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bouye, boier ‘escargot’

bouy√© « escargot » . Raymond Jour utilise ce mot dans¬† Culture de la Vigne en Languedoc. Voir le lexique1, Je le retrouv√© chez Mistral :
bouieMistral

et avec plus de peine chez Alibert qui l’√©crit boier comme en occitan m√©di√©val.

Le premier sens du mot est « bouvier » ce qui nous fournit en m√™me temps l’√©tymologie , latin bos, bovis + -arius.

Il y a pas mal de Boyer:

Boyer_Famille

J’avais seulement un petit probl√®me avec l’√©volution s√©mantique : bouvier > escargot, mais Mistral l’explique « parce qu’il trace un sillon de bave ».

Qui dit mieux ?

Notes
  1. Montagnac dans la page Sources, liens

coussou ‘vermoulure’

Coussou ‘artison, calandre; vermoulure’ (Sauvages), cosson, cusson¬†(Alibert) vient d’un d√©riv√© en -one du latin cossus « ver, larve » qui mange le bois, attest√© chez Pline. Le mot est aussi fran√ßais d’apr√®s¬† le CNRTL , mais est surtout vivant dans les parlers locaux.

L’√©tymologie est peu int√©ressante, mais l’utilisation de la vermoulure d√©crite par l’abb√© de Sauvages me semble digne d’int√©r√™t:

« …on les met aux √©corchures qui viennent aux plis des membres des jeunes enfans dodus, et qu’on dess√©che par ce moyen. »

La voici:

CoussouSauvagesL’auteur du blog Saint Yrieix la Perche¬† un village du Limousin, a publi√© un¬† article intitul√© Les cussous (cussons)¬† dans lequel il √©crit que de nos jours

Les h√īpitaux utilisent les asticots pour nettoyer les plaies tr√®s graves. C‚Äôest l‚Äėasticoth√©rapie: le soin apport√© √† une plaie des tissus mous par les asticots ..

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Il mentionne un dictionnaire de l’occitan limousin, que je ne connais pas:

Dictionnaire d’usage¬†occitan-fran√ßais (Limousin, Marche, P√©rigord)

Yves Lavalade

Un vaste dictionnaire de quelques 50 000 entr√©es, pour le locuteur, en herbe ou confirm√©, qui veut comprendre les termes et tournures d√©couverts √† l’occasion d’une conversation ou d’une lecture.
Avec une introduction riche et fournie : graphie et « orthographe », prononciation et √©criture, formation des mots. On y trouvera √©galement du vocabulaire actuel : subreventa (over-booking), malhum (r√©seau internet)…

Troisième édition revue et augmentée.

√Čdition Institut d’√Čtudes occitanes du Limousin.

FEW II, 1244 cossus

t√® ‘th√©’ ŤĆ∂

T√® « th√© » vient du chinois¬† ŤĆ∂.

Un article int√©ressant dans le NewYork Times que j’ai traduit pour illustrer et montrer¬† la globalisation / mondialisation qui ne date pas d’hier. Jetez occasionnellement un coup d’Ňďil sur mes listes de mots en d’autres langues et vous verrez que vous √™tes polyglotte

« Th√© » si par mer, »cha » si par terre.

carte du New York Times

carte du New York Times

Lien vers cette carte « Tea id by sea ..« en grand

Le mot cha (ŤĆ∂) est « Sinitique », ce qui signifie qu’il est commun √† de nombreuses vari√©t√©s du Chinois. Son histoire a commenc√© en Chine et il a fait son chemin √† travers l’Asie centrale, devenant « chay » (ŕÜōßŘĆ) en persan. Il es certain selon une d√©couverte r√©cente, que gr√Ęce aux routes commerciales de la Soie, le th√© a √©t√© √©chang√© depuis¬† plus de 2 000 ans. La forme cha s’est r√©pandue au-del√† de la Perse, devenant chay en ourdou, shay en arabe, et chay en russe, entre autres. Il a m√™me fait son chemin vers l’Afrique subsaharienne, o√Ļ il est devenu chai en swahili. Les termes japonais et cor√©ens pour le th√© sont √©galement bas√©s sur le cha chinois, bien que ces langues aient vraisemblablement adopt√© le mot avant m√™me qu’il ne s’√©tende vers l’ouest en persan.

