cat-right

Vige

Vige « rameau, pousse, scion d’osier » (Alibert), mais d’apr√®s les donn√©es du FEW c’est un des noms de l’osier dans tout le domaine occitan, except√© le gascon.

L’√©tymologie est le latin vitix, viticem « gatillier ». Le gatillier¬† servait e.a. √† lier des vignes, de l√† le sens¬† « osier ».

gat(t)illier

Les formes avec -e- se trouvent √† l’Est du Rh√īne, par exemple Champsaur vese « osier blanc »et en pi√©montais. A l’Ouest du Rh√īne c’est vidze, vije, s.f., probablement sous l’influence de vitis « cep de vigne ». D√©riv√© : vigieiro « oseraie ». En Corr√®ze vige a pris le sens de « lien du fagot » (Thesoc).

Vèze, Le Vèze existe également comme toponyme.

L’abb√© de Sauvages nous fournit un compos√© : entrev√ģjh√ę « viorne, plante rampante √† larges feuilles ». D’apr√®s le Thesoc entrevidze est le nom d’une cl√©matite, la « clematis flammula » √† Quissac (Gard) et √† Gallargues (H√©rault).¬† Le nom de cette plante varie √©norm√©ment. Pour le Gard le Thesoc donne 6 noms diff√©rents pour le clematis vitalba, dont¬†redorta.¬† Ce m√™me nom¬†redorta¬† (du latin¬† rńētŇŹrtus¬† « tordu ») est¬† tr√®s r√©pandu pour d√©signer le « lien du fagot ».(FEW X,337) Cf aussi Thesoc s.v. lien du fagot.

Dans le m√™me article il parle de la viorne √† feuille √©troite, appel√©e aussi l’herbe aux gueux, qui a un go√Ľt piquant et caustique.

Les C√©venols sont dans l’usage de froter avec l’herbe aux gueux les petits fromages appell√©s peraldons (sic!) qu’on m√©nage par l√† beaucoup plus √† cause du go√Ľt piquant que cette herbe leur donne.

herbe aux gueux

On le nomme péraudou, pélardou ou pélardon. Il a, quand on le déguste, le parfum poivré de la terre du Languedoc-Roussillon. Le maquis méditerranéen donne au pélardon des saveurs de miel, de noisette et de fleurs. Non loin de là, à l’origine des accords gustatifs de ce délicieux fromage, poussent, des Cévennes aux Hautes-Corbières, chênes, genêts, bruyère et herbes aromatiques.

Fabriqu√© selon des m√©thodes traditionnelles, ce petit fromage √† p√Ęte molle d‚Äôenviron 60g est exclusivement fabriqu√© √† partir de lait cru de ch√®vre et de caill√© lactique. Il fait partie des 12 fromages fran√ßais caprins √† b√©n√©ficier d‚Äôune AOC (AOP). Source qui ne dit rien sur l’herbe aux gueux ….

 

Oustal

Oustal « maison; logis » de l’adjectif latin hospitalis « hospitalier, affable », d√©riv√© du substantif hospes « celui qui prot√®ge les √©trangers ». D√©j√† en latin hospitalis √©tait devenu substantif avec le sens « logis, chambre », plus sp√©cialement la chambre destin√©e aux √©trangers, aux p√®lerins, la chambre d’amis. En latin panem et hospitalem dare¬† signifie « donner le pain et le logis ». Ce sens s’est conserv√© en fran√ßais et en occitan jusqu’au XVe si√®cle. En anglais youth hostal « auberge de jeunesse ».¬† En occitan a l’oustau « au logis, chez soi », et le verbe ostalar « loger quelqu’un ». Depuis le XVe si√®cle le sens d’ oustau¬† s’est √©largi √† la notion « maison » en occitan et en franco-proven√ßal, ainsi que dans le d√©partement d’Ile et Vilaine, tandis que dans le domaine d’o√Įl c’est le mot maison qui domine. Dans une partie du franco-proven√ßal outa prend le sens de « cuisine », parce que c’est la pi√®ce o√Ļ l’on vit, les chambres sont consid√©r√©es comme des d√©pendances. Dans la langue d’o√Įl l’hostel devient √† partir du XVe si√®cle un « logis pour des √©trangers  » √† partir du sens « logis pour les p√®lerins » un b√Ętiment annexe des clo√ģtres. Mais en occitan cette √©volution n’a pas pu se produire parce que l’oustau √©tait le chez-soi. Les autres significations du mot h√ītel en fran√ßais, comme « maison seigneuriale »¬† > h√ītel de ville, h√ītel de la police et m√™me l’h√ītel des imp√īts etc. sont limit√©es √† la langue d’o√Įl.

En 2008 le th√®me de la journ√©e LES PARLERS DU GARD organis√©e par Li G√®nt d√≥u Bufaloun √† Manduel √©tait « L’Oustau« . En suivant ce lien, vous trouverez une vingtaine de textes √† ce propos.

