf¬†¬Ľ (S).

En ancien occitan ¬†faudas (f.pl) est un ¬ę¬†pan d‚Äôun habit¬†¬Ľ. Le mot s‚Äôest r√©pandu dans le Midi, en Italie et dans la p√©ninsule ib√©rique¬†: cat. falda ¬ę¬†tablier, giron¬†¬Ľ. A partir du sens ¬ę¬†pli d‚Äôun tissu, pan d‚Äôun habit¬†¬Ľ s‚Äôest d√©velopp√© le sens ¬ę¬†jupe¬†¬Ľ. Au moyen √Ęge¬†¬†¬† faudas d√©signe aussi ¬ę¬†la partie de l‚Äôarmure qui va de la ceinture aux genoux¬†¬Ľ. Du sens ¬ę¬†jupe¬†¬Ľ on passe √† la partie du corps couverte par celle-ci¬†: ¬ę¬†giron¬†¬Ľ. Languedocien ¬†faoudo, fauda ¬†¬ę¬†giron¬†¬Ľ. Al√®s ¬†fa faoudito ¬ę¬†s‚Äôaccroupir¬†¬Ľ (S).

En languedocien il y a deux d√©riv√©s concurrents 1) ‚Äďale ¬†comme fudaou, fandaou ¬ę¬†tablier¬†¬Ľ . 2) ‚Äďile ¬†comme en Loz√®re fudyao. Parfois on fait une distinction ¬†entre tablier pour homme ou femme. Autres d√©riv√©s¬†: se refaudi ¬ę¬†se blottir, se refugier (sous-entendu dans le giron)¬†¬Ľ et ¬†refaudi ¬†¬ę¬†refuge¬†¬Ľ.

Les Wisigoths et plus tard les Ostrogoths ont occupé la Septimanie chère à Georges Frêche, de 419 à 711.

Une leçon de géographie linguistique.

La comparaison de la r√©partition g√©ographique des mots pour d√©signer le tablier en France et en Italie, nous montre que l‚Äôhistoire des mots¬† refl√®te l‚Äôhistoire politique et culturel d‚Äôun pays. En France, tous les types dialectaux, comme devanci√®r, escorcuel, fauda et faud√®re, etc.ne se trouvent que dans la p√©rif√©rie, en Wallonie, Flandres, Gascogne, Languedoc. Le mot adopt√© par l‚ÄôIle de France a remplac√© les mots locaux √† partir de Paris en suivant les grandes routes. D’abord le type devantier¬† s’est r√©pandu √† partir de Paris et plus tard¬† le type tablier. La cartographie du progr√®s des types devantier et tablier ¬†ressemble beaucoup √† celle des lignes de la SNCF et des grandes routes. En Italie par contre il n‚Äôy a jamais eu un pouvoir central¬†jusqu’√† Garibaldi; l√† on trouve un mot pi√©montais, milanais, v√©nitien, etc. Chaque r√©gion a sa propre identit√©.

A la base de cette carte se trouve celle de l’Atlas linguistique de la France (ALF) n¬į 1274. Les diff√©rents types lexicaux sont repr√©sent√©s par un rainurage diff√©rend. Voir en haut √† droite de la carte.

Nous voyons bien que lors des enqu√™tes pour l’ALF autour de 1900, le type dominant en France pour d√©signer le tablier √©tait devanti√®re. Tous les autres types lexicaux comme falder, fauder, escorcuel, banette, ne se trouvent que dans la p√©riph√©rie du domaine galloroman.

Le type fald- domine en Provence dans l’est du languedocien et en franco-proven√ßal. Ce domaine continue dans le Nord de l’Italie. Mais nous voyons aussi un genre de grande √ģle fald- dans le centre du languedocien. On a le sentiment que le type dominant devanti√®re a fait une perc√©e vers la c√īte m√©diterran√©enne. C’est ce qui s’est produit. Les textes en ancien occitan prouvent que le type fald- occupait une zone bien plus grande. Sous la pression de la langue officielle qui d√©signait le tablier avec le mot devanti√®re le falder a recul√©. Il est plus chic de porter une devanti√®re qu’un fudaou, ou un fandaou. Parfois ce sont les hommes comme le forgeron qui continuent √† porter le dernier.