Mais cela n‘explique pas le mot ¬ęth√©¬Ľ. Le caract√®re chinois pour th√©, ŤĆ∂, est prononc√© diff√©remment par diff√©rentes vari√©t√©s de chinois, bien qu’il soit √©crit de la m√™me mani√®re partout. Dans le mandarin moderne on prononce ch√°. mais dans la vari√©t√© chinoise min nan , parl√©e dans la province c√īti√®re du Fujian, le caract√®re ŤĆ∂ se prononce t√©. Le mot cl√© ici est « c√ītier ».

La forme utilis√©e dans les langues des c√ītes chinoises a √©t√© r√©pandue en Europe par les Hollandais, qui sont devenus les principaux commer√ßants de th√© entre l’Europe et l’Asie au XVIIe si√®cle1. Les principaux ports hollandais d’Asie de l’Est se trouvaient au Fujian et √† Ta√Įwan, les deux endroits o√Ļ les gens utilisaient la prononciation t√© . L’importation massive de th√© par la VOC en Europe a donn√© le te en occitan, th√© en fran√ßais, le Tee en allemand et le tea en anglais.
Pourtant, les Hollandais n’√©taient pas les premiers en Asie. Cet honneur

revient aux Portugais, qui √† l’√©poque coloniale ont donn√© le nom Formosa √† l’√ģle de Taiwan. Et les Portugais ne n√©goci√®rent pas via Fujian mais via Macao, o√Ļ la forme du mot est ch√° . C’est pourquoi, sur la carte le Portugale pr√©sente un point rose dans une mer de bleu.

Quelques langues ont un mot sp√©cial pour parler du th√©. Ces langues se trouvent en g√©n√©ral dans des endroits o√Ļ le th√© est indig√®ne, ce qui a conduit les habitants √† garder leur propre fa√ßon de s’y r√©f√©rer. En Birmanie, par exemple, les feuilles de th√© s‘appellent lakphak.

La carte montre deux aires diff√©rentes de la mondialisation en action:d’abord,¬† d’un c√īt√© la propagation mill√©naire des biens et des id√©es vers l’ouest depuis la Chine ancienne, ensuite de l’autre c√īt√© l’influence vieille de 4 si√®cles de la culture asiatique sur les marins Europ√©ens de l’√©poque des explorations. Un mot de presque toutes les langues de la plan√®te.

Notes
  1. Voir √† ce propos l’Atlas mondial des structures linguistiques

veirat ‘maquereau’

Vairat (Alibert1 ), V√™ira (Sauvages) « maquereau »¬† est un d√©riv√© du verbe v√®ira(r) « tourner, changer » qui vient du latin variare « changer, √™tre diff√©rent ». Plus pr√©cis√©ment il s’agit du participe pass√©¬† variatus¬† qui s’est maintenu avec les sens apparent√©s comme  » tachet√©, bariol√©, polychrome; niell√© (un erme d’orf√®vrerie) » dans le domaine galloroman.

Les attestations¬† du sens « maquereau » du FEW XIV,177 presque toutes avec -√®- viennent surtout du domaine languedocien. En catalan il s’appelle verat.

maquereaux ai marché Wikipedia

maquereaux ai marché Wikipedia

L’√©tymologie s’explique par les reflets¬† bleu-vert¬† et les traits noirs du maquereau.

Des savants de la Renaissance comme Rondelet, Conrad Gesner, Cotgrave, ont introduit le nom veirat en fran√ßais o√Ļ il se retrouve jusque dans le Grand Larousse de 1876 aussi comme verrat,¬† et¬† virat. Le suppl√©ment de Littr√© mentionne le¬†veyradier¬†« filet utilis√© dans le quartier d’Agde pour la p√™che des maquereaux ».

En derni√®re minute ke constate¬† jusqu’√† nos jours (2018) dans leTr√©sor¬†de la langue fran√ßaise¬† du CNRTL dans l’article verrat.

