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Baiasse, badasso 'lavande fine'

Baiassa « lavande fine » en dauphinois,  bayáso  dans les Hautes-Alpes  est un mot d’origine inconnue. Le Thesoc donne plusieurs attestations dont badafo  dans la DROME  et  les   HAUTES-ALPES, et.  avec la remarque « lavandin sauvage, vieilli ».

Le FEW1 rĂ©unit dans le mĂŞme article baiassa  et les formes avec un -d- comme provençal badasso « nom gĂ©nĂ©rique des plantes ligneuses aromatiques »,  le « thym » Ă  Forcalquier et Ă  Apt,  le « pulicaire »Â  Ă  Marseille,  appelĂ© badaflo  Ă  Arles, mais le badaflo est un « plantain pucier » dans les Bouches-du-RhĂ´ne2. Le suffixe avec tantĂ´t un -f- tantĂ´t un -ss-, suggère comme origine le gaulois -asta  ajoutĂ© Ă  une racine prĂ©romane *bat- > *batasta.

Solerius (1549). Le psyllium  s’appelle chez nous badassos.  En botanique c’est  maintenant le   plantago psyllium L., en français le  plantain des sables ou herbes aux puces.

 

pulicaire pulicaire   plantain pucier

A Marseille on utilisait une badafo « un rameau de bruyère sur lequel on faisait monter les vers Ă  soie pour faire des cocons »,  mais pour l’abbĂ© de Sauvages(S1) la badafo est la lavande fine dont on tire une huile essentielle fort chère. Un badafiĂ© ou badassièiro  est un « lieu rempli de lavandes » (M). Autres dĂ©rivĂ©s : baiassar « couper la lavande », baiassièra  s.f. « cĂ´teau de lavande » (Die, Schook),

Rolland Flore VIII, 195  ne connait pas ce mot avec le sens « lavande », mais il cite un article:

Dans son numĂ©ro de mai 1909 la Revue Alpine de Lyon a publiĂ©, pages 187-196, un intĂ©ressant article sur la lavande par M. L. LAMOTHE, de Grand-Serre (DrĂ´me). Nous y apprenons que « la livande pousse d’elle-mĂŞme dans les zones incultes de dix-neuf de nos dĂ©partements ». Suit la liste. « Nous lui devons beaucoup dans les communes pauvres du Sud-Est, nourries par le troupeau, de lĂ , l’affection que nous avons pour elle et ce mot très juste : bonne baĂŻassière vaut mieux que champ de blĂ©. » M. Lamothe cite, Ă  cette occasion, une lettre provençale que lui a Ă©crite Mistral après la publication de son propre livre : Lavande et Spic. – L’article de la Revue Alpine traite des variĂ©tĂ©s, de la distillation et de l’essence. – H. G.

Mon collègue Pierre Gastal, auteur de Nos Racines Celtiques – Du Gaulois Au Français. Dictionnaire. Editions Desiris, 2013,  propose une origine ligure:

BAIASSA (nf, nord-prov.) : lavande.

Fr. rég. bayasse (fleur de lavande) ð baïassière (pente montagneuse où pousse la lavande sauvage). Du gaulois ou plutôt du ligure car c’est une plante méditerranéenne. Toponymes : Bayasse, hameau du Mercantour (com. Uvernet-Fours/AHP) ; Bayasse, lieu-dit de Ventavon/HA (dont la géographie confirmerait une origine ligure).

Vous trouverez une description des différentes sortes de lavande dans le site du Musée de la lavande :

La raccolta della lavanda selvaggia si praticava nelle baiassières (compluvi), luoghi dove crescevano le lavande chiamate in dialetto « baiasses« 

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Notes
  1. vol.21,177-178
  2. Voir Rolland Flore II, 210 Cistus salvi folius; VII,84 Solidago virgo;  VII,98 Pulicaria graveolens; IX,27 Thymus  pour les plantes dénommées avec ce type lexicologique.

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