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Serrar

Serrar « scier ». Les Romains disaient serra secare « couper avec la scie », qu’ils ont simplifi√© en serrare vers le IVe si√®cle.

Serrare est donc un d√©riv√© de serra « scie », qui¬†est conserv√© dans presque toutes les langues romanes : catalan,portugais, serra, espagnol sierra, et dans de nombreux dialectes italiens.

En italien et dans de nombreux dialectes galloromans serra « scie » a √©t√© remplac√© par seca, un d√©riv√© de secare « couper ». La raison de ce changement a √©t√© qu’une phrase comme « Va serrer la porte! «  pouvait avoir des r√©sutats au moins surprenants, puisqu’il y avait √©galement le verbe serrer « fermer » du latin populaire *serrare « fermer ». (TLF).

  ou

Serra « scie » est attest√© en ancien occitan depuis le XIVe s., et m√™me au XIIIe s. √† Avignon avec le sens « faucille ». Dans l’ouest du domaine occitan c’est la forme sarro qui domine. Parfois le sens se sp√©cifie, comme √† Barcelonette se√†ra « scie de scieur de long ». Le d√©riv√© sareto est « la scie √† main ». Le verbe serrar, sarrer, qui a aussi v√©cu en moyen fran√ßais (voir DMF) se trouve surtout en occitan et dans les parlers de l’Est de la France. Les d√©riv√©s sarilho « sciure », seraire « scieur » sont tr√®s r√©pandus en occitan.

A Marseille on appelle la m√©sange charbonni√®re la sarrofino. Il semble qu’il s’agit d’une √©tymologie populaire du nom serrurier. L’oiseau est appel√© ainsi au 19e s. (Dict. Acad√©mie, 1842) parce que son chant ressemble au bruit d’une lime sur du m√©tal. D’apr√®s Mistral la sarrofino est la nonnette (parus palustris. Lin) dont le roucoulement imite le bruit de la scie. Le Thesoc donne sarralhi√®r « m√©sange » pour plusieurs d√©partements de l’Ard√®che jusqu’√† l’embouchure du Rh√īne.

                               

mésange charbonnière (avec son chant de serrurière                          la nonnette (avec son chant de scieuse!)

Serra prend aussi le sens « cr√™te de montagne », attest√© depuis le XIIe s. Le mot est surtout utilis√© pour d√©signer des cha√ģnes ou cr√™tes de montagnes et l’√©l√©ment « longueur » y est pr√©pond√©rant. L’√©volution s√©mantique scie > cr√™te ne pose pas de probl√®me. Serra a gard√© ce sens surtout dans les parlers des montagnards. Dans la plaine lou ser s.m. devient « une monticule, une colline ». Dans les C√©vennes gardoises c’est le d√©riv√©¬† seret qui prend le sens de « colline », mais dans l’Ari√®ge un sarratch est une « cr√™te de montagne ».

Serra, serran, serrange (Marseille) « scie de mer, poissons scie ou pristis » n’a pas besoin d’explication.

      

La sarrette ou sarriette (serratula tinctoria) du français non plus.

Un peu de pub pour les serres des Cévennes:

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