Notes
  1. La graphie propos√©e par Alibert et repris par les occitanistes est √©tymologisante ou celle du Moyen √āge et n√©cessite donc un apprentissage suppl√©mentaire.

coudoulous ‘pierreux’

C√īdou « caillou, pierre »¬† (Sauvages), cou√®de √† Aix et Marseille, kou√≤dou en aveyronnais, vient d’un d√©riv√© du latin cŇćs piere √† aiguiser » :¬†¬† * cŇćtulus. Le mot est proven√ßal et languedocien. Nous le trouvons jusqu’√† Castres. Voir les attestations dans le FEW II,1259¬† et aussi sur la carte 196 « caillou » de l’Atlas linguistique de la France une occasion d’admirer ce travail du d√©but du XXe si√®cle.

Mistral conna√ģt aussi le d√©riv√© coudoulous « pierreux » comme toponyme au Vigan et √† Bellegarde. Le nom est maintenant attribu√© au ruisseau.

 

CoudoulousMistral

 

 

 

 

 

 

Le_Coudoulou_à_Avèze,_vieux_pont_et_bief-barrage Wikipedia:

Le Coudoulous est une rivi√®re fran√ßaise du d√©partement Gard de la r√©gion Occitanie et un affluent en rive gauche de l’Arre, c’est-√†-dire un sous-affluent de l’H√©rault.

Mais il y a aussi une ancienne voie romaine Coudoulous en Lozère, qui consiste en un vestige de route antique taillée dans le schiste et se caractérise par de profondes ornières en deux sillons parallèles.

-Coudoulous ornières,_Lozère Wikipedia

On y a trouvé des inscriptions en latin ? ou gaulois?

CoudoulousInscriptionPersée étude sur ce coudoulous

En googlant « images » vous en trouverez beaucoup plus.

Il y a deux coudoulous antique dans le Lot!  des grottes.

 

 

 

Coudougn√©ro ‘cognassier; borne’

 cognassier

¬†Coudoun√©ro, coudoougn√©ro « Cognassier »¬† et dans certaines r√©gions aussi « borne »¬† une √©volution s√©mantique qui demande une explication.

C’est Michel Prodel qui a attir√© mon attention sur cette √©volution quand il √©crit dans son article Arbustes et diverses autres plantes dans la toponymie de la Corr√®ze,p2 :

Si les toponymes Coignac, Cognac peuvent √™tre des anciens domaines du d√©nomm√© Connus, nom romain attest√© (probablement ¬ę celui qui hoche la t√™te ¬Ľ), mais ils peuvent √™tre √©galement compris comme √©tant des anciens ¬ę domaines aux cognassiers ¬Ľ…

L‚Äôoccitan coudoun ou goudoun ¬ę coing ¬Ľ [MIS ; I ; 595] permet d‚Äôinterpr√©ter les deux toponymes la Goudoun√®che, le
Goudounet.

et il¬† a trouv√© l’explication de ce sens dans le Dictionnaire languedocien-fran√ßais.¬† par Maximin d’Hombres et Gratien Charvet. Alais,1884, qui a √©crit :

CoudougneBorneHombres

RollandFlore vol.V p.17¬† nous donne l’extension g√©ographique de ce ph√©nom√®ne de l’utilisation du cognassier comme borne : dans l’Orl√©anais, le Lot-et-Garonne, le Tarn-et-Garonne, le Toulousain et le Lauraguais.¬† On ne sait si l’attestation d’Hombres et Charvet¬† est localis√©e¬† √† Al√®s dans le Gard1 ou simplement copi√©e sur celle de P√®ire Godolin (1580-1649), la premi√®re √† notre connaissance. .

Note 10 de Rolland avec bibliographieLe FEW II, 1605¬† fournit le sens »borne »¬† √† Agen et Toulouse et √©crit dans le commentaire qu’il y a beaucoup de toponymes¬† bas√©s sur coudoun dans les parlers saintongeais (Charente maritime, Charente et nord de la Gironde) et renvoie vers plusieurs sources que je n’ai pas pu consulter.¬† P√©gorier nous renseigne : coudounh√© nom de lieu √† Toulouse, en Dordogne et Languedoc coudounier, coudougnado, en Gascogne coudouni√®ro « bosquet de cognasiers », mais le sens « borne » n’y est pas mentionn√©.

Coudougn√©ro est d√©riv√© de coudoun « coing ». Voir coudoun pour l’√©tymologie.

