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Esquer 'gauche'

Esquer, esquerra « gauche, difficile ».¬† ¬† L’√©tymologie¬† est peut-√™tre le basque esker « gauche », mais la r√©partition g√©ographique plaide pour une origine ib√®re. Le type¬† esquer¬† se trouve non seulement en occitan mais aussi dans toutes les langues de la p√©ninsule ib√©rique; catalan esquerre,¬† espagnol izquierdo, portugais esquerdo.

Dans les parlers occitans modernes, on le trouve d’apr√®s le Thesoc dans les d√©partements suivants: ARIEGE, AVEYRON, CANTAL, HAUTE-GARONNE, PYRENEES-ATLANTIQUES, HAUTES-PYRENEES, PROV. DE LERIDA (ESPAGNE)

Escari√© « gaucher ». L’abb√© de Sauvages (1756 S1) donne l’ancienne recette pour transformer un gaucher en droitier¬† en lui liant le bras jusqu’√† ce qu’il ait pris l’habitude de se servir du bras droit.

En 1347 la reine Jeanne a ordonn√© que¬† toutes les femmes d√©bouch√©es ne se tiennent pas dans la Cit√© (d’Avignon), mais soient enferm√©es dans le Bordel et que pour qu’on les reconnaisse, elles portes une aiguillette rouge sur l’√©paule de la main gauche escairo.

     

Cela me fait penser √†¬†La Lettre √©carlate¬† de Nathaniel Hawthorne o√Ļ Hester Prynne,¬†une jeune femme vivant dans une communaut√© puritaine √† Boston dans le Massachusetts. au d√©but du roman, se voit condamn√©e par la soci√©t√© √† porter sur la poitrine la lettre A pour Adult√®re.

Couderc

Couderc. Article écrit par Pierre Gastal, auteur de Nos Racines Celtiques РDu Gaulois Au Français. Dictionnaire. Editions Desiris, 2013.

Nos racines celtiques. P.Gastal   

COUDERC¬†: Champ. LOU PRAT DEL COUDERC. Pr√©. Le Mon. D2 AA 1336, ¬ę coderco dicti loci de Avoae¬Ľ (p. 17). (‚Ķ) donne l’√©tymologie d’apr√®s von Wartburg et Jean S√©guy : ¬ę Le mot remonte au gaulois cotericum « commun ». (Noms de terroirs vellaves : d’apr√®s le compois de…, F. La Conterie – 1978)

COUDERT1 :

1) Petit pr√© enclos, pr√®s de la ferme, o√Ļ l’on m√®ne pa√ģtre le b√©tail ; coderc en P√©rigord.

2) Dans le Midi, p√Ęturage collectif, souvent enclos, pr√®s du village.

3) Petite place avec une pelouse, souvent entour√©e d’une haie, au-devant d’une maison de campagne2

4) En Corr√®ze, au XIXe s., enclos pour le parcage des porcs mis √† l’engrais, √† c√īt√© de leur bauge.

5) En Poitou au XVIIIe s., parcelle cultivée en grains.

6) Pelouse de médiocre qualité sur une colline. (DMR)

J’ins√®re quand-m√™me une image (source):

Qu’est-ce qui diff√©rencie Milhac (commune du Monteil) des autres localit√©s cantaliennes ? H√© bien Milhac pr√©sente un couderc rassemblant un four √† pain, un lavoir, une croix et une fontaine. Tout √ßa sur une superficie tr√®s restreinte.

Couderc, couder : petite place ; aire devant une maison ou une ferme ; jardin ou petit enclos attenant au manoir du ma√ģtre¬†; p√Ęturage commun. On trouve dans un ancien titre : ¬ę¬†Pratum, sive codercum¬†¬Ľ (Glossaire de la langue romane, J.-B. Bonaventure de Roquefort – 1808)

Le Couderc, le Coderc, « p√Ętis pour oies et porcs ». Le sens de « pacage communal », attest√© ailleurs, a conduit J. Jud (Mots d’origine gauloise, Romania, 1926, 331-2) √† proposer l’√©tymologie co-ter + icum, accept√©e par Von Wartburg (Franz√∂sisches etymologisches W√∂rterbuch), tandis que¬† L. Spitzer, cit√© par Romania, propose condirigere. (Les premiers romans fran√ßais et autres √©tudes litt√©raires et linguistiques, G. Raynaud de Lage – 1976)

