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Coulabio ‘traquet motteux’

Coulabio, aubicou « Traquet motteux. »Â  Dans le lexique Ă©tabli par GĂ©rardJourdan qui accompagne les prĂ©cieux  cahiers autobiographiques de Raymond. Jourdan de Montagnac (34) se trouve le nom d’oiseau; Coulayo « Queue-blanche »Â  Oiseau passereau Ă  bec fin et allongĂ© qui nichait dans les talus. Surnom d’une guĂ©risseuse.  « Traquet motteux. » OrthographiĂ© « coulĂ bio » par F. Mistral.

ComposĂ© cĆ«lus « cul » avec albus « blanc » ou dans l’ordre inversĂ©.  FEW XXIV, 308

Coulabio_FEW

FEW II,1507 le mĂȘme oiseau s’appelle e.a. en moyen français « cul blanc ».

Coulabio_Oenanthe_oenanthe_01_II

Voir  traquet motteux de Wikipedia.

bĂ«aba ‘croix de Pardieu’

BĂ«aba « abĂ©cĂ© ou la Croix de Pardieu » Ă©crit l’abbĂ© de Sauvages en 1756 dans son Dictionnaire languedocien.  La simple curiositĂ© m’a poussĂ© Ă  chercher le sens de « croix de pardieu ». Comme tout le monde je demande Ă  Google:

croix depardieuGooglequi se moque de moi et  donne Gérard Depardieu et Paul La Croix..

Pourtant MoliĂšre connaissait l’expression ;dans Monsieur de Pouceaugnac  ScĂšne 4, l’apoticaire dit:

croidepardieuMoliĂšreJe continue mes  recherches et sans le Dictionnaire de Pierre Richelet (1680)jz trouve que la  croix de par Dieu est : Alphabet marquĂ© d’une croix au commencement, qu’on donne aux enfants pour apprendre Ă  connoĂźtre les lettres.

 

Registrre duConsistoire GeneĂšve au temps de Calvin TomeV

Croix-Depardieu

Description de cette croix de pardieu:

Croix de Pardieu

Extrait du site expossitions de la BNF: http://expositions.bnf.fr/livres-enfants/arret/03_3.htm

http://expositions.bnf.fr/livres-enfants/arret/03_3.htm

Pour conjurer l’hĂ©ritage paĂŻen, l’apprentissage des lettres doit se faire une Ă©cole de vĂ©ritĂ©, c’est-Ă -dire une initiation Ă  l’ordre sacrĂ© du Verbe, l’Alpha et l’OmĂ©ga, dĂ©but et fin de toutes choses.

« AbĂ©cĂ©s » manuscrits
Durant le Moyen-Âge, rares sont les enfants alphabĂ©tisĂ©s. Cette Ă©ducation, rĂ©servĂ©e Ă  l’élite, est gĂ©nĂ©ralement assumĂ©e par la mĂšre pour les rudiments. L’enfant s’instruit dans son psautier ou son livre d’heures, qui consacre alors un feuillet Ă  l’alphabet, sous forme de synopsis, de frise ou de jeu de lecture. Mais l’enfant peut aussi possĂ©der son « abĂ©cĂ© » de petit format et richement enluminĂ©. En outre, l’Église dispense pour un petit nombre un enseignement gratuit qui forme de futurs clercs, avant de s’ouvrir au monde laĂŻc au XIIIe siĂšcle. Les abĂ©cĂ©daires scolaires, plus modestes, sont calligraphiĂ©s en grosses lettres rehaussĂ©es de rouge.
Tous dĂ©butent par une croix qui rappelle aux enfants qu’il faut se signer et dire « croix de par Dieu » avant de lire l’alphabet. L’apprentissage des lettres se fait en six jours, comme les six jours de la CrĂ©ation. Suivent les priĂšres, parfois quelques fragments de la GenĂšse. Les textes en latin doivent ĂȘtre sus « par cƓur » pur s’ancrer profondĂ©ment dans l’ñme de l’enfant et l’informer.

