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En "seigneur" par Robert lo don

En « seigneur » vient du latin dominus « seigneur ». Je l’ai mentionné dans l’article  Na « madame »,  sans l’approfondir. Un visiteur me signale:

Concernant En, on trouve dans les noms de rues de Montpellier des En :  Impasse de la Tour d’En Canet

En vérifiant sur le web je constate que dans la grande majorité des cas ce En  est écrit en.  Cette graphie montre que en  n’est plus compris.  Il est dommage qu’il est impossible de trouver avec un moteur de recherches d’autres noms de lieu avec  en  suivi d’un nom de seigneur.  Dans le Dictionnaire topographique de l’Hérault par contre j’ai trouvé un bon exemple1

     Théâtre Jacques Coeur à Lattes dans le Mas d’Encivade

Dans le Gard sont mentionnés  le Clos d’Auriac,  en latin Claustrum d’En-Auriac ,  et  la ferme   Endevieille  dans la commune du Vigan, appelée en 1472  Territorium d’En-Devielha alias el Camelho.

Dominus  a été abrégé déjà en latin à domnus  qui est devenu don   en italien,  don  ou dons  en ancien français et   don ou  en  en ancien occitan, domne  en ancien béarnais.  Dans la féodalité don   prend le sens de « seigneur, suzerain »; en plus il devient synonyme de sanctus  « saint », ce qui a donné de nombreux noms de villages comme  Domrémy, Domjulien, Dommartin  etc.  En basque done  signifie « saint »,   non seulement  dans les toponymes comme Donostia  « San Sebastian ».

On se sert aussi du titre  Don  pour  nommer un « maître, un propriétaire, un administrateur » , mais ce titre a trouvé très tôt un fort concurrent dans senior qui l’a rapidement battu.  Pourtant on trouve en ancien occitan encore  le don  pour « le vieux, l’ainé ». Senior   a subi une évolution en sens inverse de celle de dominus.

Il est évident que les linguistes ont longuement débattu sur  l’origine de le forme En. L’explication la plus probable est que En  vient du vocatif domine  utilisé devant le nom propre, et abrégé en N’ devant une voyelle, En  devant consonne. En, N’  existe aussi en catalan.En catalan Institut d’Estudis Catalans – Diec2

Un extrait de l’article  En de Mistral:

Comme mes enfants m’appellent « le vieux, ou l’ancêtre » je peux me permettre de signer cet article:

Robert Geuljans lo don

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Notes
  1. D’après Pégorier cet emploi de En  serait limité au Lauragais, l’Albigeois et le Gers, ce qui n’est manifestement pas le cas; cf. aussi l’extrait de Mistral

One Response to “En "seigneur" par Robert lo don”

  1. Anonyme dit :

    Viviane Etrivert, écrivain montpelliéraine m’a envoyé l’information que voici:
    autres rues
    descente d’En Barrat
    rue En Gondeau
    rue En Rouan
    Voir p 372 sur google livres,
    Histoire de la commune de Montpellier, depuis ses origines jusqu’à son …
    Par Alexandre Germain

    Notons aussi la présence de la formule honorifique En, dont il a déjà été question, à la tête du nom de diverses autres de nos rues: rue En Rouan, autrefois rue du Porche d’En Rouan, rue En Civade, rue En Gondeau. La formule dont nous parlons, restreinte aujourd’hui à quelques mots assez rares de la topographie montpelliéraine, occupait autrefois une place plus considérable dans cette topographie. Il y avait, là où est de nos jours l’impasse de Ratte, une rue En Brache, au moyen de laquelle on communiquait de la rue de la Rlanquerie à la rue Buzanquet. Il y avait aussi un plan et une tour En Canet , là où il n’existe plus actuellement qu’une île de ce nom. Il y avait également un tribe ou carrefour En Camburat, au point de jonction des rues du Pyla Saint-Gély, de la Chapelle-Neuve, de Bocaud, jadis de Saint-Denis , de la Vieille-Aiguillerie et du Bout-du-Monde , primitivement du Bout-duMont. Notre rue Panafieu, d’un autre côté, s’appelait Descente En Calvet; et si nous étions mieux renseigné sur la topographie de notre ancienne ville, nous retrouverions vraisemblablement l’antique formule dans maints autres endroits.

    A une époque où on l’enregistrait si souvent dans le Petit Thalamus, il était tout simple qu’on l’inscrivît aussi au coin des rues désignées par le nom des bourgeois qui la portaient.

    Nous voudrions pouvoir joindre à ces indications quelques détails sur les manoirs de ces bourgeois. Mais il ne nous en est rien resté. Le Porche d’En Rouan , qui s’élevait dans la rue de ce nom , vers la place Saint-Côme actuelle, et qui a servi par la suite au Jeu de la grosse paume, a disparu lorsque nos Protestants ont construit sur ses ruines leur Petit-Temple, qui lui-même n’a laissé aucunes traces.

    .Cordialement,

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