Pour Jud, suivi par Von Wartburg, il viendrait d’un gaulois cotericum qui aurait d√©sign√© un p√Ęturage. (La maison rurale en pays d’habitat dispers√© de l’antiquit√©‚Ķ,¬† A. Antoine, ‚ÄéM. Cocaud, ‚ÄéDaniel Pichot – 2005)

‚Ķ Forez couhard, « p√Ęture pierreuse », Toulouse coud√©rc, « jardin »‚Ķ Certaines sources renvoient au kymri (gallois) cyttir < cyd, « commune » + tir, « terre ». Mais Anreiter (1992 : 413) √©crit que les formes du celtique insulaire renvoient √† teros (< IE *ters-, « sec ») et pr√©cise que la fonction du suff. -ico n’est pas claire ici. Pokorny (1948/1949 : 240) soutient aussi une √©tym. gauloise mais rattache le mot √† une racine *kito-/*kitu-‚Ķ (Romania Gallica Cisalpina : Etymologisch-geolinguistische, J. Grzega – 2001)

On les appelle : ¬ę commons ¬Ľ en anglais, ¬ę comins ¬Ľ ou ¬ę cyttir ¬Ľ en gallois. Certains de ces communs d√©pendent de la Couronne, mais la plupart font ou faisaient partie des ¬ę est√Ętes ¬Ľ des landlords. (G√©ographie rurale de quatre contr√©es celtiques : Irlande, …,¬† P. Flatr√®s – 1957)

The preposition cyd is = the latin cum. … from cyd and tir, land (terrain) is cyttir, land held in common (terrain tenu en commun). (The Anthropological Review, vol. 1 Р1863)

Par exemple, cyd’dir ¬ę communaux ¬Ľ, compos√© de cyd ¬ę com- ¬Ľ et tir ¬ę terre ¬Ľ devient cyt-ir, que les Gallois notent cyttir ou cytir… (Les d√©sinences verbales en -r en sanskrit, en italique et en… , G. Dottin – 1896)

cytir [k√ł-tir] substantiu mascul√≠, plural cytiroedd [k√ł-t√ģ-rodh] : 1 terrenys comunals (terres communales). Nom de carrer de Bangor ‚Äď ‚ÄúCyttir Lane‚ÄĚ als mapes, presumablament d‚Äôuna forma original L√īn y Cytir (Nom d’une rue de Bangor, vraisemblablement d’une forme « L√īn y Cytir »).¬† 2 Y Cytir (SH8715) coster a la comarca de Gwynedd (districte de Meirionnydd)¬† (coteau/colline, comt√© de Gwynedd, district de Meirionnydd)

ETIMOLOGIA : cytir < cyd-dir (cyd- = junt [joint/ensemble]) + mutació suau  (mutation douce) + (tir = terra ) (Dictionnaire gallois-catalan & étymologie, Lexilogos)

Entrevu dans un ouvrage en anglais sur les Gallois que ce terme refl√©tait leur esprit de communaut√©, survivance de l’organisation ancienne du territoire (propri√©t√© commune).

Pas pu trouver d’√©quivalent pour « terre commune » en ga√©lique ni en breton.

Ga√©lique, pour « commun » : coitcheann, common, public, so Irish, Old Irish coitchenn : *con-tech-en? (MB)

Ga√©lique, pour « territoire, terre » : t√¨r, land, earth (pays, terre), Irish, Old Irish t√≠r, Welsh, Cornish, Breton tir, tellus, la terre : *t√™ros (*t√™res-) ; Latin terra (*ters√Ę), Oscan teerum, territorium. The further root is (< rac.) ters, be dry (√™tre sec), as in tart ; the idea of t√≠r, terr√Ę, is « dry land » opposed to sea (la terre, « pays sec », oppos√©e √† la mer). (MB)

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Le FEW mentionne les d√©riv√©s occitans : coudercho¬† s.f. « terrain couvert d’une herbe menue » (Ussel),¬† couderas « cour, enceinte » (Puisserguier),¬† coudertsino « polygonum aviculare » (Brive d’apr√®s Rolland Flore 9,187) = La renou√©e des oiseaux ou tra√ģnasse..