L’escorcuel est port√© dans les d√©p. du Nord et du Pas de Calais, l’ouest de la Wallonie et des √ģlots plus au Sud, qui t√©moignent d’une extension autrefois plus grande. Ces parlers ont le soutien de la r√©gion voisine flamande, puisqu’en flamand et en n√©erlandais le tablier s’appelle schort. L√† aussi comme dans le domaine fald-, la devanti√®re a gagn√© du terrain, surtout dans les Ardennes et le pays de Li√®ge.

La banette dans le Nord du d√©p. de la Meuse d√©signe surtout le tablier de travail de l’homme et tablier tout court par extension de sens. Le ceignoir ne se trouve que dans la Somme.

Si onous pouvions refaire le travail de Gilli√©ron maintenant, nous verrions certainement que le type tablier a fait de grands progr√®s et a supplant√© la devanti√®re dans de nombreux parlers. Pourtant en 1900 tablier n’occupait que Paris, l’Ile de France et des pays avoisinants, mais on voit sur la carte qu’il y a d√©j√† des t√™tes de pont dans la direction du sud-ouest et le sud-est, vers Bordeaux et vers Lyon-Marseille, en suivant les grandes routes de communication et de commerce. L’histoire se r√©p√®te : il est plus chique de porter un tablier qu’une devanti√®re.

La France est LE pays de la centralisation.

Quelle diff√©rence avec la carte du m√™me concept en Italie o√Ļ chaque r√©gion a gard√© son identit√©: Le Pi√©mont et la Vall√©e d’Aoste qui continuent la zone occitane du type « FALD-« , qu’on retrouve en Sicile et en Sardaigne!!!, Milan « SCOSSAL », Venise « TRAVERSA » et ainsi de suite. C’est l’histoire politique, √©conomique et sociale qui explique cette richesse lexicale.

 

FEW bandjwan

L’article BANDWJAN « donner un signe »

En consultant les statistiques de mon site, je constate que la page FEW est de plus en plus souvent regardée. Le FEW est

le plus grand DICIONNAIRE ETYMOLOGIQUE qui existe.
B√ľchi (Eva) / Chambon (Jean-Pierre), 1995.
« ¬ę Un des plus beaux monuments des sciences du langage ¬Ľ : le FEW de Walther von Wartburg (1910‚Äď1940) », in : Antoine (G.) / Martin (R.) (√©d.), Histoire de la langue fran√ßaise 1914-1945, Paris, CNRS-√Čditions, 935-963.

Rien de comparable n’a √©t√© fait pour aucune autre langue. Voici un deuxi√®me exemple de l’√©norme travail qui a √©t√© entrepris par Walther von Wartburg et son √©quipe. Mieux encore sera de suivre ce lien : Une pr√©sentation du FEW avec des

  • Aides √† la lecture: 1. l’ordre g√©olinguistique (pour t√©l√©charger la carte cliquez! ) 2. bibliographie des sources qui sera publi√©e en 2008
    3.Un glossaire allemand- français.
  • Projets en cours : 1. la refonte de la lettre B et 2. la possibilit√© de t√©l√©charger 14 articles ! 3. Promesse de publication sur le web d’un index onomasiologique.

Voici ma petite contribution: √† gauche l’article du FEW, √† droite mes explications. Chaque article du FEW est compos√© de deux ou trois √©l√©ments : apr√®s l’√©tymon 1. les formes et les significations 2. l’histoire de cet √©tymon du latin jusqu’√† nos jours, de ses d√©riv√©s et compos√©s, et l’explication de l’agencement des formes et des sens et si besoin 3.des notes √† la fin.