« AbĂ©cĂ©s » manuscrits
Durant le Moyen-Âge, rares sont les enfants alphabĂ©tisĂ©s. Cette Ă©ducation, rĂ©servĂ©e Ă  l’élite, est gĂ©nĂ©ralement assumĂ©e par la mĂšre pour les rudiments. L’enfant s’instruit dans son psautier ou son livre d’heures, qui consacre alors un feuillet Ă  l’alphabet, sous forme de synopsis, de frise ou de jeu de lecture. Mais l’enfant peut aussi possĂ©der son « abĂ©cĂ© » de petit format et richement enluminĂ©. En outre, l’Église dispense pour un petit nombre un enseignement gratuit qui forme de futurs clercs, avant de s’ouvrir au monde laĂŻc au XIIIe siĂšcle. Les abĂ©cĂ©daires scolaires, plus modestes, sont calligraphiĂ©s en grosses lettres rehaussĂ©es de rouge.
Tous dĂ©butent par une croix qui rappelle aux enfants qu’il faut se signer et dire « croix de par Dieu » avant de lire l’alphabet. L’apprentissage des lettres se fait en six jours, comme les six jours de la CrĂ©ation. Suivent les priĂšres, parfois quelques fragments de la GenĂšse. Les textes en latin doivent ĂȘtre sus « par cƓur » pur s’ancrer profondĂ©ment dans l’ñme de l’enfant et l’informer.

ABC imprimés
À partir du XVIe siĂšcle, la RĂ©forme puis la Contre-RĂ©forme s’appuient sur l’invention de l’imprimerie pour lancer de vastes campagnes d’alphabĂ©tisation.
Des livrets de huit Ă  seize pages, bon marchĂ© mais peu soignĂ©s, sont publiĂ©s en grand nombre par les Ă©diteurs provinciaux et diffusĂ©s par colportage auprĂšs des Ă©coles paroissiales. Ils prennent le nom de « Croix Depardieu » car leur conception s’inspire directement des abĂ©cĂ©daires mĂ©diĂ©vaux. L’alphabet peut ĂȘtre moralisĂ© : Ă  chaque lettre est alors associĂ©e une vertu chrĂ©tienne. AprĂšs une Ă©ventuelle table syllabique suivent les priĂšres majeures, les psaumes de pĂ©nitence, les commandements et parfois un petit catĂ©chisme. La multiplication des ordres enseignants au cours des XVIIe et XVIIIe siĂšcles et leur solide implantation expliquent que, jusqu’à la fin du XIXe siĂšcle, l’État ait fait appel Ă  eux pour assurer en partie l’instruction publique.
La « Croix Depardieu » s’est ainsi perpĂ©tuĂ©e, n’innovant que par le dĂ©veloppement du syllabaire (table, mots et textes syllabĂ©s), le recours Ă  des caractĂšres de taille dĂ©croissante, l’usage dominant du français sur le latin. La gravure se cantonne au frontispice. La rĂ©citation reste de mise.

Je me rappelle que j’ai appris l’alphabet Ă  l’aide d’un petit livret avec les lettres, des images et un petit texte. En nĂ©erlandais bien sĂ»r, comme celui-ci:

A_is_eenĂšaapjeL’histoire de ces livrets abĂ©cĂ©daires dans les pays europĂ©ens reflĂšte spĂ©cificitĂ©s de chaque pays. En France , pays laĂŻque, les croix depardieu ont Ă©té  o,terdits aprĂšs 1789.  Avec Wikipedia vous pouvez faire le tous de l’Europe !

 

bouye, boier ‘escargot’

bouyĂ© « escargot » . Raymond Jour utilise ce mot dans  Culture de la Vigne en Languedoc. Voir le lexique1, Je le retrouvĂ© chez Mistral :
bouieMistral

et avec plus de peine chez Alibert qui l’Ă©crit boier comme en occitan mĂ©diĂ©val.