Dans la Suisse romande le type cotericum¬† s’est crois√© avec le type costa¬† , ce qui a abouti √† coőėe « place devant la maison » d’o√Ļ le verbe koterdzi « causer ». Une √©volution s√©mantique analogue s’est produite dans le mot androune.

 

Notes
  1. Vous trouverez de nombreuses attestations du mot en tapant « le couderc » sous Google-livres.¬† Si vous demandez « Couderc »¬† seul¬† √† un moteur de recherche¬† il ne donne que des patronymes.
  2. L’abb√© de Sauvages (S1) √©crit : Place au devant d’une maison de campagne. C’est une √©tendue moindre que celle qu’on appelle vol du chapon; on le prend quelquefois pour la maison elle-m√™me, et c’est dans ce sens que le Proverbe dit : Ke d¬®√©moro din soun couder, s√ę noun y g√Ęgno noun y p√©r.

Mondin ‘Toulousain’

Mondin, Moundin « Toulousain, de Toulouse ».¬† Etymologie : Raimond « Raimond, comte de Toulouse ».

Un article √† l’occasion de la comm√©morations des¬† LIBERTATS COMUNALAS 2014 : double page dans le Journal Toulousain : Centrale_JT595

Au XIIe si√®cle il y avait aussi le raimondene « denier √† l’effigie d’un comte de Toulouse ».

sagel ou sceau de Raymond VI

Certains pr√©noms, dont¬† Raimond, √©taient tellement fr√©quents qu’ils sont devenus des substantifs.¬† Dans l’H√©rault le ramounet¬† a pris le « ma√ģtre-valet, r√©gisseur d’une ferme », sa femme est la ramouneto et sa maison le¬†¬† ramounetage.¬† Raymond¬† Jourdan de Montagnac (1976) donne une d√©finition tr√®s pr√©cise: « Ouvrier habitant la ferme, nourissant les m√©sadiers et dirigeant les laboureurs ». Sa femme est la ramounette.

Dans le Bas-Quercy¬† ce n’est pas pareil, le¬† ramounet¬† est « le d√©mon », ce qui s’explique peut-√™tre par l’histoire :

¬†En 1188, Richard, fils d‚ÄôHenri II, organise une cruelle exp√©dition dans le Quercy, rafle dix-sept ch√Ęteaux acquis √† la cause toulousaine.

Le roi, Philippe-Auguste riposte en occupant le Bercy et le Bourbonnais. Jusqu‚Äôen 1189, les terres quercynoises resteront anglaises.¬†¬†¬† Le soul√®vement de la population toulousaine soutenue par les consuls et par Richard conduit Raymond V √† accorder plus d‚Äôautonomie en signant l‚Äôacte du 6 janvier 1189 dans l‚Äô√©glise Saint-Pierre-des-Cuisines sous l‚Äôautorit√© arbitrale de l‚Äô√©v√™que Fulcran¬†: le comte reconna√ģt son √©chec, d√©savoue ses initiatives pour diviser la population, accepte les conditions de la paix sociale propos√©es par les consuls √† qui il conc√®de la juridiction criminelle.¬†¬†¬† Le 26 janvier 1190, Raymond V et Alphonse d‚ÄôAragon concluent une nouvelle paix. Un an apr√®s, le vicomte Roger II √©change avec le comte de Toulouse des serments de s√©curit√© et d‚Äôentraide mutuelles.

Raymond V meurt √† N√ģmes en d√©cembre 1194 et est inhum√© √† Notre-Dame de N√ģmes..( plus dans ce site)

En suivant le lien vous pouvez lire l’acte du 6 janvier 1189 en occitan + traduction. jurament0k .

Ci dessous l’article moundin¬† de Mistral.

Lien direct vers l’article du FEW. Juste au-dessus il y a l’article Robert, un autre nom tr√®s fr√©quent.