D√©riv√©: oustalet (m) : diminutif de ostal, « maison », ce terme d√©signe la « cabane en pierre s√®che » dans les C√©vennes gardoises et dans l’H√©rault √† Saint-Jean-de-Bu√®ge. (Lassure).¬† A Mirepoix¬† dans l’Ari√®ge¬† les houstalets¬† sont des petites maisons. Notez l’influence de l’orthographe du fran√ßais.

En proven√ßal : l’oustali√®ro est la « maitresse de maison ».

la Mairie ( et non pas l’Oustau) de Manduel

Vedel, vedeou

Vedel « veau » est la forme r√©guli√®re du latin vitellum « veau » en occitan. Pour les variantes voir le Thesoc.¬†¬† Ici c’est le sens qui m’int√©resse.

Un visiteur me signale : √† Adissan les expressions « fa lo ved√®l » ou « va vedelar« , se disent¬† √† propos d’un mur de sout√®nement qui prenait « du ventre ». Cet emploi du mot vedel, vedeou en proven√ßal est attest√© en franco-proven√ßal du Vaud (Suisse) en proven√ßal et en languedocien jusqu’√† St-Affrique. Pour l’abb√© de Sauvages (S1), il s’agit sp√©cialement d’un √©boulement d’un mur de terrasse ou de la br√®che qui s’y est faite d’elle-m√™me.

Est-ce un hasard qu’on retrouve la m√™me image « veau » en anglais calf¬† « veau » mais aussi « Un gros morceau de glace flottante, scission d’un glacier ou d’un iceberg » (depuis 1812) ? D’apr√®s Harper l’origine du mot calf est une racine indo-europ√©enne *gel- >*gelb(h)- qui signifie « gonfler » et de l√† sont n√©s les sens « l’ut√©rus, le fŇďtus, les jeunes d’un animal. ». N√©erlandais afkalven « se dit du terrain que la mer ou une rivi√®re affouille », vient d’apr√®s le NEW de la m√™me racine que le mot kalf « veau ». Le nouveau EWN donne une autre origine, mais les attestations de l’occitan et de l’anglais¬† rendent l’√©tymologie¬† kalf, calf¬†¬† bien plus probable. En languedocien ¬† un « √©boulis de terre » s’appelle aussi s√°oumo de t√©ro d’apr√®s l’abb√© de Sauvages. Voir l’article¬† sauma. Cet emploi peut venir de l’image d’un mulet charg√© de sacoches pleines.

Il s’agit d’une diff√©rence de point de vue.¬† Une paroi qui s’afaisse¬† se gonfle vue de l’ext√©rieur, mais se creuse vue de l’int√©rieur.

Cette histoire fait partie de mes Contributions √† une nouvelle approche. inspir√©es par Jean-Philippe DALBERA Des dialectes au langage. Une arch√©ologie du sens (Linguistique fran√ßaise, 13). ‚Äď Paris : Champion, 2006.

Ci-dessous le parement ext√©rieur de la cabane fait ventre, ¬†vedel et s’√©boule en raison du manque de boutisses susceptibles de l’ancrer dans la ma√ßonnerie ou parce que le blocage int√©rieur, empil√© √† la va-vite, se tasse et agit comme un coin. Voir le site incontournable Pierreseche.com.¬†

   

vedel, vedèou                                                                                             calf

Un bon exemple ci-dessous : la rivi√®re « gonfle », mais le terrain se « creuse »:

néerlandais afkalven  

Le dictionnaire √©tymologique de l’anglais par Douglas Harper √©crit:

calve (v.)
Old English cealfian, from cealf « calf » (see calf (n.1)). Of icebergs, 1837.
calf (n.1)
« young cow, » Old English cealf (Anglian c√¶lf) « young cow, » from Proto-Germanic *kalbam (cognates: Middle Dutch calf, Old Norse kalfr, German Kalb, Gothic kalbo), perhaps from PIE *gelb(h)-, from root *gel- « to swell, » hence, « womb, fetus, young of an animal. » Elliptical sense of « leather made from the skin of a calf » is from 1727. Used of icebergs that break off from glaciers from 1818.

Varaire

Varaire s.m. « (h)ell√©bore ». Attest√© en occitan depuis le XIIIe si√®cle. Varaire¬† vient directement du¬† latin veratrum « hell√©bore ».¬† Avec une transformation r√©guli√®re varaire devient boraire en Aveyron.¬† A Al√®s est attest√© le verbe envarair√° « empoisonner avec de l’hell√©bore.

Il est conserv√© en occitan et en franco-proven√ßal, comme en italien: veladro. Par contre en catalan baladre d√©signe le « laurier rose ». L’ell√©bore le plus connue est l’ellebore f√©tide, qui s’appelle aussi pied de Griffon, rose de serpent, patte d’ours, mords-cheval, herbe printani√®re, favalau, ...(Wikipedia).