Le premier sens du mot est « bouvier » ce qui nous fournit en mĂȘme temps l’Ă©tymologie , latin bos, bovis + -arius.

Il y a pas mal de Boyer:

Boyer_Famille

J’avais seulement un petit problĂšme avec l’Ă©volution sĂ©mantique : bouvier > escargot, mais Mistral l’explique « parce qu’il trace un sillon de bave ».

Qui dit mieux ?

Notes
  1. Montagnac dans la page Sources, liens

coussou ‘vermoulure’

Coussou ‘artison, calandre; vermoulure’ (Sauvages), cosson, cusson (Alibert) vient d’un dĂ©rivĂ© en -one du latin cossus « ver, larve » qui mange le bois, attestĂ© chez Pline. Le mot est aussi français d’aprĂšs  le CNRTL , mais est surtout vivant dans les parlers locaux.

L’Ă©tymologie est peu intĂ©ressante, mais l’utilisation de la vermoulure dĂ©crite par l’abbĂ© de Sauvages me semble digne d’intĂ©rĂȘt:

« …on les met aux Ă©corchures qui viennent aux plis des membres des jeunes enfans dodus, et qu’on dessĂ©che par ce moyen. »

La voici:

CoussouSauvagesL’auteur du blog Saint Yrieix la Perche  un village du Limousin, a publiĂ© un  article intitulĂ© Les cussous (cussons)  dans lequel il Ă©crit que de nos jours

Les hĂŽpitaux utilisent les asticots pour nettoyer les plaies trĂšs graves. C’est l‘asticothĂ©rapie: le soin apportĂ© Ă  une plaie des tissus mous par les asticots ..

Allez-y, cliquez!

Il mentionne un dictionnaire de l’occitan limousin, que je ne connais pas:

Dictionnaire d’usage occitan-français (Limousin, Marche, PĂ©rigord)

Yves Lavalade

Un vaste dictionnaire de quelques 50 000 entrĂ©es, pour le locuteur, en herbe ou confirmĂ©, qui veut comprendre les termes et tournures dĂ©couverts Ă  l’occasion d’une conversation ou d’une lecture.
Avec une introduction riche et fournie : graphie et « orthographe », prononciation et Ă©criture, formation des mots. On y trouvera Ă©galement du vocabulaire actuel : subreventa (over-booking), malhum (rĂ©seau internet)…

TroisiÚme édition revue et augmentée.

Édition Institut d’Études occitanes du Limousin.

FEW II, 1244 cossus

tĂš ‘thĂ©’ 茶

TĂš « thĂ© » vient du chinois  茶.

Un article intĂ©ressant dans le NewYork Times que j’ai traduit pour illustrer et montrer  la globalisation / mondialisation qui ne date pas d’hier. Jetez occasionnellement un coup d’Ɠil sur mes listes de mots en d’autres langues et vous verrez que vous ĂȘtes polyglotte

« ThĂ© » si par mer, »cha » si par terre.

carte du New York Times

carte du New York Times

Lien vers cette carte « Tea id by sea ..« en grand

Le mot cha (茶) est « Sinitique », ce qui signifie qu’il est commun Ă  de nombreuses variĂ©tĂ©s du Chinois. Son histoire a commencĂ© en Chine et il a fait son chemin Ă  travers l’Asie centrale, devenant « chay » (Ú†Ű§ÛŒ) en persan. Il es certain selon une dĂ©couverte rĂ©cente, que grĂące aux routes commerciales de la Soie, le thĂ© a Ă©tĂ© Ă©changĂ© depuis  plus de 2 000 ans. La forme cha s’est rĂ©pandue au-delĂ  de la Perse, devenant chay en ourdou, shay en arabe, et chay en russe, entre autres. Il a mĂȘme fait son chemin vers l’Afrique subsaharienne, oĂč il est devenu chai en swahili. Les termes japonais et corĂ©ens pour le thĂ© sont Ă©galement basĂ©s sur le cha chinois, bien que ces langues aient vraisemblablement adoptĂ© le mot avant mĂȘme qu’il ne s’Ă©tende vers l’ouest en persan.

