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Oli de gabel

√íli di gavel ou tisano de gavek¬† d’apr√®s Joanda¬† dans la Gazette¬† un circonlocution du « vin ». Voir¬†gavela

cardouss√©s’ chardon d’Espagne’

Cardouss√ęs « √©pine jaune » en latin « scolymus » plante √† fleur jaune aux environs de Montpellier; on mange la racine en sausse ou en friture. (Sauvages, 1756).
√Čtymologie: ce nom appartient au groupe de d√©riv√©s de card(u)us¬†chardon » > carde et chardon (FEW II,371), mais ‘Wikipedia :

Chardon est un terme g√©n√©rique qui d√©signe de nombreuses esp√®ces de plantes √©pineuses appartenant principalement √† la famille des Asteraceae…

Cardouss√©s « chardon d’Espagne est un¬† genre mais appartient √† la m√™me famille.

Dans le FEW il y a d’autres attestations de cardousso, cardouss√© mais ils d√©signe la « carline » qui est un autre nom pour la cardabella

Cardoussés:

Scolymus_hispanicus cardoussesToutes sortes de conseils de jardinage de cette plante re-doucouverte dans le site OOreka

La plante qui contient de l’inuline est comestible¬†: on peut consommer les jeunes pousses en salade et les racines cuites en ragout. En Alg√©rie, on consomme les p√©tioles (« tiges » de la feuille, ou plus exactement nervure principale) cuits dans le bouillon qui accompagne le couscous.

Cardousses_ en_ragoutcardouss√ęs en rago√Ľt (Wikipedia)

chafre ‘pierre √† aiguiser’

chafre ou acou « un carreau de dalle autrefois un Queux ‘pierre √† aiguiser’ (Sauvages). Ce sens donn√© par l’abb√© de Sauvages s’est conserv√© dans le Gard au moins jusqu’au¬† XXe si√®cle. D’apr√®s le FEW¬†tsafre¬† a √©t√© donn√© dans plusieurs villages du Gard √† Edmond pour l’Atlas linguistique de la France. Des attestations plus r√©centes, d’apr√®s le Thesoc¬† tsafre « pierre √† aiguiser » √† St Genies de Magloire¬† et chqfre dans l’Aveyron et la Loz√®re1.

Pierre a aiguiser Lombarde_23_cm

Pierre √† aiguiser naturelle, elle est d’une couleur gris-bleue.

En ancien occitan le mot safre est attest√© avec le sens « sablon pour colorer le verre ». Dans les patois modernes safre d√©signe toutes sortes de pierres,¬† de sable , de terre, de limon. Voici quelques exemples du FEW XI, 212:Safre_exemplesFEWSuivez le lien vers le FEW pour voir les autres significations !

L’√©tymologie est le grec¬† ŌÉő¨ŌÄŌÜőĶőĻŌĀőŅŌā (s√°ppheiros) et non pas le mot latin sappńęrus ou saphńęrus parce que en g√©n√©ral la syllabe qui contient l’accent tonique est conserv√©e √† travers les si√®cles. En grec l’accent tonique se trouve sur le -ő¨-, et¬†s√°ppheiros est devenu chafre,safre, mais en latin l’accent tonique tombe sur le -ńę- , ce qui a donn√© saphir.

Manque de documents, on ne conna√ģt pas (encore) comment le mot grec¬† ŌÉő¨ŌÄŌÜőĶőĻŌĀőŅŌā¬† devenu safre est arriv√© dans la r√©gion parisienne, mais il est s√Ľr qu’il est pass√© par la r√©gion de Marseille avant de passer au domaine d’o√Įl.

Il y a des saphirs¬† de couleur rose, jaune, violette et d’autres, mais la vari√©t√© bleue est la plus connue. Inspir√© probablement par sa couleur gris bleu on a donn√© le nom d’une pierre tr√®s dure √† la pierre √† aiguiser .

L’√©chelle de duret√© relative des min√©raux¬† et des pierres √©tablie par Friedrich¬† Mohs date de 1812.¬†¬† Le saphir est un corindon qui a la duret√© 9 sur cette √©chelle,¬† ce qui veut dire que pour rayer un saphir il faut avoir un diamant,¬† la pierre la plus dure, duret√© 10 sur cette √©chelle2.