Margal 'herbe de printemps'

Margal « herbe de printemps » d’apr√®s l’article de Wikipedia Agriculture en Camargue. ¬†¬† √Čtymologie : margal¬† vient d’une racine pr√©romane *margalio- « ivraie ».¬† Voici¬† le texte de Wikipedia:

Le fermier camarguais jouissait de libert√©s (ou profits) dans son exploitation. Ces droits √©taient au nombre de quatre¬†: la margali√®re, les pasquiers, les luzerni√®res et la p√Ęture4.

La margalière consistait à tirer profit du margal, herbe de printemps, pour ses ovins. Elle n’était disponible dans les restoubles que de mars à avril et aux premiers labours. Les pasquiers correspondaient à la fraction de terres labourables converties en prairies annuelles. On y semait avoine, orge et vesce noire (ou barjalade). Le surplus fauché trouvait preneur auprès de charretiers qui voituraient le sel de Peccais 4.

Le lien vers la source √©tant mort, je l’ai recherch√© et trouv√© (difficilement) dans le site du patrimoine de la ville d’Arles. , texte de G√©rard Gangneux. L’ordre de Malte (Hospitaliers de Saint-Jean) en Camargue au XVII et XVIIIe si√®cles. Extrait de sa th√®se de 1970.

Il faudra retrouver ses sources afin de mieux dater ces attestations. En ancien occitan est attest√© marjuelh « ivraie » au 14e si√®cle.

Le 15 juillet 2013 un de mes fid√®les visiteurs, Rudy Benezet,¬† m’a demand√© l’origine de ce¬† margal¬† et il a ajout√©:

Bonjour, ……..Cela m’a rappel√© les longs apr√®s-midi ou je devais aller arracher les herbes dans les vignes; ¬†quand il n’y avait rien d’autre a faire.
Mon grand p√®re me disait Mais tu n’as rien a faire ! ¬†va donc √† l’Esquillon¬†tirer les jambes rouges (¬†Chenopodium album ) et¬†¬†les bl√©s (Amaranthus hybridus ?¬†) et prend le bigot (la pioche)¬†pour arracher le grame (chiendent, Elytrigia repens ) et¬†sans oublier un flo¬†¬†; et n’oublie pas¬†d’enlever les grosses mattes de margal ( ivraie¬†,¬†Lolium perenne ).
Apr√®s mon passage plus un brin d’herbe dans la vigne; ¬†tel Attila¬†! J’√©tais a l’√©poque un v√©ritable d√©sherbant manuel……¬†¬† :-)¬† c’√©tait il y a plus de¬†50 ans ! Et pendant tout ce temps mes copains galopaient sur le pic des √Ęnes¬†;¬†derri√®re Geronimo et Kit Carson !Mon grand p√®re ne me ¬†parlait jamais en patois, <<C’√©tait interdit pas Monsieur le Ma√ģtre d’√©cole >>¬†¬† Je n’en prenais quelques mots que quand ils causaient entre vieux….
D’apr√®s les donn√©es du FEW le type margal, margalh¬† se trouve en franco-proven√ßal, en Provence (Vaucluse, Var, BRhone, AlpesMar) et en languedocien le long de la c√īte jusqu’en Catalogne (margall « lolium italicum ») .¬† Le Th√©soc y ajoute les d√©partements ARIEGE,¬†HAUTE-GARONNE, TARN-ET-GARONNE.
Dans¬† l’AUDE cil y a quelques attestations du¬† type amargalh¬† avec le¬† pr√©fixe a-¬† dans les noms des plantes qui¬† d’apr√®s Hubschmid est √©galement d’origine pr√©romane.
D’apr√®s M.Palun1 Le « raygrass »¬† Lolium perenne L et le Lolium multifflorum Lam. s’appellent margai¬† √† Avignon et environs.
Mistral donne en plus¬† margalheiro¬† s.f. « champ o√Ļ le ray-grass abonde ».
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Notes
  1. Palun (Maurice), Catalogue des plantes phan√©rogames qui croissent spontan√©ment dans le territoire d’Avignon et dans les lieux circonvoisins. Avignon, 1867. 2-189 p. Table alphab√©tique des noms vulgaires des plantes en proven√ßal aux pp.183-189. Disponible dur le web archive.org

Balletti

Baletii, balletti « bal » est une d√©riv√© du verbe latin tardif¬† ballare1 « danser » > baller, qui √©tait courant dans tout le domaine galloroman jusqu’au XVIe si√®cle.