Mais cela n‘explique pas le mot «thé». Le caractĂšre chinois pour thĂ©, 茶, est prononcĂ© diffĂ©remment par diffĂ©rentes variĂ©tĂ©s de chinois, bien qu’il soit Ă©crit de la mĂȘme maniĂšre partout. Dans le mandarin moderne on prononce chĂĄ. mais dans la variĂ©tĂ© chinoise min nan , parlĂ©e dans la province cĂŽtiĂšre du Fujian, le caractĂšre 茶 se prononce tĂ©. Le mot clĂ© ici est « cĂŽtier ».

La forme utilisĂ©e dans les langues des cĂŽtes chinoises a Ă©tĂ© rĂ©pandue en Europe par les Hollandais, qui sont devenus les principaux commerçants de thĂ© entre l’Europe et l’Asie au XVIIe siĂšcle1. Les principaux ports hollandais d’Asie de l’Est se trouvaient au Fujian et Ă  TaĂŻwan, les deux endroits oĂč les gens utilisaient la prononciation tĂ© . L’importation massive de thĂ© par la VOC en Europe a donnĂ© le te en occitan, thĂ© en français, le Tee en allemand et le tea en anglais.
Pourtant, les Hollandais n’Ă©taient pas les premiers en Asie. Cet honneur

revient aux Portugais, qui Ă  l’Ă©poque coloniale ont donnĂ© le nom Formosa Ă  l’Ăźle de Taiwan. Et les Portugais ne nĂ©gociĂšrent pas via Fujian mais via Macao, oĂč la forme du mot est chĂĄ . C’est pourquoi, sur la carte le Portugale prĂ©sente un point rose dans une mer de bleu.

Quelques langues ont un mot spĂ©cial pour parler du thĂ©. Ces langues se trouvent en gĂ©nĂ©ral dans des endroits oĂč le thĂ© est indigĂšne, ce qui a conduit les habitants Ă  garder leur propre façon de s’y rĂ©fĂ©rer. En Birmanie, par exemple, les feuilles de thĂ© s‘appellent lakphak.

La carte montre deux aires diffĂ©rentes de la mondialisation en action:d’abord,  d’un cĂŽtĂ© la propagation millĂ©naire des biens et des idĂ©es vers l’ouest depuis la Chine ancienne, ensuite de l’autre cĂŽtĂ© l’influence vieille de 4 siĂšcles de la culture asiatique sur les marins EuropĂ©ens de l’Ă©poque des explorations. Un mot de presque toutes les langues de la planĂšte.

Notes
  1. Voir Ă  ce propos l’Atlas mondial des structures linguistiques

veirat ‘maquereau’

Vairat (Alibert1 ), VĂȘira (Sauvages) « maquereau »Â  est un dĂ©rivĂ© du verbe vĂšira(r) « tourner, changer » qui vient du latin variare « changer, ĂȘtre diffĂ©rent ». Plus prĂ©cisĂ©ment il s’agit du participe passé  variatus  qui s’est maintenu avec les sens apparentĂ©s comme  » tachetĂ©, bariolĂ©, polychrome; niellĂ© (un erme d’orfĂšvrerie) » dans le domaine galloroman.

Les attestations  du sens « maquereau » du FEW XIV,177 presque toutes avec -Ăš- viennent surtout du domaine languedocien. En catalan il s’appelle verat.

maquereaux ai marché Wikipedia

maquereaux ai marché Wikipedia

L’Ă©tymologie s’explique par les reflets  bleu-vert  et les traits noirs du maquereau.

Des savants de la Renaissance comme Rondelet, Conrad Gesner, Cotgrave, ont introduit le nom veirat en français oĂč il se retrouve jusque dans le Grand Larousse de 1876 aussi comme verrat,  et  virat. Le supplĂ©ment de LittrĂ© mentionne le veyradier « filet utilisĂ© dans le quartier d’Agde pour la pĂȘche des maquereaux ».