En ancien fran√ßais existait le mot safr√© ou¬† et ancien occitan safrat « orn√© de pierres pr√©cieuses, d’or etc. » On ne retrouve le mot safre qu’en moyen fran√ßais en 1580 avec un sens tr√®s technique « oxyde de cobalt, qui m√©lang√© avec du silex calcin√© sert √† fabriquer le verre bleu ou l’√©mail bleu », et plus tard safre¬† devient le nom du verre fabriqu√© ainsi.

safre

Notes
  1. Atlas linguistique et ethnographique du Languedoc oriental publié dans les années 1980
  2. Allez-voir le site de l’Atelier la Trouvaille si vous voulez en savoir plus. Mes fils Robert et Christophe ont une large gamme de mat√©riel pour les g√©ologue, les min√©ralogistes et les gemmologues. bandeau3

ratapenada ‘chauve-souris’

Un fid√®le visiteur me signale que¬† ratepanada, ce joli nom de la chauve-souris, manque dans mon site. Je l’avais n√©glig√© parce que l’√©tymologie¬† semblait √©vidente. Erreur !

L’√©tymon ratt- n’est pas latin, ni grec, parce que les Romains et les Grecs ne connaissaient pas ces rongeurs.¬† Le nom rat- « rattus rattus » appara√ģt seulement depuis le VIIIe si√®cle dans des documents dans les langues europ√©ennes. Le gros rat brun, « rattus decumanus » ou « norvegicus » n’appara√ģt en Europe qu’au XVIIIe si√®cle. D’apr√®s le FEW on pense que le mot ratt imite le bruit qu’ils font quand ils rongent.

Les diff√©rences entre les 2 types d’apr√®s Wikipedia:

rattus rattus et rattus norvegicus

La deuxi√®me partie du nom, penada signifie « plum√©e, ail√©e » et vient du latin pń≠nna « plume; aile ».

Visualisez la localisation des noms de la chauve-souris avec  ALF carte 260  vous verrez une riche floraison de formes plus ou  moins locales.

FEW X,124 ratt-¬†« rat »¬† et FEW VIII,527 pń≠nna « plume; aile »

m√©canique ‘frein’

Il y a une dizaine d’ann√©es avant les r√©glementations et quand les vide-greniers √©taient encore des vrais march√©s aux puces, je chinais des objets curieux¬† qui me plaisaient du point de vue « design » et j’en ai achet√© plusieurs « machins, trucs ou bidules » dont les vendeurs ne connaissaient pas non plus l’utilit√© ni le nom:

m√©canique2 m√©canique1Pas mal comme sculpture, mais je n’avais aucune id√©e de sa fonction, jusqu’√† ce que je l’ai propos√© √† la vente et qu’un connaisseur m’a √©clair√© « Mais c’est un m√©canique », pour freiner; sur les charrettes ».

Le Trésor de la langue française le mentionne, mais il faut bien chercher dans un long article :

‚ąí En partic., vieilli. ,,M√©canisme qui sert de frein √† une voiture √† cheval. Serrer la m√©canique«  (Ac. 1935).

Il s’agit en effet d’un mot du XIXe si√®cle, qui √©tait vieilli en 1935, mais reste connu par certains

Lucien Hergot a publié  dans LINX Année 1991 H-S 3 pp. 61-69    un article  intitulé Mécanique et Tavelle, deux éléments du vocabulaire hippomobile.

Il y donne des d√©tails sur les expressions « serrer la m√©canique », « enrayer » et  » frein, freiner ».¬† Il cite le FEW mais il l’a probablement mal lu, parce qu’il ne cite que quelques attestations. Voici l’ensemble des attestations dans le FEW VI/1, 568 colonne a

mecaniqueFEW61p568Etymologi: latin mechanicus « de machine », emprunt√© au grec.

 

terebellum FEW XIII/1, 234

baroulleur

Baroulleur « r√īdailleur ». D’apr√®s Raymond Jourdan de Montagnac ¬† cela « Se dit de quelqu’un qui vit de petits boulots saisonniers et de

Etymologie est le latin rotella « petite roue »; Voir les attestations dans FEW X, 504 √† droite, qui donnent l’impression qu’il s’agit d’un groupe de mots plut√īt proven√ßal et franco-proven√ßal. Montagnac est bien dans le Languedoc.

Voir l’article baroul√†r.

Renebre ‘patience’ plante

Renebre « patience, esp√®ce avec des racines jaunes » (R.Jourdan, Montagnac), rouzerbe « patience » (Sauvages1756 et 2e √©d.)

rouzerbeS2L’Atlas linguistique de la France, ALF, donne la forme¬† ruzerge pour 2 villages du Gard.