L’ell√©bore √©tait consid√©r√©e comme un rem√®de universel contre la folie,¬† d√®s l’Antiquit√©. Plus ici.

  

ellebore                                                              ellebore fétide

D’autres noms occitans de l’hell√©bore dans Rolland , Flore populaire…¬† Vous y trouverez aussi 2 pages avec les « Usages » et « Folklore » comme par exemple celui-ci pour le Gard:

Un ouvrage indispensable pour celui qui s’int√©resse √† la botanique et aux parlers galloromans et d’ailleurs. Rolland fait partie des g√©ants de la fin du XIXe si√®cle. Pour le type veratrum il a relev√© :

Pour  le Gard il mentionne aussi:

 

      

Baniège

bani√®ge « verveux, nasse en fil » voir l’article vanetge

Vanetge, baniège

Vanetge, bani√®ge « verveux, nasse en fil ». Un verveux est un « Filet de p√™che am√©nag√© en nasse, utilis√© dans les cours d’eau, de forme conique, mont√© sur des cercles d’osier, et que l’on tend sur le fond, l’ouverture vers l’amont. » (TLF).

Dans le latin utilis√© en Gaule du VIIe au Xe si√®cle, le mot venna signifiait « treillage ou palissade servant √† arr√™ter et √† prendre les poissons ». Ce sens semble survivre en ancien languedocien vanneg√©, bani√©ga « nasse de p√™cheur », occitan bagnecho (Tarn) , ban√®ge (Corr√®ze) et dans les d√©p. de la Dordogne et du Lot : banh√®ge, banh√®ja (Thesoc).

Le seul probl√®me que cette √©tymologie pose est le fait que le mot fran√ßais vanne, en occitan vano ou bano¬† « vanne, √©cluse » est attest√© au moins un si√®cle avant le d√©riv√© vaniega « nasse ». D’apr√®s le TLF il faut supposer deux branches qui sortent du m√™me tronc venna.¬† (TLF)

Vallat, valat

Vallat, valat s.m.¬† « ravin, foss√©; tranch√©e pour d√©fricher un champ (S); vall√©e ».¬† Ce dernier sens est d√Ľ √† l’influence du fran√ßais. Gr√Ęce au moteur de recherches interne je peux savoir ce que les visiteurs ont cherch√© dans mon site : 9 fois le mot vallat cette semaine. Alors je m’y mets.

La latin avait deux mots¬† vallis¬† s.f. « vall√©e » et vallum s.n. « palissade, parapet, rempart ». Ce dernier existe toujours en italien et espagnol vallo ‘rempart’.¬† En Gaule ces deux mots sont assez t√īt devenus identiques dans la langue parl√©e. Vallis et vallum ont¬† abouti √† val en galloroman, et cette forme s’est maintenue surtout dans les noms de lieu.¬† Il faudra pour chaque toponyme v√©rifier s’il s’agit d’un rempart ou d’une vall√©e.

Dans le sens « vall√©e » il est remplac√© par vall- + ata > vall√©e en fran√ßais , valada en occitan. Cf. anglais wall « rempart », cf. Wall street,¬† (< vallum),¬† et¬† vale¬† « vall√©e »¬† de l’ancien fran√ßais val¬† « vall√©e » et valley, n√©erlandais wal « rempart », et¬† vallei « vall√©e »; le quartier rouge d’Amsterdam s’appelle « de Walletjes » litt√©ralement « les petits remparts », allemand der Wall « rempart ».

   Walletjes Amsterdam

Des remparts  à New York et à Amsterdam

Vallat est un autre d√©riv√©, avec le suffixe -attu¬† de vallum qui signifie « foss√© » depuis les plus anciens textes en occitan¬† comme dans les parlers modernes : ‘foss√©, ruisseau, rigole, ravine’ . La forme gasconne barat ‘foss√©’ a m√™me servi de mod√®le au fran√ßais baradine « foss√© √©tabli sur une colline pour donner de l’√©coulement aux eaux », mais ce mot a disparu du fran√ßais actuel d’apr√®s le TLF.

Pour l’abb√© de Sauvages un valat est un ‘ruisseau’ ou un ‘ravin’ lorsque c’est une ravine qui l’a creus√©. Un val√†-rati√© est « une pierr√©e , une longue tranch√©e qu’on remplit de blocaille de cailloutage & qu’on recouvre de terre … pour les conduire √† une fontaine: dans ce dernier cas les pierr√©es doivent √™tre sur un lit de glaise ou de tuf ou de rocher ». Vous voyez que l’abb√© essaie d’instruire ses lecteurs, comme j’ai expliqu√© dans le paragraphe que je lui ai consacr√©!