En derniĂšre minute ke constate  jusqu’Ă  nos jours (2018) dans leTrĂ©sor de la langue française  du CNRTL dans l’article verrat.

Notes
  1. La graphie proposĂ©e par Alibert et repris par les occitanistes est Ă©tymologisante ou celle du Moyen Âge et nĂ©cessite donc un apprentissage supplĂ©mentaire.

coudoulous ‘pierreux’

CĂŽdou « caillou, pierre »Â  (Sauvages), couĂšde Ă  Aix et Marseille, kouĂČdou en aveyronnais, vient d’un dĂ©rivĂ© du latin cƍs piere Ă  aiguiser » :   * cƍtulus. Le mot est provençal et languedocien. Nous le trouvons jusqu’Ă  Castres. Voir les attestations dans le FEW II,1259  et aussi sur la carte 196 « caillou » de l’Atlas linguistique de la France une occasion d’admirer ce travail du dĂ©but du XXe siĂšcle.

Mistral connaĂźt aussi le dĂ©rivĂ© coudoulous « pierreux » comme toponyme au Vigan et Ă  Bellegarde. Le nom est maintenant attribuĂ© au ruisseau.

 

CoudoulousMistral

 

 

 

 

 

 

Le_Coudoulou_Ă _AvĂšze,_vieux_pont_et_bief-barrage Wikipedia:

Le Coudoulous est une riviĂšre française du dĂ©partement Gard de la rĂ©gion Occitanie et un affluent en rive gauche de l’Arre, c’est-Ă -dire un sous-affluent de l’HĂ©rault.

Mais il y a aussi une ancienne voie romaine Coudoulous en LozÚre, qui consiste en un vestige de route antique taillée dans le schiste et se caractérise par de profondes orniÚres en deux sillons parallÚles.

-Coudoulous orniĂšres,_LozĂšre Wikipedia

On y a trouvé des inscriptions en latin ? ou gaulois?

CoudoulousInscriptionPersée étude sur ce coudoulous

En googlant « images » vous en trouverez beaucoup plus.

Il y a deux coudoulous antique dans le Lot!  des grottes.

 

 

 

CoudougnĂ©ro ‘cognassier; borne’

 cognassier

 CoudounĂ©ro, coudoougnĂ©ro « Cognassier »Â  et dans certaines rĂ©gions aussi « borne »Â  une Ă©volution sĂ©mantique qui demande une explication.

C’est Michel Prodel qui a attirĂ© mon attention sur cette Ă©volution quand il Ă©crit dans son article Arbustes et diverses autres plantes dans la toponymie de la CorrĂšze,p2 :

Si les toponymes Coignac, Cognac peuvent ĂȘtre des anciens domaines du dĂ©nommĂ© Connus, nom romain attestĂ© (probablement « celui qui hoche la tĂȘte »), mais ils peuvent ĂȘtre Ă©galement compris comme Ă©tant des anciens « domaines aux cognassiers »…

L’occitan coudoun ou goudoun « coing » [MIS ; I ; 595] permet d’interprĂ©ter les deux toponymes la GoudounĂšche, le
Goudounet.

et il  a trouvĂ© l’explication de ce sens dans le Dictionnaire languedocien-français.  par Maximin d’Hombres et Gratien Charvet. Alais,1884, qui a Ă©crit :

CoudougneBorneHombres

RollandFlore vol.V p.17  nous donne l’extension gĂ©ographique de ce phĂ©nomĂšne de l’utilisation du cognassier comme borne : dans l’OrlĂ©anais, le Lot-et-Garonne, le Tarn-et-Garonne, le Toulousain et le Lauraguais.  On ne sait si l’attestation d’Hombres et Charvet  est localisĂ©e  Ă  AlĂšs dans le Gard1 ou simplement copiĂ©e sur celle de PĂšire Godolin (1580-1649), la premiĂšre Ă  notre connaissance. .