Il y a un ordre fixe dans l’ordre des mots donn√©s, appl√© le « strich ». L’apprentissage de la consultation du FEW demande quelques efforts, mais cela vaut la peine. La localisation pr√©c√®de la forme et le sens, la date et √©ventuellement la source la suivent. Les formes du moyen √Ęge en premier, suivi des formes et des sens des temps modernes. Toutes les abr√©viations, comme Apr., Nice, awaadt. H√©r√©m. sont expliqu√©s dans le Beiheft. Par exemple B√©z. = B√©ziers et la source pour le parlers de cette ville est Jean Laur√®s, Lou campestre. Montpellier 1878.

 

bandwjan (gotique, burgond) « donner un signe  »

I. Ancien occitan bandir verbe actif …. Nice bandi; ancien occitan bandir …. ancien vaudois, Suisse(avec le m√™me sens), ancien occitan (m√™me forme) « bannir », …(1369¬† les comptes d’Albi), en Gruy√®re.¬† Dans les patois modernes: , Valais bandi ……, H√©r√©mence (Suisse) m√™me forme = bandi …., Vall√©e d’Aoste m√™me forme, sens « bannir », centre du Dauphin√© …..
Dep. des Hautes Alpes m√™me forme, sens « l√Ęcher.. », Nice bandi « bannir; chasser », B√©ziers, Puisserguier bandi, marseillais bandir « exiler » dans le dictionnaire d’Achard, Aix-en-Provence bandi meme sens, dans le dictionnaire de S.A.Pellas, Al√®s m√™me forme, sens « chasser… », Puisserguier « meme forme + m√™mes sens; bannir », b√©arnais bandi « bannir ».
D√©riv√©s. Nice ………..Ancien dauphinois (=avant le 16e s.)bandeis ..; Evol√®ne (Valais) …………., Vaudois (= les villages vaudois dans le Piemont) …………………………………..(Source: Roletto; Archivum Romanicum 23, p.414). Ancien b√©arnais banidor ……………………..Ancien occitan bandimen subst.masc………..
ancien b√©arnais bandiment « …… », moyen fran√ßais , m√™me forme « ban » source le dictionnaire de Cotgrave; marseillais bandissament « exil » source Achard.
Latin m√©di√©val (7e-14e s.) ……..(Wallis = Valais); …………………………………………………………Lourties (Valais)
Lall√© (un hameau de la commune St.Jacques, Htes Alpes, Gap, St Firmin) Source: D.Martin, Dictionnaire du patois de Lall√©. Gap 1907-9. eibandir « ….. ».¬† ………Ancien occitan ( source : Raynouard M. Lexique....; Levy E. Provenzalisches …; etc.) desbandir « .. ». Ollon (Vaud). …

 

 

 

Compos√©s. Nice, bearnais…………………..Anien occitan forbandir « bannir » (Levy, Petit dictionnaire proven√ßal-fran√ßais)………………………………….Toulouse ….. ….(G = P.Goudelin Oevres 1887, voir Mistral), Cahors…..Caussade, Agen …….., Aveyron …………B√©arn……..
Bayonne ….. L.F = la source, …………..
Rhodanien (= proven√ßal de la vall√©e du Rh√īne).
Npr. = ocitan moderne. Source principale : Mistral.

 

II.1. Fran√ßais moderne bandy subst. masc.. « ………. » ( 1640 d’apr√®s Dictionnaire G√©n√©ral; Richelet Dictionnaire de 1759) bandit (depuis le dictionnaire de Miege), le sens « homme…. » depuis le Dictionnaire de l’Acad√©mie 1740), Suisse « …. », Vall√©e d’Aoste « … ». Albertville …
……….Lantign√© en Beaujaulais ( J. Descroix Glossaire du patois de L. Paris 1946) ………………….Fran√ßais moderne… ………………………….(Dictionnaires de l’Acad√©mie 1798-…) ……………………………………………………………………………….