L’article ballare¬† du FEW¬† r√©dig√© en fran√ßais,

est publi√© dans le site de l’ATILF.

(lien direct vers l’article; une occasion d’y jeter un coup d’oeil !). Je cite:

bal(l)etti ¬†(r√©g., 1961,Prigniel), bal√®ti « bal; lieu du bal » (r√©g., ArmKasMars 1998). ‚ÄĒ [+ -?] ) Le suffixe est comparable √† celui de pr. Pap√≤ti ¬†m. « enfant joufflu » (FEW 7, 585a, PAPPARE).

D’apr√®s les donn√©es du FEW le mot baletti est r√©cent. Mistral ne conna√ģt que le bal.

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Notes
  1. emprunté au grec

Menoun 'gigot pascal' ou 'bouc ch√Ęt...

Menoun « bouc ch√Ętr√© √† 4 ans » (M) est un d√©riv√© du verbe minare « mener les b√™tes », attest√© en ancien proven√ßal depuis 1397 et en moyen fran√ßais depuis de 16e si√®cle; menon est rest√© dans les dictionnaires Larousse jusqu’en 1949. (FEW VI/2,104a).¬† Le sens « reine des abeilles »¬† s’explique √©galement √† partir du sens du verbe.¬†¬†¬† Fraire menoun¬† pour fraire minour doit reposer sur un jeu de mots.

  

Menoun « gigot pascal ».

Dans l’article¬† men-¬† le FEW¬† a r√©uni une famille de mots¬† qui expriment principalement la petitesse¬† et appartiennent surtout au langage enfantin.¬† B√©arnais menin¬† adj.¬† « tr√®s petit’,¬† √† Lescun di menin « petit doigt », dans le Var meinet « petit », dans l’Aveyron¬† del men√®l¬† « petit doigt », languedocien mani « petit; petit enfant » (Sauvages S2).

menoun absent ?

C’est √† ce groupe qu’appartient¬† le mot menoun que j’ai rencontr√© dans un site Wikipedia sur la cuisine proven√ßale¬† qui √©crit:

« Le Gigot pascal est un mets du temps de P√Ęques, √† base d’agneau ou de chevreau. Il est d√©nomm√© menoun en Provence.

Y a-t-il un lecteur qui puisse me¬† confirmer ce mot avec ce sens? Merci d’avance!

 

 

Consòuda, cassòuda "prêle"

Cons√≤uda, cass√≤uda « pr√™le, queue de cheval; joubarbe ». Solerius faisait d√©j√† de la g√©o-linguistique:(Chez les Gaulois la cauda equina¬† s’appelle de la pr√™le, chez les¬† Dauphinois¬† l’asprette et chez nous la consaulde.¬† En Italie la petite s’appelle¬† aspretta, la grande¬† coda di cavallo.)

L’√©tymologie a l’air simple¬† : du bas latin consŇŹlń≠da¬† « consoude; symphytum officinale » qu’on appelait ainsi en raison des vertus astringentes de la plante1.¬† Ce nom a √©t√© adopt√© par les m√©decins et s’est r√©pandu par eux dans la langue populaire.

Mais¬† l’occitan¬† cons√≤uda, cass√≤uda¬† d√©signe une tout autre plante, √† savoir ¬† la « pr√™le ».¬† Le sens « consoude officinale » donn√© par Alibert n’est¬† attest√©¬† qu’en Auvergne et dans le P√©rigord.

 

       consoude                                                               prêle

¬†RollandFlore vol.XI, p.80 sous¬† Equisetum¬† = pr√™le, nous fournit les attestations suivantes:Ces donn√©es sont confirm√©es par le Th√©soc s.v. pr√™le cassaoudo¬† dans l’Ard√®che, le Gard, l’H√©rault et la Loz√®re, avec le type koussaoudo¬† dans l’H√©rault2.