Raymond Jourdan, le p√®re d’un fid√®le visiteur, a fait une description d√©taill√©e la culture de la vigne en Languedoc dans la p√©riode entre les deux guerres.¬† Il utilise le vocabulaire occitan, tel qu’on le parlait √† l’√©poque √† Montagnac (H√©rault).¬† Son fils a eu la gentillesse de me faire parvenir ce texte illustr√© de dessins √† main lev√©e.¬† J’en ai appris √©norm√©ment de choses sur la viticulture.¬† La description commence avec le d√©foncement lo rompre¬† et se termine¬† avec l’entonnaire qui s’occupait de la retiraison¬† pour le n√©gociant. Son lexique¬† avec une orthographe « normalis√© » est consultable ici MontagnacViitiiculture. Ci-dessous je copie la graphie de l’auteur Raymond Jourdan de Montagnac.

Dans le deuxi√®me chapitre¬† « La pr√©paration √† la plantation » il √©crit:

Lors du d√©foncement les hommes suivent la charrue et retirent racines et cailloux qu’ils entassent. Apr√®s les racines sont br√Ľl√©es et les cailloux utilis√©s pour faire des drainages : ballat ratier (foss√© √† rats) dont l’ouverture donne sur un foss√© ou un ruisseau et qui comporte parfois plusieurs branches pour mieux drainer la parcelle.

En bout de branche est install√© un biradou,¬† endroit o√Ļ le ballat-ratier d√©bute et o√Ļ l’animal qui s’y refuge, lapin, counil, rat, serpent (ser), martre, putois (peudis), belette, (moustelle)¬† peut se retourner pour ressortir et dans le cas du lapin √©chapper au furet (foude )¬† et venir en sortant s’emm√™ler dans la bourse (pant√©no) que le chasseur a plac√©e.

En plus il y a un dessin:

Valat est aussi devenu nom propre. Un visiteur m’√©crit : « ma grand m√®re maternelle de mon p√®re √©tait n√©e Valat, mari√©e √† un M. Nicolas, on l’appelait Marie de Valado (f√©minin de Valat).

Il y a aussi le nom propre Val.

Vaciwo, basiwo

Vaciwo, basiwo « ovin de deux ans » (Thesoc, dans le Sd-Ouest) vient du latin vaciva « vide inoccup√©e, libre (au propre et au fig.) ». En parlant des animaux cela veut dire « une femelle qui n’est pas pleine ».¬†Voir aussi l’article anoublo.

Le mot a √©t√© emprunt√© par le fran√ßais. (TLFvacive « ovin d’un an »).¬†

Vabor, babou

Vabor, babou « chaleur humide et √©touffante, temps orageux ». La forme vabor donn√©e par Alibert ne se retrouve dans aucun autre dictionnaire occitan. Toutes les autres sources donnent une forme avec b- initial: Cahors bobour « chaleur excessive », C√©vennes babou « vapeur » (M).

L’abb√© de Sauvages explique qu’une boubourado est une vapeur chaude et √©touffante qui sort d’un endroit renferm√© .. qui est occasionn√©e par un temps couvert et orageux. La boubourado ou touffo est mortelle pour les vers-√†-soie. Fran√ßais touffe1. Ci-dessous une description de l‘ao√Ľra-roussa et de la touffo tir√©e du livre du m√©decin¬† Rouger F.A. Topographie statistique du canton du Vigan. Montpellier 1819 :

Etymologie: latin vapor, vaporem bien s√Ľr comme fran√ßais vapeur (qui est un emprunt au latin), mais avec cette diff√©rence qu’une partie de l’occitan et le catalan (bub√≥) sont les seules langues romanes o√Ļ le mot n’a pas subi de transformations sous l’influence d’autres mots.
Dans une partie de l’occitan le b- initial a √©t√© remplac√© par un g-, gabou ou gabour « air √©touffant » (Toulouse; Montauban) et √† Castres une forme avec insertion d’un -m- : gamboul.

Toutes les formes  avec un -p- comme languedocien vapour, sont des emprunts au latin plus ou moins anciens.Cf. fr. vapeur.

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Notes
  1. Du prov. toufo, m√™mes sens (v. Mistral), a. prov. estofar ¬ę √©touffer, suffoquer ¬Ľ (xves. ds Levy Prov.), empr. √† l’a. fr. estoffer (v. √©touffer). TLF s.v. touffe¬≤

V = B, B = V

Latin v devient b dans une grande partie de l’occitan de l’ouest.

Scaliger, je crois le fils Joseph Juste, a √©crit √† propos des habitants du P√©rigord et des r√©gions voisines : quibus vivere est bibere ‘pour qui vivre est boire‘, mais cela reste √† v√©rifier.

Boire est bien dans le Thesoc, mais vivre n’y est pas. A la place vous pouvez v√©rifier avec les formes pour vin.

 

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