…… (depuis le Dictionnaire de l’Acad√©mie 1835). D√©riv√©s (en galloroman) Fran√ßais moderne……..(depuis le dictionnaire fran√ßais -allemand de Mozin, ed. de 1859). – Metz….
Lorrain (source J.F.Michel Dictionnaire des expressions…)

…2. Nice …………

 

 

 

 

L’√©tymologie.

Du gotique bandwo  » signe  » est d√©riv√© le verbe BANDWJAN « donner un signe. » Celui-ci vit en occitan et en franco-proven√ßal. (En haut I), en plus en italien bandire, catalan bandir. Espagnol et portugais. bandir, qui sont attest√©s relativement tard, ont √©t√© probablement emprunt√©s au catalan ou √† l’ancien occitan. L’extension du mot sur le nord du franco-proven√ßal rend un emprunt au burgond vraisemblable pour cette r√©gion.
Le d√©veloppement s√©mantique « proclamer » > »exiler » attest√© pour la premi√®re fois au XIVe si√®cle , est probablement d√Ľ √† l’influence du fr. bannir.
En italien, le part. parf. bandito a pris comme substantif la signification « bandits, voleurs ». De l√† les emprunts II.1. Le subst. fem. bandita signifie « riserva di pascolo ». De l√† les emprunts 2. – Meyer-L√ľbke n¬į930.

FEW présentation et explications

FEW

Walther von Wartburg¬† « Franz√∂sisches Etymologisches W√∂rterbuch. Eine Darstellung des galloromanischen Sprachschatzes ». Leipzig 1922 en cours de publication.

Sont absents de cette photo ; les 2 vol. Index (2370 pages, 3 colonnes sur chaque page), le Beiheft + Supplément qui contient tous les noms de lieu et de régions  avec les références  cités.  Ci-dessous la Tables des matières du FEW.

   

Le dernier comprend la Table des mati√®res des vol. XXI-XXIII, pour ceux qui cherchent du travail, ainsi que¬† celle de la refonte du premier vol. , lettre A. La refonte d’une partie de la lettre B se trouve dans le site de l’ATILF.

Ci-dessous la carte de l‘Atlas linguisitique de la France avec inscrption des noms de lieu qui sont mentionn√©s dans le FEW. Cela veut dire que von Wartburg disposait d’un dictionnaire ou d’un lexique du patois de cette localit√©. Vous constaterez que pour la Provence, il y a encore du travail √† faire!

Ci-dessous la carte aveugle du domaine occitan.
Les chiffres sont¬† les points de l’ALF, les petits cercles indiquent les lieux dont un dictionnaire, un lexique ou une oeuvre sont repr√©sent√©s dans le FEW.

« Strich »: l’ordre des localit√©s dans un article. Un¬† Tour de France √† faire.

Voici un exemple des fiches de pr√©paration d’un article du FEW. Pour le limousin von Wartburg avait d√©pouill√© entre autres le « Lexique limousin d’apr√®s les oeuvres de Joseph Roux » Brive 1895-7. D’o√Ļ cette fiche:

L’article¬† insula « √ģle ».

L’ √©tymon¬† insula¬† avec la traduction en allemand.

La structure d’un article qui est indiqu√©e par une num√©rotation pr√©cise, est expliqu√©e et comment√©e √† la fin de l’article. Ici :