Il¬† doit y avoir un lien ancien entre les deux plantes, autrement la confusion n’est pas compr√©hensible. En surfant un peu, je vois entre autres: Pr√™le et consoude pour la protection des plantes au nature¬† mais je ne connais pas les d√©tails. Il doit s’agir de l’utilisation des deux plantes.

L’abb√© de Sauvages √©crit : « plante rude dont on fait cette esp√®ce de bouchon tortill√© pour √©curer la vaisselle: c’est de l√† qu’est venu le mot de cass√īoudo pour dire une lavette. La pr√™le¬† est astringente, les tourneurs s’en servent pour polir leurs ouvrages. » (S1). Les deux plantes sont astringentes , ce qui peut √™tre la cause de la confusion des noms.

Voir aussi mon article freta,  fretadou

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Notes
  1. La Consoude officinale (Symphytum officinale) est l’esp√®ce caract√©ristique du genre Symphytum. Wikipedia. Le TLF cite: La sp√©cialit√© de ma grand’m√®re (…) c’√©tait de refaire les pucelages par le moyen de la consoude qu’on appelle oreille de vache A. Arnoux, Calendrier de Flore,1946, p. 116
  2. Les donn√©es du Th√©soc pour la r√©gion √† l’est du Rh√īne ne sont pas encore publi√©es, h√©las

Français régional, la Cigale et la Fourmi

Plusieurs visiteurs ont eu la gentillesse de m’envoyer la¬† fable¬† LA CIGALE ET LA FOURMI fa√ßon proven√ßale !!!¬† √©crite par Caldi Richard . Je crois qu’elle voyage librement sur le web. Une excellente occasion pour moi de m’en servir pour illustrer la notion de fran√ßais r√©gional.

Mode d’emploi :
gras rouge = lien vers l’article dans mon site.
gras bleu = note en bas de page.
gras marron = lien vers le Trésor de la langue française TLF.

 CIGALE ET LA FOURMI façon provençale ! par Caldi Richard

Z√©zette, une cagole de l’Estaque, qui n’a que des cacarinettes dans la t√™te, passe le plus clair de son temps √† se radasser la mounine au soleil ou √† frotter avec les c√†cous1 du quartier.

Ce soir-l√†, revenant du baletti2 o√Ļ elle avait pass√© la soir√©e avec D√©dou, son b√©guin, elle rentre chez elle avec un petit creux qui lui agace l’estomac.

Sans doute que la soir√©e pass√©e avec son frotadou lui a ouvert l’app√©tit, et ce n’est certainement pas le petit chichi¬† qu’il lui a offert, qui a r√©ussi √† rassasier la poufiasse. Alors, √† peine entr√©e dans sa cuisine, elle se dirige vers le r√©frig√©rateur et se jette sur la poign√©e comme un gobi¬† sur l’hame√ßon.
L√†, elle se prend l‘estoumagade3 de sa vie.
Elle s’√©crie :
–  » Putain la cagade! y reste pas un rataillon4, il est vide ce counas.
En effet, le frigo est vide, aussi vide qu’une coquille de moule qui a croisé une favouille. Pas la moindre miette de tambouille.
Toute estransin√©e5¬† par ce putain de sort qui vient, comme un boucan, de s’abattre sur elle, Z√©zette r√©sign√©e se dit :
–  » T√® v√©, ce soir pour la gamelle, c’est macari, on va manger √† dache6 « .
C’est alors qu’une id√©e vient germer dans son teston.
–  » Et si j’allais voir Fanny ! se dit-elle.
–  » En la broum√©geant un peu je pourrai sans doute lui resquiller un fond de daube « .
Fanny c’est sa voisine. Une pitchounette brave et travailleuse qui n’a pas peur de se lever le maffre[7.Terme d’origine obscure qui d√©signe le post√©rieur dans l’expression : se lever le maffre. ¬ę Mon p√®re, y s’est lev√© le maffre toute sa vie aux Chantiers ¬Ľ. tous les jours pour remplir son cabas. Marius Autran]