Note 10 de Rolland avec bibliographieLe FEW II, 1605  fournit le sens »borne »Â  Ă  Agen et Toulouse et Ă©crit dans le commentaire qu’il y a beaucoup de toponymes  basĂ©s sur coudoun dans les parlers saintongeais (Charente maritime, Charente et nord de la Gironde) et renvoie vers plusieurs sources que je n’ai pas pu consulter.  PĂ©gorier nous renseigne : coudounhĂ© nom de lieu Ă  Toulouse, en Dordogne et Languedoc coudounier, coudougnado, en Gascogne coudouniĂšro « bosquet de cognasiers », mais le sens « borne » n’y est pas mentionnĂ©.

CoudougnĂ©ro est dĂ©rivĂ© de coudoun « coing ». Voir coudoun pour l’Ă©tymologie.

En ce qui concerne la proposition de Michel Prodel d’y rattacher les toponymes corrĂ©ziens GoudounĂšche, le Goudounet il faut remarquer que la forme avec g- initial est limitĂ©e au dauphinois d’aprĂšs Mistral et le FEW II, 1605 qui l’atteste Ă  Cordeac,  Die, TrĂ©minis (IsĂšre) et LallĂ© mais pas pour la CorrĂšze. La carte 1510 « cognassier »de l‘Atlas linguistique de la France non plus.

CognassierCreuseALF

 

Notes
  1. D’aprĂšs la notice de la BDP ce dictionnaire reprĂ©sente le patois d’AlĂšs.

coudoun ‘coing’

Coudoun « coing ».. L’Ă©tymologie serait un  cydƍnĕum « coing » ou plutĂŽt cotƍnĕum. L’histoire est assez compliquĂ©e. La premiĂšre fois que le coing est mentionnĂ©   date de d’environ 700 avant JC  chez Alcman un poĂšte lyrique grec qui l’appelle ÎșÎżÎŽÏ…Î»ÎżÎœ.  Un demi siĂšcle plus tard il est mentionnĂ© par StĂ©sichore  un poĂšte lyrique grec originaire d’HimĂšre en Sicile, dont la pĂ©riode d’activitĂ© s’Ă©tend de -570 Ă  -540 environ(Wikipedia) qui l’appelle  ÎșυΎωΜÎčα Όαλα.
Pendant la pĂ©riode de la RĂ©publique romaine et encore chez Pline l’Ancien on trouve la forme cotƍnĕum. Les auteurs romains comme Columelle Ă©crivent cydƍnĕum mālum ou cydƍnĕum tout court  comme Properce.

cydonia oblonga

cydonia oblonga

Les Ă©tymologistes ont rapprochĂ© le nom cydƍnĕum du nom de la ville qui s’appelait Ă  l’Ă©poque Cydonea  sur l’Ăźle de CrĂȘte,maintenant La CanĂ©e (en grec : τα ΧαΜÎčÎŹ (au pluriel), souvent transcrit en ChaniĂĄ ou HaniĂĄ, de l’italien La Canea Wikipedia. Par exemple Maximin d’Hombres et Gratien Charvet Ă©crivent dans leur Dictionnaire Languedocien Français (1884):

CoudougnaHombresEtym

Le problĂšme est que nous ne savons pas si c’est la ville qui a donnĂ© son nom au fruit et Ă  l’arbre, ou si c’est ce dernier qui a donnĂ© son nom Ă  la ville. Il est aussi possible que les deux formes utilisĂ©es en latin, cydƍnĕum et cotƍnĕum, sont des variantes du nom d’origine provenant de l’Asie mineure. Z65,210.

Les noms du coing dans les langues romanes viennent de la forme avec -t-, cotƍnĕum. Cliquez sur ce lien vers le FEW II, 1605 cydƍnĕum « coing » pour voir les formes  et les dĂ©rivĂ©s.

