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Frago

Frago « fraise ». La fraise est rarement solitaire; c’est la raison pourquoi nous la trouvons gĂ©nĂ©ralement au pluriel du latin fraga et non pas au singulier fragum. Par la suite ce pluriel a Ă©tĂ© pris pour un fĂ©minin singulier, qui a Ă©tĂ© conservĂ© en gascon: frago, arago ( > basque arraga) et en franco-provençal freye. Mistral donne le dĂ©rivĂ© flaiousso « fraise » pour le Var.

En languedocien c’est le type prĂ©-roman majofa qui s’est maintenu.

Au Nord de la Loire, les noms de la fraise et de la framboise se sont mutuellement influencĂ©s1 Framboise qui vient d’un Ă©tymon *brambasi a pris le f- initial de fraga et frey, forme conservĂ©e en wallon et en franco-provençal,  a pris le -s final de framboise, ce qui a abouti Ă  freise (depuis XIIe s.). Avec le succès de la culture de la fraise qui commence au XVIIe siècle, la forme de la langue littĂ©raire a supplantĂ© les formes et les mots locaux, de sorte que ceux-ci comme par ex. majofa ne dĂ©signent souvent que la « fraise des bois ». FEW III; 478

Emprunté au français : espagnol fresa.

C’est Antoine_Nicolas_Duchesne qui en 1766 donne la première description scientifique de la fraise telle que nous la connaissons. Il semble que c’est l’officier du GĂ©nie maritime AmĂ©dĂ©e-François FrĂ©zier revenant d’une mission d’espionnage des ports espagnols au Chili et au PĂ©rou pour le Roi soleil, qui en 1714 a importĂ© en France les fraises chiliennes qui sont Ă  l’origine des fraises actuelles. Un prĂ©destinĂ©?? Le MusĂ©e de la Fraise  pense que c’est le cas.

     Frézier

Notes
  1. En Corrèze et dans le Puy-de-Dome frezo signifie « framboise »

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