 Aussi chez elle, il y a toujours un tian qui mijote avec une soupe au pistou ou quelques artichauts à la barigoule.
Zézette lui rend visite.
–  » Bonsoir ma belle, coum√© sian ! Dis-moi, comme je suis un peu √† la d√®che en ce moment, tu pourrais pas me d√©panner d’un p√©ton de nourriture ! Brave comme tu es, je suis s√Ľre que tu vas pas me laisser dans la mouscaille.
En effet, Fanny est une brave petite toujours prête à rendre service.
Mais si elle est brave la Fanny elle est aussi un peu rascous (= rascas « teigneux »?) et surtout elle aime pas qu’on vienne lui esquicher les agassins quand elle est en train de se taper une grosse bugade; √ßa c’est le genre de chose qui aurait plut√īt tendance √† lui donner les br√®gues.
Alors elle regarde Zézette la manjiapan7 et lui lance:
–  » Oh coll√®gue ! Tu crois pas que tu pousses le bouchon un peu loin ? Moi !!!, tous les jours je me l√®ve un tafanari comaco pour me nourrir ! et toi pendant ce temps l√†, qu’est-ce que tu fais de tes journ√©es?
–  » Moi !!???? « , lui r√©pond la cagole
–  » J’aime bien aller m’allonger au soleil ! √ßa me donne de belles couleurs et √ßa m’√©vite de mettre du trompe couillon.  »
–  » Ah ! Tu aimes bien faire la dame et te radasser la pachole8¬† au soleil, et bien maintenant tu peux te chasper.
–  » Non mais ???!!!! , qu’es’aco ? C’est pas la peine d’essayer de me roustir[10.¬† Occitan¬† rostir¬† « escroquer » du germanique raustjan] parce que c’est pas chez moi que tu auras quelque chose √† rousiguer, alors tu me pompes pas l’air, tu t’esbignes et tu vas te faire une soupe de f√®ves.

Texte de Caldi Richard

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Notes
  1. Cacou (ou kakou) : Jeune qui veut se montrer. Orthographe incertaine. on voit aussi caique, qu√®que, kaike. »Les bandes jaunes sur la carosserie noire, √ßa fait cacou! »
  2. D√©riv√© r√©cent de ballare « danser »
  3. « douleur d’estomac » et puisque¬† l’amour passe par l’estomac « serrement de coeur »
  4. en proven√ßal : reta√Įoun¬† « petit morceau, rognure » de re- + tailler
  5. du verbe estransinar « harasser; v.r. se dess√©cher d’inqui√©tude, pousser des cris per√ßants » d’apr√®s Alibert;¬† du latin ex + transire passer au-de l√†
  6. Voir Wiktionnaire à dache
  7. manja¬† « mange » + pan « pain »
  8. D’apr√®s Alibert « pot-pourri, tripotage; pot√©e pour la volaille ».¬† D’apr√®s le Wiktionnaire :(Provence) (Marseille) (Vulgaire) Sexe f√©minin (organe sexuel).(Marine) Filet de p√™che en forme de poche pour attraper les petits poissons

cervesa – bierra

Une belle carte¬† de g√©o-linguistique de l’Europe et des r√©gions voisines¬† trouv√©e sur le web sans nom d’auteur :

Le mot bierra a la même étymologie que le mot bière  en français.  Je cite le TLF:

Terme d’origine germanique qui au xve s. √©vin√ßa cervoise*, d’origine gauloise. Le mot nouveau correspondant √† une technique nouvelle : la bi√®re avec houblon (bi√®re) tendait √† supplanter la bi√®re sans houblon (cervoise). Il est difficile d’√©tablir si l’emprunt a √©t√© fait au moyen haut allemand bier (Lexer30) ou au moyen n√©erlandais bier (Verdam), les bi√®res allemandes semblant alors fort connues (FEW t. 15, 1, p. 104) et la brasserie ainsi que les cultures de houblon √©tant fort d√©velopp√©es au Moyen √āge en Flandre et dans les Pays-Bas (Valkh., p. 61, Gesch., p. 14); l’influence n√©erlandaise para√ģt cependant pr√©pond√©rante.

La cervesa, cervoise en français est une:

Boisson alcoolis√©e obtenue par fermentation d’orge ou de bl√©, sans addition de houblon, qui se buvait chez les Anciens, les Gaulois et jusqu’au Moyen √āge, au nord de l’Europe. » √Čtymologie : Du latin imp√©rial cervesia ¬ę id. ¬Ľ, mot panroman (REW3, no1830) d’origine gauloise.