En ce qui concerne la proposition de Michel Prodel d’y rattacher les toponymes corr√©ziens Goudoun√®che, le Goudounet il faut remarquer que la forme avec g- initial est limit√©e au dauphinois d’apr√®s Mistral et le FEW II, 1605 qui l’atteste √† Cordeac,¬† Die, Tr√©minis (Is√®re) et Lall√© mais pas pour la Corr√®ze. La carte 1510 « cognassier »de l‘Atlas linguistique de la France non plus.

CognassierCreuseALF

 

Notes
  1. D’apr√®s la notice de la BDP ce dictionnaire repr√©sente le patois d’Al√®s.

coudoun ‘coing’

Coudoun « coing ».. L’√©tymologie serait un¬† cydŇćnńēum¬†« coing » ou plut√īt cotŇćnńēum. L’histoire est assez compliqu√©e. La premi√®re fois que le coing est mentionn√© ¬† date de d’environ 700 avant JC¬† chez Alcman un po√®te lyrique grec qui l’appelle¬†őļőŅőīŌÖőĽőŅőĹ.¬† Un demi si√®cle plus tard il est mentionn√© par St√©sichore¬† un po√®te lyrique grec originaire d‚ÄôHim√®re en Sicile, dont la p√©riode d’activit√© s’√©tend de -570 √† -540 environ(Wikipedia) qui l’appelle¬† őļŌÖőīŌČőĹőĻőĪ őľőĪőĽőĪ.
Pendant la p√©riode de la R√©publique romaine et encore chez Pline l’Ancien on trouve la forme cotŇćnńēum. Les auteurs romains comme Columelle √©crivent¬†cydŇćnńēum mńĀlum ou¬†cydŇćnńēum tout court¬† comme Properce.

cydonia oblonga

cydonia oblonga

Les √©tymologistes ont rapproch√© le nom cydŇćnńēum du nom de la ville qui s’appelait √† l’√©poque Cydonea¬† sur l’√ģle de Cr√™te,maintenant La Can√©e (en grec¬†: ŌĄőĪ őßőĪőĹőĻő¨ (au pluriel), souvent transcrit en Chani√° ou Hani√°, de l’italien La Canea Wikipedia. Par exemple Maximin d’Hombres et Gratien Charvet √©crivent dans leur Dictionnaire Languedocien Fran√ßais (1884):

CoudougnaHombresEtym

Le probl√®me est que nous ne savons pas si c’est la ville qui a donn√© son nom au fruit et √† l’arbre, ou si c’est ce dernier qui a donn√© son nom √† la ville. Il est aussi possible que les deux formes utilis√©es en latin, cydŇćnńēum et cotŇćnńēum, sont des variantes du nom d’origine provenant de l’Asie mineure. Z65,210.

Les noms du coing dans les langues romanes viennent de la forme avec -t-,¬†cotŇćnńēum. Cliquez sur ce lien vers le FEW II, 1605 cydŇćnńēum « coing » pour voir les formes¬† et les d√©riv√©s.

La confiture ou gel√©e de coings s’appelle codonat ou codonhat en ancien proven√ßal est un √©l√©ment des 13 desserts de No√ęl.¬† Ce nom est attest√© √† Paris √† la fin du XIVe si√®cle coudoignac. Le -c final est peut-√™tre une astuce commerciale pour sugg√©rer une AOP m√©ridionale. Rabelais l’appelle le coudignac¬† mais pendant la Renaissance appara√ģt la forme cotignac avec un -t- qui est bas√©e sur la forme latine cotŇćnńēum¬† usuelle pendant la p√©riode de la R√©publique romaine.¬† L’abb√© de Sauvages (1756) distingue le sirop de coings qui est « astringeant, fortifiante » de la gel√©e de coings ou le cotignac (coudougna);¬† d’apr√®s lui celui qu’on fait √† M√Ęcon est recommand√©e pour le devoiment.

Michel de Nostradamus donne 3 recettes  dans son Excellent , moult utile opuscule à touts necessaire, qui desirent avoir cognoissance de plusieurs exquises receptes,

La première se trouve dans le chapitre XV, page 172 Recette CoingsNostradamusPage 174 : Autre façon de faire gellée de coings, plus belle beaucoup..