¬†I.1.a. Les repr√©sentants de l’√©tymon latin en ancien et moyen fran√ßais: isle le genre et la signification, la date de la premi√®re attestation avec la source si elle n’est pas dans les grands dictionnaires. Suivent les attestations du moyen √Ęge dans les dialectes de la langue d’o√Įl et de la langue d’oc dans un ordre d√©termin√© ( le « Strich » voirci-dessus), qui commence avec l’Ile de France pour reprendre avec l’ancien wallon et finir avec l’ancien gascon des Landes. Ici: agn. = ancien anglo-normand, le fran√ßais parl√© en Angleterre entre de XIe et le XVe si√®cle. Suit la forme en moyen fran√ßais¬† hyle avec le m√™me sens, attest√©e dans un texte de 1485 probablement √©crit dans les Flandres et la forme en fran√ßais moderne √ģle. En ancien dauphinois ila et isla, trouv√©s dans la traduction de la Summa Codicis Justiniani dat√©e du XIIIe s. en dauphinois de la r√©gion de Grenoble.¬† Suivent les diff√©rentes formes de l’ancien occitan avec dates et localisations et les formes dans les patois modernes. Elles sont donn√©es dans l’ordre du « Strich« , √† commencer par les patois de l’Ile de France, suivi¬† d’un saut vers le wallon, pour finir avec Lesparre dans la Gironde. Les donn√©es rassembl√©es ici proviennent de Giv. = Givet (Ardennes) et Petit-Noir (Jura) iy, H√©r√©mence (Valais suisse), pr(oven√ßal) (= occitan) isclo, Mars(-eille)¬† (trouv√© dans le dictionnaire du marseillais d’Achard √©dit√© en 1785), suivent les formes de Nice, Al√®s, Lasalle (30), du languedocien, Castres,du Rouergue, etc. etc. Les d√©finitions donn√©es sont celles fournies par les sources.¬† Les sources de ces donn√©es sont indiqu√©es dans les Suppl√©ments au FEW.

Tiret « √úbertragen » : les attestations du m√™me mot au figur√©.

Ablt. « Ableitungen » = d√©riv√©s. Les diff√©rentes formes et/ou significations sont s√©par√©s par un tiret long.

 

Zuss. « Zusammensetzungen » = compos√©s.¬† Amyot = Jacques Amyot (1513-1593)

b.¬† (= I.1.b) Le m√™me √©tymon est √† l’origine¬† de iscla avec le sens « buissons  »¬† et les sens qui en proviennent. Suivent les attestations avec les significations donn√©es dans les sources. Toujours dans l’ordre du « Strich ».

 

 

Ablt. = les d√©riv√©s appartenant √† ce groupe s√©mantique. L’ordre des d√©riv√©s est alphab√©tique suivant les formes des suffixes en latin .


islaie f. « lieu plant√© d’osier » (Est 1549-Oud1660)¬† : la forme islaie avec le sens « lieu plant√© d’osier » se trouve dans les dictionnaires fran√ßais de Robert Estienne publi√© en 1549 jusqu’√† celui d’Oudin de 1660.

2. (= I.2.) Apr.(=ancien occitan)ila. La premi√®re attestation de cette signification se trouve dans un texte de 1408 provenant du Puy en Velay, publi√© dans la revue Archivum Romanicum, vol.3, page 522. (Gr√Ęce √† Internet vous pourrez le v√©rifier!).¬† Mon ami de Vias (H√©rault) m’√©crit que dans les archives locales du XIXe et XXe s.¬† le mot ile est souvent suivi d’un nom de personne.

 

II. Tout ce qui suit est basé sur des emprunts.

II.1.a.őĪ. Emprunt √† l’italien qui a cr√©e le verbe isolare, emprunt√© d’abord en occitan.¬† Attestation de 1517 dans le livre de P.Pansier Histoire de la langue proven√ßale √† Avignon du XIIe au XIXe si√®cle.

II.1.a.ő≤. ensuite √† partir de la forme du participe pass√© isolato,

 

 

Ablt. (=D√©riv√©s) On a cr√©√© l’infinitif isoler¬† √† la fin du XVIIe en fran√ßais, √† partir du participe pass√©¬† isol√©.