Les deux types de bi√®res existent encore en Angleterre beer et ale. √Ä l’origine, en Grande-Bretagne et dans les pays scandinaves , toute bi√®re √©tait une ale, √† savoir une cervoise, aromatis√©e au moyen de fruits plut√īt que de houblon. (Wikipedia).

Contrairement aux Celtes, qui fabriquaient et buvaient de la cervoise (en Gaule la cervoise¬† √©tait une boisson populaire au 1er si√®cle de notre √®re.),¬† les Germains ne connaissaient¬† √† l’√©poque de C√©sar¬† seulement une boisson¬† pr√©par√©e par fermentation d’un hydromel √©pic√©. Peu apr√®s les Germains¬† ont appris des Celtes¬† √† brasser la cervoise¬†¬† car Tacite mentionne que la cervoise √©tait la boisson courante chez eux.

L’utilisation du houblon date du XIIe si√®cle et vient de l’Allemagne. Les inflorescences femelles, les c√īnes du houblon sont utilis√©es pour aromatiser la bi√®re depuis le XIIe¬†si√®cle lorsque Hildegarde de Bingen (1099-1179) d√©couvrit les vertus aseptisantes et conservatrices du houblon (ainsi que son amertume). Il permettait ainsi √† la bi√®re de se conserver mieux et plus longtemps.¬† Le mot bi√®re¬† est donc venu avec la chose de l’Allemagne. Que le mot cervesa¬† s’est conserv√©¬† en catalan et d’apr√®s¬† Alibert quelque part en occitan (??) s’explique par le fait que le bi√®re n’√©tait pas une boisson populaire¬† dans cette r√©gion. La bi√®re est venue avec les touristes et la globalisation.

Actualités

Cela n’a pas fait la une dans les chaines TV de l’info.¬† Pourtant le 10 mai 2012, le pape Beno√ģt XVI √©tend le culte liturgique de sainte Hildegarde de Bingen √† l’√Čglise universelle, dans un processus connu sous le nom de ¬ę¬†canonisation √©quipollente¬†¬Ľ (ou canonisation √©quivalente). Le 28 mai 2012, Beno√ģt XVI annonce la proclamation d’Hildegarde de Bingen comme Docteur de l’√Čglise, qui a eu lieu le 7 octobre 20122,3, faisant d’elle la quatri√®me femme Docteur de l’√Čglise

De très nombreux sites, e.a. sur YouTube sont consacrés à Hildegard von Bingen.

Cauna, caouno "creux, grotte"

Cauna, ¬†caouno, caunha, adj. et s.f.¬† « creux, cavit√©, grotte » vient de *cavo, cavonis « creux » transform√© dans le Midi¬† en *cava et¬† d√©riv√© de cavus « creux » > cau en occitan ancien et moderne (Voir Thesoc s.v. creux).¬† Les formes avec un -√Ī- √©crit¬† -nh-¬† sont limit√©es au Sud-ouest (Ari√®ge, Pyr√©n√©es-Orientales, gaunio¬† dans l’Aveyron).

Un visiteur qui m’avait demand√© cette √©tymologie, m’a fournit le compl√©ment que voici:

¬†Chez nous, en basse Ari√®ge nous avions (et avons toujours) le verbe caunhar, qui consistait √† p√™cher √† la main (formellement interdit !) dans les caunhas c’est √† dire dans des trous d’eau, sous les racines des arbres o√Ļ le poisson se r√©fugie.

caunhar

Autres dérivés:

Cauni « tr√©pass√© » ;s’escaounar « s’infiltrer »;¬†¬† √† Barcelonnette;¬† s’encaounar « s’abriter »;¬† encaunar « cacher » √† Marseille.

Le toponyme Caunas , hameau de Lunas (H√©rault) est attest√© depuis 794. Dans le Dictionnaire topographique de l’H√©rault se trouvent d’autres d√©riv√©s comme Caunette, Caunelles.

Cau, cava « creux » du latin cavus, cava¬†¬†¬† ne semble pas tr√®s vivant d’apr√®s les donn√©es du Thesoc s.v. creux.

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