Page 177 : Autre façon de faire gellée de coings en roche, que sera de goust meilleure

Page 182 : Pour confire des coings à cartiers dens un jour

Pge 184 : Pour confire des coings à cartiers avec le vin cuit

Page 186: Pour faire du codignat qui est d’une substance grande et de saveur bonne

Si un cuisinier ou une cuisini√®re suit une de ces recettes, j’appr√©cierai beaucoup √™tre tenu au courant du r√©sultat.

 

L’arbre s’appelle coudougn√© et √† partir de l’Aveyron vers l’ouest¬† coudougneiro.¬† Cognassier Cydonia oblonga

Comme coudougneiro signifie aussi « borne  » j’en ai fait un article √† part.

Rolland Flore vol.V, p.9 et suivantes « coing, cognassier, confiture gel√©e de coings

Marigoule ‘chataigne’ vari√©t√©

Le nom des magasins bio La Marigoule (Pub gratuite:¬† Biocoop La Marigoule Uz√®s.) a une consonance bien occitane. Ce nom a en effet √©t√© invent√© en Corr√®ze, par quelqu’un des P√©pini√®res Couli√© .¬†Wikipedia nous renseigne:

Marigoule est le nom d’un hybride naturel de ch√Ętaignier (synonyme M.15 ou CA 15), croisement entre un ch√Ętaignier europ√©en (Castanea sativa) et japonais (Castanea crenata). Cette vari√©t√© obtenue dans le verger de Migoule √† Ussac en Corr√®ze en 1986 produit de gros fruit de couleur brun rouge brillant, se conservant bien. Marigoule (contraction de Marron de Migoule) est un marron tr√®s appr√©ci√© sur le march√© de bouche. .

La page des P√©pini√®res Couli√©1 est « en cache » dans archive

Pourtant j’avais l’impression de conna√ģtre ce mot. Dans mon site il y a un article barigoulo « pleurote du panicaut » :

Dans la Flore populaire d’Eug√®ne Rolland, nous trouvons ce type lexicologique comme nom de champignon, la barigoule « oreille de chardon » (pleurotus eryngii, vol.XI, 145), et la « morille » (morchella esculenta, vol.XI, 177).

Oreille de chardon:

berigouloRldXI.145

Morille:

berigouloRldXI,177Pour l’√©tymologie voir l’article barigoulo .

L’auteur de l’article Wikipedia pense que le p√©pini√©riste a a fait¬† une contraction de Marron de Migoule.¬† C’est possible.

 

 

 

 

 

Notes
  1. Maintenant domiciliées en Chisinau, Moldavie

trabac ‘sorte de filet fixe’

Trabac s.m. est d√©fini comme « engin de p√™che utilis√© dans les √©tangs de Camargue; il tient de la nasse et de la madrague » par Mich√®le Povel-Armanet dans le parler camarguais. N√ģmes, Lacour,1994. L’√©tymologie d’apr√®s le FEW XVII,640b¬† est le germanique, plus pr√©cis√©ment le lombard ou langobard *trabo

Les attestations de trabac dans le FEW sont rares. Une pour le Grau-du-Roi et une pour S√®te qui est fournie par Littr√© et reprise par les Larousse jusqu’en 1949.

Actuellement le mot n’est pas courant non plus. Google d√©niche trabac dans quelques sites dont le ¬†Terroirs d’en France, qui l’a trouv√© dans l’Encyclop√©die Hachette Multim√©dia de 1999., qui nous renvoie √† son tour aux¬† industries Fipec inc. fabricant de filets au Quebec (!).¬† qui fabrique des verveux :

« Les trabac (ou trabacs ou trabaque ou trabaques) sont des verveux multiples. »

filet canadienDans un  site consacré au Canigou, le trabac est décrit ainsi:

¬† Le « trabac » est un filet de p√™che fixe en entonnoir maintenu en forme par des cerceaux multiples dont les petites mailles permettent la capture des anguilles, utilis√© en poste fixe en eau peu profonde, maintenu sur le fond par des ancres lest√©es et tendu perpendiculairement aux berges entre des piquets de ch√Ętaignier, il canalise les poissons vers des nasses dispos√©es en triangle qui sont visit√©es par le p√™cheur une fois par jour.