La confiture ou gelĂ©e de coings s’appelle codonat ou codonhat en ancien provençal est un Ă©lĂ©ment des 13 desserts de NoĂ«l.  Ce nom est attestĂ© Ă  Paris Ă  la fin du XIVe siĂšcle coudoignac. Le -c final est peut-ĂȘtre une astuce commerciale pour suggĂ©rer une AOP mĂ©ridionale. Rabelais l’appelle le coudignac  mais pendant la Renaissance apparaĂźt la forme cotignac avec un -t- qui est basĂ©e sur la forme latine cotƍnĕum  usuelle pendant la pĂ©riode de la RĂ©publique romaine.  L’abbĂ© de Sauvages (1756) distingue le sirop de coings qui est « astringeant, fortifiante » de la gelĂ©e de coings ou le cotignac (coudougna);  d’aprĂšs lui celui qu’on fait Ă  MĂącon est recommandĂ©e pour le devoiment.

Michel de Nostradamus donne 3 recettes  dans son Excellent , moult utile opuscule à touts necessaire, qui desirent avoir cognoissance de plusieurs exquises receptes,

La premiÚre se trouve dans le chapitre XV, page 172 Recette CoingsNostradamusPage 174 : Autre façon de faire gellée de coings, plus belle beaucoup..

Page 177 : Autre façon de faire gellée de coings en roche, que sera de goust meilleure

Page 182 : Pour confire des coings Ă  cartiers dens un jour

Pge 184 : Pour confire des coings Ă  cartiers avec le vin cuit

Page 186: Pour faire du codignat qui est d’une substance grande et de saveur bonne

Si un cuisinier ou une cuisiniĂšre suit une de ces recettes, j’apprĂ©cierai beaucoup ĂȘtre tenu au courant du rĂ©sultat.

 

L’arbre s’appelle coudougnĂ© et Ă  partir de l’Aveyron vers l’ouest  coudougneiro.  Cognassier Cydonia oblonga

Comme coudougneiro signifie aussi « borne  » j’en ai fait un article Ă  part.

Rolland Flore vol.V, p.9 et suivantes « coing, cognassier, confiture gelĂ©e de coings

Marigoule ‘chataigne’ variĂ©tĂ©

Le nom des magasins bio La Marigoule (Pub gratuite:  Biocoop La Marigoule UzĂšs.) a une consonance bien occitane. Ce nom a en effet Ă©tĂ© inventĂ© en CorrĂšze, par quelqu’un des PĂ©piniĂšres CouliĂ© . Wikipedia nous renseigne:

Marigoule est le nom d’un hybride naturel de chĂątaignier (synonyme M.15 ou CA 15), croisement entre un chĂątaignier europĂ©en (Castanea sativa) et japonais (Castanea crenata). Cette variĂ©tĂ© obtenue dans le verger de Migoule Ă  Ussac en CorrĂšze en 1986 produit de gros fruit de couleur brun rouge brillant, se conservant bien. Marigoule (contraction de Marron de Migoule) est un marron trĂšs apprĂ©ciĂ© sur le marchĂ© de bouche. .

La page des PĂ©piniĂšres CouliĂ©1 est « en cache » dans archive

Pourtant j’avais l’impression de connaĂźtre ce mot. Dans mon site il y a un article barigoulo « pleurote du panicaut » :

Dans la Flore populaire d’EugĂšne Rolland, nous trouvons ce type lexicologique comme nom de champignon, la barigoule « oreille de chardon » (pleurotus eryngii, vol.XI, 145), et la « morille » (morchella esculenta, vol.XI, 177).

Oreille de chardon:

berigouloRldXI.145

Morille:

berigouloRldXI,177Pour l’Ă©tymologie voir l’article barigoulo .

L’auteur de l’article Wikipedia pense que le pĂ©piniĂ©riste a a fait  une contraction de Marron de Migoule.  C’est possible.

 

 

 

 

 

Notes
  1. Maintenant domiciliées en Chisinau, Moldavie
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