L’√©volution s√©mantique du verbe isoler et des d√©riv√©s. Notez que l’argot n’est pas oubli√©.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Int√©ressant de noter que l’isoloir n’existe que depuis 1914

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

b. (= II.1.b.) Emprunt √† l’italien du 16e s.

c. (=II.1.c.) Un autre emprunt √† l’italien du 16e s.

2. (=II.2.) Le français a emprunté le mot directement au latin, ce qui explique le -n-.

Le sens du pluriel « les insulaires » esp√®ce de contredanse » attest√© dans les dictionnaires de Tr√©voux de 1752 √† 1771 demande une explication.

3. -7.¬† (=II.3. – II.7.) ¬†.L’explication des groupements suivants se trouve √† la fin de l’article.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Latin INSULA est toujours vivant en italien isola, en ancien logudurien (langue de la Sardaigne) iscla, dans l’Engadin (Suisse) iksla, en ancien catalan yla (1291), en catalan illa, espagnol isla, portugais ilha, galicien insua ainsi qu’en galloroman. (Ci-dessus le groupe I.1.a).¬† Quelques formes n’ont pas suivi une √©volution phon√©tique r√©guli√®re comme par ex. italien isola mais aussi Ischia). L’allemand Insel est emprunt√© au latin, le moyen n√©erlandais ile¬† (> Lille) et l’ anglais isle ont √©t√© emprunt√©s au fran√ßais, le mot basque irla est emprunt√© au b√©arnais.

Dans le latin parl√© dans les pays romanis√©s entre le Ve et le Xe si√®cle insula a pris le sens « terrain le long d’une rivi√®re, terrain inondable, buissons et petits arbres sur ce terrain », attest√© en moyen latin insula (dans un texte publi√© par C.Nigra); de l√† albanais iske « buissons sur les rives » (en Calabtre),¬† sicilien isula « idem », Montferrato (Pi√©mont) isra « idem », Agnone (dans le Molise, sud de l’Italie) « terrain alluvionnaire », Montella iska « terrain pr√®s de l’eau », campidanien (un dialecte sarde) « idem », obwaldisch (parler des Grisons, Suisse) isla, Alghero (√ģlot avec une parler catalan en Sardaigne) iscra « frutteto ». Ce groupe de mots est r√©uni sous I.1.b. En latin insula a √©galement le sens de « groupe de b√Ętiments derri√®re la maison du ma√ģtre (domus)« . Ce sens existe toujours en galloroman dans les mots r√©unis dans I.2. II. Ce groupe comprend les emprunts. L’italien a cr√©√© le verbe isolare, d√©riv√© de isola. Le groupe II.1.a contient les emprunts, d’abord en occitan (II.1.a.őĪ ) et ensuite le part.pass√© isolato en fran√ßais (II.1.a.ő≤). Ensuite le fran√ßais a emprunt√© le verbe isoler ainsi que d’autres d√©riv√©s, d’abord dans le domaine de l’architecture, ensuite le sens s’est g√©n√©ralis√© pour de nouveau se sp√©cialiser dans le domaine de l’√©lectricit√©. D’autres d√©riv√©s italiens ont √©t√© emprunt√©s, pendant une certaine p√©riode : isoletta « petite √ģle » (II.1.b) et isolano « habitant d’une √ģle » (II.1.c). Le groupe II.2. est emprunt√© au latin insularis, II.3.a.au latin insularius terme technique de l’arch√©ologie, II.3.b vient de insularius ou bien de l’adjectif insularis; II.4. vient de insula-nus. La medecine moderne a cr√©e deux d√©riv√©s (II.5.a et II.5.b). II.6. est un emprunt au latin paeninsula « presqu’√ģle » qui appara√ģt en m√™me temps que le mot demie √ģle et prequ’√ģle. II.7 est emprunt√© √† l’anglais isleman comme d√©nomination des habitants des √ģles dans La Manche. Il est curieux que ce mot compos√© de isle et man n’est pas attest√© en anglais avant le XIXe s.¬† – Bibliographie.

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