D’apr√®s Wikipedia la patience sauvage est¬† la Rumex obtusifolius

Rumex_obtusifolius_Sturm48Pierre Larousse a repris des formes occitanes dans son¬† dictionnaire encyclop√©dique en 1875, mais elles ont disparu des √©ditions post√©rieures. J’ai l’impression qu’il connaissait Mistral qui mentionne le ren√®bre.

Le FEW X, 540 les range¬† dans l’article rudember, un mot latin qui n’est attest√© qu’au XIe¬† si√®cle et qui signifie « glouteron ». L’auteur remarque d’ailleurs que cette famille¬† se trouve uniquement dans le domaine gallo-roman et qu’il est peut-√™tre d’origine celtique, mais que pour le moment on n’a pas encore trouv√© des relations.

Alibert a rassembl√© des formes occitanes dans l’article rosembre, m. Patience (Rumex patientia) ; moutarde des champs, Don(= Donnezan)., Toul.¬† Var. ros√®rgue, rosomet, rosonabre, roergue, roserbe, renebre, rosenabre, renible,rosomec, rosomet, Toul., roerg√†s. √©tym. B. L. rudember, du Gaul. reudo, rouge.

Je ne sais sur quoi est basé son étymologie gauloise. ??

 

matto ‘touffe’

Mato, matado¬† Matto¬† « touffe, fanes, bouquet, pied d’une plante; c√©p√©e de pousses sur le pied d’un arbre coupe » ‘touffe’ (Sauvages). Rayond Jourdan de Montagnac¬† excellent connaisseur du languedocien, l’utilise dans son autobiographie.¬†¬† Cette famille de mots est enracin√©e autour de la M√©diterran√©e occodentale, Italie, le Midi, Catalan,¬† Espagnol et Portugais et dans le berbere du Nord africain.

Cette r√©partition g√©ographique et l’anciennet√© des premi√®res attestations permet selon von Wartburg (FEW VI/1, 505-507)¬† de supposer qu’il s’agit d’une racine pr√©romane:*matta¬†« touffe » .,

Au XIXe s. fran√ßais mattes ‘banc de poissons, vol√©e d’oiseaux ».

matado

 

taiolo, tayollo ‘ceinture’

Taiolo,¬† « ceinture ». Raymond Jourdan de Montagnac √©crit tayollo : « Longue ceinture de flanelle » ; « De couleur bleue, beige ou rouge que les anciens portaient pour se prot√©ger les reins ». Je l’ai rerouv√© dans le Tr√©sor de Mistral:

tayolloMistral

Le FEW y voit un d√©riv√© de¬† l’ancien francique *thwahlja « essuie-mains, serviette », qui a abouti en ancien proven√ßal √† toalha « linge qui couvre l’autel; nappe ».¬† Cette forme toalha, toualha a √©t√© transform√©e¬† en taiolo sous l’influence du mot taille¬† au sens « niveau de la ceinture ». FEW XVII,409b¬† Var taiolo « ceinure »¬† + note 9 : wohl nach taille umgebildet.

L’histoire de cette famille de mots, attest√©e dansle Nord de la Gaule depuis le VIIIe si√®cle, est int√©ressante parce qu’il s’agit d’un mot et d’objet culturel qui est venu du Nord pour se r√©pandre rapidement √† partir du XIe si√®cle, vers le Midi et l’Italie et la peninsule ib√©rique. Pour en savoir plus, il faut

Ancien fran√ßais toaille, touaille « morceau de tissu‚Äô¬† est pass√© √† l’anglais towel ‚Äėserviette.

Une famille de mots internationale, dont on trouve des membres jusqu’en Indon√©sie : pel « torchon », Papiamento dueila.

Coulabio ‘traquet motteux’

Coulabio, aubicou « Traquet motteux. »¬† Dans le lexique √©tabli par G√©rardJourdan qui accompagne les pr√©cieux¬† cahiers autobiographiques de Raymond. Jourdan de Montagnac (34) se trouve le nom d’oiseau; Coulayo « Queue-blanche »¬† Oiseau passereau √† bec fin et allong√© qui nichait dans les talus. Surnom d’une gu√©risseuse.¬† « Traquet motteux. » Orthographi√© ¬ę¬†coul√†bio¬†¬Ľ par F. Mistral.

Compos√© cŇęlus « cul » avec albus « blanc » ou dans l’ordre invers√©.¬† FEW XXIV, 308

Coulabio_FEW

FEW II,1507 le m√™me oiseau s’appelle e.a. en moyen fran√ßais « cul blanc ».

Coulabio_Oenanthe_oenanthe_01_II

Voir  traquet motteux de Wikipedia.

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