Le FEW nous fournit encore 2 variantes de trabac, dont la premi√®re vient du livre fameux de Duhamel du Monceau, Trait√© g√©n√©ral des pesches..¬† (suivez le lien ! j’y ‘ai consacr√© toute une page), qui nous explique:

Trabac Duh1c 130

avec un renvoi vers  la Section II, p; 155:

Trabac Duh1b 155Ce texte a paru en  1769;  le changement et le nom trabacou date donc de 1750 environ.

La seconde est marqu√©e comme « rhodanien » et je me suis dit qu’il doit donc se trouver dans le Tr√©sor de Mistral:

TrabacoMistralet sa d√©finition est bien¬† « esp√®ce de tartane » et « esp√®ce de filet ».

Tout √† fait par hasard je trouve qu’il n’y a pas longtemps, en 2012 , a paru une √©tude sur l’histoire de la p√™che en M√©diterran√©e1 avec des¬† dessins magnifiques en plus. D’apr√®s ces recherches de Mme Maria Lucia De Nicol√≤,¬† l’expression √† trabac d√©signe d’abord des voiles trap√©zo√Įdales d√©j√† exp√©riment√©e au d√©but du XVIIe si√®cle.

voiles √† trabacIl s’agit donc bien d’une innovation technique pratiqu√©e √† Venise¬† et adopt√©e en Provence. L’√©tymologie est d’apr√®s le FEW XVII,640 l’italien trabacca¬† attest√© depuis le XIIIe si√®cle avec le sens « tente de soldats; baraque », dont le suffixe -acca¬† a √©t√© pris au mot¬†baracca¬† et le d√©but¬† correspond √† l’√©tymon germanique du¬† fran√ßais tref « tente; voile carr√© », ancien proven√ßal trap « tente; demeure, habitation ».

Il faut dire que l’histoire de ces derniers est tr√®s discut√©e par des grands √©tymologistes comme Corominas, Thomas, Schuchart et von Wartburg. Il n’est pas √©tonnant qu’il se trouve tout √† la fin du volume XVII dans les Corrections et compl√©ments. Le FEW donne un r√©sum√© des propositions.

 

 

 

Notes
  1. Maria Lucia De Nicol√≤, ¬ę Recherches sur l‚Äôhistoire de la p√™che en M√©diterran√©e : Tartanes de Provence,tartanes de V√©n√©tie, trabacs, mod√®les adriatiques pour la p√™che √† la tra√ģne et le petit cabotage ( XVII e -XVIII e si√®cles) ¬Ľ, Cahiers de la M√©diterran√©e 84,¬† 2012, mis en ligne le 15 d√©cembre 2012

ganivelles

Ganivelles « Une ganivelle, aussi appel√©e « barri√®re girondine », est une cl√īture form√©e par l’assemblage de lattes de bois … Wikipedia .

Google ne fournit comme on peut s’y attendre,¬† que des images de ganivelles √† vendre. J’√©cris cet article parce que un photographe artiste a fait des photos tr√®s po√©tiques des ‘ganivelles d’Aigues Mortes:

ganivelle

L’auteur de Wikipedia¬† ajoute un peu d’histoire du mot:

Au XVIIIe¬†si√®cle en √éle-de-France, une ganivelle d√©signait aussi, par analogie, une maison champ√™tre au toit recouvert d’une ganivelle, d√©tourn√©e de sa fonction initiale, au lieu du chaume habituel.Dans l’ouest de la France, le mot ganivelle est aussi utilis√© pour d√©crire les barri√®res Vauban.

En Auvergne, il d√©signe le porche d’une √©glise, comme √† Auzon ou Nonette. [r√©f.¬†n√©cessaire]

Cette derni√®re note m’a incit√© √† chercher l’√©tymologie. Elle se trouve dans un volume des mots d’origine inconnue FEW¬† XXII,2, p.268¬† que voici:

Ganivelle FEWLes ganivelles d’Aigues Mortes « permet le passage de nombreuses personnes »: je ne vois pas tr√®s bien l’√©volution s√©mantique. Si vous avez une id√©e, √©crivez-moi.

 

 

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